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CONVENANCES

Ciel, faut-il que le rang, dont on veut tout couvrir, De cent sots tous les jours nous oblige à souffrir, Et nous fasse abaisser jusques aux complaisances D'applaudir bien souvent à leurs impertinences !

(Les Fâcheux.)

Au diantre soit la tyrannie de toutes ces histoires-là !

(George DanJin. ) COQUETTE.

Des amants que je fais me rendez-vous coupable ? Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable? Et lorsque pour me voir ils font de doux efforts, Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors ?

(Le Misanthrope-)

— Non , ce n'est pas, madame, un bâton qu'il faut prendre,

Mais un cœur à leurs vœux moins facile et moins tendre.

Je sais que vos appas vous suivent en tous lieux ;

Mais votre accueil retient ceux qu'attirent vos yeux;

Et sa douceur, offerte à qui vous rend les armes,

Achève sur les cœurs l'ouvrage de vos charmes.

Le trop riant espoir que vous leur présentez,

Attache autour de vous leurs assiduités;

Et votre complaisance un peu moins étendue

De tant de soupirants chasserait la cohue.

(Idem.) CORDONNIER.

Vous m'avez fait des souliers qui me blessent furieusement.

Go

— Point du tout, monsieur.

— Comment, point du tout?

— Non , ils ne vous blessent point.

— Je vous dis qu'ils me blessent , moi.

— Vous vous imaginez cela.

— Je me l'imagine parce que je le sens. Voyez la belle raison !

(Le Bourgeois gentilhomme.) CORPS (LE).

Le corps, cette guenille, est-il d'une importance ,

D'un prix à mériter seulement qu'on y pense?

Et ne devons-nous pas laisser cela bien loin ?

- Oui, mon corps est moi-même, et j'en veux prendre soin.

Guenille, si l'on veut ; ma guenille m'est chère.

( Les Femmes savantes. ) CORR1 TTIO\T DU GOIT.

Le goût des gens est furieusement gâté, et le siècle s'encanaille furieusement.

( Crilique dç l'Ecole des femmes. ) COSTUMES.

Il est vrai qu'à la mode il faut m'assujettir, Et ce n'est pas pour moi que je me dois vêtir.

Ne voudriez-vous point par vos belles sornettes ,

Monsieur mon frère aîné , car Dieu merci vous l'êtes

D une vingtaine d'ans , à ne vous rien celer,

Et cela ne vaut pas la peine d'en parler ;

Ne voudriez-vous point , dis-je. sur ces matières ,

De vos jeunes muguets m inspirer les manières ?

^l'obliger à porter de ces petits chapeaux

Qui laissent éventer leurs débiles cerveaux ,

Et de ces blonds cheveux de qui la vaste enflure

Des visages humains offusque la figure;

De ces petits pourpoints sous les bras se perdant,

Et de ces grands collets jusqu'au nombril pendant ;

De ces manches qu'à table on voit tâter les sauces ,

Et de ces cotillons appelés hauts-de-chausses ;

De ces souliers mignons de rubans revêtus,

Qui vous font ressembler à des pigeons pattus;

Et de ces grands canons où , comme en des entraves,

On met tous les matins ses deux jambes esclaves ,

Et par qui nous voyons ces messieurs les galants

Marcher écarquillés ainsi que des volants ?

( L'Ecole des maris. )

corps.

Cinq ou six coups de bâton , entre gens qui s'aiment , ne font que ragaillardir l'affection.

( Le Médecin malgré lui. )

— Ah ! monsieur, je suis fâché des coups qu'on vous a donnés.

— Gela n'est rien ; un philosophe sait recevoir comme il faut les choses.

( Le Bourgeois gentilhomme. ) COUR.

Le ciel ne m'a point fait, en me donnant le jour, Une âme compatible avec l'air de la cour ; Je ne me trouve point les vertus nécessaires Pour y bien réussir et faire mes affaires : Etre franc et sincère est mon plus grand talent ; Je ne sais point jouer les hommes en parlant; Et qui n'a pas le don de cacher ce qu'il pense Doit faire en ce pays fort peu de résidence. Hors de la cour, sans doute, on n'a pas cet appui , Et les titres d'honneur qu'elle donne aujourd'hui; Mais on n'a pas aussi perdant ces avantages , Le chagrin de jouer de fort sots personnages ; On n'a point à souffrir mille rebuts cruels ; On n'a pont à louer les vers de messieurs tels ; A donner de l'encens à madame une telle , Et de nos francs marquis essuyer la cervelle.

( Le Misanthrope. ) COUR (DÉFENSE DE LA).

Vous en voulez beaucoup à cette pauvre cour ; Et son malheur est grand devoir que, chaque jour,

Vous autres beaux esprits vous déclamiez contre elle, Que de tous vos chagrins vous lui fassiez querelle, Et sur son méchant goût, lui faisant son procès , N'accusiez que lui seul de vos méchants succès. Permettez-moi , monsieur Trissotin , de vous dire , Avec tout le respect que votre nom m inspire, Que vous ferlez fort bien , vos confréies et vous, De parler de la cour d'un ton un peu plus doux ; Qu'à le bien prendre au fond, elle n'est pas si béte Que , vous autres messieurs, vous vous mettez en tête ; Qu'elle a du sens commun pour se connaître à tout ; Que chez elle on se peut former quelque bon goût ; Et que l'esprit du monde y vaut , sans flatterie , Tout le savoir obscur de la pédanterie.

( Les Femmes savantes. ) COURROUX AMOUREUX.

Lorsque l'injure part d'un objet plein d'appas, On fait force desseins qu'on n'exécute pas; On a beau voir, pour rompre , une raison puissante ; Une coupable aimée est bientôt innocente : Tout le mal qu'on lui veut se dissipe aisément, Et 1 on sait ce que c'est qu'un courroux d'un amant.

( Le Misanthrope.) COURTISANS.

Il est fort enfoncé dans la cour, c'est tout dit.

Et la cour, comme on sait, ne tient pas pour l'esprit.

Elle a quelque intérêt d'appuyer lïgnorance; Et c'est en courtisan qu'il en prend la défense.

( Les Femmes savantes )

... On voit partout que l'art des courtisans Ne tend qu'à profiter des faiblesses des grands, A nourrir leurs erreurs , et jamais dans leur âme Ne porter les avis des choses qu'on y blâme.

( Don Garcie de Navarre.)

Il ne faut pas être courtisan indiscret.

( Les Amants magnifiques. ) COUVENT.

. . . Souffrez qu'un couvent dans les austérités Use les tristes jours que le ciel m'a comptés. — Ah ! voilà justement de mes religieuses , Lorsqu'un père combat leurs flammes amoureuses!

( Tartufe. ) CRÉANCIERS.

C'est une fort mauvaise politique que de se faire celer aux créanciers.

( Le Festin de Pierre. )

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