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BOUE

BOUCHE (Exploration de la). Chez les individus qui sont raisonnables et tiennent sans résistance la bouche ouverte, on explore facilement l'intérieur de cette cavité. Un miroir projette de la lumière sur les dents (V. Dents) ou sur la gorge, ou bien on place les malades au jour, ou bien on éclaire la bouche avec une lumière munie d'un réflecteur (Kicord).

Chez les enfants qui sont indociles, on explore la bouche à l'aide de dilatateurs ou spéculum ouvre-bouche introduits entre les dents. Le meilleur instrument pour maintenir la bouche ouverte est un dilatateur à plaques dentées recouvertes d'étain.

La bouche ainsi ouverte, on explore la gorge à l'aide d'un explore-langue. Une spatule arrondie ou un abaisselangue articulé portatif, composé de deux spatules, sont les instruments les plus employés.

BOUCHE (Plaies par armes a feu). Les plaies de la bouche produites par une balle ne diffèrent pas des autres plaies par armes à feu, si ce n'est qu'il y a possibilité de déformations consécutives, d'adhérences de la joue aux os maxillaires, et de fistules, et cela au même titre que pour les plaies confuses de la face, avec ou sans fractures.

Dans les plaies de la bouche produites par l'explosion d'une arme à feu, comme cela s'observe dans les tentatives de suicide, la balle peut aller dans toutes les directions ; elle peut fracturer le crâne, la colonne cervicale, pénétrer dans les fosses nasales, les sinus, aller dans la fosse temporale, ouvrir les artères vertébrale et carotide jiriiiiitive ; ou bien elle peut s'arrêter sur les os, retomber dans le pharynx et passer même dans l'estomac.

Dans les plaies de la bouche par armes à feu, la mort a lieu instantanément, lorsque le cerveau et la moelle sont atteints, et après hémorrhagie, lorsqu'un gros vaisseau a été divisé.

Les parties molles déchirées, noircies, brûlées par la poudre et couvertes d'eschares, permettent de reconnaître ù première vue les plaies de la bouche par armes à feu ; alors la langue, les joues et les lèvres sont déchirées; et lorsque les individus ont fermé la bouche autoxu' du canon de l'arme à feu, les dents sont arrachées, les maxillaires sont fracturés sur plusieurs points.

Les plaies par armes à feu de la bouche exposent, comme toutes les plaies par armes à feu, à des hémorrhagies consécutives graves.

Thérapeutique. — Lorsqu'il n'y a pas de fracture, on gargarisera les malades avec de l'eau tiède toute la journée, des lavages seront faits dans la bouche avec de l'eau chlorurée. S'il y a du gonflement et de la rougeur, on appliquera dix à quinze sangsues à l'angle des mâchoires ; s'il y a du gonflement du pharynx, on fera boire les blessés avec la sonde œsophagienne.

Lorsqu'il y a des déchirures, on réunira les parties avec des sutures à points passés, après avoir bien lavé les plaies. La langue, les joues et les lèvres pourront être ainsi rapprochées, mais le voile du palais ne se prête pas à la suture immédiate.

Si le maxillaire inférieur est fracturé comminutivement on extraira les esquilles qui seront tout à fait libres et l'on rapprochera les os. Si la langue menaçait de retomber sur le pharynx, on passerait un fil dans sa pointe et on la fixerait au dehors en maintenant le fil avec une bandelette de diachylon collée sur la joue.

Dès que les accidents seront calmés, on placera des appareils de gutta-percha de Preterre pour empêcher les rapprochements inévitables des arcades alvéolaires (Lar-

rey). On se servira des appareils à maintenir les fractures du maxillaire inférieur. V. ce mot.

Puis, après la guérison, on placera des dentiers artificiels. Dans le cas où il y aurait une gi'ande perte de substance des maxillaires, si le voile du palais avait été détruit, on aurait recours aux appareils prothétiques de Sterne et Preterre (V. Bec-de-lievre), tels que ceux employés pour les divisions du voile du palais.

Les hémorrhagies seront traitées par la compression et l'application de bourdonnets de charpie trempés dans le perchlorure de fer à 30° et bien exprimés.

Si des hémorrhagies nasales apparaissent, on tamponnera les fosses nasales.

Si l'on sent une balle restée dans une plaie on l'extraira, sinon on attendra et l'on explorera la plaie avec le sUylet à boule de porcelaine de Nélaton. Pendant la cicatrisation, on enlèvera la balle avec une pince à point d'arrêt ou un tire-fond au besoin.

Les complications consécutives, les abcès, les phlegmons, les fistules salivaires, les caries et les nécroses seront traités par les moyens appropriés.

Les rétractions consécutives aux plaies des parties molles extérieures sont prévenues, lorsque l'on fait des sutures et que l'on rapproche les parties convenablement; mais s'il y a eu des parties gangrenées, on retombe dans les cas d'ankyloses des mâchoires, si rebelles à la thérapeutique. V. AnkYLOSE des MACHOIRES.

Bouche (RÉTRÉCISSEMENT DE LA). Après la cicatrisation d'une brûlure des lèvres, d'une plaie avec perte de substance traumatique ou chirurgicale, après la cicatrisation d'un ulcère syphilitique ou scrofuleux, l'orifice buccal peut être plus ou moins rétréci. Tant que les mâchoires peuveni être écartées, et tant que les aliments peuvent être pris, il n'y a rien à faire, à moins de persistance de la part des malades pour une opération.

Thérapeutique. — L'opération de Dieffenbach (V. Atré- SIE DE LA bouche) convient seulement dans les cas où les lèvres ne sont pas transformés en tissu inodulaire, et où il est possible de disséquer les parties en respectant la muqueuse ; on incise celle-ci ensuite pour unir ses bords à ceux du tégument par une suture fixe. Si la cicatrice est encore récente, on fendra avec le bistouri jusqu'au point où était autrefois la commissure, et l'on s'opposera à la réunion à l'aide d'une lame d'argent recourbée (Boyer) ou par des cautérisations avec le nitrate d'argent.

Pour obtenir deux commissures durables, on ponctionne avec un trocart le point où doivent être les commissures, et l'on passe dans chaque ouverture un fil de plomb qui ressort par la bouche, on les laisse en place jusqu'à ce que chaque ouverture, ainsi pratiquée, se soit cicatrisée de la peau à la muqueuse. Alors on sectionne entre les deux ouvertures ainsi obtenues (Krugen-Hansen). On peut simplement agrandir la bouche pa»' une incision et réunir par suture la peau de la muqueuse de la lèvre ainsi formée (Serres). Cette opération est la meilleure.

Bouche (Inflammation de la). V. Stomatite,

BOUE MIlVËBAIiE. Dans certaines stations minérales, les sources laissent déposer un limon abondant, formant une boue minérale que l'on emploie souvent comme agent topique.

Les boues minérales se prescrivent en cataplasmes ou en bains, dans les paralysies, dans les rhumatismes, dans les scrofules, dans le rachitisme et dans les maladies nerveuses [+].

noiii

Parmi les boues iiiinérales connues, celles de Siiint- Arnaud, dans le département du Nord, de Boiirbonne, de Barbotan, de Montbrun, de Dasc, sont les plus employées; et, à l'étranger, on signale celles de Franzensbad, de Karisbad et Tceplitz, en Bohème; de Marienberg, en Saxe, et de Gleissen, en Prusse.

BOIJGIE<i> MÉ»BCI!VAï.E«. (Cylindres allongés, de grosseur variable, long de 30 à UO centimètres, dont on se sert pour dilater le canal de Turèthre.

Les bougies sont emphistiqueft, faites avec des substances médicamenteuses □ ou élastiques, de gomme et de gutta-perclia 0 ou métalliques [T]. On n'emploie plus que les l)ougies molles ou élastiques et les bougies métalliques.

Les bougies emplastiques sont des bougies de toile enduites de cire surlesquelles on place des substances qui se collent à la sonde.

BOIIIXOI^. Aliment liquide fait par la cuisson prolongée et à petit feu de viande de boucherie ou de volaille avec des légumes et du sel.

Le bouillon est la nourriture des convalescents et des dyspeptiques. S'il ne peut être digéré par l'estomac, on le donne en lavement et il peut prolonger la vie. V. LAVEMi NT.

Bouillon d'os. Du bouillon a été fait par Darcet avec la gélatine des os et une petite quantité de viande, mais il renferme peu de matière nutritive et il est insuffisant pour ralimentalionl I.

Bouillons médidnuux . Décoctions lentes, en vase clos, de substances végétales ou animales fraîches qu'on sale ou qu'on aromatise à la fois, et qu'on administre dans un but lliérapeulique.

Le bouillon de cloportes, le bouillon de corne de cerf, le bouillon de vipère, jadis très-renommés, sont aujourd'hui sans usage .

On emploie seulement le bouillon d'herbes préparé avec de l'oseille, de la laitue et du cerfeuil bouilli dans l'eau et dans lequel on met un peu de sel et de beurre; on le donne après un purgatif [+1-

Le bouillon de veau, qu'on prépare avec du jarret ou de la lête de veau, après un purgatif ou dans la constipalion [T].

Le houillon de limaçons, préparé avec la décoction de la chair de cent limaçons pour un litre d'eau, avec un peu de thé : dans la phthisie[T|-

I^e houillon pectoral fait avec la décoction de lichen, 10 grammes; escargots, une demi-douzaine et monde veau, 150 grammes, dans un litre d'eau, qu'on fait réduire d'un quart : dans laphthisie \±\.

Les bouillons de grenouilles de poulet\+ +], d'éc/yrissrs se préparent de la même manière. On se sert de ces bouillons comme adjuvant des purgatifs ou comme ali ment dans le cours des maladies aiguës, ou de quelques maladies chroniques.

B0niLL01\-BL.%]\c;. Plante pectorale de la famille

riï. (î'.l. — Itniiill.iii- liliiui: (fmipc,. sluilii', Iniit).

des scrofulariées. File -"eiiipldie m inrn>.iou, lOnraunnes

de feuilles par litre d'eau, dans la bronchile aiguë el chronique O ((ig. 69).

BOULEAU, .\rbre indigène, des amentacées, dont l'écorce passe pour fébrifuge, dont la distillation donne une essence odorante qui parfume les cuirs de Russie, et dont la séve printanière sucrée, obtenue par incision, peut fermenter et produire de l'alcool.

BOULE DE KA1\CY OU BOULE DE MARS. Préparation soluble de tartrate de potasse et de fer, qu'on met dans l'eau d'une carafe jusqu'à ce qu'elle soit teinte en jaune, et alors on retire la boule pourla laisser sécher. — L'eau rouillée par le sel de fer sert ainsi à imbiber des compresses qu'on place sur les contusions ou qu'on donne à l'intérieur contre la chlorose, à l'instar de l'eau fei'rée \+ +\.

BOULLMIE. Apppélit exagéré qui oblige les malades à manger dans l'intervalle ordinaire des repas, et même quelquefois à se lever la nuit pour prendre des aliments, (^est une perversion de la sensibilité gastrique en rapport avec le catarrhe chronique des intestins ; avec la gastrite chroni({ue et avec la gastralgie ou le ténia. Il y a chez ces malades une douleur d'estomac qui simule la sensation de la faim, et c'est ce faux besoin mal compris qui les engage à manger continuellement.

Morphine à l'intérieur, 5 milligrammes à 20 et à 30 milligrammes par jour, au moment des crises f+l.

Opium , 5 centigrammes à 1 et 2 grammes par vingt-quatre heures \+ +\.

Ces malades doivent manger très-modérément et se mettre à un régime très-sévère un peu relâchant de laitage et de légumes verts bien cuits.

La maladie principale sera traitée j)ar les eaux minérales de Pougues, de Vais ou de Vichy, et, en cas de ténia, par les remèdes appropriés.

B0UL01% (Le) (Pyrénées-Orientales). Eau minérale bicarbonatée sodique, ferrugineuse et gazeuse.

BOUQUEYBOA' (Isère). Localité où le docteur Hey a fondé un établissement de bains balsamiques formés par les vapeurs résineuses que fournit la distillation des copeaux de pin, et dans l'atmosphère desquels on place les malades, contre le rhumatisme et la bronchite chronique r+1.

B0URB01\.L.%1\€Y (Saône-et-Loire). Eau minérale chlorurée sodique, d'une température de /|0 à (M)" et employée dans les rhuinatismesfT] ou dans les affeelious nerveuses [+]•

BOUKKOK-L' ARCHAIUBAULT (Allier) . Source d'eau minérale chlorurée sodique, ayant une température de 52" centigrades, et à côté de laquelle se trouve une source ferrugineuse. — Ces eaux s'emploient en boisson, en bains, en douches, dans la scrofule \±], dans la paralysie [±] et dans le rhumatisme.

BOURBO^NE-LEm-BAlKS (Haute-Marne). Eau minérale chlorurée sodique, sortant de plusieurs sources, ayant de /|6 à 6k° centigrades. On la prend en boisson, comme laxatif, en bains de baignoire et de piscine, sous forme de douches et de boues.

Elle est employée dans les anciennes blessures et fractures \±] ; dans les maladies des os \±\; dans la carie et la nécrose [+]; dans les plaies fistuleuses (3, dans les anciennes arthrites et dans les engorgemenis arliculaires m. dans le rhumatisme {+}, dans la sciatique rebelle \±] cl dans les paralysies [+]•

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BOLRBOIJLE (Puy-cle-Dômo). Eau minérale chlorurée odique et arsenicale, de 52° centigrades, voisine des sources du mont Dore. Elle est employée en boisson et en bains, à faible dose, contre la dyspepsie, et à dose plus foi le, contre les fièvres intermittentes rebelles [T], dans les affections cutanées et dans les affections scrofuleuses ilrs OS FR.

BOURDOlVlVEinElKT D'OREILLES (TiNTEMtNT U'O- REiLLES, Paracousie). Un bruit de bourdon qui vole s'entend quelquefois dans l'oreille ou dans les oreilles sous l'influence : 1° de la congestion cérébrale simple, ou de la congestion cérébrale typhoïde ; 2° du battement nerveux des artères chez les nervosiques ; 3° de l'introduction de l'air par le conduit auditif rétréci ou parla trompe d'Eustache , embarrassée de mucus (V. Maladies de l'oreille), et d'une disposition particulière du nerf auditif.

Un fébricitant plein de stupeur, que des bourdonnements d'oreilles rendent sourd, est affecté de fièvre typhoïde .

Un phlélhorique qui, avec des obnubiiations dans les oreilles et des vertiges, se plaint de bourdonnements d'oreilles, a une congestion cérébrale chronique, indiquant une prochaine hémorrhagie cérébrale et exigeant une saignée immédiate. V, Hémorrhagie cérébrale.

Les chlorotiques ont quelquefois des boiu'donnemenls qui simulent la congestion cérélu'ale et on les guérit par les Ioniques et les préparations ferrugineuses. V. Chlorose.

Bourdonnement amphorique. Quand l'auscultation de la poitrine fait entendre un bruit ressemblant au ])ourdonnement d'une abeille enfermée dans un vase, on peut dire qu'il existe une bronchite capillaire.

BOURRACBE. Plante (fig. 70) de la famille des borraginées,;dont l'infusion chaude, 20 à 30 grammes parbtre

Fig'. 70. — Boiirraflie.

d'eau, est employée comme sudorifique au débul des fièvres éruptives et dans le rhumatisme musculaire [T].

BOLRRjtSSOL (Haute-Garonne). Eau minérale ferrugineuse, acidulé, froide, employée contre la chlorose et le lymphatisme.

BOURSE- A-P;%STEUR. Plante crucifère des champs, dont la décoction astringente (8 grammes par litre) est employée contre les règles trop abondantes et les hémorrhagies utérines □.

BOURSES SÉREUSES SOUS-CvUTAlMÉES (MALA- DIES DES). (.4. Monro et llerwig). 11 y a des bourses séreuses normales et des bourses séreuses anormales. Les unes et les autres, peuvent être malades.

A. Bourses séreuses normales. Derrière l'angle de la mâchoire, sur le bord inférieur de la symphyse du menton, à l'angle du cartilage lyroïde, au devant du masséter, autour (le la boule graisseuse de ce muscle, au voisinage de l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur, surl'acromion, sur l'épitrochlée, sur l'épicondyle, sur l'olécràne, sur les apophyses styloïdes du radius et du cubitus, au niveau de la face dorsale des articulations métacarpo-phalangiennes et sur la face palmaire de ces mêmes articulations, sur l'épine iliaque antéro-postérieure, sur le grand trocbanter, sur l'ischion, sur la pailie inférieure de la rotule, sur l'angle supéro-externe de la rotule, sur chaque condyie du fémur, sur la tubérosité antérieure du tibia, sur les malléoles interne et externe, sous le calcanéum, sur la face dorsale des articulations des orteils, enfin sous la face plantaire de l'articulation du premier et du cinquième métatarsien existent des bourses séreuses normales.

B. Bourses séreuses accidentelles. Il se développe aeeiilenteJh'ment des bourses séreuses sur l'apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale; sur les gibbosités, sur la face externe du muscle grand dorsal, à la face postérieure (lu sacrum, sur le coccyx (l,uschka), sur le sternum, sur la pai tie posiérieai'e du cubitus gauche, siu' la face postérieui-e du cinquième métacarpien droit (ces trois dernières chez les ouvriers en papiers peints), sur la face externe de la cuisse, siu" la face antérieure de la cuisse, sur la malléole externe, sur la face dorsale du scaphoïde, sur le coude-pied, sur la saillie des pieds bots, sur la face interne de la tète du premier métatarsien, là où il existe l'exostose connue sous le nom d'oignon, sur la face interne des extrémités antérieures et postérieures du cinquième métatarsien, sur les moignons des amputés, sur des exostoses et des encliondromes, autour de cals difformes.

Au niveau des bourses séreuses normales, la peau est saine; au-dessus des bourses séreuses accidentelles, la peau est épaisse ou calleuse.

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