‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 98 sur 111 · HYP · texte numérisé non relu

HYP

La quatrième corde du violoncelle sonne Punisson du huit pieds.

Huit pieds bouché. ( F'oyez Tuyaux. )

Hymne , s. m. , ou f. , selon l'emploi qu'on en fait. Chant en l'honneur des dieux et des héros. Il y a cette différence entre Vhymne et le cantique, que celui-ci se rapporte plus communément aux actions , et Vhymne aux personnes. Les premiers chants de toutes les nations ont été des cantiques ou des hymnes, Orphée et Linus passaient , chez les Grecs, pour auteurs des premiers hymnes 'j et il nous reste, parmi les poésies d'Homère, un recueil àliymnes en l'honneur des dieux.

Hymne s'emploie ordinairement au féminin en parlant des hymnes qu'on chante dans l'église : c/ztonner une hymne, chanter une hymne, u?ie belle hymne. Santeuil a fait un grand nomhre de belles hymnes , parmi lesquelles on remarque celle pour le jour de la Puriûcation , Stupete , gentes; et une de celles pour la fête de sainte Cécile , Festis lœta sonent,

Hypo - PROSLAMBANOMENOS. Nom d'une corde ajoutée, par Guido d'Arezzo, un ton plus bas que la proslambanomène , ou dernière corde grave des Grecs, qui sonnait le /a. L'auteur de cette nouvelle corde l'exprima par la lettre T gamma de l'alphabet grec . et de là nous est venu le nom de la gamme.

Idée , s. f. On appelle , en musique et clans les arts en général , idée , ce que , dans un langage plus exact . on nomme pensée. Quoi qu'il en soit, ]a jyensée ou idée musicale est ordinairement un trait de chant qui se présente à Tesprit du compositeur, avec tous les accessoires qu'il comporte : on voit par là qu'il y a beaucoup d'espèces à' idées différentes selon le genre d'effets , soit simples , soit composés, qu'elles emploient. On doit aussi distinguer les idées , en idées principales et en idées secondaires. Les premières sont propres à faire la base ou le fond d'une composition ; les autres , destinées au développement de Vidée principale.

11 faut de l'art et de Texpérience pour discerner si une idée est de l'une ou de l'autre de ces espèces; il n'en faut pas moins pour reconnaître à quel genre une idée est propre, savoir si c'est au style libre, ou au style sévère , et pour être en état de la développer selon les règles de cliacun d'eux.

Imitation , s. f. La musique dramatique , ou théâtrale, concourt à V imitation, ainsi que la poésie et la peinture. C'est à ce principe commun que se rapportent tous les beaux - arts , comme l'a montré Hatteux; mais cette imitation n'a pas pour tous hi même étendue. Tout ce que l'imagination peut se n—

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présenter est du ressort de la poésie. La peinture, qui n'offre point ses tableaux à Pimagination , mais aux sens et à un seul sens , ne peint que les objets soumis à la vue (i). La musique semblerait avoir les mêmes bornes, par rapport a l'ouïe. Cependant elle peint tout^ même les objets qui ne sont que visibles. Par un prestige presque inconcevable, elle semble mettre l'œil dans l'oreille , et la plus grande merveille d'un art qui n'agit que par le mouvement , est d'en pouvoir former jusqu'à l'image du repos; la nuit, le sommeil, la solitude et le silence entrent dans le nombre des grands tableaux de la musique. On sait que le bruit peut produire l'effet du silence, et le silence l'effet du bruit, comme quand on s'endort à une lecture égale et monotone , et qu'on s'éveille à l'instant qu'elle cesse.

Mais la musique agit plus intimement cliez nous, en excitant par un sens des affections semblables à celles qu'on ne peut exciter par un auti'e ; et comme le rapport ne peut être sensible que l'impression ne soit forte, la peinture, dénuée de cette force, ne peut rendre à la musique les imitations que celle-ci tire d'elle. Que toute la nature soit endormie, celui qui la contemple ne dort pas, et l'art du musicien consiste à substituer à l'image insensible de l'objet , celle des mouvemens que sa présence excite dans le cœur du contemplateiu\

(i) Cette idée de Rousseau n'est pas juste. La Transfiguration ^ de Raphaël , la Cène , de Léonard de Vinci , le Laocoon, l'Apollon Pythlen , parlent aussi vivement à l'âme que les vers

de RociDC et la nuisiquc de Mozav+.

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Non seulement il agitera la mer , animera la flamme d'un incendie , fera couler les ruisseaux , tomber la pluie et grossir les torrens ; mais il peindra l'horreur d'un désert affreux , rembrunira les murs d'une prison souterraine, calmera la tempête, rendra Tair tranquille et serein , et répandra de l'orcliestr^ne fraîcheur nouvelle sur les bocages ; il ne représentera pas directement les choses , mais il excitera dans 1 ame les mêmes mouvemens qu'on éprouve en les voyant.

L'harmonie et la mélodie concourent également à V imitation musicale.

Imitation , dans son sens technique , est Temploi d'un même chant ou d'un chant semblable dans plusieurs parties qui le font entendre l'une après l'autre à l'unisson, à la quinte, à la quarte, à la tierce, ou à quelqu'autre intervalle que ce soit. \S iinilailon est toujours bien prise , même en changeant plusieurs notes , pourvu que ce même chant se reconnaisse toujours, et qu'on ne s'écarte point des lois d'une bonne modulation. Souvent , pour rendre V imitation plus sensible , on la fait précéder de silences ou de notes longues qui semblent laisser éteindre le chant au moment que \ imitation le ranime. On traite V imitation comme on veut; on l'abandonne, on la reprend, on en commence une autre à volonté; en un mot, les règles en sont aussi relâchées , que celles de la fugue sont sévères. Les grands maîtres ont toujours fait un usage fréquent de V imitation dans leurs ouvrages : les

symphonies de Haydn , les opéras de Mozart offrent une infinité d!! imitations ingénieuses et piquantes.

Répéter, eu musique , c'est faire entendre deux ou plusieurs fois de suite le même chant dans la même partie et sur les mêmes cordes.

Changer de corde en répétant un chant dans une même partie , c'est faire une transposition.

Changer de partie , en répétant ou en transposant ce chant, c'est imiter.

Une octave n'étant composée que de huit intervalles, toute imitation , de quelle nature qu'elle soit , ne peut se faire que de huit manières , une im.itatio?i de neuvième, dixième, etc., étant considérée exactement comme une imitation de seconde , de tierce , etc.

Le mouvement des notes qui composent le chant d'imitation peut être semblable ou contraire.

Cette i?nitation ^ar mouvement contraire est libre où contrainte.

Libre , quand la partie suivante ne reprend pas le chant de la première dans le même ordre de tons et de demi-tons ;

Contrainte , quand elle imite ton pour ton et demiton pour demi-ton.

Quand une partie suit l'autre en rétrogradant, c'est une imitation rétrograde ; cette imitation est souvent accompagnée d'un mouvement contraire.

Voilà donc quatre sortes de mouvemens dont Vi~ mitation est susceptible; le mouvement semblable, contraire , rétrograde , et rétrograde par mouvement contraire.

Les parties ne se répondent pas toujours par des notes de la même figure. On en diminue souvent , ou on en augmente la valeur dans la réplique de la voix commençante; ce qui produit encore deux nouvelles espèces d'imitation , celle d'augmentation et celle de diminution.

En coupant le chant à^imitation par des pauses , on établit une sorte à.^ imitation , que l'on nomme in terrompue.

Lorsque les parties s'entre-suivent par des temps opposés , c'est-à-dire quand l'une commence sur le temps fort de la mesure , et que l'autre y répond soudain sur le temps faible suivant et ainsi réciproquement, c'est une imitation à contre-temps ou par syncopation.

Quand Vimitation se fait de manière que les parties puissent se renverser, on l'appelle imitation conver-r tihle.

Toutes ces espèces tV imitation sont ou périodiques ou canoniques.

Périodiques , quand la partie suivante n imite la précédente qu'en partie , c'est-à-dire pendant quelques mesures. On appelle sujet ou thème cette portion de chant sur laquelle roule Vimitation périodique.

Canoniques , quand une partie imite le chant de l'autre, note à note, depuis le commencement jusqu'à la fin. Un air composé selon les règles de Vimitation canonique , s'appelle canon.

11 y a deux manières d'employer Vimitation périodique.

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