‹ Dictionnaire de musiqueChapitre 51 sur 72 · TÊT · texte numérisé non relu

TÊT

Avaut l'invention de riniprimerie , les notes n*avoient que des têtes noires ; car, la plupart des notes étant carrées , il eût été trop long de les faire blanches en écrivant : dans l'impression l'on forma des têtes dénotes blanches, c'est-à-dire vides dans le milieu : aujourd'hui les unes et les autres sont en usage; et, tout le reste égal, mie tête blanche marque toujours «ne. valeur double de celle d'une tête noire. (Voyez Notes, Valeur des notes. )

TÉTRACORDE, S. m. C'étoit , daus la musique ancienne , un ordre ou sytème particulier de sons dont les cordes extrêmes sonnoieut la quarte: ce système s'appeloit tétracorde ,^-AYce que les sons qui le composoieqt étoient ordinairement au nombre de quatre ; ce qui pourtant n'étoit pas toujours vrai.

Nicomaque , au rapport de Boëce, dit que la musique, dans sa première simplicité, n'avoit que quatre sons, ou cordes, dont les deux, extrêmes sonnoient le diapason entre elles, tandis que les deux moyennes, distantes d'un ton l'une de l'autre , sonnoient chacune la quarte avec l'extrême dont elle étoit la plus proche , et la quinte avec celle dont elle étoit la plus éloignée ; il appelle cela le tétracorde de Mercure , du nom de celui qu'on en disoit l'inventeur.

Boëce dit encore qu'après l'addition de trois cordes faite par différents auteurs , Lychaon , Samien , en ajouta une huitième , qu'il plaça

3o8 TÉr

entre la trite et la paramèse , qui étoiciit auparavant la même corde ; ce qui rendit l'octacorde complet et composé de deux tétracordes disjoints , de conjoints qu'ils étoient auparavant dans Teptacorde,

J'ai consulté l'ouvrage de Nicomaque, et il me semble qu'il ne dit point cela; il dit au contraire que Pythagore ayant remarqué que, bien que le son moyen des deux tétracordes conjoints sonnât la consonnance de la quarte avec chacun des extrêmes, ces extrêmes, comparés entre eux étoient toutefois dissonants ; il inséra entre les deux tétracordes une huitième corde , qui , les divisant par un ton d'intervalle, substitua le diapason ou Toctave à la septième entre leurs extrêmes , et produisit encore une nouvelle consonnance entre chacune des deux cordes moyennes et l'extrême qui lui étoit opposée.

Sur la manière dont se fît cette addition , Nicomaque et Boëce sont tous deux également embrouillés ; et, non contents de se contredire entre eux , chacun d'eux se contredit encore lui-même. (Voy. SysïÈ3IE, Trite, Paramèse.) Si l'on avoit égard à ce que disent Boëce et d'autres plus anciens écrivains, on nepourroit donner de bornes fixes à l'étendue du té~ tracorde \ mais, soit que l'on compte ou que l'on pèse les voix , on trouvera que la définition lapins exacte est celle du vieux Bacchius, et c'est aussi celle que j'ai prétcrée.

TÉX 3o9

Eu effet, cet intervalle de quarte est essentiel au tétraeorde ; c'est pourquoi les sons extrêmes qui forment cet intervalle Font appelés immuables ou Jîxes par les anciens , au lien qu'ils appellent mobiles ou changeants les sons moyens , parce qu'ils peuvent s'accorder de plusieurs manières.

Au contraire, le nombre de quatre cordes , d'où le tétraeorde a pris son nom , lui est si peu essentiel , qu'on voit, dans l'ancienne musique , des tétracordes qui n'en avoient que trois : tels furent, durant un temps , les tétracordes enharmoniques ; tel étoit , selon Meibomius, le second tétraeorde du système ancien avant qu'on y eût inséré une nouvelle corde.

Quant au premier tétraeorde , il étoit certainement complet avant Pytliagore, ainsi qu'on le voit dans le pythagoricien Nicomaque ; ce qui n'empêche pas M. Rameau d'affirmer que, selon le rapport unanime , Pythagore trouva le ton , le diton , le semi-ton , et que du tout il forma le tétraeorde diatonique ( notez que cela feroit un pentacorde) : au lieu de dire que Pythagore trouva seulement les raisons de ces intervalles , lesquels , selon un rapport plus unanime, étoient connus long - temps avant lui.

Les tétracordes ne restèrent pas long-temps bornés au nombre de deux ; il s'en forma bientôt un troisième , puis un quatrième ; nom-

3lO T£T

hre auquel le système des Grecs demeura fixé.

Tous ces tétracordes étoient conjoints , c'està-dire que la dernière corde du premier servoit toujours de première corde au second ,et ainsi de suite, excepté un seul lieu à l'aigu ou au grave du troisième tétracorde , où il y avoit disjonction , laquelle ( voyez ce mot ) mettoit un ton d'intervalle entre la plus haute corde du tétracorde inférieur et la plus basse du tétracorde supérieur, (Vov. Syw aphe diazeuxis.) Or, comme cette disjonction du troisième tétracorde se faisoit tantôt avec le second , tantôt avec le quatrième , cela fit approprier à ce troisième tétracorde un nom particulier pour chacun de ces deux cas; de sorte que, quoiqu'il n'y eût proprement que quatre tétracordes, il y avoit pourtant cinq dénominations. (Voyez/;/. H,/-. 2.)

Voici les noms de ces tétracordes : le plus grave des quatre , et qui se trouvoit plc»cé un ton au-dessus de la corde proslambanomène , s'aqqeloit le tétracorde hrpaton , ou des principales; le second en montant , lequel étoit toujours conjoint au premier, s'appeloit le tétracorde méson , ou des moyennes ; le troisième , quand il étoit conjoint au second et séparé du quatrième, s'appeloit le tétracorde synnéménon , ou des conjointes ; mais quand il étoit séparé du second et conjoint au quatrième, alors ce troisième tétracorde prenoit le

TÊT 3ll

nom de diézeugménon , ou des divisées ; enfin le quatrième s'appeloit le tètracorde hrpeibolêon , ou des excellentes. L'Arétin ajouta à ce système un cinquième tètracorde ^ que Meibomius prétend qu'il ne fit que rétablir. Quoi qu'il en soit , les systèmes particuliers des tétracordes firent enfin place à celui de l'octave, qui les fournit tous.

Les deux cordes extrêmes de chacun de ces tétracordes étoient appelées immuables , parce que leur accord ne changeoit jamais ; mais ils contenoient aussi chacun deux cordes moyennes , qui , bien qu'accordées semblablement dans tous les tétracordes , étoient pourtant sujettes , comme je l'ai dit , à être haussées ou baissées selon le genre , et même selon l'espèce du genre , ce qui se faisoit dans tous les tétracordes également; c'est pour cela que ces cordes étoient appelées mobiles.

Il y avoit six espèces principales d'accord, selon les aristoxéniens , savoir , deux pour le genre diatonique , trois pour le chromatique , et une seulement pom* l'enharmonique. (Voyez ces mots. ) Ptolémée réduit ces six espèces à cinq. (Voyez PL M,/^. 5.)

Ces diverses espèces , ramenées à la pratique la plus commune , n'en formoient que trois , une par genre.

I. L'accord diatonique ordinaire du tètracorde formoit trois intervalles , dont le premier étoit toujours d'un detni-ton , et les deux autres

3l2 XKÏ

(l'un ton chacun, de cette manière mi,fa, sol, la.

Pour le genre chromatique, il falloit baisser d'un semi-ton la troisième corde , et l'on avoit deux semi - tons consécutifs , puis une tierce mineure mi ^ fa , fa dièse, la.

Enfin, pour le genre enharmonique , il falloit baisser les deux cordes du milieu jusqu'à ce qu'on eut deux quarts-de-ton consécutifs , puis une tierce majeure, mi, mi demi-dièse , fia, la ; ce qui donnoit entre le ini dièse et le fa un véritable intervalle enharmonique.

Les cordes semblables , quoiqu'elles se solfiassent par les mêmes syllabes, ne portoient pas les mêmes noms dans tous les tétracordes , mais elles avoient dans les tétracordes graves des dénominations différentes de celles qu'elles avoient dans les tétracordes aigus. On trouvera toutes ces différentes dénominations dans la figure 2 de la planche H.

Les cordes homologues , considérées comme telles, portoient des noms génériques qui exprimoient le rapport de leur position dans leurs tétracordes respectifs: ainsi l'on donnoit le nom de harypycni aux premiers sons de l'intervalle serré, c'est-à-dire au son le plus grave de chaque tétracorde ; de mésopjcni aux seconds ou moyens ; à'oocjpycni aux troisièmes ou aigus; et à'apjcni à ceux qui ne touchoient d'aucun côté aux intervalles serrés. ( Voyez Système.)

Cette division du système des Grecs par

tétracordes semblables , comme nous divisons le nôtre par octaves semblablement divisées , prouve , ce me semble , que ce système n'avoit été produit par aucun sentiment d'harmonie , mais qu'ils avoient tâché d'y rendre par des intervalles plus serrés les inflexions de voix que leur langue sonore et harmonieuse donnoit à leur récitation soutenue, et surtout à celle de leur poésie, qui d'abord fut un véritable chant; de sorte que la musique n'étoit alors que l'accent de la parole, et ne devint un art séparé qu'après un long trait de temps. Quoi qu'il en soit , il est certain qu'ils bornoient leurs divisions primitives à quatre cordes, dont toutes les autres n'étoient que les répliques , et qu'ils ne regardoient tous les autres tétracordes que comme autant de répétitions du premier.

D'où je conclus qu'il n'y a pas plus d'analogie entre leur système et le nôtre qu'entre un tétracorde et une octave, et que la marche fondamentale à notre mode , que nous donnons pour base à leur système , ne s'y rapporte en aucune façon :

i<>. Parce qu'un tétracorde formoit pour eux un tout aussi complet que le forme pour nous une octave.

2*^. Parce qu'ils n'avoient que quatre syllabes pour solfier, au lieu que nous en avons sept.

3". Parce que leurs tétracordes étoient con- XV. 27

3l4 TIE

joints ou disjoints à volonté; ce qui marquoit leur entière indépendance respective.

4°. Enfin , parce que les divisions y étoient exactement semblables dans chaque genre , et se pratiquolent dans le même mode; ce qui ne pouvoit se faire dans nos idées par aucune modulation véritablement harmonique.

TÉTRA.DIAPASON. C'cst le nom grec de la quadruple octave, qu'on appelle aussi vingtneuvième. Les Grecs ne connoissoient que le nom de cet intervalle ; car leur système de musique n'y arrivoit pas. ( Voyez Système. )

TÉTRATOTVON. C'cst le uom grec d'un intervalle de quatre tons, qu'on appelle aujourd'hui quinte -superflue. ( Voyez Quinte. )

Texte, C'est le poëme , ou ce sont les paroles qu'on met en musique. Mais ce mot est vieilli en ce sens , et l'on ne dit plus le texte chez les musiciens. On dit les paroles. (Voyez Paroles. )

The. L'une des quatre syllabes dont les Grecs se servoientpour solfier. (Voy. Solfier.)

Thésis , s.f. Abaissement ou position. C'est ainsi qu'on appeloit autrefois le temps fort ou frappé de la mesure.

Tho. L'une des quatre syllabes dont les Grecs se servoient pour solfier. ( Voyez Solfier. )

Tierce. La dernière des consonnances simples et directes dans l'ordre de leur génération , et la première des deux consonnances

riL 3i5

imparfaites. (Voyez Coksonnange. ) Comme les Grecs ne l'admettoient pas pour consonnaiite, elle n'avoit point parmi eux de nom générique, mais elle prenoit seulement le nom de l'intervalle plus ou moins grand dont elle étoit formée : nous l'appelons tierce, parce que son intervalle est toujours composé de deux degrés ou de trois sons diatoniques. A ne considérer les tierces que dans ce dernier sens , c'est-à-dire par leurs degrés , ou en trouve de quatre sortes; deux consonnantes , et deux dissonantes.

Les consonnantes sont, i°. la tierce majeure ^ que les Grecs appeloient diton , composée de deux tons , comme d'nt à mi; son rapport est de 4 à 5 : a**, la tierce mineure , appelée par les Grecs hémiditon, et composée d'un ton et demi, comme misai ; son rapport est de 5 à 6.

Les tierces dissonantes sont , i°. la tierce diminuée , composée de deux semi-tons majeurs , comme sire bémol, dont le rapport est de 125 à i44 ' 2**. \a tierce superflue, composée de deux tons et demi , comme fa la dièse ; son rapport est 87 à iiS.

Ce dernier intervalle ne pouvant avoir lieu dans un même mode, ne s'emploie jamais ni dans l'harmonie ni dans la mélodie. Les Italiens pratiquent quelquefois , dans le chaut , la tierce diminuée ; mais elle n'a lieu dans aucuue harmonie , et voilà pourquoi l'accord de sixte superflue ne se renverse pas.

3i6 XI E

Les tierces con.sonnantes sont i'àzne de l'harîiiouie , surtout la tierce majeure , qui est sonore et brillante : la tierce mineure est plus tendre et plus triste ; elle a beaucoup de douceur, quand l'intervalle en est redoublé, c'està-dire qu'elle fait la dixième. En général les tieixes veulent être portées dans le haut : dans le bas , elles sont sourdes et peu harmonieuses; c'est pourquoi jamais duo de basses n'a fait un bon effet.

Nos anciens musiciens avoient sur les tierce:, des lois presque aussi sévères que sur les quintes; il étoit défendu d'en faire deux de suite y même d'espèces différentes , surtout par mouvements semblables : aujourd'hui , qu'on a généralisé par les bonnes lois du mode les règles particulières des accords, on fait sans faute, par mouvements semblables ou contraires, par degrés conjoints ou disjoints, autant de tierces majeures ou mineures consécutives que la modulation en peut comporter;, gt l'on a des duo fort agréables qui , du commencement à la fin ^ ne procèdent que par tierces.

Quoique la tierce entre dans la plupart des accords , elle ne donne son nom à aucun , si ce n'est à celui que quelques-uns appellent accord de tierce-quarte , et que nous counoissons plus communément souslenom de petitesixte. ( Voyez Accord , Sixxe. )

Tierce de Picardie. Les musiciens appel-

TIM 3i7

lent ainsi , par plaisanterie , la tierce nvijeure donnée , au lieu de la mineure , à la finale "■ d'un morceau composé en mode mineur. Comme l'accord parfait majeur est plus harmonieux que le mineur, on se faisoit autrefois une loi définir toujours sur ce premier ; mais cette finale bien qu'harmonieuse , avoit quelque chose de niais et de mai chantant qui l'a fait abandonner : on finit toujours aujourd'hui par l'accord qui convient au mode de la pièce , si ce n'est lorsqu'on veut passer du mineur au majeur ; car alors la finale du premier mode porte élégamment la tierce majeure pour annoncer le second.

Tierce de Picardie, parce que l'usage de cette finale est restée plus long-temps dans la musique d'église, et par conséquent eu Picardie, où il y a musique dans un grand nombre de cathédrales et d'autres églises.

Timbre. On appelle ainsi, par métaphore , cette qualité du son par laquelle il est aigre ou doux , sourd ou éclatant, sec ou moelleux. Les sons doux ont ordinairement peu d'éclat, comme ceux de la flûte et du luth ; les sons éclatans sont sujets à l'aigreur, comme ceux de la vielle ou du hautbois : il y a même des instrumens , tels que le clavecin , qui sont à à la fois souids et aigres ; et c'est le plus mauvais timbre : le beau timbre est celui qui réunit la douceur à l'éclat ; tel est le timbre du violon. (Voyez Son. ) n

3l8 TON

TiRA.DK, s.f. Lorsque deux notes sont séparées par un intervalle disjoint, et qu'on remplit cet intervalle de toutes ses notes diatoniques, cela s'appelle une tirade. La tirade diffère de la fusée , en ce que les sons intermédiaires qui lient les deux extrémités de la fusée sont très-rapides , et ne sont pas sensibles dans la mesure , au lieu que ceux de la tirade^ ayant une valeur sensible, peuvent être lents et même inégaux.

Les anciens nommaient en grec, à'^a-)») et en latin ductus , ce que nous appelons aujourd'hui tirade; et ils en distinguoient de trois sortes : i°. si les sons se suivoient en montant, ils appeloient cela ç-J^jùa., ductus rectus; 2°. s'ils se suivoient en descendant, c'étoitàv:ixÂ//.TTora, ductus revertens ; 3°. que si, après avoir monté par bémol, ils redescendoient par bécarre, ou réciproquement , cela s'appeloit TrtfK^içti;, ductus circuincurrens. (Voyez Euthia, Anacam-

POS , PÉRIPHÉRÈS. )

On auroit beaucoup à faire , aujourd'hui que la musique est si travaillée , si l'on vouloit donner des noms à tous ces différents passages.

Tox. Ce mot a plusieurs sens en musique.

I". Il se prend d'abord pour un intervalle

qui caractérise le système et le genre diatoni-

Tue : dans cette acception il y a deux sortes

^ tons ; savoir, le ton majeur, dunt le rapport

de 8 à 9, et qui résulte de la différence de

TON 3i9

la quarte à la quinte ; et le ton mineur, dont le rapport est de 9 à 10, et qui résulte de la différence de la tierce mineure à la quarre.

La génération du ton majeur et celle du ton mineur se trouvent également à la deuxième quinte re commençant par iit; car la quantité dont ce re surpasse l'octave du premier lit est justement dans le rapport de 8 à 9 , et celle dont ce même re est surpassé par mi , tierce majeure de cette octave , est dans le rapport de 9 à 10.

2°. On appelle ton le degré d'élévation que prennent les voix , ou sur lequel sont montés les instrumens pour exécuter la musique ; c'est en ce sens qu'on dit dans un concert , que le ton est trop haut ou trop bas : dans les églises , il y a le ton du chœur pour le plaiuchant. Il y a , pour la musique , ton de chapelle et ton d'opéra. Ce dernier n'a rien de fixe ; mais en France il est ordinairement plus bas que l'autre.

3°. On donne encore le même nom à uji instrument qui sert à donner le ton de l'accord à tout un orchestre : cet instrument, que quelques-uns appellent aussi choriste , est un sifflet, qui, au moyen d'une espèce de piston gradué , par lequel on allonge ou raccourcit le tuyau à volonté, donne toujours à peu près le même son sous la même division ; mais cet à-peu-près, qui dépend des variations de l'air, empêche qu'on ne puisse s'assurer d'un son

320 XOJJÎ

iGxe qui soit toujours exactement k luéme. Peut-être , depuis qu'il existe de la musique , n'a-t-on jamais concerté deux fois sur le même ton. M. Diderot a donné , dans ses Principes d'Acoustique , les moyens de fixer le ton avec beaucoup plus de précision , en remédiant aux effets des variations de l'air,

4**. Enfin ton se prend pour une règle de modulation relative à une note ou corde principale , qu'on appelle tonique. ( Voyez To-

MIQtJE. )

Sur les tons des anciens, voj-ez Mode.

Comme notre système moderne est composé de douze cordes ou sons différens , chacun de ces sons peut servir de fondement à un ton y c'est-à-dire en être la tonique : ce sont déjà douze tons ; et comme le mode majeur et le mode mineur sont applicables à chaque ton y ce sont vingt-quatre modulations dont notre musique est susceptible sur ces douze tons. (Voyez Modujlatioîï. )

Ces tons diffèrent entre eux par les divers degrés d'élévation entre le grave et l'aigu qu'occupent les toniques : ils diffèrent encore par les diverses altérations des sons et des intervalles , produites en chaque ton par le tempérament ; de sorte que , sur un clavecin bien d'accord , une oreille exercée reconnoit sans peine un ton <|uelconque dont on lui fait entendre la modulation ; et ces tons se reconnoisscat également sur des clavecins accor-

Page 1