‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 46 sur 111 · CHO · texte numérisé non relu

CHO

attaqué simultanément par la multitude , constitue le

cliœur.

Après avoir entendu les aiis de dessus , de ténor et de basse , et Tagréable mélodie des duos, des trios ^ le chœur vient nous offrir ses masses imposantes et déployer avec pompe toutes les ricliesses de lliarmonie. Soit qu'd exprime par des images contrastées le tumulte d'une sédition où les partis se défient mutuellement, où l'un demande ce que Vautre refuse et défend ce que son adversaire veut attaquer ; soit que réunis par un même intérêt , les personnages témoignent leurs craintes, leur effroi , lem' joie innocente ou féroce , leur reconnaissance , adressent des vœux au ciel, se lient par un serment solennel ; soit que dans une fête triomphale un peuple entier élève jusqu'aux cieux les chants de la victoire en précédant le char d'Enée ou de Licinius , le chœur est un des plus beaux oraemens de la scène lyrique , et le résultat le plus magnifique de l'union de la mélodie à rhaimonie , et des voix à l'orchestre.

Les chœurs de POpéra se rangeaient autrefois sur deux files , et formant un double espalier le long des coulisses , sans jamais prendre part aux jeux de la scène. Us se bornaient à crier à tue-tête les Chantons, Célébrons, Jurons, Détruisons, Combattons, de Rameau et de ses émules. Le Théâtre Français ne peut pas faire parler la multitude : puisque l'Opéra jouissait de ce beau privilège, il ne devait point la tenir dans un repos d'autant plus ridicule, que les personnages ne cessaient de dire : Courons aux armes ,

Uo CHO.

Mhranlons la terre ^ Rica n'égale ma fureur, etc» etc. ce qui suppose ragitation et le mouvement.

Le génie de Gluck , portant une salutaire réforme dans notre système musical , vint animer cette troupe immobile et la fit participer à l'action scénique.

Le chœur peut être coupé par des solos , des duos exécutés par les coryphées ; mais il n'y a jamais de dialogue suivi. Un grand air est quelquefois accompagné par le chœur. Les imitations , les marches figurées , le rhythme inégal , serré ou syllabique , portent l'agitation , la force et la variété dans les chœurs passionnés. Les invocations , les hymnes se distinguent par une mélodie suave , une harmonie pleine et quelques traits de contre-point , qui leur donnent le caractère sévère et solennel des chants d'église.

Les chœurs sont de diverses natures selon le style auquel ils appartiennent , c'est-à-dire le style sévère , le style libre ou le style mixte , et leurs subdivisions. Outre cela ils sont à divers nombres de parties : il y a des chœurs à l'unisson , à deux , à trois , a quatre , à cinq, etc. et à un plus grand nombre de parties, formés des différens mélanges de voix. Lorsque le nombre atteint huit , on divise la composition en plusieurs chœurs , chacun de quatre parties. Parmi les compositions à plusieurs chœurs, on remarque celle à trois chœurs , dont deux contiennent les dessins et le troisième est en harmonie. Cette sorte de chœurs ne s'emploie qu'à l'église. Ceux à quatre parties sont les plus usités, surtout au théâtre. Quelques opéras.

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