TRAITEMENT DE LA PLEURÉSIE PURULENTE
PODiUGltE. Nom donné à la goutte qui occupe les pieds. V. Goutte.
POUOPHYIXE. Plante exotique de la famille des podophyllées, qui croît en Amérique et dont la racine, à la dose de 1 gramme, peut servir de purgatif! I.
PODOPIIYLI.Ii\'E. Alcaloïde extrait de la podophylle ou podophyllum peUdtimi et qu'on donne à la dose de 15 ou 20 centigrammes, dose trop forte à cause dés coliques et de l'adynamie qui en résultent ; — à la dose de 5 centigrammes ; elle produit 3 ou k selles molles. — Il vaut mieux la donner encore à dose plus faible si l'on ne veut produire qu'une évacuation, — alors 2 centigrammes associés à 2 centigrammes d'extrait de datura stramoniuin doivent suffire ; — c'est un bon médicament contre la constipation.
POIRE.4U ou PORUEittJ. Plante potagère de la famille des alliacées, dont la décoction sert de lavement purgatif [Tl.
POIREAU. V. Verrue.
POIS A CAUTÈRE. Petites boules hygrométriques qu'on place au fond des cautères pour exciter la formation du pus et pour empêcher la cicatrisation. On emploie dans ce but : les pois alimentaires desséchés ; — les pois de racine d'iris, tournés, percés d'un trou afin d'y mettre un fil pour les retirer aisément; — les pois d'orangette, faits avec les jeunes fruits avortés de l'oranger, arrondis au tour ; — les pois de racine de (juimauve ; — les pois de cire qui, ne pouvant se gonfler, ne valent rien ; — enfin les pois médicamenteux ou 7iareotiques , qu'on prescrit dans les cas de névralgie rebelle traitée par un cautère. En voici la formule :
Extrait de jiisquiame 10 centigrammes.
Sulfate de morphine 2.5 milligrammes.
Mucilage de gomme adragnut 10 centigramme?.
Pour former un pois.
Poisoiv. V. Empoisonnement.
POITRIKE (Plaies de). Les plaies de poitrine sont pénétrantes ou non pénétrantes.
I. Plaies non pénétrantes. Les plaies non pénétrantes de poitrine sont produites par des instruments de toute sorte. Il y a des plaies régulières, des plaies irréguhères et des plaies à lambeau. Elles présentent les mêmes caractères que les plaies des autres régions. V. Pl.\ies et Plaies du thorax par armes a feu.
Les plaies de poitrine ont deux caractères spéciaux : — !
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l'écarlement considérable des lèvres des plaies par iustrument tranchant à la suite de la section des couches musculaires qui, on le sait, sont lâchement unies au thorax (,J. L. Petit) ; — les épanchenients interstitiels sous les muscles, à la suite des plaies par instrument piquant, et qui sont l'occasion d'abcès et de gangrène (J. L. Petit).
(Quelquefois les plaies de la région axillaire donnent lieu à l'emphysème, soit parce qu'une plaie pénétrante a été méconnue, soit parce que les mouvements du bras font pénétrer de l'air dans la plaie, mais dans ce cas l'emphysème est à peine marqué.
Thérapeutique. — On réunira les plaies régulières par première intention. Si des couches musculaires épaisses ont été divisées, on appliquera la réunion à l'aide de la suture enchevillée.
Les abcès consécutifs seront ouverts de bonne heure, et, comme pour les abcès de l'aisselle, on passera un tube perforé de caoutchouc (Chassaignac) pour favoriser l'écoulement du pus.
Les malades seront tenus au repos absolu. Les bras seront fixés au tronc pour éviter tout mouvement.
On prescrira le régime des blessés. V. Plaies.
II. Plaies pénétrantes. Les plaies pénétrantes de poitrine par instrument piquant produisent une douleur vive, s'accompagnent d'une ecchymose au point frappé, puis la douleur cesse. Quand le poumon est blessé, il y a un emphysème limité; un crachement de sang vermeil, écumeux, a lieu seulement dans ce cas. — Si la plaie n'est pas compliquée d'inflammation, la guérison se fait promptement.
Il y a des plaies pénétrantes de poitrine qui intéressent en môme temps l'abdomen. V. Abdomen.
Les plaies pénétrantes par instrument piquant sont parfois compliquées des épanchements et des abcès sous-musculaires qu'on rencontre dans les plaies non pénétrantes.
Les plaies pénétrantes par instruments tranchants, qui sont faites par une lame étroite, se comportent comme les plaies par instrument piquant; mais si l'instrument est large, si la plaie n'est pas refermée immédiatement, il y a écartement des lèvres de la plaie et pénétration de l'air dans le thorax; ce phénomène donne lieu à un pneumothorax et à un affaissement du poumon, qui se rétracte sur les côtes de la colonne vertébrale, qu'il y ait ou non en même temps blessure du poumon.
Il est difficile de diagnostiquer si ime plaie pénètre dans la poitrine. La forme de l'instrument, la direction du coup, oîîlique ou directe, par rapport à la surface de la poitrine, sont souvent les seuls moyens à employer. L'exploration avec le stylet doit être proscrite; on a conseillé de placer une lumière contre la plaie; si elle vacille, il y a un courant d'air au niveau de la plaie, et il est probable que la plaie est pénétrante; et; moyen est de peu de valeur. L'écoulement de bulles d'air mêlées à du sang est plus significatif; un sifflement an niveau de la plaie pendant l'inspiration est un bon signe.
Thérapeutique. — Les plaies pénétrantes par piqûres seront tenues fermées avec plusieurs bandelettes de diachylon superposées, et l'on appliquera un large cataplasme sur la poitrine. Les malades seront tenus au repos absolu, à la diète, au bouillon. Pendant les vingt-quatre premières heures, on donnera une tisane délayante, et aux I premiers accidents de dyspnée on fera une saignée. ! Une plaie pénétrante de poitrine, exemple de toute
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complication, sera refermée. On fora le rapprochement avec une suture ou avec des bandelettes de diachylon superposées et faisant cuirasse, mais avant de réunir, on fera faire une forte expiration au malade, puis, lorsqu'il l'aura à peine terminée, on rapprochera les lèvres de la plaie et on les réunira par la suture entortillée. Les cataplasmes froids recouvriront la suture.
Les malades prendront des bouillons, de la tisane de gomme et de la glace ; ils seront tenus au repos absolu et éviteront tout mouvement. Si les malades ^avaient une bronchite, on leur composerait une potion avec le sirop diacode ou quelques-unes des préparations préconisées contre la toux (V. Bronchite). L'opium, à la dose de 10 à 20 centigrammes, est un sédatif excellent contre les accidents nerveux.
Plaies pénéta-antes «le poitrine (COMPLICATIONS PRI- MITIVES des).
Fractures. — Les plaies de poitrine avec fractures de côtes sont presque toutes des plaies par armes à feu ou des écrasements de la poitrine. Lorsqu'il y a une seule côte brisée, sans autres lésions, ce n'est pas un accident grave; si la fracture est comminutive elle prête à des indications spéciales (V. Plaies par armes a feu du thorax). Lorsque plusieurs côtes sont brisées, et quand le poumon est déchiré, la mort est presque inévitable et elle est due à des hémorrhagies abondantes ou à un emphysème généralisé.
Thérapeutique. — Tenir le thorax immobile avec une large bande de diachylon, après avoir réuni la plaie de poitrine, s'il n'y a qu'une côte cassée.
Si plusieurs côtes sont brisées, s'il y a emphysème généralisé, appliquez le traitement palliatif de l'emphysème généralisé et de l'hémothorax. V. plus loin.
S'il y a blessure du poumon, traiter Fhémopneumothorax qui le suit et l'emphysème, en prescrivant le régime des blessés atteints de plaie de poitrine. V. plus haut.
Hémorrhagies. — a. Hémorrhagies des artères des parois. — Si les artères mammaires internes ou intercostales donnent du sang, on reconnaît le siège de Fhémorrhagie, quelquefois à l'écoulement du sang par jet, et surtout par l'écoulement de sang artériel non mêlé à de l'air et par le siège de la plaie.
Si l'hémorrhagie est fournie par un point situé à 1 centimètre en dehors du bord du sternum, c'est l'artère mammaire qui est blessée.
Si l'hémorrhagie a lieu sur la continuité d'un arc costal, c'est l'artère intercostale; on reconnaît que le sang sort de ce vaisseau en appliquant une carte recourbée dans la plaie, de façon à avoir une gouttière qui embrasse le côté supérieur; si le sang sort au-dessus de la carte, l'hémorrhagie vient de l'artère intercostale (Richter).
b. Hémorrhayie par blessure du poumon. — Le sang qui provient d'une blessure du poumon est rutilant, spumeux; il y a en même temps hémoptysie. Le sang qui vient des artères, des parois, est mélangé à de grosses bulles d'air, mais il n'est point aussi spumeux que celui qui vient du poumon.
. c. Hémorrhagie par blessure des gros vaisseaux des médiastins. — Le sang qui provient des gros vaisseaux du médiastin postérieur n'arrive à la plaie que quand le thorax est plus ou moins rempli. La matilé du thorax, les défaillances, les sueurs froides doivent faire soupçonner cette source de rhémorrhagie. V. plus loin Épanchements.
Quelle que soilla source des hémorrhagies, un épanchement de sang dans les plèvres en peut Aire la conséquence.
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Le sang qui provient des veines se coagule plus vile I que le sang artériel.
Thérapeutique. — Refermer une plaie de poitrine qui donne du sang, quitte à faire une contre-ouverture pour remédier à l'épanchement (Larrey), est une mauvaise pratique.
Si l'hémorrhagie est due à l'artère mammaire, le vaisseau sera lié entre la plaie et le cœur (Deipech, Marjolin, Velpeau).
Pour lier l'artère mammaire : incision allant de l'insertion du troisième cartilage au sternum jusqu'au milieu du cartilage de la quatrième côte, couper la peau, le tissu cellulaire, inciser avec précaution les muscles intercostaux.
On peut introduire dans la plaie une ampoule de baudruche, et mieux de caoutchouc, vide, que l'on remplit d'air et qui, attirée au dehors, comprime l'artère de dedans en dehors (Sabatier, Desault).
Si l'héjnorrhagie vient de l'artère intercostale, agrandir la plaie, embrasser la côte et l'artère avec un fil passé au moyen d'une aiguille courbe (Gérard); introduire entre les côtes un bourdonnet ou un cône d'ivoire qui comprime de dedans en dehors (Lotteri, Quesnay); lier l'artère avec une aiguille recourbée (Reybard) ; employer l'ampoule de caoutchouc, comme pour les plaies de l'artère mammaire ; interne, sont des procédés que l'on peut mettre en usage suivant les cas et surtout suivant la situation où l'on se trouve. Pour les plaies étroites, la ligature avec ou sans la côte est moins avantageuse que les compresseurs.
Sectionner l'artère pour permettre sa rétraction (Theden, Assalini) est une pratique infidèle.
S'il y a hémorrhagie interne, sans lésions des artères des parois, d'autres indications se présentent. V. plus loin Épanchements.
Issue du pmimoii. — Lorsqu'une plaie de la région antérieure de la poitrine est un peu large, il peut se faire une hernie du poumon ; celle-ci a lieu au moment même de la production de la plaie, sans doute au moment où le malade a fait un effort (J. Cloquet), ou une expiration énergique et brusque (Halliday, Malgaigne, Morel-Lavallée), et peut-être parce qu'il y avait antérieurement des adhérences du poumon dans le voisinage de la plaie (Richet).
Le poumon sorti est crépitant, il se tuméfie, devient noir (G. Loyseau), puis s'affaisse et se gangrène. Il est rare que la hernie se réduise spontanément. V. Hernie di;