‹ Dictionnaire de musique moderneChapitre 4 sur 119 · LUT · texte numérisé non relu

LUT

Ce qui' esit exactement le rhythme de la Sicilienne , qui semble avoir succédé à la Loare*

LoURER, V. act. et n. C'est nourrir les sons avec douceur , et marquer la première note de chaque temps plus sensiblement que la seconde , quoique de même valeur.

Cette manière d'exécuter est encore en usage pour les pastorales, et toutes les compositions qui ont le caractère rustique et montagnard.

LuTH, s. m. Instrument très-cultivé autrefois ^ et dont on ne joue plus depuis un siècle. La guitare et la harpe l'ont fait délaisser. Il était monté de vingt-quatre cordes sur un corps arrondi en-dessous , en forme de tortue , et ressemblant à celui de la mandoline qui en était le diminutif; ces vingt-quatre cordes composaient treize groupes; son manche était large et renversé dans son extrémité. Huit de ses cordes , placées en dehors du manche, ne se touchaient qu'à vide.

Comme la lyre antique , le luth , en cessant de servir aux musiciens , a laissé son nom aux poètes qui le font figurer souvent dans leurs stances erotiques , et même dans l'épopée.

Luthier, s. m. Artiste qui fait des violons, des violes , des violoncelles , des contrebasses , des guitares. Ce nom , qui signifie facteur de luths , est demeuré par synecdoclie à cette sorte d'artistes , parce que autrefois le luth était l'instrument le plus commun , et dont il se faisait le plus.

8 LYR.

LuTRTV , S. m. Pupitre de chœur sur lequel on met les liv res de chant daus les églises.

Ce mot vient de lectnun , dont on a fait lectrinum^ de là lettrin , et puis lutrin par corruption*

Sur ce rang d'ais serrés qui forment sa clôture, ( Fut jadis un lutrin tl'inëgjle struclure,

Donl Us flancs éi »i gis , de leur va .ie contour, Ombrage livUl pleinement tous les lieux d'alentour. Derrière ce lulnn^ ainù qu'au foui d'un antre, A peine, sur s )n hunr^, on discernait le ehantrc; Tandis qu'à I aulre banc, le prélat radie^ix. Découvert au grand jour, attirait tous les yeux.

Ls Lutrin, Boikau^

Lyre . s. f. Instrument fie musique de forme triangulaire , dont Mercure fut Tinventeur. D'autres en attribuent l'invention à Orphée^ à Amphion , à Apollon, à Polyranie. Quelques-uns ont dit que c'était une écaille de tortue , qu'Hercule vida , perça, et monta de cordes de boyiux, au son desquelles il accordait sa voix. C'est l'attribut le plus ordinaire d*Apollon. La lyre a fort varié pour le nombre des cordes ; celle d Olympe et de Therpandre n'en avait que trois. L^addition d'une quatrième rendit le télracorde complet. Poilux attribue aux Scythes l'invention du pentacorde. L'heptacorde fut la lyre la plus en usage et la plus célèbre, Simonide ajouta une huitième corde , pour produire l'octavf? ; et dans la suite Timothée de Milet , contemporain de Philippe et d'Alexandre , multiplia les cordes jusqu'à douze. On les touchait de trois manières , ou

LYR. 9

en les pinçant avec les doigts , ou en les frappant avec le plectruTïL , espèce de baguette d'ivoire ou de bois poli, ou en pinçant les cordes de la main gauche, tandis qu'on les fraj^pait de la droite, arme'e dujjlectrum. Les anciens monumens représentent des lyres de différent» s figures, montées depuis trois cordes jusqu à vingt. Elle ue servait, dit-on , que pour célébrer les dieux et les héros.

L'on a essayé de faire revivre cet instrument, en lui donnant le manche de la guitare à six cordes; sa forme éh'gante et pittoresque avait d'abord tenté nos belles musiciennes, mais on est revenu à la guitare qui est plus commode à tenir , et dont l'harmonie est plus pleine et plus agréable.

La lyre, la. cythare et le luth retentiront long-temps encore dans les œuvres des poètes, quoique les progrès de l'art musical les aient condamnés à un étemel silence.

Le violon a fait disparaître tous ces instrumens imparfaits , qui n'étaient en quelque sorte que les essais des facteurs et des musiciens, les uns préludant à l'art fie la lutherie , et les autres à celui de charmer l'oreille.

Lyrique, adj. Qui appartient à la lyre. Cette épithète se donnait autrefois à la poésie, faite pour être chantée et accompagnée par le chanteur, de la lyre, on de la cvthare , comme les odes et autres chansons, à la différence de la poésie dramatique ou théâtrale, qui s'accompagnait avec des flûtes par d'autres que par

mo LYR.

lo chanteur. Aujourd'hui elle s'applique toujours aux odes, dithyrambes, chansons, couplets ; mais comme nous avons des pièces de the'âtre qui se chantent , on appelle drarne lyrique ou opéra le drame composé pour être mis en musique.

MAD. it

JjlA , adv. mais. Presto , mta non tropo. Presto ^ mais pas trop.

Machicotage, s. m. C'est ainsi qa'on appelle^ dans le plain-chant , certaines additions et compositions de notes qui remplissent , par une marche diatonique , les intervalles de tierce et autres. Le nom de cette manière de chant vient des ecclésiastiques appelés maehi-' cols, qui l'exécutaient autrefois après les enfans de chœur.

Madrigal, s. m. Sorte de pièce de musique travaillée et savante , qui était fort à la mode en Italie au seizième siècle , et même au commencement du précédent. Les madrigaux se composaieut pour les voix , à trois , quatre , cinq , six et même sept parties , toutes obligées à cause des fugues ou dessins dont ces pièces étaient remplies.

Le style madrigalesque tient beaucoup de la fugue , sans y ressembler entièrement. La différence la plus essentielle consiste , en ce que même dans les niadri-^ gaux à voix seules , qui sont les plus sévères de tous , on prend des licences que la fugue , propiement dite , ne comporte pas; on donne au chant des tournures légères et animées, et l'on suit le eentimeut et Texpression des paroles, ce qui ne s'observe point dans la fugue.

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