ROU
quent , que des sons sourds et désagréables à entendre.
( Ployez Anchb.)
, Roue- ARCHET. On appelle ainsi une roue pleine, frottée de colophane, qui, dans la vielle, tient lieu d'archet.
Roulade, s. f. Passage, dans le chant, de plusieurs notes sur une même syllabe. Ce mot vient de ce que la voix semble rouler en passant légèrement d'un son a un autre. (Fig* 46.)
La roulade , ainsi que le trille , sont , parmi les agrémens du chant , ceux dont l'exécution est la plus difficile. La légèreté de la voix est la première qualité qu'on exige pour la roulade ,* les élèves qui ne posséderont pas naturellement un tel avantage , doivent se le procurer à force de travail.
En faisant la roulade, aucune des parties de la bouche ne doit remuer 5 les sons qui forment la roulade doivent être en même temps liés et martelés par le gosier.
Dans une roulade montante , la force des sons doit augmenter graduellement ; on suivra l'ordre inverse dans une roulade descendante. Le son qui commence une roulade doit néanmoins être attaqué avec force, afin de servir d'impulsion aux autres sons, lesquels devront être nuancés ensuite selon la i^ègle.
Les élèves, en commençant à s'exercer aux roulades, doivent les exécuter lentement , afin d'en assurer l'in-
24o ROU.
tonation et les moyens qui les rendent parfaites ; ils eu accéléreront progressivement le mouvement , à mesure que ces mêmes moyens s'affermiront en se développant.
La roulade ne doit se faire que sur les voyelles a et é; les autres voyelles, et particulièrement 17 etTw, donnent à la voix une qualité déléctueiise j et ce serait faire preuve de mauvais goût que d écrire et d'improviser des ti'aits de chant de plus de quatre notes sur les voyelles que nous rejetons.
Le cliant ne possède pas d'agrément plus brillant que la roulade. Les compositeurs la placent dans tous les morceaux à grand effet , la prodiguent dans l'air de bravoure . et l'introduisent même avec succès dans les chants les plus passionnés et d'une expression mélancolique.
C'est un préjugé populaire de penser qu'une roulade soit toujours hors de place dans un chant triste et pathétique : au contraire , quand le cœur est le plus vivement ému , la voix trouve plus aisément des accens que l'esprit né peut t;'ouver de paroles , et de là vient l'usage des interjections dans toutes les langues. (J^oycz Neume.) Ce n'est pas une moindre erreur de croire qu'une roulade est toujours bien placée sur une syllabeou dans un mot qui la comporte, sans considérer si la situation du chanteur, si le sentiment qu'il doit éprouver la comporte aussi.
Roulement, s. m. Le roulement s'exécute , sur le
ROU. 24i
tambour et la timbale , par le mouvement alternatif des deux baguettes, et en frappant deux coups avec chacune. Le roulement de timbale jjrcduit un effet surprenant dans le crescendo et le forte d'un orchestre nombreux ; il a quelque chose de mystérieux et de sinistre s'il est fait pianissimo, ou si les timbales sont voile'es : on l'emploie avec succès , de cette manière , dans un morceau lent.
Plusieuis symphonies de Haydn commencent par un roulement de timbales.
Routinier , s. m. , qui agit par routine. On donne ce nom aux ménétriers de village et aux acteurs d'opéra qui , sans avoir appris la musique , et guidés seulement par un instinct plus ou moins heureux , parviennent à jouer ou chanter de routine un certain nombre de contredanses et de valses , ou des airs de chant , et même des rôles d'opéra.
On cite quelques routiniers qui ont acquis des talens estimables , et se sont fait un nom au théâtre ; mais , en général , ce ne sont que des automates à ressorts , des machines sonores, des perroquets qui répètent platement le refrain qu'on leur a sifflé , et ne sauraient phraser un chant. Ce n'est qu'en France que l'on souffre les routiniers sur les théâtres lyriques , et leur présence est une des principales causes du mauvais goût qui y règne. Ceux qui ont quelque talent pourraient obtenir des succès dans le Vaudeville , qui veut être parlé 5 car leur caquetage mélodique ne ressemble 2. , 16