‹ Dictionnaire de morale et de littératureChapitre 91 sur 137 · OPINION · texte numérisé non relu

OPINION

Il y a des chagrins à se mettre au-dessus de toutes choses ; et les bruits fâcheux de la renommée vous font trop acheter le plaisir qu'on trouve à contenter son inclination.

( Le Malade imaginaire. ) OPTIMISME.

. . Des mœurs du temps mettons-nous moins en peine.

Et faisons un peu grâce à la nature humaine ;

Ne l'examinons point dans la grande rigueur,

Et voyons ses défauts avec quelque douceur.

Il faut parmi le monde une vertu traitable ;

A force de sagesse on peut être blâmable :

La parfaite raison fuit toute extrémité,

Et veut que l'on soit sage avec sobriété.

Cette grande roideur des vertus des vieux âges

Heurte. trop notre siècle et nos communs usages;

Elle veut aux mortels trop de perfection :

Il faut fléchir au temps sans obstination ;

Et c'est une folie, à nulle autre seconde,

De vouloir se mêler de corriger le monde.

J observe comme vous cent choses tous les jours

Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours ;

Mais quoi que à chaque pas je puisse voir paraître,

En courroux comme vous on ne me voit point être.

Je prends tout doucement les hommes comme ils sont , J'accoutume mon âme à souffrir ce qu'ils font ; Et je crois qu'à la cour, de même qu'à la ville, Mon flegme est philosophe autant que votre bile.

( Le Misanthrope. )

Oui , je vois ces défauts dont votre âme murmure , Comme vices unis à l'humaine nature ; Et mon esprit enfin n'est pas plus offensé De voir un homme fourbe, injuste, intéressé, Que de voir des vautours affamés de carnage , Des singes malfaisants, et des loups pleins de rage.

( Idem. )

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