M MEL
tierce, en comptant au dessous de la note fondamentale , ou la sixième corde du ton.
MEDIUM , MEDIARUM EXTENTA. — Le premier est le nom latin du tétracorde meson, et le second celui de la troisième corde du même tétracorde (Voy. Greci antichi).
MEDIO (moyen). — Espèce de chant employé par les Grecs pour se procurer la tranquillité de l'esprit.
MEDIUM, s. m. — Portion moyenne de la voix également distante de ses deux extrémités, au grave et à l'aigu. Le haut delà voix est plus éclatant, mais il est quelquefois forcé; le bas est grave et majestueux, mais il est plus sourd. Un beau médium, auquel on suppose une certaine latitude, donne les sons les plus mélodieux et remplit pius agréablement l'oreille.
MELEKET ou RENET. — Nom d'une trompette militaire en usage en Egypte et dans l'Abyssinie, couverte de parchemin. Elle donne un seul son , mais très fort.
MELISMAS. — Groupe.
MELISMATA. — Passages longs , ou ce qu'on appelle en italien gorgheggio.
MELISMATICO — MÉLISMATIQUE , adj. — Espèce de chant où l'on exécute plusieurs notes sur une seule syllabe du texte , en opposition au chant syttabique qui a une syllabe pour chaque note, ainsi que cela se pratique dans le récitatif et dans le plain-chant.
MELISMI. — Courts passages.
MELODIA = MÉLODIE, s. f. — Ce mot pris dans sa plus grande acception, indique l'union successive des sons dans leur proportion rhythmique, différemment de l'harmonie qui en désigne l'union simultanée. On pourrait donc représenter la mélodie par..., et l'harmonie par *: Le mot mélodie, pris dans un sens plus restreint, signifie cette succession de sons au moyen de laquelle le compositeur représente ses idées et exprime tel ou tel sentiment, et que, dans des compositions à plusieurs voix, on appelle mélodie principale ou voix princi-
MEL ki
pale. De tout cela il résulte que la mélodie constitue la partie essentielle de toute composition musicale , et que l'harmonie , quels que soient ses avantages et ses qualités , lui est toujours subordonnée.
La mélodie appartient tout entière à l'imagination ; elle est le résultat d'une heureuse inspiration, mais elle n'exclut pas toujours le calcul. Nous en avons des exemples dans les canons, dans les fugues et dans plusieurs morceaux d'une conduite très régulière ; il faut cependant avouer que les hommes de génie peuvent se passer de ce calcul qui leur est tellement naturel, qu'il est, pour ainsi dire, le compagnon de l'inspiration.
Avec de l'imagination et du goût, tout homme peut former des mélodies. Le laboureur, le pâtre, le gondolier chantent des airs qu'ils composent quelquefois à l'instant même. Dans ces mélodies irrégulières et peu variées, on rencontre souvent des traits de caractère, des tours originaux, des passages dont le charme frappe si vivement le musicien qu'il s'empresse de les recueillir. Les campagnes et les forêts , les montagnes et les eaux ont leur compositeur; les airs napolitains , vénitiens, provençaux , espagnols , écossais , tyroliens , helvétiens , russes , morlaques, ont presque tous été trouvés par de rustiques chanteurs. Il n'est cependant pas de pays auquel la mélodie soit aussi naturelle qu'en Italie. Favorisés par une langue qui est toute mélodie et par un beau climat qui influe puissamment sur l'organe de la voix, tous les Italiens chantent en général; il n'est donc pas étonnant qu'en musique ils apprécient la mélodie plus que tout autre chose.
Cette faculté de créer ne s'étend pourtant pas au-delà du cercle rétréci de la romance et du petit air. Celui qui compose d'instinct serait aussi embarrassé dans la conduite de ces mélodies et dans les diverses modulations qu'exige un cadre plus étendu, que s'il s'agissait de les ajuster sur une harmonie régulière ; la modulation appartient déjà à l'art ; l'harmonie est toute dans son domaine. L'oreille peut faire
Zr2 MEL
deviner la première ; la seconde est un mystère impénétrable à celui qui n'est point initié à la science.
La mélodie est, à proprement parler, le discours musical. Chaque partie a sa mélodie, son chant ou son discours à part, qui concourt selon ses moyens à l'effet du discours principal , que l'on nomme le chant, qu'on place ordinairement au dessus des accompagnements. Il est pourtant des cas où ce chant non seulement passe tour à tour d'une voix ou d'un instrument à un autre , mais où il est placé au dessous des instruments, comme dans la voix de basse.
La mélodie concourt avec l'harmonie à tous les effets de la musique , et la réunion de ces deux puissances musicales forme l'objet de la composition.
Les successions mélodieuses des sons diffèrent : 1° par rapport à leur acuité ou gravité; 2° par rapport au ton (V. les articles Coior de' Suoni et Temperamento) ; 3° par rapport aux intervalles rapprochés ou étendus, ou procédant par degré conjoint ou par saut; 4° par rapport à l'émission forte ou faible du son, et 5° par rapport au lié ou détaché des sons successifs, etc. La joie et l'allégresse s'expriment par des sons plutôt aigus que graves, tandis que la tristesse et l'affliction s'expriment au contraire par des sons plutôt graves qu'aigus: les premières aiment de préférence le mode majeur, les secondes le mode mineur ; les premières marchent par saut, les secondes par degré conjoint ; enfin la joie et l'allégresse s'expriment d'une voix forte et joyeuse, la tristesse et l'affliction d'une voix faible et plaintive, etc.
A l'article Grammaire nous avons indiqué les parties de la composition qui appartiennent à la mélodie.
MELODIGA , s. f. — Instrument à clavier, dans la forme d'un clavecin, avec un jeu de flûte et une étendue qui arrivait dans les sons graves jusqu'au sot , clé de violon deuxième ligne. La melodica a été inventée dans la seconde moitié du xvur siècle, par Jean André Stein, d'Augsbourg.