‹ Dictionnaire de musique moderneChapitre 9 sur 119 · M EL · texte numérisé non relu

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est majeure , l'autre mineure, et c'est leur position relative qui détermine le mode.

Quand la tierce majeure est au grave, c'est-à-dire entre la médiante et la tonique , le mode est majeur ; quand la tierce majeure est à l'aigu et la înineure au grave , le mode est mineui\

Dans le plain-chant , la médiante est la note sur laquelle se forme le repos que l'on place au milieu de chaque verset, en psalmodiant les psaumes et les can;»tiques.

On marque ce repos par un astérisque *.

MÉDIATION, s. f. Partage de chaque verset d'ua psaume en deux parties , Tune psalmodiée ou chantée par un côté du chœur, et l'autre par l'autre. Cette médiation est marquée par un astérisque sur la plu^ part des livres d'église.

MÉDIUM , s. m. Lieu de la voix également distant de sts deux extrémités au grave et à l'aigu. Le haut de la voix est plus éclatant , mais il est quelquefois forcé ; le bas est grave et majestueux , mais il est plus sourd. Un beau médium , auquel on suppose une cer taine latitude, donne les sons les mieux nourris, 1rs plus mélodieux , et remplit plus agréablement l'oreiîîe.

MÉLODIE, s. f. Succession de sons qui flatte l'oreille par des modulations agréables. Une romance exécutée par une voix ou une flûte seule , im chœur religieux chanté et accompagné à l'unisson , sont des mélodies. (Fig, 25.)

La mélodie appartient toute enti^'e à l'imagination ; elle est le résultat d'une heureuse inspiration , et non des calculs de la science. En effet , on n'apprend pas à avoir de l'esprit et du sentiment. Les traits vigoureux et sublimes , les pensées fines ou naïves , le charme délicieux que l'on rencontre dans Corneille et Racine , Molière et La Fontaine , ne sont point les fruits de l'étude. L'art peut embellir l'œuvre du génie ; il est presque toujoui's étranger au don de créer que nous recevons directement de la nature.

Avec de l'imagination et du goût , tout homme peut former des 7iiélodles, Dans les champs de la Provence , le laboureur en suivant ses bœufs , le pâtre du Léberon en gardant ses troupeaux , chantent des airs qu'ils composent quelquefois à l'instant même. Dans ces nié^ lodies irrégulières et peu variées, on rencontre souvent des traits de caractère , des tours originaux , des passages dont le charme frappe si vivement le musicien, qu'il s'empresse de les recueillir. Les forêts et les montagnes ont aussi leurs compositeurs : les airs russes , helvétiens , écossais , tyroliens , morlaques , italiens , provençaux , et ceux des muletiers de l'Estramadoure, ont t^us été trouvés par de rustiques chanteurs.

Plusieurs littérateurs français ignorant les règles de la composition , nous ont donné des romances charmantes, des vaudevilles piquans, des hymnes d'une grande beauté. Maître Adam et Beaumarchais , J.-J. Rousseau et Rouget de l'Isle sont de véritables Troubadours 5 ils ont inventé, et leurs chants mélodieux

resteront, la nature les a dictes. Henri IV n'était point musicien; il a cependant composé une des meilleures romances que Pon connaisse.

Cette faculté de créer ne s'étend pas pourtant audelà du cercle rétréci de la romance et du petit air. Celui qui compose d'instinct serait aussi emjbarrassé dans la conduite de ses mélodies , et des diverses modulations qu'exige un cadre plus étendu , que s'il s'agissait de les ajuster sur une harmonie régulière. La modulation appartient déjà à Fart ; Tharmonie est toute dans son domaine. L'oreille peut faire deviner la première; la seconde est un mystère impénétrable à celui qui ne s'est point fait initier.

La mélodie est, à proprement parler, le discours musical; chaque partie a sa mélodie, son chant ou son discours à part , qui concourt , selon ses moyens , à l'effet du discours principal, que l'on nomme le dessus y le chant , ou la mélodie. La partie ou voix qui exécute le chant le plus saillant , ou ce qu'on nomme Vair d'un morceau, est la partie principale, parce que c'est celle qui est chargée de l'exécution du discours de celui-ci, auquel on donne plus spécialement le nom de mélodie.

La mélod^ie peut passer tour à toiu* d'une voix ou cVun instrument à un autre. On la place ordinairement au-dessus des accompagnemens. Il est pourtant des cas où ceux-ci la dominent , dans les récits de basse , par exemple. La mélodie concourt avec l'harmonie à tous les effets de la musique, et la réunion de ces deux puissances musicales forme l'objet de la composition.

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