‹ Dictionnaire de morale et de littératureChapitre 15 sur 137 · AUTEURS · texte numérisé non relu

AUTEURS

La démangeaison de lire ses ouvrages est un vice attaché à la qualité de poëte.

( La Comtesse d'Escarbagnas. )

Le défaut des auteurs dans leurs productions , C'est d'en tyranniser les conversations , D'être au palais , au cours , aux ruelles , aux tables 7 De leurs vers fatigants lecteurs infatigables. Pour moi , je ne vois rien de plus sot à mon sens, Qu'un auteur qui partout va gueuser de l'encens; Qui, des premiers venus saisissant les oreilles , En fait le plus souvent les martyrs de ses veilles. On ne m a jamais vu ce fol entêtement; Et d'un Grec là-dessus je suis le sentiment , Qui , par un dogme exprès défend à tous les sages L'indigne empressement de lire leurs ouvrages.

( Les Femmes savantes.

Il sait que, Dieu merci, je me mêle d'écrire ; Et jamais il ne m'a prié de lui rien lire.

( Idem. )

AITORITE MARITALE.

Ce n'est point à la femme à prescrire , et je sommes Pour céder le dessus en toute chose aux hommes.

La poule ne doit point chanter devant le coq ,

.Et nous voyons que d'un homme on se gausse

Quand sa femme chez lui porte le haut-de-chausse.

Si j'avais un mari , je le dis ,

Je voudrais qu'il se fit le maître du logis. Je ne l'aimerais point s'il faisait le jocrisse ; Et si je contestais contre lui par caprice, Si je parlais trop haut, je trouverais fort bon Qu'avec quelques soufflets il rabaissât mon ton.

( Idem. ) AVARE.

En vrai ladre il a toujours vécu ;

Il se ferait fesser pour moins d'un quart d'écu , Et l'argent est le dieu que surtout il révère.

( L'Etourdi. )

C'est de tous les humains l'humain le moins humain, le mortel de tous les mortels le plus dur et le plus serré. Il n'est point de service qui pousse sa reconnaissance jusqu'à lui faire ouvrir les mains. De la louange , de lestime, de la bienveillance en paroles et de l'amitié , tant qu'il vous plaira : mais de l'argent point d'affaires. Il n'est rien de plus sec et de plus aride que ses bonnes grâces et ses caresses , et donner est un mot pour qui il a tant d'aversion , qu il ne dit jamais : je vous donne, mais, je vous prête le bonjour.

( L'Avare. )

Je te déGe d'attendrir, du côté de l'argent, lhomme dont il est question. Il est Turc là-dessus, mais d'une turquerie à désespérer tout le monde ; et l'on pourrait crever, qu'il n'en branlerait pas. En un mot , il aime l'argent plus que réputation, qu honneur et que vertu; et la vue d'un demandeur lui donne des convulsions : c'est le frapper par son endroit mortel , c'est lui percer le cœur, c'est lui arracher les entrailles.

( Idem. )

Je vous dirai franchement qu on se moque partout de vous , et que l'on n'est point plus ravi que de vous tenir au cul et aux chausses, et de faire sans cesse des contes de votre lésine. L'un dit que vous faites imprimer des almanachs particuliers , où vous faites doubler les Quatre- Temps et les Vigiles , afin de profiter des jeûnes où vous

obligez votre monde. L'autre, que vous avez toujours une querelle toute prête à faire à vos valets dans le temps des étrcnnes , ou de leur sortie d'avec vous, pour vous trouver une raison de ne leur donner rien. Celui-là conte qu'une fois vous fîtes assigner le chat d'un de vos voisins , pour vous avoir mangé un reste d un gigot de mouton ; celuici, que 1 on vous surprit une nuit, venant de dérober vousmême 1 avoine de vos chevaux, et que votre cocher vous donna, dans l'obscurité, je ne sais combien de coups de bâton dont vous ne voulûtes rien dire. Enfin , on ne saurait aller nulle part, où l'on ne vous entende accommoder de toutes pièces. Vous êtes la fable et la risée de tout le monde ; et jamais on ne parle de vous que sous les noms d'avare» de ladre, de vilain et de fesse-Mathieu.

( Idem. ) AVARICE.

La peste soit de l'avarice et des avaricieux !

( Idem. ) AVENTURE.

En fait d'aventure il est trés-ordinaire

De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire , Puis être à leur famille à point nommé rendus Après quinze ou vingt ans qu'on les a crus perdus.

( L'Étourdi. )

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