DOT EN ECONOMIE
C'est une fille qui vous apporte douze mille livres de rente. Premièrement, elle est nourrie et élevée dans une grande épargne de bouche ; c'est une fille accoutumée à vivre de salade , de lait, de fromage, de pommes, et à laquelle, par conséquent, il ne faudra ni table bien servie, ni consommés exquis , ni orges mondés perpétuels , ni les autres délicatesses qu'il faudrait à une autre femme; et cela ne va pas à si peu de chose , qu'il ne monte bien, tous les ans, à trois mille francs pour le moins. Outre cela , elle n'est curieuse que d'une propreté fort simple, et n'aime point les superbes habits, ni les riches bijoux, ni les meubles somptueux, où donnent ses pareilles avec tant de chaleur ; et cet article-là vaut plus de quatre mille livres par an. De plus , elle a une aversion horrible pour le jeu; ce qui n'est pas commun aux femmes d'aujourd hui ; et j'en sais une de nos quartiers qui a perdu, à trente et quarante, vingt mille francs cette année. Mais n'en prenons que le quart. Cinq mille francs au jeu par an , quatre mille francs en habits et bijoux , cela fait neuf mille livres ; et mille écus que nous mettons pour la nourriture : ne voilà-t-il pas par année vos douze mille francs bien comptés?N'est-ce pas quelque chose de réel que de vous apporter en mariage une grande sobriété, l'héritage d'un grand amour de simplicité de parure , et l'acquisition d un grand fond de haine pour le jeu ?
— C'est une raillerie que de vouloir me constituer sa dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point. Je n'irai pas
donner quittance de ce que je ne reçois pas ; et il faut bien que je touche quelque chose.
— Mon Dieu: vous toucherez assez.
( L'Avare. ) DUPE.
Nous avons trouvé ici un homme comme il nous le faut. Ce nous est une douce rente que ce M. Jourdain avec les visions de noblesse et de galanterie qu'il est allé se mettre dans la tête ; et il serait à souhaiter que tout le monde lui ressemblât. Il est vrai qu'il connaît mal les arts , mais il les paye bien ; et c'est de quoi maintenant ils ont plus besoin que de toute autre chose.
( Le Bourgeois genlilfeomme. )
.... On est aisément dupé par ce qu'on aime, Et l'amour-propre engage à se tromper soi-même.
( Turtufe. )