REB
la même chose que diapason , c'est-à-dfre la réunion de tous les sous que l'on peut obtenir d'un instrument. Ce mot ne s'emploie que pour les instrumens.
Lorsqu'on ajouta ensuite une quarte à l'aigu, pour faire arriver le clavier jusqu'au fa , on aurait pu appeler cette o^éTdXion rehaussement , mais le mot de ravalement déjà adopté fut appliqué aux deux opérations inverses.
Le ravalement des grands pianos est maintenant de six octaves, àefaenfa^, et dans quelcpies-uns d^ut en ut. On ne doit pas chercher à augmenter cette échelle , qui est déjà assez étendue , et à laquelle on ne pourrait ajouter que des sons trop graves ou trop aigus. Quoique le ixwalement de l'orgue ne comprenne que quatre octaves et demie , la diversité du calibre des tuyaux le porte à huit et demie. Le 52 pieds fait sonner la double octave basse du premier ut du violoncelle , et le jeu de flageolet la double octave du^à placé audessus de la portée de la clef de sol avec trois lignes
additionnelles.
/ RÉ. La seconde des sept syllabes de notre gamme , laquelle répond à la lettre D,
Rebec, s. m. Instrument qui a précédé le violon, et qui lui ressemblait beaucoup. R n'avait que trois cordes , et on se servait d'un petit archet pour en tirer du son.
C'était l'instrument favori des ménestrels ou ménestriers. Colin Muset , musicien du douzième siècle , s'était rendu célèbre par la manière dont il en jouait.
RÉCIT, s. m. Nom générique de tout ce qui se chante à voix seule. On dit , un récit de basse , un récit de ténor, do dessus.
Ce qui s'exécute par un instrument seul , s'appelle
solo*
Réciter y se dit également des voix et des instrumens ; réciter^ c'est chanter ou jouer seul une partie quelconque , par rapport au chœur et à l'orchestre en général, où plusieurs chantent ou jouent la même partie à Tunisson.
Quand une partie vocale ou instrumentale récite, on écrit sur cette partie solo , pour avertir l'exécutant qu'il va être placé en première ligne , et devenir l'objet de l'attention générale.
Si deux ou trois parties récitent à la fois , on écrit sali,
RÉCITANT , participe. Partie récitante , est celle qui se chante par une seule voix , ou se joue par un seul instrument , par opposition aux parties de symphonie et de chœur , qui sont exécutées à l'unisson par plusieurs concertans.
RÉciTATllP, s. m. Discours récité d'un ton musical et harmonieux. C'est une manière de chant qui approche beaucoup de la parole ; une déclamation en musique, dans laquelle le musicien doit imiter, autant qu'il est possible , les inflexions de voix du déclamateur. Ce chant est nommé récitatif parce qu'il s'applique à la narration ou récit, et qu'on s'en sert dans le dialogue dramatique.
Chez les Grecs , toute la poésie était en rècilaùf^ parce que la langue étant mélodieuse, il suffisait d'y ajouter la cadence du mètre et la récitation soutenue , pour rendre cette récitation tout-à-fait musicale: d'où vient que ceux qui versifiaient , appelaient cela chanter. Cet usage , passé ridiculement dans les autres langues , fait dire encore aux poètes , je chante , lorsqu'ils ne font aucune sorte de chant. Les Grecs pouvaient chanter en parlant ; mais chez nous , il faut parler ou chanter: on ne saurait faire à la fois l'un et 1 autre. C'est cette dinstinction même qui nous a rendu le récitatif nécessdiïre. La musique domine trop dans nos airs, la poésie y est presque oubliée. JNos drames lyriques sont trop chantés , pour pouvoir l'être toujours. Un opéra qui ne serait qu'une suite d'airs , ennuyerait presque autant qu'un seul air de la même étendue. 11 faut couper et séparer les chants de la parole, mais il faut que cette parole soit modifiée par la musique. Les idées doivent changer, mais la langue doit rester la même : cette langue une fois donnée , en changer dans le cours d'une pièce , serait vouloir parler moitié français , moitié allemand. Le passage du discoui's au chant, et réciproquement, est trop disparate, il choque à la fois l'oreiile et la vraisemblance : deux interlocuteurs doivent parler ou chanter ; ils ne sauraient faire alternativement l'un et l'autre. Or, le récitatif est le moyen d'union du chant et de la parole ; c'est lui qui sépare et distingue les airs, qui repose l'oreille étonnée de celui qui précède, et la dispose à goûter celui qui suit ; enfin c'est à laide du récitatifs
19^ KEC.
que co qui n'est que dialogue, récit, narration dans le drame . peut se rendre sans sortir de la langue donnée , et sans déplacer Téloquence des airs.
On ne mesure point le récitatif en chantant. Cette mesure , qui caractérise les airs , gâterait la déclamation récitative. C'est Paccent , soit grammatical , soit oratoire, qui doit seul diriger la lenteur ou la rapidité des sons , de même que leur force ou leur faiblesse. Le compositeur, en notant le récitatifs n'a en vue que de marquer l'intonation, de fixer la correspondance du chant et de l'orchestre , et d'indiquer à peu près comment on doit marquer la quantité des syllabes, cadencer et scander les vers.
On ne se sert en général que de la mesure à quatre temps pour le récitatif, et on le note au naturel. Les modulations y changent si souvent, que l'on a regardé comme inutile d'armer la clef de signes dont l'effet serait détruit à l'instant par des signes contraires.
Le récitatif est syllabique , c'est-à-dire que chaque note porte sur une syllabe. Chaque syllabe forte du discours doit être rendue forte , et frappée aux temps forts de la mesure. Il semblerait , d'après cela , qu'il ne peut y avoir aucun ornement; les chanteurs habiles savent cependant en placer de très-beaux, lorsque le caractère et le dessin du récitatif \e permettent.
On distingue plusieurs sortes de récitatif
Le récitatif simple ^
Le récitai f accompagné ,
\je récitatif mesuré ,
Et le récitatif obligée
Le récitatif simple est celui qui n'est soutenu que par un accompagnement de basse , exécuté sur le piano : on y ajoute les violoncelles et la contrebasse. Cette espèce d'accompagnement suit toujours le chant à la piste; ce récitatif n'est employé que dans les compositions des écoles étrangères.
Le récitatif accompagné (qui pour nous est le ré" citatif simple) s'accompagne ordinairement du qua tuor, qui soutient des notes longues et liées , en multiplie les vibrations par l'action de l'archet dans le trémolo , ou frappe des notes détachées sur les temps forts. Ce récitatif Y^^ne. presque d'un bout à l'autre dans nos grands opéras.
Le récitatif mesuré est un récitatif {orme des inflexions propres au récitatif mais auquel on joint la mesure. Ce genre s'emploie au milieu d'un récitatif oi'dinairc , pour faire ressortir quelque passage remarquable; dans la même intention on y ajoute souvent quelques instrumens à vent , tels que les cors , les hautbois , les flûtes : ce changement bien ménagé pro*duit de l'effet.
Le récitatif obligé est celui qui est accompagné de tout l'orchestre , et qui est entremêlé de ritournelles et de traits de symphonie . en sorte que l'orchestre et le récitant sont forcés de s'attendre Tun l'autre : c'est de cette obligation réciproque , qui est particulière à ce genre , qu'il a pris le nom de récitatif obligé. Cette espèce de récitatif sert communément d'introduction aux morceaux de chant.
C'est au fameux A. Scarlalli que nous devons l'invention du récitatif obligé.
Quoique le récitatif ne soit qu'une deelamation notée , et dont les diverses inflexions se reproduisent souvent , il ne faut pas croire , pour cela , qu'il y ait peu de mérite à bien écrire une scène de cette manière; les récitatifs des grands maîtres offrent presque autant de beautés que leurs chants mesurés.
Le récitatif une ïo\s adopté, on ne devrait le quitter que pour le chant figuré, sans jamais faire succéder la déclamation oratoire aux airs et aux chœurs : nous suivons ce principe à l'égard de l'Opéra sérieux ; mais nos opéras comiques sont un mélange de chant et de déclamation. On a préféré un dialogue vif, spirituel et piquant , aux phrases d'un récitatif c^\ n'a point assez de rapidité pour le style comique , et dont les tours sont peu variés, à cause de l'obligation où l'on se trouve de s'en tenir souvent au simple débit. J'ai déjà émis mon opinion à ce sujet, elle est conforme à celle de Rousseau. Cependant, ce qui me ferait penser que la licence que l'on a prise à l'Ope r a-Comique est favorable à nos plaisirs, et doit être excusée, c'est que les Italiens , qui dans ini temps nous ont donné des lois , commencent à adopter notre manière , en débarrassant leurs opéras bouffons d'un reci7«///" inutile, puisqu'ils ne l'écoutaient pas. {Fi g. 4o.)
RÉCITER, v. a. et n. C'est chanter ou jouer seul drjus une musique , c'est exécuter un récit. ( Koyez RÉCIT. )