‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 10 sur 111 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

liant d'un cantabilé tendre ou mélancolique , aimable ou plein de sensibilité, et même de tristesse, dont le repos se fait sur la dominante ou le relatif. Ce cantabilé est suivi d'un allégro véhément , d'une belle expression qui se termine dans le ton primitif. Nous citerons comme exemples les airs : O Richard ! ô mon roil de Richard : Oui^ c'est demain que Vhyménée , de Montano ; et l'admirable ; Pria che spunti , du Mariage secret.

Quelquefois le cantabilé se trouve placé au milieu de Vair qui a commencé par un allégro, que l'on reprend ensuite : Hélas ! pour nous il s'' expose ! de Didon : La Fauvette , de Zémire et Azor : Quelle peine le tourmente l d'un Jour à Paris , sont disposés de cette manière.

Mais si la passion est si forte que son explosion se déclare tout à coup , le musicien s'affranchit des lenteurs d'une introduction , et débute soudain par un allégro d'un mouvement impétueux qu'il conduit à son dénouement en lui donnant toujours de nouvelles forces et des effets plus éclatans. Tel est le bel air diEvélina : Odi , vous pouvez tout sur moi; celui à' Echo et Narcisse : O transports I o désordre extrême l celui de la Vestale : Impitoyables dieux !

Dans l'opéra-comique et Topéra-héroïque les grands airs sont souvent précédés par un récitatif, pour que la transition du dialogue parlé au chant passionné se fasse moins sentir.

Un air savant et agréable , un air trouve par le génie et composé par le goût , est le chef-d'œuvre de

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|a musique; c'est là que se développe une belle voix, que brille une belle symphonie ; c'est là que la passion vient insensiblement émouvoir l'âme par le sens. Après un bel air^ on est satisfait, l'oreille ne désire plus rien ^ il reste dans l'imagination, on l'emporte avec soi , on le répète à volonté; sans pouvoir en rendre une seule note, on l'exécute dans son cerveau tel qu'on Tenten- 4it au spectacle ; on voit la scène , l'acteur, le théâtre 5 on entend l'accompagnement , l'applaudissement , le véritable amateur ne perd jamais les beaux airs qu'il entendit en sa vie 5 il fait recommencer l'opéra quand il veut.

Les paroles des airs ne vont point toujours de suite , ne se débitent point comme celles du récitatif: quoique assez courtes pour l'ordinaire, elles se coupent, se répètent, se transposent au gré du compositeur ; elles ne sont pas une narration qui passe : elles peignent, ou un tableau qu'il faut voir sous divers points de vue, ou un sentiment dans lequel le cœur se complaît, duquel il ne peut , pour ainsi dire, se détacher, et les différentes phrases de Vair ne sont qu'autant de manières d'envisager la même image. C'est par ces répétitions bieu entendues, c'est par ces coups redoublés , qu'une expression qui d'abord n'a pu vous émouvoir, vous ébranlç çnfin, vous agite, vous transporte hors de vous, et: c'est encore par le même principe que les roulades qui, dans les airs pathétiques, paraissent si déplacées, ne le sont pourtant pas toujours : le cœur, pressé 4'iin sentiment très -vif, s'exprime souvent par des

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sons inarticult's plus vivement que par des parolif3-

Les petits airs se composent d'une, deux ou trois phrases , et leur développement s'étend de siize à lr(aile mesures. Le premier grand oir a été fait par G, Péri, qui !e plaça dans son opcra d^ Efuidice^ jou(5 en 1600; d'anlres attribuent cette invention à F. Cavalli, et prétendent que le premier «i/* a été entendu en J 6^9 , dans le Ciaaone de ce ninître. Avant celte époque , le récitatif seul occupait la scène lyrique. A. Scarlatli augmenta reflfet de Val/- en le faisant précéder par le récitatif obligé , dont on lui doit la découverte. Les formes de Vair furent perfectionnées et V'ririées par Jomclli ; Piccinni a fait les premiers et les plus beaux airs à deux reprises, qui sont: Se il ciel i.ii d'Miile et La.sciami o ciel pieioso; Paisiello fit entendre ensuite dans Pirro un r/fV accompagné par îc chœur; et Sarli ayant disposé Vair en rondeau, enrichit la scène lyrique de ce nouveau genre de com])ofiilion.

La musique des ballets était jadis restreinte aux cadri s unilbrmcs de certains airs de danse, tels que les diaconnes, les passe-i-pieds, les menuets, les ga- Volles, les gigues. Les airs de danse ne sont plus calqués sur un modèle connu : le compositeur s'accorde avec le chorégraphe pour les formes, le caractère et l'extension qu'il convient de leur donner. Le pas ^QS Scythes, à^ Ipldgérde en Tau ride ^ de Gluck, celui

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