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CHASSE

Trompette , s. f. La trompette étant un tuya» sonore , ouvert par les deux bouts et privé des trous qui dans le hautbois et la clarinette servent à modifier les sons, c'est au moyen de la pression plus ou moins forte des lèvres sur rembouchure, que l'on parvient à rendre des sons diîFérens. Mais comme par

cette manière on ne peut faire résonner que la tonique et ses aliquotes , on se verrait réduit à demeurer constamment dans le même ton , si l'on n'avait recours à divers corps de rechange, qui en s'adaptantà l'instrument servent à élever ou à abaisser son intonation. Ces variations étant produites par un moyen physique qui tient au mécanisme de l'instrument et consiste à raccourcir ou allonger ses tuyaux dans des proportions données, la mélodie écrite doit rester immobile: aussi les parties de trompette sont-elles toujours notées en ut\, et cet ut devenant successivement un re, un mi, un fa, etc. tout le système des aliquotes change en même temps que la tonique. L'exécutant voit sans cesse ut mi sol sur le papier , et l'oreille entend ré fa la^ mi sol si, fa la ut, si. ré fa , selon que l'instrument a été disposé d'après les indications qui se trouvent en tête des morceaux de musique.

On emploie les troTnpettes au moins par couple dans une musique complète , et on les désigne par clarino primo , clarino' secondo , ou première et seconde trompette ; mais si l'on écrit des marches et des fanfares pour quatre trompettes , on donne à la troisième trompette le nom de principale , attendu que c'est elle qui exécute les passages rapides en double et triple coup de langue , les variations , les arpèges placés dans une fanfare pour remplir la partie intermédiaire. La quatrième s'appelle toccato , dont nous avons fait loquet ou doquet. On marque encore la troisième et la quatrième trompette du nom de tromha prima y tromha seconda.

Les habiles trompettistes exécutent toute sorte d'airs sur un instrument aussi borne', et le maîtrisent au point de lui faire articuler les roulades légères de la polonaise; plusieurs ont fait entendre des concertos, et Mozart a composé pour l'un d'eux un concerto de trornpt tle.

Comme la partie des trompettes est toujours notée en ut majeur, il est nécessaire de marquer en tête de chaque morceau le mode dans lequel on doit jouer. Par exemple trompettes , ou clarini ou trombe in B ou en hi b , in C ou en ut, in D ou en ré , in E ou en mi, in Eh , in Es ou en mi b , in F ou en^ , in G ou en sol, in A ou en la.

Quoique la trompette semble n'être destinée qu'à figurer dans une .fanfare guerrière ou dans une symphonie , on l'emploie néanmoins dans les compositions scéniques, les airs passionnés, les duos brillans ou agiles ; les finales , les chœurs reçoivent la trompette dans leur accompagnement. Elle est d'un grand secours dans les péroraisons çiusicales. Après avoir souvent gardé le silence pendant le cours d'un morceau , elle reparaît à la fin pour se joindre au cor et à la timbale 5 et l'éclat solennel , la sublime monotonie de leurs accens contrastent à merveille avec la marche précipitée , l'impétueux délire des instrumens qui les dominent et la variété de leurs modulations. Ils frap peut fort et juste, et viennent ajouter à la vigueur du fVssin , en marquer les contours , et présenter de poii\eiir\ ; oyens d'expression au moment même où tout semblait avoir été épuisé.

Lu musique de trompette s'écrit sur la clef de soi,

M. Légeran vient d'inventer une tronipelle à coulisse et à ressort que le pouce de la main droite met en jeu» On peut exécuter sur ce nouvel instrument les traits de clarinette les plus rapides et les plus modulés.

hà trompette à coulisse, qui est une espèce de petit trombone , donne tons les sons du système musical à partir du sol grave du violon jusrpi'à Vut placé audessus de la portée, la clef étant celle de sel. Tous ces sons ont le même éclat et la même intensité que ceux de la trompette ordinaire. On les obtient au moyen des trois positions de la coulisse à ressort qui baisse tout le système de rinstrament d'un demi-ton , d'un ton , ou d'une tierce mineure. La trompette à coulisse vvcoii tous les corps de rechange de la trompette, La découverte de M. Légeran est très -importante pour la musique militaire : nous ne doutons pas que les grands avantages que présente son instrument ne le fassent préférer à la trompette ordinaire , dont les moyens sont si bornés.

Le cor de signal cl clefs , dont M. Schott a publié une tablature , a donné la première idée de la trompette à coulisse. Le nouveau facteur s'est attaché principalement à corriger les défauts que l'on avait remarqués dans l'intonation de ce cor.

Trompette ; jeu d'orgue de la classe des jeux d'anches. Ses tuyaux sont d'étain mélangé, de forme conique 5 comme tous les autres jeux d'anches , excepté

le cromorne, La trompette sonne l'unisson du huit ^ieds ou du piano et l'octave au-dessous du prestant.

Trompette ue la vielle ,• c'est dans la vielle une corde posée sur un petit chevalet , laquelle est gouvernée par une petite corde très-fine que l'on tend plus ou moins avec une petite cheville , selon qu'on veut faire résonner ou non la trompette.

Trompette marine , instrument de la forme d'une grosse mandoline. Il a un manche très-long et une seule corde de boyau fort grosse , montée sur un chevalet qui ne touche que d'un pied sur la table. On presse cette corde avec le pouce , tandis qu'on la touche avec un archet.

Trompette , s. m. , celui dont la fonction est de sonner de la trompette dans un régiment de cavalerie, ou dans une ville , comme crieur public. (/^. Trompettiste.)

Trompettiste, s. m. Musicien qui joue de la trompette dans les orchestres ou dans la musique militaire.

Troubadour , s. m. Nom que l'on donnait autrefois, et que l'on donne encore aujourd'hui aux anciens poètes de Provence.

Le mot de troubadour vient du verbe trouha , trouver, inventer, parce que ces poc;tes, que l'on appelait aussi trouvairès^ trouvères , trouveurs , avaient beaucoup d'invention, et trouvaient des conceptions heureuses, de jolies pensées, des images riantes.

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C'est sur les bords fleuris de la Durance que paru* rent les premiers troubadours ^ vers le commencement du onzième siècle. Ils se répandirent ensuite en Languedoc , en Picardie , dans la Normandie même ; et le gai saber . la gaie science que profess tient ces aimables docteurs fit le tour de la France , de l'Allemagne et de l'Italie. Partout elle eut des prosélytes ; et la poésie italienne , illustrée deux siècles plus tard par le Dante et Pétrarque , lui dut son origine.

Les troubadours menaient une vie errante, escor*tés de jongleurs et de ménestrels , parcourant les châteaux et les palais, où ils étaient toujours bien accueillis ; ils allaient amuser les grands pendant leurs repas , ou égayer, par leurs chansons, les fêtes que donnaient les souverains à leurs vassaux , et les chevaliers à leurs dames.

Le troubadour chantait les couplets qu'il avait composés , ou les faisait chanter par un de ses ménestrels, tandis que les autres accompagnaient la voix avec leurs harpes oti leurs vielles. L'emploi des jongleurs consistait à remplir, par des ;tours d'adresse, des farces grotesques , les intervalles que laissait vides la musique. Le troubadour qui faisait les riiots aussi bien que les .sons , et qui exécutait lui-même ses ouvrages en s'accompagnant des instrumens , était le plus estimé. On le récompensait par des distinctions flatteuses : c'étaient des habits, des armes, des chevaux , et souvent il obtenait des belles ces baisers qui , pour le gentil troubadour^ sont encore à présent d'un prix inestimable.

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î.ong-teriips les chansons de ces Orphées de la Provence et du Languedoc ne roulèrent que sur l'amour, le relour du printemps, les plaisirs champêtres. Ils composaient aussi des satires connues sous le nom de sirventes : ce ne fut que vers i loo, après la conquête de PAngîeterre par le duc Guillaume, et celle de la Terre^Sainte, qu'ils chantèrent les exploits guerriers. Les troubadoum brillèrent en Europe jusqu'en 1082. Alors défaillirent les Mécènes , et défaillirent aussi les poètes, 'dit jNostradamus. D'autres voulurent suivre les traces des premiers troubadours; mais n'en ayant pas la capacité , ils^ se firent mépriser : de sorte que tous cfux de 'cette profession se séparèrent en deux diffé-^ rentes espèces d'acteurs ; les uns , sous l'ancien nom de jongleurs, joignirent aux instrumcns lé chant ou le récit deâ vers; et les autres, se bornant aux tours d'adressé et aux farces, fuient appelés , dans la suite , bateleurs. Poète, musicien, et quelquefois guerrier, le troubadour se présentait sous des couleurs trop brillantes à nos auteurs d'opéras , pour qu'ils ne l'aient pas choisi souvent pour leur héros. Le drame lyrique a le double avantage d'offrir les faits et gestes de ces favoris de Mai^s et dés Miises, et de rappeler en même temps leurs romances pleines de sentiment et leurs chants simples et naïfs. Le caractère de ces chants est imité avec une fidélité embellie , dans IlicJiard Cœur de Lion, le Prince Troubadour, Vallace, Otello.

On trouvera {^ftg- 62 ) une romance charmante de Thibault, comte de Champagne, troubadour du trei^ zième siècle 5 il est probable qu'elle a été composée

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