‹ Dictionnaire de morale et de littératureChapitre 98 sur 137 · PECHEUR · texte numérisé non relu

PECHEUR

Dieu fait miséricorde au pécheur misérable.

( Le Dépit amoureux. ) PÉDANT.

Il est guindé sans cesse ; et dans tous ses propos On voit qu'il se travaille à dire de bons mots. Depuis que dans la tête il s'est mis d'être habile , Rien ne touche son goût , tant il est difficile ! Il veut voir des défauts à tout ce qu'on écrit , Et pense que louer n'est pas d'un bel esprit ; Que c'est être savant que trouver à redire ; Qu'il n'appartient qu'aux sots d'admirer et de rire , Et qu'en n'approuvant rien des ouvrages du temps , Il se met au-dessus de tous les autres gens. Aux conversations même il trouve à reprendre : Ce sont propos trop bas pour y daigner descendre , Et les deux bras croisés , du haut de son esprit , Il regarde en pitié tout ce que chacun dit.

( Le Misanthrope. )

Vous nous assommez avec vos grands mots. Ne paraissez point si savant, de grâce ; humanisez votre discours, et parlez pour être entendu. Pensez-vous qu'un nom grec

donne plus de poids à vos raisons ? Et ne trouveriez-vous pas qu il fût aussi beau de dire 1 exposition du sujet que la protase; le nœud quel'épitase; et le dénoûment que la péripétie ?

( Critique de l'Ecole des femmes. )

. . . Maître , en discourant ensemble , Ce jargon n'est pas fort nécessaire , me semble. Je vous crois grand latin et grand docteur juré; Je m'en rapporte à ceux qui m'en ont assuré : Mais dans un entretien qu'avec vous je destine , N'allez point déployer toute votre doctrine , Faire le pédagogue , et cent mots me cracher, Comme si vous étiez en chaire pour prêcher. Mon père , quoiqu'il eût la tête des meilleures , Ne m'a jamais rien fait apprendre que mes heures, Qui depuis cinquante ans , dites journellement , Ne sont encor pour moi que du haut allemand. Laissez donc en repos votre science auguste , Et que votre langage à mon faible s'ajuste.

( Le Dépit amoureux. )

PEIXÉS.

Ah ! qu'on est peu flatté de louange , d'honneur, Et de tout ce que donne une grande victoire ,

Lorsque dans 1 âme on souffre une vive douleur ! Et que l'on donnerait volontiers cette gloire Pour avoir le repos du cœur !

( Amphitryon. ) PEINTURE A FRESQUE.

... La fresque est pressante , et veut sans complaisance Qu'un peintre s'accommode à son impatience , La traite à sa manière, et d'un travail soudain Saisisse le moment qu'elle donne à sa main. La sévère rigueur de ce moment qui passe Aux erreurs d'un pinceau ne fait aucune grâce; Avec elle il n'est point de retour à tenter, Et tout au premier coup se doit exécuter.

( La gloire du Yal-de-Grâce. ) PEINTURE A L'HUILE.

La paresse de l'huile allant avec lenteur,

Du plus tardif génie attend la pesanteur;

Elle sait secourir, par le temps qu'elle donne,

Les faux pas que peut faire un pinceau qui tâtonne;

Et sur cette peinture on peut, pour faire mieux,

Revenir quand on veut avec de nouveaux yeux.

Cette commodité de retoucher l'ouvrage

Aux peintres chancelants est un grand avantage ;

Et ce qu'on ne fait pas en vingt fois qu'on reprend , On le peut faire en trente, on le peut faire en cent.

( Idem. )

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