OPINION
Il y a des chagrins à se mettre au-dessus de toutes choses ; et les bruits fâcheux de la renommée vous font trop acheter le plaisir qu'on trouve à contenter son inclination.
( Le Malade imaginaire. ) OPTIMISME.
. . Des mœurs du temps mettons-nous moins en peine.
Et faisons un peu grâce à la nature humaine ;
Ne l'examinons point dans la grande rigueur,
Et voyons ses défauts avec quelque douceur.
Il faut parmi le monde une vertu traitable ;
A force de sagesse on peut être blâmable :
La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l'on soit sage avec sobriété.
Cette grande roideur des vertus des vieux âges
Heurte. trop notre siècle et nos communs usages;
Elle veut aux mortels trop de perfection :
Il faut fléchir au temps sans obstination ;
Et c'est une folie, à nulle autre seconde,
De vouloir se mêler de corriger le monde.
J observe comme vous cent choses tous les jours
Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours ;
Mais quoi que à chaque pas je puisse voir paraître,
En courroux comme vous on ne me voit point être.
Je prends tout doucement les hommes comme ils sont , J'accoutume mon âme à souffrir ce qu'ils font ; Et je crois qu'à la cour, de même qu'à la ville, Mon flegme est philosophe autant que votre bile.
( Le Misanthrope. )
Oui , je vois ces défauts dont votre âme murmure , Comme vices unis à l'humaine nature ; Et mon esprit enfin n'est pas plus offensé De voir un homme fourbe, injuste, intéressé, Que de voir des vautours affamés de carnage , Des singes malfaisants, et des loups pleins de rage.
( Idem. )