TOME I
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AEYIA. — Ce terme est formé des voyelles du mot atfv- (uja, comme tvovae Test de sœcvtorum amen.
AFFETTATO = AFFECTÉ, adj. — (Voy. Styic).
AFFETTO, s. m. = AFFECTION , s. f. — Les philosophes ne sont pas encore d'accord sur la théorie des affections et des passions ; les uns les confondent dans un même ordre d'idées, d'autres au contraire établissent entr'elles des différences sensibles; chacun ; enfin , les définit et les classe à sa manière. On en peut dire autant des autres mouvemens de l'ame ; tout est confusion et ténèbre sur ce point ; nous allons tâcher de faire briller la lumière au milieu de ce chaos.
Le mot affection porte avec lui trois significations bien distinctes, qui sont : 1° le mouvement de l'ame causé par le désir du bien ou par la haine du mal (affcctus); 2° le désir, désir ardent {cupiditas) ; 3° l'amour, la bienveillance. Le mot passion correspond à ceux de souffrance , compassion , émotion, violent mouvement de l'ame.
Voici la différence entre l'affection et la passion établie par des philosophes dont plusieurs font partie de l'école française moderne. Ils considèrent la première comme une impression soudaine occasionnée par les sensations ; impression qui trouble l'ame et ferme presque tout accès à la réflexion ; ils regardent la seconde comme une forte inclination, comprise sous le terme générique de cupidité; ainsi l'ambition, le désir de la vengeance , celui des richesses , etc. Ce que l'affection n'exécute pas à l'instant même , elle ne le fait pas plus tard, et souvent elle l'oublie : il n'en est pas ainsi de la passion de la haine qui suspend ses opérations afin de s'enraciner plus profondément dans le cœur. Une affection très vive suppose ordinairement peu de passion. La passion a ses temps de repos marqués , et ce n'est que lorsqu'elle éclate qu'elle se change en affection. Quelques philosophes croient qu'il est difficile et souvent même impossible de fixer les limites des affections et des passions. L'instinct de la conserva-
tion personnelle détermine la volonté à garder ou à repous ser les impressions agréables ou désagréables. Tant que la sensation agréable ou désagréable est modérée , la volonté agit avec modération et liberté ; mais devient-elle violente , la volonté n'agit plus librement et se change en passion.
Quoi qu'il en soit de la divergence de ces opinions, il est certain que le but principal et le but le plus noble de la musique est d'exprimer les affections et les passions j et qu'un des soins les plus importants pour les compositeurs et les chanteurs, c'est de les connaître parfaitement.
Les affections et les passions se divisent en deux catégories ; elles sont : 1° Agréables , comme la joie, l'espérance , l'amour, la gloire , l'honneur, l'orgueil, l'amitié, etc. ; 2° Désagréables, comme la tristesse, la peur, l'inquiétude, la frayeur, la colère, la nostalgie, la haine, la jalousie, etc. Les unes et les autres ont un langage propre à tous les hommes et même aux animaux. Ce langage se manifeste dans les traits du visage , dans les gestes , dans la voix et dans les dispositions de l'ame.
On remarque chez les personnes agréablement impressionnées un front calme , des yeux dilatés et souvent brillants , surtout en amour; alors la bouche, dont les angles en se relevant se retirent un peu en arrière , devient riante. Dans une joie plus vive , la bouche s'ouvre , les dents incisives paraissent , les angles de la bouche et les joues s'élèvent davantage, les paupières se rapprochent, une rougeur charmante colore la figure , les yeux étincellent et laissent parfois échapper des larmes ; la voix fait entendre des chants d'allégresse, des paroles pleines de volubilité ; elle prend une expression remplie de charmes et fait retentir l'air de cris joyeux et bruyants. Les gestes sont plus doux, ayant pour but de s'approcher de l'objet, de le faire agir sur nos sens; de là, les embrassements , les baisers , la danse , les sauts , les claquements de mains et bien d'autres mouvements aimables et gra-
deux. L'ame s'abandonne en ce moment à des sentiments agréables qui inspirent la bonté , l'indulgence , la réconciliation, l'affabilité, la douceur, la libéralité, la bienveillance.
Les impressions désagréables se manifestent par des signes tout opposés. Le front se ride, les paupières s'abaissent et s'enfoncent," ou bien elles s'écarquillent comme dans la frayeur; les angles de la bouche s'inclinent vers le bas; on regarde l'objet de côté avec mépris ou avec terreur ; quelquefois le visage pâlit, d'autrefois il s'enflamme; les yeux deviennent flamboyants et laissent tomber des larmes de douleur. * D'abord on garde le silence , mais bientôt éclatent les paroles piquantes, les reproches, les menaces , les jurements, les malédictions , et souvent , surtout chez les femmes et les enfants , les pleurs et les cris lamentables. Les gestes marquent l'inquiétude , puis une disposition à s'éloigner de l'objet haï, ou bien à s'en rapprocher pour le punir et pour en faire le but d'une cruelle vengeance. L'ame est en proie à des sentiments pénibles; elle est bouleversée et s'irrite même contre les innocents. On devient courageux, hasardeux, hardi, téméraire ; ** on est dégoûté de la vie, mais quelquefois aussi on est timide, découragé, épouvanté.
En portant pour un moment notre attention sur la manière dont on procède à la combinaison des sons pour les rendre capables d'exprimer les affections et les passions différentes , nous verrons que la diversité d'expression dépend du mou-
* Dans la colère, l'homme qui pâlit est plus redoutable que celui dont le visage s'enflamme; carie premier, dans son trouble, s'effraye en luimême d'être entraîné à faire de ses forces un usage dont il pourrait bien regretter les suites; tandis que le second passe de la colère à la crainte de faire connaître son impuissance à se défendre lui-même.
"* On appelle courageux celui qui ne s'effraye pas; hasardeux celui qui brave les périls parce qu'il ne les connaît pas ; hardi celui qui s'expose au danger quoiqu'il le connaisse; téméraire celui qui s'y livre avec la manifeste impossibilité de le surmonter.
vement plus ou moins lent, ou plus ou moins rapide des sons en général, et du Temps en particulier; de l'emploi plus ou moins fréquent des notes aiguës ou graves de la voix ou d'un instrument ; de la liaison ou du staccato; de la progression des sons par degrés ou par sauts; de l'emploi d'intervalles faciles ou difficiles à entonner; de l'arrangement des accents ; de l'usage de notes homogènes ou mixtes ; du rliythme plus ou moins sensible ; de la combinaison des accords, etc. Ainsi, pour exprimer des sentiments tristes, on emploiera un mouvement lent , des sons plutôt graves et liés qu'aigus et détachés , accompagnés d'une mélodie pesante , de beaucoup de dissonances, enfin, d'unrhythme sensible.
Les affections joyeuses réclament un mouvement vif , des sons aigus et détachés plutôt que des sons graves et liés, un rhythme brillant, une accentuation douce, une mélodie facile et peu de dissonances. Il faut que le compositeur de musique pénètre le mystère des lois éternelles qui dominent les mouvements internes du cœur; c'est en étudiant leurs rapports avec certains phénomènes extérieurs, qu'il deviendra un vrai peintre de l'ame. Il pourra se comparer , non à l'artiste plastique qui prend pour type la forme extérieure de l'homme, mais au poète dont le but est de retracer les mouvements intérieurs qui agitent notre ame.
AFFETTUOSO = AFFECTUEUX, adj. — Cette épithète qu'on ajoute ordinairement au mot andante, signifie que la composition doit être exécutée avec cette expression affectueuse et douce dont elle est susceptible , et que les accents forts qu'elle peut réclamer doivent être doucement marqués.
Ce mot écrit à la tête d'un morceau de musique, sans aucune autre indication de mouvement , indique un mouvement moyen entre Y adagio et Y andante.
AFFIMTA DE' TUONI=AFFINITÉ DES TONS. — C'est le rapport le plus rapproché qu'a tel ou tel ton avec un ton principal. La quinte, par exemple , aura un rapport plus rapprocha