‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 12 sur 316 · XV · texte numérisé non relu

XV

INTRODUCTION

l’air et la lumière, et sert de support aux feuilles, aux fleurs, etc., quand la plante en est pourvue.

On distingue quatre espèces principales de tiges ;

1° Le ironc. Il appartient aux arbres dicolytédonés (nous donnerons plus bas, à propos des classifications, la valeur de ce mot) : il est vertical, allongé, conique, presque cylindrique, nu inférieurement, divisé, à une certaine hauteur, en branches et rameaux (le chêne, le marronnier, etc.) ; l’intérieur est formé de couches concentriques.

2° Le slipe est particulier aux monocotylédonés ; il est formé d’une colonne réellement cylin drique, c’est-à-dire aussi grosse au sommet qu’à la base, quelquefois même renflée au milieu et terminée, non par des branches ramifiées, mais seulement par un bouquet de feuilles d’où partent les pédoncules des fleurs (le palmier) ; l’écorce est peu distincte du reste de la tige, et le bois est formé de faisceaux séparés par une couche de matière celluleuse, molle.

3° Le chaume. Tige simple, souvent fistuleuse ou creuse dans son intérieur, rarement pleine, entrecoupée de nœuds de distance en distance (le blé, l’avoine, le jonc, la canne à sucre, etc.)

4° La souche ou rhizome. C’est la tige souterraine et horizontale des plantes vivaces. Cachée entièrement ou en partie sous terre, et poussant de son extrémité antérieure de nouvelles tiges à mesure que son extrémité postérieure se détruit, c’est ce qui l’avait fait nommer racine progressive (l’iris, le sceau de Salomon).

On appelle hampe le support floral qui, s’élançant mince et grêle du collet de la racine, se termine par une ou plusieurs fleurs, comme dans la jacinthe, le narcisse; le pédoncule radical se distingue de la hampe, en ce qu’au lieu de naître au centre des feuilles radicales, il sort de l’aisselle d’une de ces feuilles comme dans le plantain.

Sous le rapport de leur consistance, on dit que les tiges sont herbacées quand elles sont tendres, molles, vertes, et qu’elles meurent tous les ans ; qu’elles sont ligneuses (de lignum, bois), quand elles sont dures, formées de bois, et vivaces (tous les arbres). Certaines tiges sont à-Ia-fois herbacées et ligneuses ; l’extrémité des rameaux ligneux restent herbacés et meurent tous les ans.

Considérés ainsi au point de vue de la consistance de leur tige , tous les végétaux sont partagés en plusieurs catégories : 1° les herbes, dont la tige est complètement herbacée; 2° les sousarbrisseaux ( suffrutices ), dont la tige est ligneuse, et les rameaux herbacés; 3° les arbustes { frutices ), dont la tige, complètement ligneuse, est ramifiée dès sa base, peu élevée, et ne porte pas de bourgeons écailleux ; 4° les arbrisseaux ( arbuscules ), dont la tige ligneuse est ramifiée dès la base, porte des bourgeons écailleux et s’élève quelquefois à une hauteur assez considérable ; 3° enfin les arbres (arbores), qui ont un tronc ou un stipe non ramifié à la base.

Suivant sa forme, la tige peut être cijlindrique, comprimée , carrée , anguleuse, noueuse, articulée, géniculée, c’est-à-dire coudée angulairement (le géranium sanguineum) ; sarmenteuse, ordinairement ligneuse, trop faible pour se soutenir elle-même, et s’enroulant autour des corps voisins en s’accrochant à l’aide d’appendices nommés vrilles (la vigne, le chèvre feuille) ; elle est encore grimpante, volubile (qui s’enroule), grêle, etc.

Suivant sa direction, elle est verticale, rampante, traçante ou stolonifère, quand, couchée sur la terre, elle donne naissance de distance en distance à des rameaux (gourmands) qui s’enracinent à mesure (le fraisier).

D’après la vestiture, elle est feuillée, aphylle ou sans feuillage , écailleuse, etc.

D’après l’état de sa surface, la tige est lisse, unie, glabre (sans poils), pulvérulente, glauque (quand cette poussière forme une couche couleur vert de mer), ponctuée, maculée , verruqueuse (garnie de verrues), subéreuse (comme le liège), crevassée ou fendillée, etc.

Enfin, d’après son armure, elle est épineuse, aiguillonneuse ou inerme (sans armure, poi-

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lue, laineuse, tomenteuse (à poils courts et entremêlés), hispide (à poils durs et rudes), etc.

Structure de la tige, 1° Dicolylédons. — Le tronc des arbres dicotylédons est formé de couches concentriques, représentant une suite d’étuis emboîtés les uns dans les autres. Coupé transversalement, il présente, de dedans en dehors, au centre la moelle, plus en dehors le corps ligneux, et à l’extérieur Y écorce.

1° La moelle, formée d’un tissu cellulaire mou, lâche, quelquefois coloré, est renfermée dans un canal qui occupe l’axe de la tige et des rameaux { canal médullaire ) ; de là, elle envoie jusqu'à l’écorce des prolongements qui forment, sur les coupes du corps ligneux, de véritables rayons allant du centre à la circonférence ;

2° Le corps ligneux qui se compose de bois et dé aubier; il est formé de couches concentriques se recouvrant les unes les autres annuellement; la partie la plus extérieure est formée par l’aubier, qui ne diffère du bois proprement dit que par sa consistance moins grande et sa couleur ordinairement plus claire ; le bois, ou cœur de la tige, est plus dur, plus foncé en couleur ;

3 °U écorce comprend : a. l'épiderme, membrane mince, blanchâtre, qui entoure le végétal et se fendille avec l’âge; il est très-marqué sur le bouleau; b. l’enveloppe herbacée, couche de tissu cellulaire, ordinairement verte, placée sous l’épiderme, on l’appelle médulle ou moelle externe ; c’est elle qui, très-développéedans une espèce de chêne, forme le liège ; c. les couehes corticales, sortes de feuillets concentriques, dont les plus intérieurs prennent le nom de liber ou livret, à cause de la facilité avec laquelle on les sépare comme les feuillets d’un livre.

2° Monocotylédons. — Ici, il n’y a plus de couches concentriques, mais la moelle est dispersée dans toute l’épaisseur de la tige, et le bois disposé par faisceaux longitudinaux, dispersés sans ordre au milieu de la substance médullaire ; à l’extérieur, point d’écorce, seulement les faisceaux ligneux y sont plus nombreux, plus serrés, et constituent une enveloppe continue et dure, qui sert comme d’étui au reste du végétal.

III. Dü bourgeon. — Les bourgeons sont de petits corps coniques ou arrondis, ordinairement enveloppés d’ écailles, naissant à l’aisselle des feuilles ou à l’extrémité des rameaux, et renfermant les rudiments des tiges, des branches, des feuilles et des organes de la fructification. Les bourgeons, dans nos pays tempérés, paraissent en été, ils portent alors le nom d'yeux ; ils s’accroissent peu durant l’automne et constituent les boutons. En hiver, leur végétation s’arrête; au printemps, ils se gonflent, les écailles s’écartent, et les parties dont ils contiennent les germes en sortent et se développent. Dans les pays froids, les bourgeons sont entourés d’écailles recouvertes d’un enduit visqueux, et contiennent une matière cotonneuse qui environne la jeune pousse. Dans les pays chauds, ces écailles manquent, et l’on dit alors que les bourgeons sont nus.

Les bulbes ou ognons et les tubercules, dont nous avons parlé à propos des racines, doivent être regardés comme de véritables bourgeons; les bulbilles sont de petits bourgeons solides ou écailleux, naissant dans l’aisselle des feuilles ou à la place des fleurs, et qui, détachés de la plante-mère, peuvent s’enraciner et devenir des végétaux parfaits. Les plantes munies de bulbilles sont dites vivipares ; les tarions sont des bourgeons qui, au lieu de se montrer à l’air libre, se développent sur les racines vivaces, et qui, en se développant, produisent chaque année de nouvelles tiges. C’est ce qui a lieu pour la pomme de terre.

IV. Des feuilles. — On appelle ainsi des expansions membraneuses, planes, ordinairement vertes, naissant sur la tige et les rameaux, ou naissant immédiatement du collet de la racine; elles servent en quelque sorte de poumons ou de branchies pour les plantes ; c’est dans les feuilles que la sève, mise en contact avec l’air atmosphérique, en absorbe le gaz acide carbonique, le décompose en partie sous l’influence de la lumière solaire, fixe le carbone et une partie de l’oxygène, et devient apte à nourrir le végétal.

On peut considérer chaque feuille comme le produit d’un faisceau de fibres qui s’épanouis-

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sent tantôt immédiatement, tantôt après un trajet plus ou moins long, hors de la branche d’où ce faisceau est sorti, et qui renferment du tissu cellulaire entre leurs nombreuses subdivisions; la partie du faisceau fibreux qui n’est pas dilatée porte le nom de pétiole, c’est la queue de la feuille; la portion dilatée se nomme limbe.

Le pétiole , en se divisant dans le limbe, y forme des saillies beaucoup plus apparentes sur les faces inférieures que sur la face supérieure ; ce sont ces saillies que l’on nomme nervures ou côtes, lesquelles sont, en général, parallèles dans les plantes monocotylédones, et diversement ramifiées dans les dicotylédones. Ordinairement la nervure du milieu, que l’on nomme côte médiane, et qui partage la feuille en deux parties à-peu-près égales, est plus forte que les latérales, qui prennent le nom de veines, et leurs dernières ramifications le nom de veinules. Quand la feuille n’a pas de pétiole, qu’elle s’épanouit immédiatement à la sortie de la tige ou de la branche, elle est dite sessile, c’est-à-dire assise.

Les feuilles présentent une multitude en quelque sorte infinie de différences et de modifications sur lesquelles les botanistes insistent avec beaucoup de soin, parce qu’ils y trouvent des caractères distinctifs qui servent au classement des plantes. Nous noterons seulement les principales.

Relativement au lieu de leur origine , les feuilles sont appelées séminales, quand elles naissent immédiatement du corps cotylédonaire ; radicales , quand elles naissent du collet de la racine; caulinaires , quand elles naissent de la tige; raméales, des rameaux; florales, qui accompagnent les fleurs ; dans ce dernier cas, elles prennent le nom de bractées, quand leur forme diffère de celle des autres feuilles.

Suivant la manière dont elles sont unies à la tige, les feuilles sessiles sont : sémi-amplexicaules, qnand elles embrassent la moitié de la tige; amplexicaules , quand elles l’embrassent complètement; engainantes, quand leur base forme un étui complet qui environne la tige dans une certaine hauteur ; la gaine est fendue dans les graminées.

Relativement à leur disposition sur la tige, elles sont : opposées, quand elles sont placées par paires sur les deux points opposés de la tige ; alternes , quand elles naissent isolées ou placées alternativement à des distances à peu près égales ; verticillées , quand elles naissent plus de deux à la même hauteur et forment ainsi comme une couronne à la tige (le laurier-rose), etc

Quant à la forme, il y a une infinie variété que nous n’essaierons même pas d’énoncer : les noms donnés par les botanistes indiquent suffisamment cette forme d’après l’objet auquel on l’a comparée; ainsi, les feuilles peuvent être rondes, ovales, elliptiques, linéaires, filiformes, spatulées , lancéolées , cordiformes, cannelées, sagittées, piquantes , etc., etc.

Une distinction importante est fondée sur leur état simple ou composé. Une feuille est dite simple, quand le limbe que supporte le pétiole est d’une seule pièce; elle est composée, si le pétiole se ramifie et supporte un certain nombre de petites feuilles qu’on appelle folioles. Les feuilles sont simplement composées quand le pétiole est simple et que les folioles sont attachées sur les parties latérales (l’acacia), ou partent en divergeant de son sommet (le marronnier); elles sont décomposées, quand le pétiole commun est divisé en pétioles secondaires qui supportent les folioles ; elles sont sur-décomposées, quand les pétioles secondaires sont eux-mêmes ramifiés en pétioles de troisième ordre auxquels sont attachées les folioles.

Enfin, sous le rapport de leur durée, les feuilles sont distinguées en caduques, qui tombent avant une nouvelle foliation (le marronnier) ; marcesccntes, qui se sèchent avant de tomber (le chêne); persistantes, qui restent sur le végétal pendant plus d’une année (le buis, les arbres verts).

Y. Organes accessoires. — Ils ne sont pas indispensables à la plante et ne se rencontrent pas dans toutes. Nous noterons les suivants :

1° Les stipules ou appendices en forme de feuilles ou d’écailles qu’on trouve dans beaucoup

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de plantes dicotylédones, à la bàse des feuilles auxquelles elles ont servi de protection quand elles commençaient à se développer ;

2° Les vrilles, cirrhes ou mains sont des filets différemment contournés qui servent à certains végétaux pour s’élever (la vigne) ; ils sont le résultat de l’avortement de pétioles ou de pédoncules floraux. On appelle griffes les racines courtes que certaines plantes grimpantes enfoncent dans les corps voisins pour s’élever (le lierre)} elles prennent le nom de suçoirs , quand elles servent à la nourriture du végétal (la cuscute) ;

3° Les épines sont des piquants fournis par le tissu ligneux du végétal, et on ne peut les arracher sans déchirement notable (acacia, groseiller à maquereau) : ce sont d’ordinaire des rameaux avortés. Les aiguillons ne proviennent que de la partie extérieure des végétaux, c’est-à-dire de l’écorce dont on les détache avec facilité (le rosier);

4° Les poils sont des organes filiformes, mous, flexibles, plus ou moins déliés; tantôt ils naissent des glandes dont ils semblent les canaux excréteurs , tantôt ils sont glanduleux à leur sommet. On les voit particulièrement sur les plantes qui vivent dans les lieux secs et arides, Les glandes sont de petits corps globuleux, destinés à séparer de la masse des fluides végétaux certains liquides particuliers, quelquefois très-irritants (l’ortie).

Les différents organes que nous venons d’examiner , racine , tige , bourgeons et feuilles, servent au développement et à la vie de l’individu végétal ; ceux que nous allons étudier rapidement servent à la propagation de l’espèce.

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