ROT
ROSE. Plusieurs espèces de roses sont employées en thérapeutique :
1° La rose rouge ou la rose de Provins, dont les pétales, douées de propriétés astringentes, servent en déconii'ort (30 grammes par litre) pour faire des injections dans la leucorrhée [+] ou en lotions sur les plaies ; en incorporation avec du miel pour préparer le miel rosat contre les aphthes [+] ; avec du vinaigre pour faire le vinaigre rosat de toilette [+]; avec la graisse pour la pommade rosat, employée contre les gerçures des lèvres [+] ; avec du sucre pour faire une conserve destinée à l'usage d'excipient dans la préparation des pilules.
2° La rose à cent feuilles ou rose pâle, dont on retire Vhuile essentielle de roses, et avec laquelle on prépare, soit Veau distillée de roses, employée comme collyre \±\, soit le sîVoj) de roses pâles composé, employé comme purgatif chez les enfants, à la dose de 30 grammes.
3° Le 7'osier sauvage ou églantier, dont le fruit astringent, styptique, appelé cynorrhodon ou gratte- cul, renferme le poil à gratter dont le contact avec la peau excite de vives démangeaisons, et par sa pulpe sert à la préparation d'une conserve destinée à servir d'excipient pour les électuaires ou pour les pilules.
ROSÉOLE. Une éruption exanthématique de taches rouges, discrètes, plus ou moins confluentes, sans bronchite ni symptômes généraux graves, caractérise la roséole.
La roséole est une fièvre éruptive épidémique, contagieuse et voisine de la rougeole, n'ayant aucune gravité pour le présent ni pour l'avenir, bien différente sous ce rapport de la rougeole qui prédispose si souvent à la tuberculisation pulmonaire.
Cinq à six jours suffisent à l'évolution complète et à la guérison delà roséole.
Il y a un grand nombre de roséoles accidentelles, sporadiques, produites par l'intoxication passagère qui résidte de certains aliments de mauvaise qualité, tels que les moules, — de certains remèdes, tels que le sulfate de quinine, le copahu, l'iodure de potassium, etc. ; — de certains miasmes, tels que celui du choléra, témoin la roséole observée dans la convalescence de quelques cholériques, — de certains virus, témoin la roséole de la syphilis, mais ces roséoles n'ont rien de grave, et, à part celle de la syphilis, toutes se terminent en sept à huit jours.
Thérapeutique. — Sauf le traitement spécifique mercuriel exigé par la roséole syphilitique, toutes les roséoles épidémiques ou sporadiques et toxiques n'exigent d'autre traitement que le repos à la chambre, les boissons diaphorétiques et une alimentation modérée.
ROSSOLIS. Petite plante très-purgative de la famille des droséracées, dont l'infusion, h grammes par litre, se donne contre l'hydropisio.
ROT (ÉRUCTATION GAZEUSE). Émission accidentelle de gaz par la bouche au moment d'une indigestion ou dans la dyspepsie flatulente, chez les gastralgiques et chez les hypochondriaques qui ont les digestions pénibles, lentes et difficiles. V. Dyspepsie.
Dans l'indigestion ou dans le cancer de l'estomac, les éructations sont souvent nidoreuses, ayant l'odeur d'œufs pourris, ce qui est rare, tandis qu'elles sont presque toujours inodores dans la dyspepsie flatulente et dans la gastralgie hypochondriaque, V, Hypochondrie.
Les éructations sont très-communes chez les hystériques, et elles déterminent un tel gonflement de l'estomac
ROUG
ROUG
qu'il faut détacher les vêtements et qu'il en résulte des spasmes et une tendance à la syncope et un accès d'hystérie.
Thérapeutique. — Contre les rots, il faut donner des carminatifs (V. ce mot), des boissons aromatiques chaudes et surtout du thé, de l'alcoolat de mélisse, de l'ammonia- ■que, dix à vingt gouttes dans un verre d'eau sucrée, et de la magnésie noire ou charbon végétal à la dose de 1;) à 20 grammes dans de l'eau sucrée.
ROt]E'«J (Seine-Inférieure). Eau ferrugineuse froide.
ROU'oiEOLE OU FIÈVRE MORBILLEUSE. Une
éruptioa générale, fébrile, détaches rouges, irrégulières, un peu saillantes, ne disparaissant pas par la rayure du doigt, caractérise la rougeole. V. Scarlatine.
I. a rougeole est une fièvre éruptive, probablement viruler.te, due à l'absorption d'un ferment qui empoisonne le sang et provoque un exanthème.
Comme toutes les fièvres éruptives, la rougeole est épidémique, infecto-contagieuse et se montre ordinairement dans l'enfance.
Il y a quatre périodes dans l'évolution de la rougeole : sa germination, qui varie de six à vingt-neuf jours; son invasion, qui dure de quatre à quinze jours ; son éruption, qui persiste deux à six jours, et la desquamation fiirfuracée, souvent peu appréciable, qui dure huit à dix jours.
La rougeole est toujours à la fois externe par son exanthème, et interne, au contraire, par l'exanthène des narines, de la conjonctive, des bronches et de l'intestin, ce qui veut dire que son éruption occupe simultanément la peau et les muqueuses.
Rénigne quand son évolution est régulière et rapide, la rougeole est souvent maligne, anormale, irréguhère et par cela même fort grave.
La fièvre accompagnée de rougeur des yeux, de larmoiement, de coryza, de sternutation et de toux sèche, férine, annonce la prochaine apparition de la rougeole.
Une convulsion suivie de fièvre avec catarrhe nasal, oculaire et bronchique, doit faire craindre une rougeole.
La rougeole sans catarrhe bronchique se termine toujours heureusement.
Le catarrhe bronchique qui accompagne la rougeole doit faire craindre une pneumonie.
Les pneumonies de la rougeole, dites morbiUeuses, ont quelque chose de spécifique qui retarde leur résolution et les rend très-graves,
La pneumonie morbilleuse est plus ordinairement lobulaire que lobaire, et elle se termine souvent par la mort. V. Pneumonie.
Plus que les autres, la pneumonie morbilleuse favorise le développement de la pneumonie caséeuse et des granulations granuleuses grises demi-transparentes du poumon, d'où la phthisic pulmonaire. V. Phthi?ie.
La desquamation de la bronchite et de la pneumonie morbilleuses produit dans les bronches des amas d'épithéliuni pulmonaire qui, comme les poussières venues du dehors, sert de gangue à la tuberculose pulmonaire.
Chez les enfants la rougeole est très-souvent le point de départ d'une éruption de gourme impétigineuse, d'eczéma cutané, d'otite et d'otorrbée, à ce point qu'on peut dire qu'elle met les hmneurs en mouvement,
L'éruption de rougeole se complique quelquefois d'une infiltration sanguine de la substance du derme, de façon à former la rougeole hémorrhagique, qui n'est pas plus grave que les autres, s'il n'y a point de nouvelle complication.
On voit quelquefois la rougeole se compliquer de suffocation par laryngite aiguë avec ou sans œdème de la muqueuse, ce qui entraîne l'obligation de faire la trachéotomie
Thérapeutique. — Il n'y a aucun autre moyen prophylactique de la rougeole que l'isolement, et toutes les tentatives faites jusqu'ici pour inoculer le principe de cette maladie ou pour en donner l'immunité au moyen du camphre, du soufre et de la belladone, centigramme par jour, comme dans la scarlatine (V. ce mot), sont restées sans succès.
Contre la rougeole régulière, une demi-diète (^bouillon et lait coupé), des boissons émoUientes, pectorales, tièdes, et le repos au lit, sans trop de couvertures, sont ce qu'il y a de mieux à prescrire.
La toux férine de la rougeole et la bronchite morbilleuse doivent être combattues à l'aide de potions gommeuses, de juleps béchiques et de loochs blancs additionnés ou non de sirop diacode, de sirop karabé, de sirop de pavots, à 10 ou 30 grammes, suivant l'âge des enfants.
Contre la rougeole des bronches et des poumons ou pneumonie morbilleuse, une ou deux sangsues à l'épigastre et des ventouses scarifiées sont au début des choses nécessaires.
L'ipécacuanha en poudre, 20 à 50 centigrammes, ou en sirop, 15 à ^0 grammes, est nécessaire quand le catarrhe bronchique intense accompagne la pneumonie morbilleuse.
Au bout de quelques jours, les phlegmasies pulmonaires de la rougeole doivent être traitées par l'alcoolature de bryone, 1 à 3 grammes en potion [+] ; par le kermès, 5 à 10 centigrammes, dans une potion \±]; par l'oxyde blanc d'antimoine, 10 à 30 centigrammes Ê; par les révulsifs cutanés, tels que la teinture d'iode, trois fois par jour jusqu'à excoriation du derme ; ou bien par l'huile de croton tiglium, vingt gouttes en frictions, matin et soir, jusqu'à éruption vésiculeuse ; ou par un emplâtre de thapsia ou enfin par les vésicatoires volants répétés.
Une forte diarrliée dans la rougeole doit être combattue par les lavements amidonnés et opiacés, par des lavements de sous-nitrate de bismuth, 3 grammes dans 150 grammes de mucilage de gomme adragant, et par le sousnitrate de bismuth, 2 à U grammes, à l'intérieur, en poudre ou dans du sirop.