DUCIS
orgue de la Madeleine. Il fut mis plus tard à la tête d'une classe de composition, parallèle à celle de Massenet, fit partie de la commission des études de composition et d'orgue, ainsi que du jury de concours pour le prix de Rome, et succéda enfin, en 1896, à A. Thomas, en qualité de directeur du Conservatoire de Paris. En tant que compositeur, D. occupe un rang respectable, sans toutefois faire preuve de réelle originalité. Ce sont ses œuvres orchestrales et vocales qui ont remporté les meilleurs succès, mais il a aussi abordé la scène avec un certain bonheur. Notons en première ligne des oratorios : Les sept paroles du Christ et Le Paradis perdu (ouvrage couronné par la ville de Paris, 1878) ; puis une scène lyrique : L'enlèvement de Proserpine ; des opéras-comiques : La guzla de l'émir, Le pain bis (ou La Ldloise), Xavière (1895); un grand opéra: Aben-Hamet (1884), un ballet : la Farandole (1883) ; enfin plusieurs suites d'orchestre, un concerto de piano, une! ouverture symphonique, une autre pour Frithjof. un grand nombre de motets et de Messes, des morceaux pour piano et pour orgue, ainsi que des mélodies. — 2. Léon (Du Bois), né î Bruxelles le 9 janv. 1849,* élève du Conserva toire de Bruxelles, obtint en 1885 le prix de Rome et fut nommé cinq ans plus tard second chef d'orchestre du Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, où il dirige également les concerts d'été du Vaux hall. D. a écrit plusieurs opéras: Son excellence ma femme (1884), La revanche de Sganarelle (1886), Mazeppa (non encore re présenté); un ballet : Smylis (1891), la musique d'un mimodrame, Le Mort ; un poème sympho nique, Atala, etc., etc.
Ducange (du Cange), Charles -Dufresne Sieur, né à Amiens le 18 déc. 1610, ni. à Paris le 23 oct. 1688. Il publia en 1678 : Glossarium ai scriptores mediœ et infimœ latinitatis (3 vol.1 réédité par les Bénédictins de St-Maur en 1733 1736, en 6 vol., et encore dernièrement, en 1840 1850, en 7 vol. Cet ouvrage contient d'impor tantes descriptions d'instruments de musique ainsi que l'explication de nombre d'expressio musicales du moyen âge.
Ducis, Benedikt, né probablement à Bruge vers 1480, contrapuntiste du xve-xvie s., élève d Josquin,à l'occasion de la mort duquel il com posa une ode funèbre. En 1510 environ, il étai chef delà corporation des musiciens à Anvers e organiste de l'église Notre-Dame en cette mêm ville. 11 doit avoir été, en 1515, en Angleterre mais aucun document authentique ne le prouve il semble par contre avoir vécu plus tard e Allemagne, car il publia, en 1539, à Ulm, un œuvre intitulée : Harmonien ûber aile Ode des Horaz fur dreiund vier Stirnmender Ut mer Jugend zu gefallen in Druck gegebe Plusieurs publications musicales allemande contiennent en outre des motets, des psaume» des lieder à 4 voix, etc., de sa composition. Ma heureusement c'était alors la coutume de dés gner les compositeurs seulemement par 1er prénom, de sorte que l'on ne peut, dans pli sieurs cas, distinguer les compositions de D.c
DUCROGQUET — DUNSTABLE
celles de Benedikt d'Appenzell (v. ce nom). Ducrocquet, facteur d'orgue, v. Daublaine. Due (ital.), deux. Les mots a due, que l'on trouve dans les partitions d'orchestre, indiquent que deux instruments dont les parties sont écrites sur une même portée (par ex. :les deux flûtes, les deux hautbois, les deux clarinettes, etc.) doivent jouer la même chose ; il devient alors superflu de munir les notes de deux queues.
Duetto (ital.), diminutif de duo (v. ce mot), autrement dit: duo de petites dimensions.
Dufay, Guillaume (du Fav). Les dernières recherches de Fr.-X. Haberl, Van der Straeten et Jules Houdoy, dans les archives de Rome et de Cambrai, ont enfin permis de fixer les principales dates de la vie de D. Celui-ci ne vécut pas, comme Baïni le prétend, grâce à une regrettable confusion, de 1380 à 1432, mais de 1400 à 1474, en sorte qu'il n'est pas l'aîné, mais 3ien le cadet des trois anciens maîtres : Dunstable, Binchois et Dufay. Toutes les contradictions que suscitaient les erreurs admises, et qui préoccupèrent si longtemps les savants, se trouvent ainsi levées d'un seul coup (cf. Haberl. Bausteine fur Musihgeschichte, I. Wilhelm du Fay, 1885 ; un ouvrage de la plus haute imporance). D. est né vers 1400, à Ghimay, dans le Etainaut ; il entra, en 1428, dans la chapelle ponificale, dont il était le plus jeune chanteur, puis 5e rendit, en 1437, à la cour de Philippe-le-Bon, le Bourgogne. Il reçut l'ordination à Paris, >assa ensuite sept années en Savoie, puis deïnt chanoine à Cambrai, où il mourut, le 27 noembre 1474. Haberl a retrouvé dans les Bibliothèques de Rome, Bologne et Trente (auburd'hui transférée à Vienne, v. Binchois) |ent cinquante compositions de D., dont il [onne la liste dans l'ouvrage précité. Parmi ;s œuvres, on trouve des Messes, un grand lombre de fragments de Messes, des magnifias, des motets et quelques chansons françaises n connaît en outre du même auteur : quelques liesses (Bruxelles), une autre Messe et plu- |eurs fragments (Cambrai), des motets et des lansons (Bibliothèque nationale, à Paris), un iOlet à quatre voix (Munich). D. remplaça dé- [îitivement les notes noires par les notes blanies, c.-à-d. évidées, dont l'usage était d'ailleurs •t répandu dès le milieu du xve s. ; si l'on en >it le témoignage d'Adam de Fulda (1490), aurait en tout cas introduit nombre d'innotions dans l'écriture musicale.
luiffoproucart (Duiffoprugcar ; Tieffenjucker), Gaspard, luthier remarquable, origi- |ire du Tyrol, vécut, à partir de 1553, à Lyon, il .était propriétaire, mais fut exproprié en \, lors de la construction de nouvelles fortiitions. Il était né en 1514, si l'on en croit la ende d'un portrait gravé en 1562 par Pierre iirot, et mourut en 1570 ou 1571. Aucun ins- Iment de D. ne semble avoir été conservé [u'à nos jours, ainsi que l'a prouvé le DrH. itagne, dans son étude sur Gaspard Duiffo^ mcart et les luthiers lyonnais du xvne siècle (ris, 1893). C'est du reste cette même étude a renversé toutes les données que l'on
avait jusqu'alors sur D., et qui a fixé les quelques dates indiquées plus haut.
Dulcken, Louise, née David, pianiste, née à Hambourg le 20 mars 1811, m. à Londres le 12 avr. 1850, sœur de Ferdinand David, élève de Grund, s'établit en 1828, avec son mari, à Londres, où elle arriva, tant comme virtuose que. comme professeur, à une très grande renommée. Elle fut, entre autres, professeur de la reine Victoria.
Dulcimer (angl. ; dulce melos = doux chant), expression anglaise correspondant à celle de « tympanon » (cembalo, Hackbrett). V. piano.
Dulon, Friedrigh-Ludwig, né à Oranienbourg le 14 août 1769, m. àWûrzbourgle 7 juin 1826, virtuose sur la flûte, aveugle, fit de grandes tournées artistiques. De 1796 à 1800, il était engagé à la cour de Saint-Pétersbourg, puis vécut à Stendal et finalement, à partir de 1823, à Wûrzbourg. D. était devenu aveugle peu après sa naissance. Son autobiographie, qu'il dicta pendant son séjour à Stendal, fut éditée par Chr. M. Wieland sous le titre de: Dulons, des blinden Flotenspielers Leben und Meinungen, von ihm selbst bearbeitet (1804-1808, 2 vol.). D. a publié 9 duos et variations pour flûte et violon, un concerto de flûte, des duos pour flûtes et des caprices.
Duni, Egidio-Romoaldo, né à Matera (Naples) le 9 févr. 1709, m. à Paris le 11 juin 1775, élève de Durante, fécond compositeur d'opéras. Il écrivit d'abord, pour Rome, un Nerone qui éclipsa Y Olympiade de Pergolèse ; puis pour Naples, Venise, Londres, diverses œuvres et reçut enfin une place à la cour de Parme. Comme cette cour était entièrement française, il se mit à écrire des opéras français, y réussit si bien qu'il put alors affronter le public de Paris (1757) et donna une belle série de petits opéras-comiques dont le succès fut considérable. C'est pourquoi on le considère en somme comme le fondateur de l'opéra-comique français.
Dunoyer, v. Gaugquier.
Dunstable (Dunstaple), John, remarquable contrapuntiste anglais de la première moitié du xve s. et, d'après le témoignage de Tinctor, le père du contrepoint proprement dit, contemporain et peut-être maître de Binchois et de Dufay, dont il était l'aîné. D. mourut le 24 déc. (pridie Natale sidus, suivant son épitaphe) 1453 et ses restes furent inhumés dans l'église St-Etienne à Walbroock (Londres). Les trésors de musique du début du xve s. (v. plus loin), découverts récemment par Haberl, donnent une très grande apparence de vérité à la supposition que le contrepoint sévère se serait, développé en premier lieu en Angleterre ; les maîtres de ce pays semblent s'être répandus vers 1400 dans le reste de l'Europe, comme le firent plus tard les Néerlandais. Franchino Gafori a reproduit le ténor d'un petit Veni, Sancte Spiritus à trois voix, de D. ; une chanson, O rosa bella, également à trois voix, dont le manuscrit .est conservé en double à Rome et à Dijon, a été mise en partition par Morelot, reproduite par Ambres (Musihgeschichte, vol. II) et par Riemann
PFNSTEDE — DUPORT
i Illustrationen zur Mvtsikgeschichte) avec texte
allemand : un canon énigmatique (encore indéchiffré) existe également en double, manuscrit, an « British Muséum » et à Lambeth; le « Brihsli Muséum » possède en outre un long morceau à trois parties, sans texte, de D.;le «Liceo Qlarmonico • de Bologne un Patrem, un Reyina cœli lœtare, an Sub tua />rotectione, et un Quam pulcra est: la lîibliothèque de l'Université de la même ville renferme deux Et in terra (à 3 voix) et un Ave >>ui ris stclla (à deux voix). Enfin les anciens codex de Trente, aujourd'hui à Vienne, contiennent bon nombre de morceaux religieux et profanes. Ces codex, de même que ceux de Bologne, sont composés entre autres d'œuvres <lrs auteurs anglais suivants : Alani de Anglia, Gervasius de Anglia. Lionel Polvero, Jobannes Benêt, Bedingham, Rie. Markbam, Forest, etc.
Dunstede, v. Tunstede.
Duo (ail. Duett ou Duo), nom que l'on donne plus particulièrement à un morceau pour deux voix égales ou inégales, avec accompagnement d'un ou de plusieurs instruments. Le d. occupe dans l'opéra une place importante 'd. dramatique), mais il ne s'y présente sous aucune forme nettement définie, revêtant plutôt le caractère ({n'exige la situation ; il se compose de demandes et de réponses, ou bien départies en forme d' « air » soit pour l'une, soit pour l'autre voix, soit encore pour les deux réunies; ou bien il prend réellement la forme d'une double mélodie; on enfin il est interrompu par des récitatifs, etc. LeD. d'église a, par contre, une forme plus précise et se rapproche tantôt de 1' « air da capo », tantôt, lorsqu'il est fugué, du style concertant. Les concertos d'église de Viadana, par exemple, contiennent des d. de cette dernière espèce; mais les d. sans basse chiffrée remontent encore bien plus haut et portaient, au xves. le nom de Bicinia. Le « Stabat mater » de Pergolèse renferme un célèbre d. d'église. Quant au d. dit d. de ciiAMHKE.il atteignit son apogée a la tin du XVIIe et au début du xvine s., dans les œuvres d'Agostino Steffani et de G.-C.-M. < llari ; sa forme ne diffère nullement de celle du d. d'église. In grand nombre de d. modernes, tels que ceux de Mendelssohn, doivent être évidemment classés dans le genre lied. On donne enfin le nom de d. à certaines œuvres instrumentales écrites pour deux instruments (semblables ou différents) obligés, avec ou sans accompagnement. Les œuvres de cette sorte, sans accompagnement, sonl fréquemment des « sonacellea avec accompagnement portent de préférence le titre de » doubles concertos». Le d. instrumental est en général polyphonique, el les deux parties en sont concertantes, toutefois on applique Bouvenl cette même dénomination â des œuvres dans lesquelles l'une des parties
domine l'autre, cpii se borne à accompagner. Duolet. figure de deux notes prenant la place
de trois Ilotes de même valeur, ex. :
M^: il
Duolo, (ital.), douleur.
Dupla (proporiio dupla), dans la théorie de la notation proportionnelle, accélération du double du mouvement primitif. La p. d. est indiquée par les signes — > ou CD > Ep> etc. Cf. diminution.
Dupont, 1. Pierre, né à Lyon le 23 avr. 1821, m. dans la même ville le 24 juil. 1870; poète et compositeur de chansons bien connues. Il vécut de longues années à Paris, mais ses chants socialistes le firent exiler par Napoléon HT, qui l'envoya à Lambessa. Il n'était absolument pas musicien. — 2. Joseph (l'aîné), né à Liège le 21 août 1821, m. dans la même ville, où il était professeur de violon au Conservatoire, le 13 févr. 1861; violoniste de mérite, élève de Wanson et de Prume, au Conservatoire de Liège, a écrit deux opéras (Ribeiro Pinto et L'île d'or), quelques morceaux pour violon, de la musique de chambre et des pièces vocales, mais ne publia qu'un très petit nombre de ces œuvres. —
3. Alexandre, frère du précédent, né à Liège en 1833, m. dans la même ville le 4 avr. 1888, auteur d'un Répertoire dramaticpie beUje. -
4. Auguste, né à Ensival (près Liège) le 9 févr. 1828, m. à Bruxelles le 17 déc. 1890; pianiste remarquable, entra en 1838 dans la classe de Jalheau (un élève de Herz et de Kalkbrenner), au Conservatoire de Liège, fit ensuite de nombreuses tournées de concerts en Angleterre et en Allemagne, puis fut nommé, en 1850, professeur d'une classe de piano au Conservatoire de[ Bruxelles. D. fut également un compositeur très| fécond pour son instrument : concertos, études, fantaisies, musique de chambre, etc. — 5. Joseph (le cadet), frère du précédent, né à Ensival le 3 janv. 1838, pédagogue et chef d'orcbesl.rt de haute valeur, ancien élève des Conservatoi|| res de Liège et de Bruxelles, obtint le grain prix de Rome et fit ses quatre années régie mentaires de voyages d'études. En 1867, il fu nommé chef d'orchestre à Varsovie et quatn ans plus tard passa, en cette même qualité, ai Théâtre impérial de Moscou. Il fut cependan rappelé à Bruxelles, en 1872, comme professeu d'harmonie pratique au Conservatoire voya en même temps que chef d'orchestre du Théâ tre de la Monnaie et des concerts de 1' « Assc ciation artistique ». En outre, il succéda biente à Vieuxtemps, comme chef d'orchestre dei « Concerts populaires », mais se démit, il y quelques annés, de ses fonctions à la Monnau D. est sans contredit l'un des premiers chel d'orchestre de la Belgique. — 6. Joseph, le tro sième du même nom, m. à La Haye le 26 jui 1867, fut directeur de l'Opéra allemand à Arn; terdam. — 7. J.-Franz, né à Rotterdam en 182' m. à Nuremberg le 21 mars 1875; élève de Me delssohn et de David, fut en dernier lieu (1 1874) chef d'orchestre au théâtre de Nurember Il a écrit un opéra : Bianca Siffredi.
Duport, Jean-Pierre, né à Paris le 27 no 1741, m. à Berlin le 31 déc. 1818, y avait été e gagé en 1773 comme premier violoncelliste i L'orchestre de la cour, plus tard comme dire leur des concerts de la cour; en 1811 il fut pe
DUPRATO — DURANTE
sionné. — 2. Jean-Louis, né à Paris le 4 oct. 1749, m. dans la même ville le 7 sept. 1819, frère du précédent, également violoncelliste, mais plus remarquable que son frère, débuta comme soliste au « Concert spirituel », en 1768. Dès le début de la Révolution française, il s'enfuit chez son frère à Berlin; mais il rentra ensuite à Paris (1806) et reçut un emploi chez l'ex-roi d'Espagne (Charles IV) à Marseille puis, en 1812, chez l'impératrice Marie-Louise. Finalement il devint violoncelle-solo de l'orchestre impérial et professeur au Conservatoire de Paris. Il est vrai qu'il perdit ce dernier poste en 1815 déjà, lors de la suppression du Conservatoire, mais il resta violoncelliste de la chapelle royale. Franchomme acheta son violoncelle (Stradivari) pour la somme de 25,000 francs. D. a écrit des sonates, des variations, des duos, des fantaisies, etc. pour violoncelle, de même qu'une méthode de violoncelle : Essai sur le doigter du violoncelle et la conduite de V archet, etc.
Duprato, Jules-Laurent, né à Nîmes le 20 août 1827, m. à Paris le 20 mai 1892, élève de Leborne au Conservatoire de Paris, obtint, en 1848, le grand prix de Rome, composa des lieder, des cantates et des opérettes. Ses succès au théâtre furent, dès le début, trop peu encourageants pour permettre à son talent de se développer pleinement. Il devint, en 1866, répétiteur, en 1871, professeur d'harmonie au Conservatoire de Paris.
Duprez, Gilbert-Louis, né à Paris le 6 déc. 1806, m. dans la même ville en octobre 1896 ; chanteur très célèbre, dont la belle voix d'enfant avait déjà attiré l'attention de Choron (v. ce nom) qui le fit entrer dans son Institut de [musique. Pendant la mue, il fit de sérieuses étu- |des de théorie et de composition, puis, lorsqu'il fut en possession d'une admirable voix de téfnor, se remit à travailler le chant. Il débutait \m 1825 déjà à l'Odéon, mais sa renommée ne llate guère que du jour où, en 1836, après plulueurs années d'études en Italie, il succéda à Kdolphe Nourrit comme fort ténor de l'Opéra Ile Paris. D. fut en même temps, de 1842 à 1850, professeur titulaire d'une classe de chant au Conservatoire, mais il l'abandonna pour foncier une école particulière de chant dont le lenom se répandit très rapidement. En 1855, il jtrit aussi sa retraite de la scène, pour ne plus |e vouer qu'à la haute composition musicale )péras, Messe, requiem, oratorios, romances), îais ses tentatives réitérées n'eurent pas grand iccès. Par contre, ses méthodes de chant : l'art du chant (1845; éd. ail. en 1846) et La Uélodie, études comjrtémentaires, etc., jouissent [une excellente réputation, fort méritée du )ste. — Son épouse, née Duperron, fut très stimée comme cantatrice; sa lille,CAROLiNE (née [Florence en 1832, m. à Pau le 17 avr. 1875), dent également cantatrice, grâce aux excellentes jçons qu'elle reçut. Elle fut de 1850 à 1858 l'une îs étoiles des diverses scènes parisiennes [héàtre lyrique, Opéra-Comique, Opéra), mais le dut, eu 1859? renoncer au théâtre et se re-
tira à Pau avec son mari, Vandenheuvel, qu'elle avait épousé en 1856.
Dupuis, Sylvain, né à Liège le 9 nov. 1856; élève du Conservatoire de cette ville, obtint en 1881 le grand prix de Rome. Il est actuellement professeur de contrepoint au Conservatoire de Liège, et directeur de la Légia (société chorale d'hommes); en outre, il a fondé une « Société des nouveaux Concerts » dont il dirige excellemment l'orchestre et les chœurs, faisant preuve d'intelligente initiative dans la composition de ses programmes. D. s'est aussi fait connaître comme compositeur, en écrivant entre autres : deux suites d'orchestre, des opéras (Cour d'Ognon; Moïna), des cantates (La cloche de Roland; Camoëns; Chant de la création), un poème symphonique (Macbeth), etc.
Dupuy, v. Puteanus.
Dur (ail.), du lat. durus (v. ce mot), signifie « majeur ».
Duramente (ital.), durement.
Durand. 1. Emile, né à St-Brieux (Côtes du Nord) le 16 févr. 1830; élève du Conservatoire de Paris, fut déjà nommé, en 1850, alors qu'il était encore élève des classes de composition, maître d'une classe de chant élémentaire. En 1871, il fut nommé professeur d'harmonie. D. a écrit des lieder et quelques opérettes, ainsi qu'un traité d'harmonie et d'accompagnement. — 2. Marie- Auguste, né à Paris le 18 juin 1830; élève d'orgue de Benoist est, à partir de 1849, successivement organiste des églises St-Ambroise, Ste-Geneviève, St-Roch et St-Vincentde-Paul (1862 à 1874), déploya aussi une certaine activité comme critique musical. En 1870, il s'associa à Schônewerk et acheta le fonds d'éditions de Flaxland. La raison commerciale « I). et Schônewerk » (actuellement « D. et fils ») est très connue soit en France, soit à l'étranger par les nombreuses œuvres d'auteurs français contemporains (Massenet, Saint-Saèns, Lalo, Widor, Joncières, etc.) qu'elle a éditées. D. a lui-même beaucoup composé (Messes ; lieder ; danses en style ancien, morceaux pour harmonium, son instrument préféré, à la propagation duquel il contribua énormément).
Durante, Francesco, né à Fratta Maggiore (Naples) le 15 mars 1684, m. à Naples le 13 août 1755, fut d'abord élève de Gaetano Greco, au Conservatoire « dei Poveri di Gesù Cristo », puis, lors de la suppression de cet établissement, travailla sous la direction d'Alessandro Scarlatti, au Conservatoire « Sant'Onofrio ».Mais D. ne se contenta pas de l'enseignement de ces deux maîtres et étudia avec ardeur les œuvres de l'école de Rome. En 1718, il fut nommé directeur du Conservatoire « Sant'Onofrio », mais échangea ce poste en 1742, après le départ de Porpora pour Londres, contre celui de directeur du Conservatoire « Santa Maria di Loreto ». D. compte parmi les représentants les plus remarquables de l'école dite napolitaine; mais il fut très fortement influencé par l'école romaine, ce que nous prouve, entre autres, le fait qu'il écrivit presque exclusivement de la musique d'église. Scarlatti, Léo et toute la jeune école :
DÛRRNER — DU VAL
Jomelli, Piccini, etc. composèrent au contraire des ouvrages scéniques. Le style de D. résulte d'un heureux mélange d'abondante mélodie napolitaine el de travail contrapuntique serré, dérivant de l'école de Rome. Le Conservatoire de Paris possède une collection presque complète de ses œuvres (manuscrites) : 13 Messes et fragments de Messes, 16 psaumes, 16 motets, des antiennes, des hymnes, etc., puis 12 madrigaux, 6 sonates pour piano, etc. La Bibliothèque de la cour, à Vienne, possède quelques autres œuvres du même auteur (Lamentations); mais aucune œuvre ne semble avoir été imprimée de son vivant. Les publications récentes même (Gommer, Rochlitz et d'autres) ne contiennenl que très peu d'échantillons de la musique de D. Un recueil de morceaux de piano, publié par II. -M. Schletterer, a paru chez Rieter-Biedermann.
Dûrrner, Rdprecht-Johannes-Julius, compositeur favori de chœurs pour voix d'hommes el pour voix mixtes,néà Ansbach le 15 juil. 1810, m. à Edimbourg le 10 juin 1859. Il fréquenta les classes dn séminaire d'Altdorf et lit des études musicales, sous la direction de Fr. Schneider, à Dessau. De 1831 à 1842, il fut cantor à Ansbach, puis se perfectionna plus tard, à Leipzig, sous la direction de Mendelssohn et de Hauptmann. Il devint en 1844 professeur de chant et directeur de musique, à Edimbourg.
Durutte, Fiun<;ois-Camille-Antoine, comte, né à Vpri's (Flandre occidentale) le 15 oct. L803, ni. à Paris le 24 sept. 1881; était destiné primitivement à la carrière d'ingénieur, mais cultiva la musique et s'établit à Metz. Il a beaucoup fait parler de lui comme auteur d'un nouveau système théorique qu'il exposa d'abord dans son Esthétique musicale : technie ou lois générales du système harmonique (1855). Plus tard il compléta cet ouvrage par le Résumé élémentaire de la technie harmonique et complément, etc. (1876). Cependant ce système n'est absolument pas applicable à la pratique et L'auteur se perd dans des spéculations mathématiques. D. a aussi écrit des opéras, de la mu- Bique d'église et <l«- la musique de chambre.
Dussek, 1. Franz, né à Ghotiebor (Rohême) le 8 sept L796, m. à Prague le 12 févr. L799; élève de Habermann. pianiste distingué et pédagogue excellent, écrivit des sonates pour piano à quatre mains. de la musique de chambre, des symphonies, des concertos, etc. — 2. Johann -Ladislaus, pianiste remarquable et compositeur, né à Tschaslan (Bohême) le 9 févr. L761, m. à St-Germain-en-Laye, prés Paris, le 20 mars 1812,- étudia Les langues anciennes au couvent des Jésuites, à [glau, puis la théologie, à Prague, où il prit h' grade de bachelier. En même temps, il s'était voué à la musique avec une telle ardeur que son protecteur, le comte Manner, put lui procurer une place d'organiste à Malines, Il échangea ce poste un peu plus lard contre un poste analogue à Bergen op Zoon, puis, en L782,à Amsterdam. Enfin il fut appdé à la Haye, en qualité de précepteur des fils du fgouverm m-. Une visite^qu'il lit a Ph.-E.
Bach, à Hambourg, où il fut très bien reçu, lui rendit confiance en sa vocation artistique. Il se lit alors entendre à Berlin, puis à St-Pétersbourg, comme virtuose sur le piano et sur l'harmonica, et accompagna pendant deux années le prince Radziwill en Lithuanie. En 1786, il joua devant Marie-Antoinette, à Paris, partit ensuite pour l'Italie, puis rentra à Paris, mais dut bientôt fuir la Révolution et se rendit à Londres où il fonda avec son beau-père Corri, en 1792, une maison d'éditions musicales. La faillite ne tarda pas à survenir, les dettes s'accumulèrent, en sorte que D. dut se réfugier, en 1800 déjà, à Hambourg. C'est à partir de ce moment qu'il vécut dans la plus grande intimité avec une personne de famille princière; il se retira pendant deux ans dans un château, près de la frontière danoise. En 1802, D. alla voir son vieux père, en Bohême, puis il entra au service du prince Louis -Ferdinand de Prusse et, après la mort de ce dernier, à celui du prince d'Isenbourg; enfin, en 1808, le prince Talleyrand l'engagea comme concertmeister, à Paris. D. passe pour être l'un des premiers virtuoses qui surent faire « chanter » le piano ; son jeu était puissant et sonore, ce qui ne manqua pas de faire, à cette époque, très grande sensation. Ses œuvres pour le- piano se sont bien maintenues jusqu'à nos jours, elles se distinguent par un certain charme et une certaine noblesse d'allures ; leur nombre est considérable : 12 concertos, 1 double concerto, 80 sonates pour violon et piano,53 sonates pour piano à deux mains et 9 pour piano à quatre mains, 10 trios, 1 quatuor et 1 quintette avec piano, plus une quantité d'eeuvrettes diverses. Sa « Méthode de piano » parut successivement en anglais, en allemand et en français.
Dustmann, Marie-Luise, née Meyer, canta-i trice scénique (soprano) distinguée, née à Aix-la- Chapelle le 22 août 1831, fille d'une cantatrice. Elle débuta en 1849 à Breslau, puis acceptai des engagements à Cassel (sous la direction de Spohr), à Dresde (1853), à Prague (1854) et| à partir de 1857, à Vienne. De plus, elle chantai en représentations, sur toutes les grandes scè-| nés d'Allemagne, à Londres et à Stockholm. E 1858, elle épousa le libraire D. et fut nommée en 1860, cantatrice de la chambre impériale.
Duval, Edmond, né à Enghien (Hainaut) le % août 1809, élève du Conservatoire de Paris, don il fut renvoyé cependant à cause de l'irrégula rite de son travail. De retour dans sa ville na| taie, il s'occupa particulièrement de plain chant auquel il s'était intéressé après la lectur des Vrais principes du chant grégorien d l'abbé Janssen. Il fut alors chargé par l'archevêj que de Malines de la révision et, en partie, d la nouvelle rédaction basée sur des recherche historiques, des recueils de chant de son die cèse. D. fit un séjour à Rome, où il étudia que. ques ouvrages liturgiques des xve, xvie et xvi) s., puis à son retour entreprit la publication d divers recueils : Graduale (1848), Yesperai (1848), Processionale (1851), Rituale (1854), et< ions destinés au diocèse de Malines. Enfouir
DUVERXOY — DWIGHT
il fit paraître divers essais sur ces recueils de chants, ainsi qu'un traité d'accompagnement du plain-chant à l'orgue. Toutes ces publications ont provoqué une vive opposition de la part des spécialistes, qui considèrent les éditions de D. comme de nouvelles mutilations imposées au plain-chant (Fétis).
Duvernoy (Duvernois), 1. Frédéric, né à Montbéliard le 16 oct. 1765, m. à Paris le 19 juil. 1838; premier cor de l'orchestre de l'Opéra et professeur de cor au Conservatoire, jusqu'à la fermeture momentanée de cet établissement (1815). Il a écrit une quantité de concertos pour cor et de la musique de chambre (avec des parties de cor). — 2. Charles, frère du précédent, né à Montbéliard en 1766, m. le 28 févr. 1845; virtuose sur la clarinette, il fit partie de l'orchestre du Théâtre de Monsieur, puis du théâtre Feydeau, à Paris, et professa au Conservatoire jusqu'en 1802. D. a composé plusieurs sonates pour clarinette. — 3. Charles-François, né à Paris le 16 avr. 1796, m. en nov. 1872; chanta pendant longtemps sur différentes scènes : à Toulouse, au Havre, à la Haye et à Paris, où il débuta à l'Opéra-Comique, en 1830, pour y revenir plus tard (1843) comme régisseur en même temps que comme chanteur. En 1851, il devint titulaire de la classe d'opéra, au Conservatoire, et en 1856 directeur de l'internat des élèves de chant. — 4. Henri-Louis-Charles, fils de Charles D., né à Paris le 16 nov. 1820, élève de Zimmermann et Halévy, au Conservatoire; fut nommé en 1838 répétiteur, en 1848 professeur d'une classe de chant au Conservatoire. Il a publié plusieurs ouvrages pédagogiques pour chant et une quantité de morceaux faciles pour le piano. — 5. Victor-Alphonse, pianiste et compositeur, né à Paris le 11 août 1842, élève du Conservatoire (Marmonel, Bazin), puis de Barbereau. D. fit d'abord la arrière de virtuose, puis se voua à la composion et devint titulaire d'une classe de piano, au onservatoire de Paris. Il faut noter parmi ses ouvres : La Tempête, pour chœurs, soli et orheslre (1880, prix de la ville de Paris); deux pénis : Sardanapale (1882, aux concerts Laloureux; 1892, au Théâtre royal de Liège) et lellê (1896, Opéra de Paris); une scène lyrique, iêopâtre; plusieurs morceaux symphoniques; ne ouverture d'Hernani; de la musique de ïambre qui lui valut le prix Chartier; diverses èces pour piano et orchestre, etc.
Dux (lat. chef, conducteur), nom que l'on Dnne parfois, dans la fugue (v. ce mot), au ème lui-même tel qu'il est présenté par la emière voix; syn. de sujet ou antécédent. Duysen, Jes-Lewe, né à Flensbourg le 1er ùt 1820, fonda en 1860, à Berlin, une fabrique pianos, qui jouit d'une excellente renommée. Dvorak, (pron. dvorchak), Anton, né à Muluse (Nelahozeves) près Kralup (Bohême) le ept. 1841, fils d'un aubergiste, devait devenir ucher, mais préférait de beaucoup jouer du )lon avec le maître d'école de son village. En 7, il partit pour Prague avec l'intention bien ètée d'acquérir une solide culture musicale
et entra dans l'école d'organistes dirigée par Pitzsch.Pendant ce temps, il gagnait péniblement sa vie comme violoniste dans un orchestre de rang inférieur. En 1862 cependant, il parvint à obtenir une place d'alto dans l'orchestre du Théâtre national, à Prague, en 1873, il put même faire exécuter un Hymne pour chœur et orchestre, de sa composition, et le succès fut si considérable que D., pourvu d'une subvention de l'Etat pour plusieurs années, se décida à quitter le poste qu'il avait dans l'orchestre. Son nom se répandit dès lors très rapidement, même en dehors de sa patrie, grâce à la haute protection de Liszt. Toute une série d'associations de son pays et de l'étranger nommèrent D. membre d'honneur; les Universités de Prague et de Cambridge lui conférèrent le titre de Drhon. c. etc. Après avoir été, durant quelques années, professeur de composition au Conservatoire de Prague, il accepta en 1892 le poste important de directeur du « Conservatoire national » de New- York. D. est surtout un compositeur national; les rythmes et les mélodies bohèmes qui parfois, il faut l'avouer, frisent la banalité ou même la grossièreté, sont un des principaux éléments de succès de ses œuvres. Notons parmi un très grand nombre de compositions de toutes sortes : Danses slaves, pour piano à quatre mains et pour orchestre (4 cahiers); Rhapsodies slaves, pour orchestre; Légendes, pour piano à quatre mains (aussi orchestrées par l'auteur) ; Sérénade (op. 44) pour instr. à vent avec violoncelle et contrebasse; Dumha (élégie), Flirtante (danses nationales bohèmes) pour piano; Echos de Varsovie (duos); un concerto de piano (op. 35); un concerto de violon (op. 53); un concerto de violoncelle (1896); Mazurek (op. 49), pour violon et orchestre; Notturno (op. 40), pour orchestre; Scherzo capriccioso (op. 66), pour orchestre; des ouvertures : Mein Heim (op. 62), Hussitzka, In der Natur, Karnaval; cinq symphonies (n° 1 [op. 60, ré maj., 1882], n° 2 [op. 70, ré min., 1885], n° 3 [op. 76, fa maj., 1888], n° 4 [sol maj., 1890], n° 5 [dite du « Nouveau Monde »]); trois poèmes symphoniques : Der Wassermann, Die Mittagshexe, Der goldene Spinnrad ; un oratorio, Saint Ludmila (composé pour le festival de 1886, à Leeds); une cantate, The spectres bride (pour le festival de 1885, à Birmingham); un Stabat Mater (Londres, 1883); cinq quatuors, un sextuor (op. 48), un trio (op. 74, deux violons et alto), un quintette pour instr. à archet; un quintette, un quatuor, deux trios pour piano et instr. à archet ; une sonate pour violon et piano (op. 57); des variations symphoniques (op. 78), pour orchestre; le Psaume cxlix, pour chœurs et orchestre; enfin des opéras tchèques : Kral a uhlir (« Le roi et le charbonnier»; Prague, 1874), Wanda (1876), Selma sedlak (« Le paysan, un vaurien » ; 1878), Twrdc palice (« La tête dure »; 1881), Dimitry (1882), Jacobin (1889). D. a en outre écrit une quantité d'œuvrettes pour chant (lieder, duos, chœurs). Dwight, John-Sullivan, né à Boston le 13 mai 1813, m. clans la môme ville en sept. 1893: