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II. Urètiire. (Contusion de l'). V, Contusion

III. Urèthre (DÉCHIRURES DE l'). Les déchirures de l'urèthre peuvent être profondes, avec intégrité de la peau ou avec plaie contuse du tégument. Les fausses routes sont des plaies contuses produites de dedans en dehors, et elles ont le même effet que les contusions et les déchirures

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produites par un coup ou une chute. [V. Cathétérismë {Accidents du)]. Il se produit quelquefois des déchirures de l'urèlhre en arrière des rétrécissements. V. RÉTRÉCISSE- MENTS DE l'urèthre et Infiltration d'urine.

Les plaies contuses de l'urèthre peuvent porter sur la totalité du calibre de l'urèthre qui est alors divisé longitudinalement et quelquefois transversalement. Elles s'accompagnent d'hémorrhagies moins abondantes que dans les plaies régulières par instruments tranchants ; mais il y a des épanchements sanguins autour de la plaie qui produisent rapidement la rétention d'urine.

L'infdtration urineuse est la conséquence habituelle des déchirures de l'urèthre occupant la portion membraneuse de ce canal.

On reconnaît les déchirures de l'urèthre à la sortie de l'urine par la plaie au moment de la miction, et, lorsqu'il n'y a pas de plaie, à l'hémorrhagie par l'urèthre en dehors des moments où le malade urine.

Les fausses routes se reconnaissent à un écoulement sanguin immédiatement après le cathétérismë, à une déviation de la sonde et à une sensation de déchirure lorsqu'on explore l'urèthre. V. Cathétérismë [Accidents du).

Thérapeutique. — Lorsqu'il y a une déchirure de l'urèthre, sans plaie extérieure, on sondera le malade avec une sonde molle munie d'un mandrin. Les sondes à grande courbure sont bonnes. Si l'on se sent arrêté par une déchirure, on sondera par des procédés variables et avec des sondes de courbures différentes (V. Cathétérismë); on sondera avec lenteur et l'on s'arrangera de façon à faire suivre au bec de la sonde la partie de la paroi qui semble être intacte. Pour cela on tire la sonde en haut ou on la fait presser en bas.

On placera des sangsues au périnée, on donnera des lavements opiacés ou l'on placera le malade dans un grand bain; on détruira les caillots sanguins qui existent dans l'urèthre à l'aide de la sonde ou en pressant sur le canal d'arrière en a\ant.

Lorsque le cathétérismë est impossible et lorsqu'il y a une tumeur sanguine au périnée, on incise la tumeur et l'on tente de sonder. Une sonde à demeure peut souvent être placée après cette opération (Reybard). Si la sonde ne peut être placée, on aura recours à l'établissement de la boutonnière urétlirale^ comme lorsqu'il y a plaie extérieure.

Lorsqu'une plaie extérieure existe, et quand il y a écoulement d'urine par la plaie, il est encore indiqué de passer une sonde à demeure pendant trois jours, puis, les jours suivants, on fait uriner le malade avec la sonde à chaque besoin d'uriner. Si l'on ne peut passer une sonde, on pourra, en faisant uriner le malade, se guider sur le jet de l'urine pour aller à la recherche du bout postérieur de l'urèthre; puis une bougie étant introduite dans la vessie, une autre est passée dans l'urèthre, et l'on se sert de la bougie fdiforme introduite par l'urèthre pour ramener dans le canal la bougie dont une partie est engagée dans la vessie; pour cela, on lie ensemble les deux extrémités des bougies qui passent parla plaie (Gosselin). V. Uréthrotomie.

Lorsque l'urine ne passe pas par la plaie, et lorsqu'il y a néanmoins rétrécissement, on peut faire la boutonnière périnéale, inciser au devant de l'anus, comme pour la taille bilatérale, soit en grandissant une plaie, soit en faisant une incision en arrière de la plaie. V. Uréthrotomie externe.

Si l'on est consulté plusieurs jours après que la plaie a

eu lieu, si un rétrécissement ne peut être franchi, on peut, après avoir ponctionné la vessie, faire le cathétérismë, d'arrière en avant, avec une sonde métallique ou une sonde de gomme (Sédillot, Voillemier). La sonde arrivée dans la plaie sert à conduire une sonde dans la vessie, et l'on fait plus tard l'uréthrotomie externe. Si le canal est rendu libre, on y passe une sonde et l'on s'en sert pour conduire une sonde à demeure, passant à la fois dans l'urèthre et dans la vessie.

Pour sonder les malades atteints de fausses routes, on se sert d'une sonde droite si la fausse route est sur la partie antérieure, d'une sonde courbe si elle est sur la paroi postérieure. Les bougies tortillées (Leroy d'Étiolles) sont d'un bon usage s'il y a rétrécissement.

On peut introduire une sonde à olive latérale qui s'engage dans la fausse route, et l'on passe, à côté de cette sonde, une bougie fine qui évite ainsi le rétrécissement (Ducamp) ; ou bien on introduit une sonde presque droite, à œil latéral ; on pousse, et lorsque le bec de la sonde s'est engagé dans la fausse route, on passe dans la sonde une bougie munie d'un fil qui, traversant l'œil de la sonde, évite la fausse route (Mercier) : on retire la sonde, ouverte du bout, qui a servi de conducteur.

En général, une bougie à boule, conduite par une main habile, suffit pour éviter les fausses routes, à moins qu'elles ne soient très-étendues et que la sonde ne soit engagée fort avant dans une fausse route formant un canal anormal. En tirant fortement sur la verge et en disant au malade de faire effort pour uriner, pendant qu'on introduit les bougies, on évite les petites fausses routes. V. Prostate {Hypertrophie de la).

URÈTURe: (Rétrécissement de l'). Les rétrécissements de l'urèthre sont dus à une modification de la structure de l'urèthre qui se transforme partiellement en tissu fibreux, soit après une inflammation de l'urèthre, soit après une plaie.

Il y a des rétrécissements qui sont dus à des tumeurs qui compriment le canal; enfin il y a des rétrécissements occasionnés par des obstructions de l'urèthre.

Le gonflement de l'urèthre pendant une blennorrhagie, le gonflement du col de la vessie pendant une cystite, causent un rétrécissement inflammatoire qui passe avec l'inflammation. V. Uréthrite, Cystite.

Il n'y a pas de rétrécissements spasmodiques vrais.

Les premiers rétrécissements sont des rétrécissements dits organiques que l'on divise ainsi : 1° rétrécissements proprement dits de l'urèthre; 2° rétrécissements cicatriciels ou traumatiques. Les seconds sont les rétrécissements consécutifs à une tumeur qui comprime l'urèthre, tels qu'un épanchement sanguin, une tumeur de la prostate, un cancer du rectum et des hérnorrho'ides. Les troisièmes sont des rétrécissements produits par des calculs et des corps étrangers qui oblitèrent l'urèthre (V. Prostate, Corps étrangers. Polypes). Les rétrécissements spasmodiques (Hunter, Shaw, A. Cooper), ne sont pas des rétrécissements vrais.

Les rétrécissements organiques doivent être divisés cliniquement en rétrécissements d'origine inflammatoire et en rétrécissements d'origine traumatique.

Les rétrécissements d'origine inflammatoire siègent le plus souvent (Shaw) dans la portion spongieuse de l'urèthre, et rarement à la portion membraneuse. L'urèlhre est altéré au-dessus et au-dessous du rétrécissement (Reybard, A. Guérin): les rétrécissements sont constitués par un

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anneau fibreux, par des plaques indurées, quelquefois par une valvule. Il y a des rétrécissements qui sont durs, d'autres qui sont élastiques.

Les rétrécissements, quatre-vingt-dix fois sur cent, sont la conséquence d'une blennorrhagie (Hunier, A. Cooper), et les injections caustiques, destinées à guérir les blennorrhagies (Simmons), sont une cause favorable à leur production (Ev. Home, Wilson).

Les blennorrhagies chroniques, les irritations de l'urèthre par une ulcération, existent avec des rétrécissements (Hunter, Macilvain) et elles jouent un rôle dans leur production.

Les rétrécissements d'origine traumatique sont des anneaux ou brides cicatricielles généralement peu extensibles. Ils se forment rapidement du quarantième au soixantième jour après une plaie, et il en est qui se resserrent indéfiniment lorsqu'on cesse de les dilater.

Les rétrécissements de l'urèthre sont extrêmement rares chez les femmes. Il y en a pourtant quelques exemples (Demarquay).

Les polypes de l'urèthre, les chancres de l'urèthre cicatrisés, causent des rétrécissements.

La marche des rétrécissements d'origine inflammatoire est la suivante :

Les malades éprouvent quelques élancements dans l'urèthre; ils ne vident point complètement leur vessie, et il coule quelques gouttes d'urine après que le malade a fini d'uriner; le jet de l'urine est diminué, il est enroulé sur lui-même, forme une sorte de vrille. Si l'on sonde à ce moment les malades, on ne peut introduire dans l'urèthre qu'une sonde du n" 10 ou 8, et l'on provoque une douleur dans le point où la sonde est arrêtée quelques instants avant de passer.

Tous les rétrécissements de l'urèthre passent d'abord par cette phase, puis tout à coup il y a rétention d'urine incomplète : les malades ne peuvent plus uriner que goutte à goutte, font des efforts violents pour uriner, efforts capables de leur donner des hernies (A. Cooper), et enfin il leur arrive de ne plus pouvoir uriner et d'avoir une rétention d'urine complète. Dans tous les cas il y a un élément spasmoJique, une contracture de l'urèthre qui est due à une irritation de l'urèthre causée par les fatigues ou les excès, qui ont été la cause occasionnelle de la rétention d'urine.

Tous les rétrécissements de l'urèthre causent des accidents nombreux et graves.

Lorsque la vessie se vide mal et seulement après de grands efforts, il y a rétention d'urine, distension progressive de la vessie et une sorte d'incontinence d'urine Alors les malades sont obligés d'uriner souvent, leur sommeil est interrompu par de fréquents besoins d'uriner.

Quand l'urine a séjourné habituellement dans la vessie pendant longtemps, un catarrhe vésical se produit, l'urine devient purulente et muco-purulente, des lésions consécutives des reins se montrent quelquefois, et sans compter les néphrites et les pyélo-néphrites, on trouve souvent une dilatation des uretères; mais pour cela il faut que le rétrécissement ait été déjà plusieurs fois suivi de rétention d'urine complète. C'est à la suite de ces accidents aussi que l'urèthre se dilate en arrière du rétrécissement.

Les fonctions génésiques sont troublées par les rétrécissements de l'urèthre; le sperme ne s'écoule qu'en bavant. Il y a quelquefois des pertes séminales et de l'impuissance.

rétention d'urinp avec tout sop cortège de sym-

] ptômes complique quelquefois les rétrécissements, et elle peut se terminer par la rupture de l'urèthre en arrière du rétrécissement, de façon à donner lieu à une infiltration I urineuse ou à un abcès urineux et à des fistules urinaires I consécutives ; elle peut se terminer encore par une cystite et une prostatite et par les lésions des reins.

Dans quelques cas de rétrécissements il y a un écoulement uréthral sanguin ou muqueux, suite de déchirure de l'urèthre, au niveau du rétrécissement au moment où le malade fait des efforts énergiques pour uriner. On voit quelquefois des hémorrhoïdes survenir par suite des mêmes efforts.

Des congestions, des palpitations, des maux d'estomac mal caractérisés, l'hypochondrie quelquefois, sont les symptômes généraux occasionnés par les rétrécissements de l'urèthre.

On reconnaît un rétrécissement organique ou traumatique aux troubles de la miction qui s'effectue incomplètement, mais le cathétérisme est indispensable pour formuler un diagnostic précis. D'ailleurs l'origine du mal, une blennorrhagie, un traumatisme, indiquent si l'on a affaire à un rétrécissement traumatique ou d'origine inflammatoire.

Un stylet métallique à boule (B. Bell) ou une bougie à boule sont introduits dans l'urèthre; ils sont arrêtés au niveau du rétrécissement. On force un peu de façon à faire pénétrer la boule dans le rétrécissement, une secousse a lieu et l'instrument passe ; si l'on retire la bougie elle est arrêtée. Ce signe est pathognomonique, mais il ne permet que de reconnaître les rétrécissements annulaires. Lorsque la partie coarctée de l'urèthre est très-étendue, on se sert de la bougie à empreinte de Ducamp. C'est une bougie conique graduée en centimètres, sur la pointe de laquelle on applique de la cire commune ou un mélange de cire et de poix. On introduit la bougie ainsi préparée et graissée préalablement. On la pousse dans le rétrécissement et on la laisse deux minutes en place, après quoi on la retire avec lenteur. Lorsque le rétrécissement est à l'origine du bulbe, la sonde à empreinte est un moyen d'exploration infidèle. Le rétrécissement normal au collet du bulbe peut en imposer pour un rétrécissement, mais dans ce cas l'existence de troubles de la miction éclaireraient le chirurgien.

Les rétrécissements fibreux étendus 'qui existent sur la portion spongieuse de l'urèthre peuvent se révéler à l'extérieur par une dureté sur le trajet de canal.

Quand un malade présente les signes d'un rétrécissement, et quand on peut arriver jusque sous le pubis avec une sonde d'argent, il est certain qu'il s'agit d'une lésion de la prostate et non d'un rétrécissement.

Toutes les fois que les malades qui ont une rétention d'urine peuvent être sondés avec une grosse sonde, après que l'on n'a pu réussir avec une petite, et quand le toucher rectal n'indique aucune tuméfaction de la prostate, il y a une contracture du col de la vessie et non un rétrécissement.

Thérapeutkjue. — Rétrécissements inflammatoires. Les rétrécissements dus à la tuméfaction de la muqueuse uréthrale doivent être traités pir le cathétérisme, à l'aide d'une sonde de gomme graissée avec la pommade :

Axonge 10 giammes.

Belladone ou laudanum 1 id.

et l'on appliquera le traitement de l'uréthrite. Le cathétérisme, dans ces cas, ne présente pas de difficultés,

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Rétrécissements organiques. — Au point de vue du traitement on les divise en rétrécissements peu étroits et très-étroits.

A. Rétrécissements peu étroits. — Les rétrécissemenis non compliqués de rétention d'urine seront traités par la dilatation progressive. Une bougie à bout olivaire, du n" Zi, 6, 7 ou 8 de la filière Charrière, sera introduite de la manière suivante. La verge étant tenue avec le pouce et l'indicateur d^ la main gauche, la bougie sera introduite lentement, et le chirurgien lui fera exécuter un mouvement de vrille. Lorsqu'il se sentira arrêté, il ralentira les pressions, de façon à ne point provoquer de spasme de l'urèthre. Lorsqu'il aura passé, il laissera la bougie vingtquatre heures en place : l'urine passera autour de la sonde. On donnera au malade un grand bain.

Le lendemain, le chirurgien placera une bougie de deux numéros au-dessus de la première, par le même procédé que précédemment, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il soit arrivé au n" 18, puis on placera la même sonde plusieurs jours de suite. Lorsqu'elle sera libre dans l'urèthre, on aura recours aux sondes de Beniquié, pour faire la dilatation brusque, progressive. On introduit, tous les jours une fois, ou tous les jours matin et soir, les cathéters, depuis le n°33 de Béniquié jusqu'à Zi8, en progressant de deux numéros à la fois. Les sondes successivement placées resteront huit minutes en place ; le lendemain, on commencera la dilatation par trois numéros au-dessus du dernier dont on s'est servi la veille. Si l'on atteint le n° 50, le malade est guéri. On lui prescrit de se passer lui-même une bougie du n" 18 à 16, tous les jours matin et soir, pendant un quart d'heure. Il est bon que le malade ne fasse ni excès de coït, ni excès de table, ni excès de marche. Ce traitement est un traitement palliatif qui n'a aucun danger. Lorsqu'il est bien appliqué, c'est la meilleure de toutes les pratiques.

L'accident un peu sérieux de ce traitement est la fièvre uréthrale, qui se montre lorsque l'urèthre est dilaté avec force. On prévient cette complication en passant des bougies fines, en donnant des bains fréquents aux malades et en environnant la verge et le périnée de cataplasmes. S'il y a des ulcérations de l'urèthre, on enduira les bougies de pommades additionnées d'extrait de belladone. Contre la fièvre uréthrale, on administrera le traitement approprié. V. Infection urineuse, Fièvre uréthrale.

Le traitement préventif des accidents des rétrécissements consiste dans l'usage de tisanes diurétiques, de grands bains et des eaux minérales, comme celles ([ue l'on emploie pour la blennorrhagie chronique et la cystite chronique.

Le traitement des rétrécissements par ulcération (Hunter), c'est-à-dire au moyen de sondes à demeure, qui, pressant sans cesse le rétrécissement, l'ulcèrent, est un moyen qui ne vaut pas la dilatation progressive.

La dilatation forcée des rétrécissements de l'urèthre avec le dilatateur de Perrève, avec les sondes métalliques de Mayor, sont des procédés dangereux ; ils occasionnent des déchirures de l'urèthre et des phlegmons de la verge. La dilatation avec une sonde en vrille (Dieulafoy) est passible des mêmes reproches.

La cautérisation du rétrécissement d'avant en arrière (Viseman, Roncalli, Hunter), avec une sonde terminée par une boule contenant du nitrate d'argent, ou mieux avec un porte-caustique de Lallemand et la cautérisation d'arrière en avant (Leroy d'Etiolles), est aujourd'hui abandonnée à juste titre. Cautériser le point rétréci du canal est toujours une manœuvre difficile, même avec l'endoscope de Desor-

meaux (V. Endoscope), et la cicatrice du rétrécissement doit toujours reproduire un rétrécissement.

Déjà A. Cooper avait dit que la cautérisation ne pouvait être bonne que pour détruire un rétrécissement en arrière duquel se trouve une fistule périnéale, et Delpech proscrivait la cautérisation pour les cas où le rétrécissement était trop large.

La cautérisation avec la potasse caustique (Watheley), pratiquée comme la cautérisation avec le nitrate d'argent, est passible des mêmes critiques. On peut employer ce caustique sous forme pulvérulente, lui substituer l'alun et le porter sur le rétrécissement avec une bougie de cire conique (Roux).

Si quelque chirurgien voulait tenter encore ces moyens il devrait ne cautériser que quand un certain degré de dilatation aurait été obtenu.

Fis- — Porte-caiistiriue île [.allemaml.

R. Rétrécissements trés-étroits. — Lorsque le rétrécissement est très étroit, on sonderale malade avec une bougie filiforme. Une bougie de baleine (Phillips, Guillon), à bout olivaire, est ce qu'il y a de mieux, mais on doit la pousser avec beaucoup de précautions. Si la bougie est trop serrée, on introduira à côté d'elle une bougie métallique et l'on forcera (Ducamp).

On peut tenter d'introduire successivement des bougies coniques de plus en plus grosses, qu'on substitue les unes aux autres, jusqu'à ce que l'on pénètre avec une bougie assez volumineuse un peu profondément, puis on a recours ensuite à une petite bougie qui alors passe jusque dans la vessie (Mercier).

Lorsqu'une bougie a été introduite ainsi dans la vessie, elle est très-serrée, et quelquefois elle ne laisse pas écouler immédiatement l'urine ; on est alors obligé de recourir à la ponction vésicale (Nélaton, Phillips); mais on peut souvent introduire, après avoir laissé la bougie en place^ une petite sonde filiforme. Dans un bon nombre de cas ce-

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pendant, les malades urinent autour de la sonde. On prescrit au malade le repos absolu. Après avoir fait administrer un grand bain, on donne un demi-lavement avec dix gouttes de laudanum .

Lorsqu'une bougie introduite avec grand'peine dans la vessie est serrée par le rétrécissement, on peut agir de même. Dans quelques cas, on a pu glisser sur une bougie une sonde ouverte du bout (Desaull, Maisonneuve), et en retirant la bougie on laisse la sonde libre et l'urine s'écoule.

Pour passer la sonde, on attache à l'extrémité de la bougie un fil, on engage celui-ci dans la sonde ouverte du bout qui glisse ainsi sur le fil et la bougie jusque dans la vessie.

On peut se servir d'une bougie filiforme, à extrémité terminée en pas de vis. On introduit la bougie; lorsqu'elle est parvenue dans la vessie, on fixe sur son pas de vis une sonde qui se visse sur la bougie ; on pousse, la bougie se pelotonne dans la vessie, la sonde arrive dans la vessie et le malade urine; on retire la sonde, et la bougie revient dans l'urèthre, où elle reste en place; on recommence si la rétention d'urine continue (Phillips).

Dans les cathétérismes difficiles, on réussit, soit en sondant le malade debout (Phillips), soit en engageant les malades à pousser comme s'ils voulaient uriner, soit en tirant sur la verge et en la faisant monter, pour ainsi dire, sur la sonde ou lu bougie.

En principe, le cathétérisme avec la sonde de baleine est toujours possible, mais il faut employer beaucoup de temps et de précaution, quatre heures s'il le faut. Une main habile qui sonde l'urèthre peut y manœuvrer longtemps sans faire de dégâts. Les douleurs éprouvées par le malade, la résistance sentie, guident le chirurgien. Lorsqu'après avoir développé une certaine force, le chirurgien n'a pas fait éprouver de douleur au malade, et lorsqu'il sent la sonde serrée, il est certain que la bougie est dans le rétrécissement et il peut pousser.

S'il y a rétention d'urine, les applications de sangsues au périnée, l'introduction d'un morceau de glace ovalaire dans le rectum toutes les heures (J. J. Cazenave) ; les cataplasmes froids sur le ventre et les cuisses, un grand bain, favorisent le cathétérisme en diminuant le spasme causé par la rétention d'mnne.

En général, une bougie engagée dans un rétrécissement où elle est serrée peut passer dans la vessie après deux heures de séjour dans le point rétréci, k ce moment l'urine sort autour de la bougie.

Lorsque, par suite défausses routes, le cathétérisme est impossible :

On aura recours au traitement de la rétention d'urine complète, tel que la ponction de la vessie, et, dans ces cas, on pourra tenter le catéthérisme rétrograde.

Pour les cas de rétrécissements dits infranchissables, on a proposé des injections forcées (Amussat). Ce procédé est dangereux etabandonné aujourd'hui. Son seul avantage serait peut-être de dilater un peu le rétrécissement et de faciliter le passage des sondes.

La ponction du rétrécissement a été faite avec un trocart (Chopart), une sonde s'armant d'une tige carrée et tranchante (Robert), un trocart explorateur (Rizzoli), une sorte de sonde tarière , armée d'une lame à scarifier (Uyterhoven). On a perforé aussi l'obstacle avec un morceau de potasse caustique enfermé dans une boule de cire, fixée au bout d'une bougie conique (Langston, Parker), ou encore avec le galvano-cautère (Middeldorpf). Ce dernier moyen est la plus mauvaise de toutes les cautérisations. Pour que ce traitement puisse être appliqué, le ré-

BOCCHCT ET DESPRÉS. 2' édlt.

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trécissement ne doit pas être situé au-dessous des deux tiers antérieurs de l'urèthre. Il faut que pendant les efforts du malade pour uriner, on sente l'urèthre distendu en arrière du rétrécissement. Les rétrécissements annulaires, consécutifs à un traumatisme, senties seuls que l'on puisse traiter par ces procédés. C'est ici que l'emploi de l'endoscope peut-être indiqué pour faciliter le traitement.

Dans les cas où le rétrécissement est excentrique, on peut se servir, pour y pénétrer, d'une bougie tortillée (Leroy d'ÉtioUes), ou d'une sonde ouverte du bout, dans laquelle on engage plusieurs stylets métalliques ou bougies de Meine, et, par des tâtonnements successifs, on arrive sur le rétrécissement (Ducamp, Mercier).

Voici comment procédait Ducamp.

Lorsqu'il s'agissait de rétrécissements situés dans l'axe môme de l'urèthre, une sonde n° 16, à bout un peu olivaire et percée du bout, était poussée jusqu'au rétrécissement ; un stylet à boule, introduit dans cette sonde, tombait presqu'à coup sûr dans le rétrécissement.

Lorsqu'il s'agissait de rétrécissements dont l'ouverture était située près des parois, la sonde percée du bout portait un renflement latéral.

L'avantage du procédé de Ducamp est de dilater l'urèthre en avant du rétrécissement et de prévenir les fausses routes. Pour les rétrécissements cicatriciels, ce moyen peut rendre de grands services.

Uréthrotomie. — Les rétrécissements de l'urèthre ont été traités par l'uréthrotomie interne ou externe.

A. Uréthrotomie interne. — L'uréthrotomie interne comporte les incisions superficielles, les incisions profondes et l'ablation du rétrécissement.

Les incisions (Amussat, Arnolt, Stafford), les incisions profondes (Reybard), la section complète du rétrécissement (Maisonneuve, Sédillot), ont été tentées. On a même enlevé le rétrécissement avec une sorte d'emporte-pièce constitué par deux cupules à bords tranchants. Introduites séparément dans l'urèthre, une passant en arrière du rétrécissement, l'autre restant en avant, et en les rapprochant, elles coupent les parties rétrécies (procédé supposé de Heurieloup). Arnolt et Leroy d'Étiolles avaient déjà tenté d'enlever des rétrécissements avec des emportepièces.

Les incisions superficielles se font avec l'uréthrotome de Reybard, celui de Civiale, celui de Charrière ; mais on a renoncé aujourd'hui aux incisions simples ; on fait des incisions plus profondes avec des instruments qui coupent d'avant en arrière et d'arrière en avant.

Tous les instruments destinés à l'uréthrotomie interne se rattachent à ces quatre types. Les meilleurs sont ceux qui sont munis d'une bougie conductrice.

On a fait encore l'uréthrotomie avec un lithotome muni d'une bougie conductrice (Maisonneuve).

Ou bien, en explorant l'urèthre avec r'endoscope, on s'assure de la profondeur du rétrécissement, puis avec un long bistouri très-étroit et terminé par une petite boule qui sert de conducteur, on excise- alors le rétrécissement sur plusieurs points s'il est nécessaire (Desormeaux).

L'uréthrotomie se fait après la dilatation préalable de l'urèthre et au moment même du premier cathétérisme.

Pour faire l'uréthrotomie d'emblée, les scarificateurs de Maisonneuve et de Ricord sont les meilleurs, seulement ils coupent au delà des limites du rétrécissement. On introduit la bougie conductrice; lorsqu'elle a passé, on visse sur elle l'uréthrotome, qu'on introduit à sa suite; arrivé au

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niveau du rétrécissement, on coupe, en faisant Scaillir la lame hors de sa gaîne; on retire l'instrument et l'on place une grosse sonde dégomme à demeure.

Pour faire l'uréthrotomie après dilatation, on passe des bougies à olives de plus en plus grosses, jusqu'à ce que l'on soit parvenu à faire entrer dans la vessie au moins le n° 8 de la lilière Charrière, puis on intro-

au moment même où l'on pénètre dans le rétrécissement pour la première fois. Il est toujours imprudent défaire d'emblée l'uréthrotomie pour les rétrécissements qui sont la suite rapprochée delà blennorrhagie.

Toutes les fois qu'on fait l'uréthrotomie pour un rétrécissement désigné inflammatoire, il faut passer immédiatement une sonde dégomme, qu'on laisse à demeure;

Kig", 715. — ri'éthiotoine de Maisoiineiive, poni' couper d'avant en arriére. — A. Emilie. — E. (raine oacliaot la lame de Tiristrument. — c, e. Lame Taisant saillie è voloiitë, en avant un en arrière de la ifaîne.

Fig. 71G. — Uréthrotome de Civiale, pour couper d'arrière en avant. — B. Olive qui passe en arrière du létrécissement. — K. i.ame.

Fig. 717. — Uréthrotome de J. Charrière avec sonde destinée à être introduite au moment où l'on retire l'instrument, coupant d'avant en arrière. — B. A. Insti'ument monté, prêt à servir. Les autres ligures montrent 14 disposition de la lame pour couper d'avant on arrière ou d'arrière en avant.

duit un des urélhrotomes destinés à couper d'arrière en avant.

En règle générale, pour couper les rétrécissements les lames doivent toujours saiUir d'une étendue relativement plus grande que celle que l'on veut donner à son incision.

Pour les rétrécissements traumatiques, on peut inciser

cette sonde ne doit pas être trop grosse et mesurer du n° ik à 16, et l'on doit environner la verge et le périnée de cataplasmes. Les malades boiront une tisane délayante, et l'on tcàchera de provoquer une diaphorèse.

Pour juger la valeur de l'uréthrotomie, on saura que les complications de l'uréthrotomie sont les hémorrhagies interstitielles, l'infiltration urineuse et la fièvre uréthrale,

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et qu'à la suite de ces derniers accidents il y a des cas de mort en vingt-quatre heures ou plusieurs jours, tandis que les autopsies deguérisons authentiques sont très-rares et très-douteuses

Sur un malade atteint de cystite, de néphrite ou de prostatite chronique, l'uréthrotomie a des dangers sérieux.

Tout rétrécissement dilatable contre-indique l'uréthrotomie.

11 est dangereux de faire l'uréthrotomie pour des rétrécissements situés au niveau et au-dessous du bulbe.

Les rétrécissements traumatiques autorisent l'application de l'uréthrotomie interne, seulement quand il y a une bride circulaire qui tend sans cesse à se rétracter.

Tous les rétrécissements qui admettent après la dilatation progressive une sonde du n° 16 ne doivent jamais être opérés.

B. Vréthrotomie externe. — L'uréthrotomie externe comporte deux opérations : 1° la boutonnière périnéale

Fig, 718. — Urétlu-otomie avec coiiJueteiU'. (Syme.)

avec ouverture de l'urèthre, sans conducteur (F. Colot, Ledran). Cette opération a été réglée de nos jours et a été appelée uréthrotomie externe sans conducteur; 2° l'uréthrotomie externe avec conducteur (Syme) .

L'uréthrotomie externe sans conducteur (Sédillot) consiste à introduire un stylet cannelé ou cathéter fin jusque sur le rétrécissement, à inciser à peu près sur le point où le cathéter est arrêté ; on arrive sur le cathéter, on fait écarter les lèvres de la plaie; une fois sur le cathéter, on examine l'urèthre, on fait retirer l'instrument, tout en faisant écarter les lèvres de la plaie avec des crochets ou des érignes, puis on retire le cathéter ; on introduit deux stylets cannelés fins dans l'ouverture du rétrécissement, on les écarte en faisant ainsi une dilatation forcée. Si l'on ne parvient pas à passer les stylets, on incise sur la ligne

médiane et l'on va en tâtonnant à la recherche du bout postérieur de l'urèthre. Lorsque le rétrécissement est incisé, on engage une sonde dans l'urèthre, et, lorsqu'elle arrive à la plaie, on cherche à l'introduire dans la vessie ; pour cela, on se servira d'un petit gorgeret engagé dans la portion postérieure de l'urèthre (F. Bron), ou bien on introduira, d'arrière en avant, une bougie de gomme qui aura été introduite préalablement dans la vessie et qu'on fera passer dans la partie antérieure de l'urèthre, en l'attachant à une sonde passée d'abord du méat vers la plaie ; celle-ci sera retirée et entraînera avec elle et le fil et la partie extérieure de la sonde qui est déjà placée dans la vessie (Gosselin).

L'uréthrotomie externe sans conducteur a été pratiquée d'une manière un peu différente. Une incision a été faite sur l'urèthre, un cathéter étant préalablement introduit dans l'urèthre, on incise couche par couche, puis, l'urèthre ayant été trouvé réduit à un cordon fibreux, le canal a été alors ouvert en avant et en arrière de l'obstacle et une sonde passée par l'urèthre et engagée ensuite dans le bout postérieur de l'urèthre; de la sorte, la sonde a, pour ainsi dire, servi de moule à un nouvel urèthre {Uréthrotomie par section collatérale) (Bourguet d'Aix).

L'uréthrotomie externe avec conducteur (fig. 718) (Syme) dérive de la boutonnière périnéale qu'a faite Tolet.

Pour faire cette opération, il faut que le rétrécissement soit franchissable.

On place le malade comme pour l'opération de la taille. Un cathéter cannelé est introduit dans la vessie et confié à un aide. Le chirurgien fait au périnée ou au pénis une incision de 2 à 4 centimètres. Arrivé sur l'urèthre, le doigt étant placé sur la pointe du bistouri, on incise le rétrécissement d'arrière en avant, en se guidant sur la cannelure du cathéter. Lorsque le rétrécissement est incisé, on place une sonde d'argent à demeure, de quarante-huit heures, de suite à soixante-douze.

Un conducteur avait été imaginé pour cette opération, afin de permettre au chirurgien d'arriver d'un seul coup sur le rétrécissement; mais il vaut mieux disséquer comme dans le procédé primitif.

Cette opération expose à des fistules urinaires consécutives (Thompson). Dans le cas où il y aurait déjà une fistule, il y aurait lieu d'appliquer sans crainte ce traitement.

Lorsqu'il y a une fistule en arrière du rétrécissement, on peut dilater la fistule, passer un stylet dans la vessie, puis passer un cathéter fin à travers le rétrécissement, et l'on fait ainsi sur ce conducteur l'uréthrotomie externe avec conducteur (Syme).

On peut encore, après avoir trouvé le bout postérieur de l'urèthre, passer un stylet dans l'urèthre et lui faire franchir le rétrécissement ; attacher un fil à ce stylet, ramener ce stylet au dehors, attacher au fil l'extrémité olivaire d'une autre sonde, l'amener en tirant le fil jusqu'en dehors par la fistule, puis passer ensuite de la fistule dans la vessie la sonde ainsi amenée au dehors (Voillemier). ,

Ouand un abcès urineux s'est formé en arrière d un rétrécissement, on l'ouvre, et si l'on ne peut passer une sonde à demeure, les procédés précédents sont applicables

IRÈT

URÉT

pour guérir le rétrécissement, mais il faut attendre que l'inflammation soit calmée.

Quand, dans un cas de rétention d'urine on n'a pu franchir l'obstacle, et quand on a été ol)ligé de faire la ponction de la vessie, on tentera le catliélérisme rétrograde, comme l'avait proposé Hunter et comme ont fait Sédillot et Voillemier pour des cas où il y avait des fistules urinai res.

Ui-èthre (RÉTIiÉClSSEMENTS CONGÉNIÏA'JX DE l'). Les

rétrécissements congénitaux du méat urinaire comme les

grosses, introduites aveclenteur; on se servira de bougies graissées avec une pommade :

Axoni;e

Kxtrait de belladone.

1 giamme.

10 id.

Ou, s'il y a ulcération et léger écoulement

Axonj^e

Nitrate d'arirent.

30 grammes.

1 id.

Fiji, 719. — Débridement du méat. — 1. Bistouri courbe. ■ traverser l'iirètliri'. — 3. Étendue des parties il inciser. ■ tiré en arrière de la ronronne du g-land.

Pointe du Ibistouri qui vieut de ■ i. Méat urinaire. — 5. Prépuce re-

rétrécisseiïjents consécutifs aune inflammation du méat ne sont pas des incommodités ; elles occasionnent peu d'accidents. Il n'y a de sérieux que les rétrécissemeuts-qui coïncident avec les rétrécissements placés plus profondément dans le canal. Une bougie munie d'une couche de cire introduite dans l'urèthre indiquera si le rétrécissement du méat existe seul.

Thérapeutique. — La dilatation du méat avec des bougies ou un cône d'éponge préparée, puis une canule à demeure, peuvent suffire quelquefois. La cautérisation n'est pas bonne.

On débride le méat avec un petit lilliolome droit (Civiale) ou avec un bistouri courbe (Phillips), dont on garnit la pointe de cire, on l'introduit dans le méat et l'on débride en bas (fig. 719).

On peut aussi se servir d'un bistouri boutonné, mais l'opération est faite moins rapidement.

On débride le méat rétréci pour introduire les instruments lithrotriteurs (V. Calculs de la vessie), pour remédier aux rétrécissements consécutifs, à la perforation d'une membrane qui ferme l'urèthre (V. Atrésie de l'urèthre), et pour extraire un calcul de l'urèthre engagé dans la fosse naviculaire.

Crèthrc (1IÉTRÉCISSEMENTS SPASMODIQUES DE l'). Il n'y

a pas de rétrécissements spasmodiques vrais, mais il est des cas où il y a une contracture énergique de la portion membraneuse ou musculeusc de l'urèthre et où le cathétérisme présente certaines difficultés. Dans ces cas, il y a toujours un rétrécissement peu marqué méconnu, et souvent une inflammation de l'urèthre, quelquefois avec gonflement de la muqueuse. 11 se passe alors quelque chose d'analogue à ce qui existe dans la rétention d'urine dans les blennorrhagies.

• Thérapeuticjue. — Pour remédier à cet état spasmodique, on sondera les malades avec des sondes un peu

Les incisions de la muqueuse avec un uréthrotome, l'électricité, sont inutiles. Mieux vaut placer dix sangsues au périnée et donner deux bains de siège à plusieurs heures d'intervalle. Les cataplasmes sur la verge, le périnée et l'hypogastre, sont d'un bon usage.

URÉTHRITE ( INFLAMIVIATION DE l'urèthre). Il y a plusieurs espèces d'uréthrite : une uréthrite simple, — une uréthrite blennorrhagique ou blennorrhagie, — une uréthrite granuleuse et une uréthrite goutteuse.

Uréthrite simple. 11 y a une inflammation simple de l'urèthre qui est due à une irritation de l'urèthre par le coït, par la masturbation, une qui se montre après les plaies de l'urèthre, après l'introduction des corps étrangers dans ce canal et chez les calculeux, après l'expulsion d'un gravier, une qui est due à l'irritation d'un rétrécissement de l'urèthre par les sondes à demeure.

L'uréthrite simple est peu douloureuse ; elle donne lieu à une suppuration abondante, blanchâtre et muqueuse, mêlée quelquefois à du sang. Elle peut se compliquer des mêmes accidents que l'uréthrite blennorrhagique, mais sa marche est plus rapide; en sept ou neuf jours elle est guérie complètement.

Dans le cas où l'uréthrite est causée par le coït, on aura égard à l'époque à laquelle la blennorrhagie est apparue ; celle qui se montre le jour même du coït et est accompagnée de douleur peut n'être qu'une uréthrite simple, mais ce diagnostic est toujours difficile ; la marche de la maladie fera cependant reconnaître à quoi l'on a affaire, car l'uréthrite simple dure peu de temps.

Thérapeutique. — Des boissons acidulés et miîcilagineuses d'orgeat ou de graine de lin, le repos, les bains, les cataplasmes, les injections émollientes, sont les seuls moyens que l'on doive mettre en usage contre l'uréthrite simple. On doit compléter le traitement en employant les moyens appropriés pour guérir les maladies qui ont été la cause de l'uréthrite simple.

URÉTHRITE BLE»!l\;ORRHAGIQUE CHEZ L HOMME.

I. Blennorrhagie aiguë. — L'inflammation de la muqueuse de l'urèthre, caractérisée par des plaques rouges bleuâtres ecchymotiques, par un épaississement et une friabilité inégales, par une injection des follicules muqueux et des lacunes de Morgagni, quelquefois par des noyaux d'induration dans le derme de la muqueuse, constitue l'uréthrite blennorrhagique ou blennorrhagie simple, et si le derme de la muqueuse suppure, il y a blennorrhagie phlegmoneuse.

La blennorrhagie débute ordinairement par la fosse naviculaire pour s'étendre plus ou moins loin dans le canal.

URÉT

URÉT

Quelle que soit la certitude de Texistence du virus bien- |

norrhagique, une uréthrite se déclare plus aisément sur ^

des individus qui sont excités par la boisson et par les i veilles, et qui se livrent avec excès et jusqu'il la fatigue

aux rapprochements sexuels. j

Engendrée par le contact du pus de la vaginite bleu- ; norrhagique, l'uréthrite blennorrhagique débute de quatre à huit jours après le coït. Une démangeaison apparaît à la fin de l'émission de l'urine, le gland en est principalement le siège. La pression exercée d'arrière en avant sur le canal amène une goutte de matière blanchâtre visqueuse. Il y a des érections. Bientôt le méat urinaire rougit, laisse couler du pus jaune, verdàtre, et l'urèthre est douloureux. L'urine, en passant, cause des cuissons vives et des érections douloureuses se manifestent pendant le sommeil. Lorsque laverge est courbée pendant l'érection, la blennorrhagie est dite cordée. Des douleurs parfois très-vives existent au moment de l'émission de l'urine : il y a une crise, les malades souffrent àl'hypogastre, dans les reins et les aines, il y a du ténesme vésical et anal. Les malades ont de la fièvre, quelques frissons, mais il n'y a pas d'état général grave dans la majorité des cas.

A mesure que les douleurs de la blennorrhgie cessent, l'écoulement devient plus abondant pour diminuer ensuite. Le pus, d'abord jaune, devient verdàtre, puis blanc comme de la crème et moins épais.

Si le malade se livre au coït avec une blennorrhagie, une rechute est ordinaire et les complications du côté de la vessie et du testicule sont habituelles.

Une maladie intercurrente peut arrêter une blennorl'hagie.

Il est fréquent de voir la blennorrhagie devenir une uréthrite chronique.

Une blennorrhagie est une cause prédisposante pour d'autres blennorrhagies.

Dans la blennorrhagie, un malade qui voit des femmes ou qui veut redresser sa verge pendant une érection, déchire quelquefois son urèthre et il y a uréthrorrhagie ou écoulement de sang par le canal.

Lorsque les malades ont des douleurs hypogastriques continues, du ténesme, de la dysurie, des besoins incessants d'uriner, des douleurs lombaires et des envies de vomir, l'uréthrite s'est propagée à la prostate, à la vessie, aux uretères et peut-être aux reins. V. Prostatite, Cystite

et NÉPHRITE.

Vers le quatrième septénaire de la blennorrhagie, si, à gauche de la verge (Ilicord), au périnée, on voit survenir une petite tumeur allongée, piriforme, dure, douloureuse, dont la grosse extrémité est proche de l'anus, on a affaire à une inflammation de la glande de Coopcr ; lorsque la phlegmasie est plus avancée il y a les véritables caractères d'un phlegmon du périnée empiétant sur les bourses (As truc).

Si, dans le cours d'une blennorrhagie, le testicule devient subitement douloureux, et si la tuméfaction existe seulement sur l'épididyme et sur le cordon, il y a une orchite blennorrhagique. V. Orchite.

Pendant l'uréthrite blennorrhagique, des lignes rouges sur le pénis allant vers l'aine, un ganglion douloureux à l'aine, indiquent une angioleucite consécutive à la balanoposthite, complication ordinaire de la blennorrhagie.

Dans la blennorrhagie, un cordon dur sur le dos de la verge gros comme une plume de corbeau et l'œdème du

prépuce annoncent une phlébite de la veine dorsale de la verge. Des noyaux durs, dans les corps caverneux, avec déviation de la verge, sont une phlébite des sinus caverneux. Cette comphcalion est assez rare.

Le contact du pus blennorrhagique sur les muqueuses et sur la peau y produit des inflammations vives : ainsi l'inflammation de l'anus, les ophthalmies blennorrhagiques. V. C0N.IONCTIVITE PURULENTE.

L'iritis blennorrhagique (Lawrence, RoUet) n'est pas démontrée, elle doit être considérée comme une coïncidence.

Une arthrite qui apparaît dans le cours d'une blennorrhagie est du même ordre que l'arthrite qui complique les manœuvres exercées sur l'urèthre, mais elle peut aussi trèsbien être due à la disposition des individus rhumatisants et même à un refroidissement et à une fatigue de l'articulation (V. Arthrite). Cette complication de la blennorrhagie est encore assez rare.

Le pus de l'uréthrite blennorrhagique, par son contact avec les parties voisines, le gland, le prépuce, engendre des végétations.

Une blennorrhagie entraîne souvent après elle des compHcations locales dues souvent au défaut de soins et à un mauvais traitement : une blennorrhée, le rétrécissement de l'urèthre, l'hypertrophie de la prostate, la cystite chronique, l'orchite chronique, l'impuissance, le spermatorrhée, les douleurs névralgiques de l'urèthre V. Urèthre {Nétralytes de V).

Les individus qui ont une blennorrhagie de longue durée et quelques-unes de ses complications habiluelles sont sujets à l'hypochondrie.

Entre l'urélhrite consécutive à un chancre mou dans h; canal et la blennorrhagie, il y a de nombreux points do contact. Le seul moyen de diagnostic est une auto-inoculalion ; si le pus qui sort de l'urèthre donne lieu à un chancre mou, la blennorrhagie était la suite du chancre du canal, car le pus blennorrhagique inoculé ne donne pas un vériblc chancre (Bell, Hernandez, Ricord).

Une roséole, des accidents secondaires, des plaques muqueuses existant sur le coi'ps, font supposer la présenci; d'un chancre induré ou de plaques muqueuses dans le canal, quoique par le toucher rien n'ait fait soupçonner une induration chancreuse dans l'urèthre. V. Chancre.

Lorsqu'un écoulement est indolent, peu abondant, lorsque le pus, avant tout traitement, aune teinte un peu rouillée, lorsque le canal est peu sensible, qu'on sent un point un peu dur, un chancre induré du canal est probable, surtout si l'écoulement a paru plus de quinze join s après le coït (Ricord).

II. BJoinorrhagie chronique. — Blennorrliée (Swediaur). — Goutte militaire. — La blennorrhagie chronique d'emblée (A'idal de Cassis, Cullerier) n'est pas une blennorrhagie, c'est une uréthrite simple. Le car.actère de la blennorrhagie chronique est de succéder à une blennorrhagie aiguë, d'être susceptible de donner quelquefois une vaginite à la femme avec laquelle le malade a desrapports. Elle se montre surtout chez les individus lynipathiques ou de mauvaise constitution ; chez les malades qui ne se soignent pas ou se soignent mal ; chez les individus qui se livrent au coït et à la masturbation avant laguérison complète de la blennorrhagie, et enfin chez ceux qui font des excès de table.

Un suintement non douloureux de l'urèthre et une gout-

URÈT

IJRÈT

*elette de pus au méat iirinaire tous les matins constituent la blennonhée.

La blennorrhée est due à la persistance d'ulcérations du canal, et à l'inflammation chronique des glandes de Cooper ou de la prostate.

Le pus de la blennorrhée est mucoso-purulent, filant, visqueux, épais s'il y a des ulcérations dans le canal. Au moment de l'émission de l'urine ou du sperme, les malades éprouvent quelquefois une sensation de déchirure qui change quelquefois de place.

Les malades atteints de goutte militaire ou blennorrhée deviennent souvent hypochondriaques.

Un rétrécissement de l'urèthre est souvent la suite de la blennorrhée.

L'uréthrite simple guérit ordinairement seule, et cela la distingue de la blennorrhée. — La prostatorrhée n'est pas accompagnée de douleurs pendant l'émission de l'urine. — L'examen microscopique du liquide rejeté par l'urèthre, à défaut des antécédents des malades, permettra de distinguer s'il s'agit d'une spermatorrhée ou d'une blennorrhée.

Thérapeutique. — Les blennorrhugies récentes sans inflammation vive, sans phlébite, cystite, prostatite ou balanite, peuvent être traitées par la méthode abortive au moyen d'injections caustiques (Simmons, Ratier, Cullerier). Quand on fait des injections uréthrales, il faut éviter que le liquide caustique entre dans la vessie ; pour cela, il faut presser sur le périnée avec un tampon de linge, ou mettre peu de liquide dans la seringue à injection.

Les cautérisations à l'aide d'injections sont susceptibles d'accroître l'inflammation, mais elles ont réussi sans causer d'accidents, dans un grand nombre de cas ; elles sont contre-indiquées toutes les fois que la blennorrhagie a duré déjà plus de deux jours.

L'emploi du copahu à haute dose dans les vingt-quatre premières heures est considéré comme un traitement abortif. Ce moyen est très-infidèle, et de plus il faut savoir que le remède est difficile à digérer et cause des troubles digestifs, quelquefois des gastralgies et des diarrhées rebelles; il est contre-indiqué chez les vieillards.

Lorsqu'une blennorrhagie débute, les malades doivent prendre un bain tous les jours, se laver la verge trois et quatre fois par jour avec de l'eau de guimauve; garder le repos sur une chaise longue, avec un suspensoir serrant bien les bourses : joint à cela un régime sévère sans vin pur, ni liqueurs, ni café, ni mets épicés, ni asperges; un purgatif salin ou un lavement avec 15 grammes de séné, les tisanes diurétiques, et l'on parvient souvent à guérir la maladie. Sinon, quand l'écoulement est abondant, on aura recours aux injections émollientes ou astringentes et l'on administrera en même temps le copahu, dont le mélange avec l'urine constitue un topique, dit-on, spécifique (Ricord). C'est sous forme de capsules que ce médicament est le plus facile à administrer. Quatre à six capsules par jour, prises deux le matin, deux le soir, sont suffisantes et ne chargent pas l'estomac. Dans le cas où l'on n'aurait pas de capsules, dans le cas où, comme cela se voit quelquefois, les malades ne pourraient pas les supporter, on tâchera de faire tolérer le copahu en administrant aux malades de l'eau de Seltz et la potion de Rivière s'il y avait des vomissements. En associant aux préparations de copahu le sous-nitrate de bismuth, le carbonate de fer et l'extrait de ratanhia, on fait tolérer le médicament aux malades (Belhomme, A. Martin).

On pourra aussi avoir recours aux autres préparations de copahu, au cubèbe, au goudron même ; mais en principe il vaut mieux se borner au traitement local : les injections de vin aromatique ou de glycérine et tannin au centième seraient les injections qu'on devrait préférer (A. Després); on doit en général éviter de recourir aux injections de nitrate d'argent.

Dans les cas de fièvre, de douleurs au périnée, dues à des inflammations étendues au corps caverneux ou aux sinus prostatiques, quinze sangsues au périnée sont indiquées.

On donnera contre les érections : le bromure de potassium, 50 centigrammes dans une potion, le camphre, même la lupuline (V. le formulaire); mais en même temps on environnera la verge de compresses d'eau blanche froides qu'on renouvellera.

Les malades éviteront les érections en ne dormant pas sur le dos, en comprimant au besoin la verge avec un fourreau de diachylon, et surtout en arrosant la verge d'eau blanche froide aux premières marques d'érection et en sortant du lit.

Lorsque l'écoulement seul reste, il faut avoir recours aux injections. Celles de sulfate de zinc, de vin rouge et de tannin sont les meilleures. Les injections de perchlorure de fer et d'eau iodée sont des injections trop caustiques, les injections au nitrate d'argent aussi. On fera une ou deux de ces injections seulement, puis on se bornera à en faire tous les deux ou trois jours, ensuite des injections de vin aromatique.

Lorsque après six semaines de traitement une blennorrhagie n'est pas guérie, lorsque tous les matins les malades trouvent une goutte de pus au méat, il y a blennorrhée; il faut cesser le premier traitement. On doit insister avec autorité pour que les malades ne voient pas de femmes et pour qu'ils évitent tous les excès de table et fatigues. Les malades iront, s'il est possible, à la campagne.

Si la blennorrhée est entretenue par un rétrécissement, on traitera le rétrécissement par la dilatation.

L'usage des bougies introduites régulièrement tous les jours dans l'urèthre produit la guérison par leur seule présence (A. Guérin, Montanier). On pourra enduire les bougies de pommade au nitrate d'argent, 1 gramme pour 15 grammes d'axonge ou au tannin dans les mêmes proportions. Toutes les injections (V. plus loin) peuvent être employées; mais le régime, les précautions, doivent être absolument observés en même temps que les injections sont faites. Si la blennorrhée est liée à une inflammation de la fosse naviculaire, on peut avec succès placer de la poudre de bismuth, plusieurs fois par jour, dans le méat (Langlebert) .

La cautérisation de l'urèthre avec le porte-caustique de Lallemand (F. Bron) est quelquefois utile ; les sondes à injections récurrentes de Clerc ou la seringue-sonde de Mercier peuvent être mises en usage pour introduire dans l'urèthre des caustiques liquides, mais les bougies enduites de pommades caustiques sont préférables.

Lorsqu'à l'aide de l'endoscope on a trouvé des granulations dans l'urèthre, les caustiques portés sur les granulations sont d'un bon emploi.

Le vésicatoire au périnée (B. Bell) est bon si la prostate enflammée chroniqueraent cause la blennorrhée, en un mot s'il y a prostatorrhée.

Chez les dartreux et les goutteux chez lesquels on peut attribuer la persistance de l'écoulement à un tempérament spécial, on prescrira les moyens hygiéniques, les bains, et les eaux minérales recommandées dans ces affections.

URÉT

URÉT

En général, dans la blennorrhée, les bains froids, les bains de mer, l'hydrothérapie, sont bons après le traitement, et les eaux ferrugineuses sont toutes d'un bon usage pour reconstituer la santé.

Traitement des complications de la blennorrhayie. — La balano-posthite sera traitée par les moyens appropriés (V. Balanite). L'inflammation des glandes de Cooper et du pénis, la phlébite de la veine dorsale de la verge, la cystite, réclament dix à quinze sangsues au périnée et les frictions mercurielies aux aines. L'orchite, la prostatite, seront traitées par les moyens indiqués (V. Obchite, Prostatite, Cystite). — La néphrite réclame, outre la suppression des traitements balsamiques, les agents antiphlogistiques(V. Néphrite). — L'arthrite blennorrhagique, — l'ophtlialmie blennorrhagique, seront traitées comme il est dit (V. Arthrites aiguës, Conjonctivites purulentes). — L'angioleucite de la verge sera traitée par les frictions mercurielies et les cataplasmes.

Le phimosis et les végétations qui sont quelquefois la seule cause d'une blennorrhagie ne doivent être opérés que quand l'inflammation est complètement arrêtée. Un paraphimosis doit être réduit, même en débridant.

Contre les troubles fonctionnels et l'impuissance, qui sont un accident tardif mais passager, consécutif aux blennorrhagies et à leur traitement, on conseillera les eaux minérales de Balaruc, de Bourbonne, de Wiesbaden, de Ischia, de Wildbad, de Gastein, de La Malou, de Casciana et même d'Aix-la-Chapelle, de Luchon, de Cauterets et de Baréges.

— Quoique des guérisons assez rapides de blennoriiiagies aient été obtenues avec des traitements très-différents, voici en général le meilleur traitement : le repos, les grands bains, la tisane de chiendent, les injections avec le vin aromatique ou la glycérine et le tannin au centième.

Dans la blennorrhagie, tout à fait au début, les injections au sulfate de zinc ou au tannin, 1 gramme pour 1 00 de glycérine, puis les injections de vin aromatique ensuite, sont ce qu'il y a de mieux. Si la verge est enflammée, on la couvrira de cataplasmes froids, et l'on pourra faire des mouchetures sur les parties oedématiées.

Dans la blennorrhagie chronique, les injections au sulfate de zinc, l'abstinence de rapports sexuels et un régime bien observé sont les meillem'es pratiques (A. Després).

Uréthrite chez la femme. L'inflammation de l'urèthre chez la femme est, comme celle de l'homme, causée par le pus blennorrhagique et parles irritations de la muqueuse, la masturbation et l'introduction de corps étrangers dans l'urèthre.

L'uréthrite blennorrhagique n'existe pas d'emblée, elle est le résultat de l'extension de l'inflammation du vagin à l'urèthre. On la reconnaît à des cuissons vives et à un écoulement par l'urèthre. Les glandes de ce conduit sont les parties qui sont le plus souvent malades (A. Guérin). La muqueuse du méat est tuméfiée et quelquefois fongueuse, ce qui constitue l'uréthrite chronique.

Lorsqu'une malade a une uréthrile sans inflammation du vagin, il y a peut-être un calcul vésical, peut-être un polype du vagin, peut-être aussi des habitudes de masturbation, ou bien la malade a eu autrefois une vaginite ou une métrite avec chancre mou de l'urèthre.

Il y a chez quelques femmes une uréthrite qui s'accompagne de douleurs vives en urinant, d'incontinence et parfois de rétention d'urine ; quelquefois l'urine est rouge, contient un peu de mucus. L'apparition des règles cause

une recrudescence de la douleur. Cette uréthrite est liée à une irritation du col de la vessie. V. Cystite.

Thérapeutique. — L'uréthrite chez la femme a été traitée par les préparations balsamiques et les injections; mais de ces pratiques, l'une est insuffisante, l'autre est dangereuse; en effet, les injections pénètrent facilement dans la vessie. Mieux vaut avoir recours à la caulérisation du méat avec le crayon de nitrate d'argent (A Guérin) ou à la dilatation avec de grosses sondes et aux cautérisations avec le crayon de tannin qui est bien moins dangereux que le nitrate d'argent (V. Polypes de l'urèthre chez la femme). On diminue les douleurs et la réaction vive que cause la cautérisation par les grands bains journaliers.

Urétiirife goutteuse. Les goutteux qui, dans l'intervalle des attaques, se nourrissent trop bien et font des excès de table, ont quelquefois, sans avoir eu commerce avec les femmes, des uréthrites semblables à la blennorrhagie, mais presque toujours ils ont eu des blennorrhagies antérieures, ce qui permet de croire qu'il existe chez eux une prédisposition spéciale.

Thérapeutique. — L'uréthrite goutteuse doit êtretnaitée comme l'uréthrite simple.

Uréthrite granuleuse. L'uréthrite granuleuse est la lésion des blennorrhées rebelles; elle a été bien reconnue depuis l'usage de l'endoscope (V. plus haut). Quelquefois l'uréthrite granuleuse donne lieu à des polypes de l'urèthre .

Les granulations de l'urèthre présentent une grande analogie d'aspect avec les granulations du col de l'utérus (Desormeaux).

Pour le traitement. V. Uréthrite blennorrhagique

CHRONIQUE

Uréthrite tohcrenleuse. Une proslatorrhée, un écoulement blanchâtre persistant et des uréthrorrhagies intermittentes ont été observées peu de temps avant l'apparition de tubercules du testicule et de la prostate (Velpe.au). Cet écoulement a été appelé uréthrite tuberculeuse. V. Prostatorrhée, Prostate, Testicule [Tubercules du).

Tisanes et apozèmes.

On donne : tisane de limonade \±\, d'orge S, de historié \±], de chiendent \±\, d'uca ursi [+] ; décoction de Cortex brasiliensis □ ; décoction de Scoparia dukis, 60 grammes de racine pour un litre d'eau ; le suc de scoparia, 60 à 120 grammes par jour □ (Flore des Antilles) suc de pariétaire, 120 grammes par jour □. On ajoute dans un verre de tisane une cuillerée à café de la poudre diurétique :

Sel de nitre 30 grammes.

Sucre blanc f?» i^'

Extrait de réglisse et de chiendent. ... 2UU iil. Gomme arabique l"*^ 'd-

L'infusion de scutellaire, en boisson, 15 grammes de scutellaire pour un litre d'eau; l'infusion de semences de basilic, 30 grammes pour un litre d'eau; une demi-tasse deux fois par jour □ (Ainslie); la décoction de bois de Spoîidias magiferani; la tisane de cachou, 6 grammes, dans eau bouillante, 1000 grammes.

A la fin des blennorrhagies et contre les blennorrhées, on donne avec avantage :

Tisane iodurée.

Infusion de saponaire 1000 grammes.

lodure de potassium • 2 id.

Sirop de sucre ^ ul.

La dose d'iodure de potassium peut être portée à 8 ou

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9 grammes, et presque tous les malades, après quelques jours, peuvent prendre la dose de 5 à 6 grammes.

(Ricord.)

Sirop ferrugineux.

sirop Je tolu 500 grammes.

Carbonate de [er \ ^^.^ jQ

Extrait, de ratanhia /

De quatre à six cuillerées par jour, dans la blennorrhée el les suintements muqueux [+]. (Ricord.)

Purgatifs et diiirétiqnes.

Outre les tisanes, on administrera les poudres : Poudre rafraîchissante diurétique.

Poudre de guimauve ) .

Poudre de j'eglissc ) ^

Sel de nitre 2 déeigrammes.

Camphre 5 centigrammes.

Sucre de lait I .„

„ aa 10 grammes.

Sucre ) °

Mêlez. Trois doses semblables par jour dans 300 grammes d'eau. Préparation très-commode pour les personnes qui voyagent et qui sont atteintes de phlegmasie aiguë des voies urinaires RH.

La même poudre, additionnée de cantharides en poudre, ne doit pas être employée [3-

On purgera avec :

Pilules d' Atidersoii. ou Pilules écossaises.

Poudre d'aloès 1 ,,,

n I 1 > aa i'4 grammi' s.

Poudre de gomme-gntte f °

Huile volatile d'aiiis 3 id.

Pirop simple q. s.

F. s. a. des pilules de 20 centigrammes; deux à six par jourQ. •

Pilules de Bontius.

Aloès socolrin ^

Gomme-gutte S aa 32 graniiiies.

Gomme ammoniaque )

Vinaigre de vin blanc 192 id.

F. s. a. des pilules de 20 centigrammes ; deux à six par jour □.

Vin de coloquinte.

Coloquinte 5 grammes.

Via de Malaga 150 id.

Faites macérer pendant quatre jours; passez. Une cuillerée toutes les heures, jusqu'à effet purgatif sufllsanti I.

On purgera de préférence avec l'eau de Sedlitz ou l'huile de ricin, 30 grammes, ou le sulfate de soude, ^lO grammes.

Préparations (la copahn.

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