‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 116 sur 364 · ENT · texte numérisé non relu

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des morceaux analogues à la pièce que l'ou représente, comme les entr'actes d'Egmont, par Beethoven.

ENTRAT A=INTRODUCTION, s. f.— (V. Introduzioiie).

ENTRÉE , s. f. — Autrefois on entendait par entrée une sorte de danse particulière affectée à quelques caractères de déguisements. Les masques d'Arlequin, de Pierrot, de Polichinelle, avaient chacun leur entrée , qui se dansait sur un air composé pour l'un de ces personnages; l'air et la danse avaient également le nom d'entrée.

Entrée se dit aussi des parties d'un ballet quon désigne sous le nom de scènes dans un opéra. Entrée est en outre l'action du personnage qui entre en scène. Enfin, par ce mot on entend le moment où chaque partie dans un morceau de musique commence à se faire entendre. C'est en ce sens qu'on dit : La flûte a manqué son entrée; les basses n'ont pas bien attaqué leur entrée.

ENTUSIASMO = ENTHOUSIASME, s. m. — Exaltation de l'ame qu'on ne peut pas définir par des mots. Dans cet état une production marche avec la plus grande facilité ; les idées, pour ainsi dire , accourent en foule, se dessinent et se disposent avec la rapidité de l'éclair, de façon que, sans songer aux règles, tout se trouve placé dans le plus bel ordre.

L'enthousiasme dépend de certaines circonstances accidentelles: les uns sont plus enthousiasmés le matin, les autres le soir, dans le plein de la nuit, ou bien par d'autres circonstances. En voici quelques exemples :

Gluck , pour échauffer son imagination et se transporter en- Tauride, à Sparte ou dans l'Erèbe, avait besoin de se placer, au milieu d'un pré. Là, en plein air, exposé à l'ardeur du soleil, ayant son piano devant lui et deux bouteilles de Champagne à côté , il écrivait les deux Iphigénies , les plaintes d'Orphée et l'amour téméraire de Paris.

Sarti au contraire, avait besoin d'une chambre grande,

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vide, obscure, éclairée d'une manière lugubre par une seule lampe suspendue au plafond ; il ne trouvait de pensées musicales qu'au milieu de la nuit et dans le plus profond silence. Il écrivit de cette manière le Medonte, le rondeau Mia speranza, et le plus bel air connu : la dolce Campagna.

Tartini, avant de se mettre à composer , lisait quelques uns des suaves sonnets de Pétrarque ; Alfieri, en revanche, demandait des inspirations à la musique avant d'écrire une tragédie. Salieri,le musicien de la raison, était obligé, pour féconder son imagination , de sortir de chez lui , de parcourir les rues les plus fréquentées de la ville, en mangeant des bonbons, et d'avoir toujours à la main ses tablettes et son crayon pour noter sur-le-champ et saisir au vol les heureuses idées qui lui passaient par la tête.

Paër , en plaisantant avec ses amis , en parlant de mille choses diverses, en grondant ses enfants, en commandant ses domestiques, en se disputant avec sa femme et sa cuisinière, en caressant son chien et son copiste, écrivit Camille, Sargines et Achille.

Cimarosa aimait aussi le bruit et voulait , lorsqu'il composait , être entouré de ses amis. Il fit ainsi les H or aces et les Curiaces et le Mariage Secret.

Sacchini ne pouvait trouver un chant s'il n'était auprès de sa belle, et si ces petits chats ne folâtraient pas autour de lui. Sa musique, gracieuse et séduisante, se ressent de cette tendre et folle société.

Paësiello ne pouvait s'arracher de son lit quand il composait. Là, naquirent entre deux draps, Nina, le Barbier de Sèville, la Molinara, et tant d'autres chefs-d'œuvre de ce génie inimitable.

La lecture d'un passage des Saints-Pères ou de quelque classique latin, était nécessaire à Zingarelli pour improviser et développer ensuite , en moins de quatre heures , un acte entier de Pyrrhus ou de Roméo et Juliette.

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