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L'appel forcé

Le ton de lialall a été placé par Philidor dans la chasse de Toni Jones; par Haydn, dans celle de Torar torio des Saisons ; et par Méhul, dans l'ouverture du Jeune Henri. Les autres appels de cors , qui se trouvent dans la même ouverture, sont une imitation plus ou moins fidèle des véritables tons de chasse consa-crés par l'usage. ( f^. Chasse, Halali, Trompe.)

Ton du quart. C'est ainsi que les organistes et

musiciens d'église ont appelc leplagaldumoclemineury qui s'arrête et finit sur la dominante au lieu de tomber sur la tonique. Ce nom dt; ton du quart lui vient de ce que telle est la moJulatiou du quatrième ton dans le plain-chaut.

To\S DU COR ET DE LA TROMPETTE. On donne

ce nom aux divers corps de rechange , aux tuyaux mobi'es et arrondis en cercles, que Ton adapte lour-àtour aux instrumens à embouchure , tels que le cor et la trompette, pour en changer l'intonation. Les cors pour l'orchestre ont ordinairement neuf tons ou cercles différens ; savoir: *^ b , iit^ /e, mi b, mi^fa^ sol, la, si b haut, et quelquefois ut haut. On grave sur chacun de ces cercles la lettre désignative du ton qu'il doit rendre. Les cors destinés à Texécution du concerto et des solos n'ont que les quatre tons moyens fé, /ni b, mi , fa , avec lesquels un habile coroiste peut tout jouer.

Le ton de mi b étant le plus favorable pour l'exécution, celui dont l'intonation est la plus facile, les fanfares des régimens, les trompettes, les cornets réservés pour les sonneries d'ordonnance ont leur accord dans ce ton.

L'emploi des instrumens à embouchure présente quelques difficultés. Tous les tons ne doivent pas être mis en usage indifféremment; l'un est sourd, i'autre trop éclatant ; d'autres , tels que le la b , le si naturel^ n'ont pas obtenu de place dans le système de l'instrument; il faut donc avoir une connaissance parfaite de

lotis les Ions pour juger «R'avancc de l'efFct qu'ils produiront.

.Te suppose que Von veuille écrire en ut mineur; les cors en ut portant la tierce majeure , on ne pourra s'en servir sans se priver de la note nii. On prend ordinairement alors le relatif a>z/ b ([ui fournit dans l'accord ses notes z//, mi, représentant m.i b et sol, tierce et quinte à' ut mineur. Si l'orchestre pour lequel on travaille est nombreux, on ajoutera deux trompettes et deux autres cors en ut, qui donneront la tonique et son octave , et l'accord parlait mineur résonnera ainsi dans sa plénitude. Tous les ^0^2.5 n'offrent pas la même ressource, fît mineur, si mineur en sont privés. On se sert dans ce cas , des tons qui ont le plus d'analogie avec ceux dont on aurait besoin , et que l'instrument ne possède pas. Quelques auteurs ont essayé de réunir, dans un air mineur, deux cors de différeiîs tons; ce calcul harmonique est pauvre dans ses résultats , et il est rare que ces deux instrumens s'accordent bien. Le second corniste ne pouvant se régler sur le premier dont le diapason est plus élevé que le sien, se trouve sans point d'appui et complètement désorienté pour son intonation.

Les plus beaux tons du cor sont ceux que l'on obtient avec la proportion moyenne des tuyaux. Si b bas, ut placés au grave ont peu cFéolat; sol, la, si i? haut, ut haut se rencontrant à l'autre extrémité où le corps sonore est considérablement raccourci, tendent trop à l'aigu. Il est cependant àes moyens de ramener l'instrument à ses tous favoris pour ne pas produire

mal à propos des sous trop bruyans ou trop sourds. Un auteur qui connaît le fort et le faible ne choisit pas toujours le ton que la synipbonie semble réclamer. Estelle en si b , en ut^ eile admettra des cors en mi b , en fa ; les tons de rè et de mi b rempli cerout à merveille ceux de la et de ai 0 liant. Un p;:ssage brillant , quoique dans un ton étranger à celui de la symphonie déterminera le ton des cors , s'ils doivent concourir à Texécution de ce même passage. Plusieurs morceaux de diiTérens tons se succèdent- ils c^ans un finale, on fait jouer les cors avec le ton primitif, tant qu'il conserve de l'analogie avec le discours musical , mais si les modulations qu'il a parcourues l'en ont éloigné tellement que les cors n'ayent plus aucune bonne note à placer, on leur fera changer de ton pour se mettre en rapport avec l'orchestre.

Toxs OUVERTS. On ajjpelle ainsi les sons que l'on obtient sur le cor , sans introduire la main dans le pavillon. Ut, sol ^ ut ^ mi ^ sol, si b, ut^ ré, mi, fa #, sol , sont des ions ouverts. Les tons bouchés sont ceux que l'on ne peut faire rendre au même instrument sans avoir recours à l'artifice du poignet, en bouchant plus ou moins l'ouverture par laquelle s'échappe l'air. Le grand art du corniste est de diminuer Féclat àes tons ouverts , très-brillans de leur nature, et de renforcer les tons houchés pour que la voix de l'instrument soit égale sur tous les degrés de l'échelle.

TONADILLA., s. f. Petite comédie mêlée d'airs et même de chansons connues, que l'on représente sur

les théâtres d'Espagne. Les tonaclillas ressembleraiéat assez à nos vaudevilles , si l'on n'y introduisait pas de temps en temps de grands morceaux empruntés aux meilleurs opéras. Le beau duo Sefiato in corpo auete, du isolai iage Secret, figure souvent dans ces pastiches. l'onadilla vient de tonada, chanson , attendu que, dans son origine, on n'y chantait que des chansons.

Tonal, ale, adj. i^Foyez

Tonalité, s. f. Propriété du mode musical qui existe dans l'emploi de ses cordes essentielles. C'est dans ce sens que l'on dit une Jugue tonale. Le sujet et sa réponse n'excèdent pas les bornes de l'échelle du mode , dans cette espèce de fugue , et les cordes qui la constituent sont la première , la quatrième et la cinquième.

L'octave , la quinte et la quarte de la première note du mode sont des intervalles tonals; mais ils cessent d'avoir cette propriété du moment qu'on les emploie sur les seconde , troisième et sixième notes du mode ; attendu que ces cordes étant engendrées par les cordes tonales , elles ne peuvent être considérées comme génératrices, sans donner une idée implicite d'un nouveau mode. C'est celte force tonale des première, quatrième et cinquième notes du mode qui , dans la musique moderne , a fait abandonner les anciens modes phrygien et hypo- phrygien , mixo lydien et hypo-mixo-lydien , connus dans le plain-chant, sous les dénominations de troisième et quatrième tons, septième et huitième tons: ces modes particip^ml à la

55o TOQ.

fcTis (le deux échelles bien distinctes dans l'emnloi de leur mélodie. Les modes dorien, h ypo-dorien , éolien et hypo-ëolien , on', été conservés sous le nom de mode mineur^ et les modes ionien et liypo-ionien , lydien et hypO'lydien, sous celui de mode majeur'^ attendu que ces modes partagent leur échelle par la quinte en dessus, ou la quarte en dessous de leurs finales.

La quarte est un intervalle tonal ; elle ne peut être C07isidérée sous ce point de vue que quand le mode est établi , soit dans la mélodie , soit dans l'harmonie. Cet inlervalle, n'étant que le renversement de la quinte , doit être formé siu' une des cordes qui a plus de force tonale que lui. Ces cordes sont la première et la cinquième , dans lesquelles réside la force tonale primitive , en ce qu'elles seules peuvent former les repos harmoniques.

Il ne faut pas confondre les cordes tonales avec les cordes mélodiques : celles-ci sont les tierces et les sixtes des cordes tonales 5 elles constituent le genre du mode majeur ou mineur , tant en mélodie qu'en harmonie, et ce sont elles qui donnent le coloris à la force tonale.

Tonique, s. f Non de la corde principale sur laquelle le ton est établi. Tous les airs finissent communément par cette note, surtout à la basse. Le mode est déterminé par l'espèce de tierce que porte la tonique. Ainsi l'on peut composer , dans les deux modes , sur la même tonique,

ToQUET ou DoQUET, S. m. Nom que Ton donne à

TRA. 55i

la quatrième partie de trompette d'une fanfare : on l'appelle aussi Ttomba aeconda.

Touche, s. f. Ce mot signifie trois choses bien distinctes.

La touche du violon est la feuille d'ébène collée sur le manche de cet instrument , et contre laquelle les doigts pressent les cordes.

Les touches de la guitare sont les petits filets d'ivoire ou de cuivre incrustés dans le manche , et qui font la séparation des demi-tcns. Ils sont comme autant de sillets qui raccourcissent les cordes à mesure que les doigts s'appuient sur elles dans les espaces marqués.

Les touches de l'orgue , du piano et de la vielle sont les pièces d'ébène et d'ivoire, ou d'autre matière, qui en composent le clavier.

Les touches de la vielle se nomment aussi marches.

Toucher le piano , l'orgue. {Voyez Jouer. )

Traduire, v. a., un opéra : c'est faire passer d'une langue dans une autre le drame sur lequel on en a composé la musique. Tja Vestale , (Edipe à Colone ont été traduits en italien; Jean de Paris, l'Irato, en allemand; une Folie.. Maison à Vendre , en anglais. Nous avons traduit en français un grand nombre d'opéras allemands et italiens ;, tels cju Orphée, j41ceste , les Noces de Figaro , Don Juan, le Mariage secret , le Barbier de Séudle^ la Flûte enchar, tée , etc.

Trait, s. m. Terme de plain-chant marquant la

psalmodie d'un psaume ou de quel'jues versets du psaume, traînée ou allongée sur un air lugubre qu'on substitue, en quelques occasions, aux chants joyeux de V alléluia et des proses. Le chant des traits doit être compose' dans le second ou dans le huitième ton 5 les autres n'y sont pas propres.

Trait, tractus, est aussi le nom d'une ancienne figure de note , appelée autrement plique. ( f^oyez Plique.)

Traité , s. m. On donne ce nom , en musique , aux divers ouvrages classiques qui traitent avec méthode de la théorie et de la pratique de la musique en général, ou de quelques-unes de ses parties^ telles que riiarmonie , le contre-point ou la fugue.

Transition, s. £ Passage d'un ton 4 un autre. L'art de substituer convenablement une modulation à celle qui la précède est une des parties essentielles de l'étude de la composition. {Fig* 55.)

On appelle transition enharmonique celle dans laquelle une ou plusieurs des parties font un intervalle enharmonique.

Un intervalle enharmonique est la différence qui devrait exister entre deux sons rendus par la même touche : par exemple entre ut^ ei ré b. Cet intervalle a lieu, dans l'harmonie, toutes les fois qu'une de ces notes est prise pour l'autre.

Les transitions enharmoniques font beaucoup d'effct à la scène , surtout lorsque les personnages éprou-

vent une grancle surprise , et qu'un événement imprévu change tout à coup leur situation. Le réveil de Juliette, dans la scène des tombeaux , est suivi d'une transition enharmonique,

TRA.XSPOSER, V. a. Transporter ^ c'est noter ou exécuter un morceau de musique dans un autre ton que celui où il a été écrit par le compositeur.

Transpositeur , s. m. Nom donné par M. Roller BU piano dont il est Tinventeur , attendu que cet instrument aplanit toutes les difficultés de la transposition.

Au moyen d'un mécanisme aussi simple qu'ingénieux , ce facteur a su faire marcher le clavier sous les ■cordes par degrés d'un demi-ton; de sorte que la touche qui frappait les cordes qui donnent Vui^ passe sous \ut # ou ré- tJ , et donne ainsi ui» autre système tonal, sans que le doigter éprouve le moindre changement.

Pour baisser le ton, il suffit de porter le clavier de droite à gauche , et alors , selon le nombre de degrés qu'on lui a fait parcourir , la gamme ^ut , et par conséquent le système entier de ce ton , se changent en ceux de si , de «i b , de la , de Za P , de sol , à&fa # , de fa,^\\ peut obtenir les mêmes variations à l'aigu , et changer successivement le système d'z^/ en ceux d'wi S ou de ré b , de ré , de mi b , de mi^ à.^ fa. Le mécanisme qui porte le clavier à droite ou à gauche est mis en jeu par une clef de la nature de celle Aç^s, pendules. Chaque tour de clef donne un degré de plus «i c'est en haut , et un degré de m oins si c'est eu bas. Chacun de ces degrés est d'un demâ-ton , et à quelque

degré que l'on s'arrête , le clavier se trouve invariablement fixe. Des signes mis sur le clavier qui change de place, et sur le devant du piano qui est d'une parfeite immobilité^ montrent sur-le champ à ceux qui n'auraient pas l'oreille assez exercée pour s'en rendre raison , si le clavier est dans sa position naturelle , ou s'il a été porté d'un ou plusieurs degrés à droite ou à gauche.

Il est inutile de faire remarquer que si la transposition opérée par le clavier mobile porte lut à une quarte au-dessus et à une quinte au-dessous de son ton naturel , les pianos transpositeurs , dont le clavier représente six octaves , doivent nécessairement en avoir sept en cordes , pour pouvoir faire face au clavier dans quelle position qu'il se trouve.

Le piano transpositeur est une invention bien précieuse pour les chanteurs , pour les pianistes qui accompagnent sur la partition et ceux qui exécutent des duos , des trios , des quatuors , etc. dont les autres parties doivent être remplies par des instrumens à vent. Nous ne doutons pas que la découverte de M. Roller n'obtienne un succès complet.

Transposition, s. f. Changement par lequel on transpose un morceau de musique d'un ton à un autre.

Quand on veut transposer dans un ton un air composé dans un autre, il s'agit premièrement d'en élever ou abaisser la tonique et toutes les noies d'un ou plusieurs degrés j selon le ton que l'on a choisi,

puis d^arniev la clef comme l'exige l'analogie de ce nouveau tou. (F'ig'. o4*)

Nos prédécesseurs regardaient la transposition comme un dédale inextricable. A. Frère publia, en 1706, un Traité de quatre-vingt-six pages qui n'avait pour objet que les transposilions. Rousseau pense que c'est le nec plus ultra du talent , d'exéeuter dans un ton ce qui est noté dans un autre. Nos symphonistes se jouent maintenant de ces difficultés; et l'on voit des orchestres entiers accompagner en ut l'air écrit en re, et mettre enya celui que l'on avait noté en rtii^ avec autant d'aplomb , de justesse et d'aisance que s'il était réellement transposé sur le papier. Ces transpositions se font sans aucune préparation , et pour complaire à tel ou tel acteur qui se trouve bien ou mal disposé.

Ce n'est que l'ignorance des exécutans qui a pu faire considérer la transpositi n d'une seide ligne comme une chose difficile. Quel est le praticien qui ne connaît pas les sept clefs? S'il les connaît , il lui sera indifférent de jouer dans tel ou tel ton une partie d'orchestre qui ne présente jamais des traits capables de l'embarrasser. Ce qui commence à être digne de ladmiration des connaisseurs , c'est la transposition d'une partition de la part du pianiste accompagnateur : mais le reste n'est qu'un jeu d'enfant. {^Voytz Tra.nspo-

SITEUR.)

TrA-VAILLER, V. n. On dit qu'une partie travaille quand elle fait beaucoup de notes et de diminutions,

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