OND
a l'office Ambroisien, Grégorien , Mozarabique, etc. Ce dernier a été introduit , au commencement du xvie siècle, par François Ximenès , archevêque de Tolède.
OLOPHYRMOS. — Espèce de chanson funèbre des anciens Grecs.
OMBREGGIAMENTO DELLA VOCE — (Ombre, nuance de la Voix). C'est ainsi qu'on appelle en italien les différentes gradations des fortes et pianos , dont on doit alternativement faire usage dans les cantilènes pour leur donner un peu de relief; comme les ombres et les demi teintes servent en peinture à faire ressortir les couleurs.
Cette manière de moduler la voix convient au genre de mélodie appelé Cantabiic, c'est-à-dire à une mélodie large et uniforme, exprimant un sentiment tendre. Pour soutenir la voix agréablement dans une cantilène de ce genre , avec une expression suave et avec la gradation du piano et forte qu'exige le caractère de cette musique , il faut que la voix soit douée d'une force flexible qui réside, comme un ressort, dans la vibration du souffle qu'on ne doit employer qu'avec ménagement et suivant la gradation de force et de flexibilité que réclame l'expression du morceau.
OMNES. — Mot latin qui signifie tutti et que l'on trouve quelquefois au lieu de celui-ci dans l'ancienne musique sacrée.
OMOLOGO = HOMOLOGUE, adj. , ( du grec o^xoyo^ correspondant). — Les sens homologues sont, par exemple, le do % et ré \? , entre lesquels il n'y a aucune différence dans les instruments à clavier, et une très petite et presque insensible dans le chant et les instruments à vent et à cordes.
ONDEGGIAMENTO, s. m. = ONDULATION, s. f. — Ce mot signifie à peu près la même chose que trémolo \ excepté que le mouvement en est plus grave et que l'on émet les sons et la voix avec beaucoup plus de latitude.
ONDEGGIAMENTO DELL' ARCO = ONDULATION DE L; ARCHET. — (Voy. Archeggiamento).
OPLRA, s. /: = OEUVRE, *. m. — Par ces mois on désigne Jes compositions musicales d'un auteur, et l'on dit : Yopera prima, Y œuvre premier de Haydn; Y opéra guarta, Y œuv re quatrième de Beethoven. Le mot œuvre est masculin quand il désigne les ouvrages de musique d'un auteur.
OPERA, s. f. = OPÉRA, s. m. — Spectacle dramatique et lyrique où l'on réunit tous les charmes des beaux arts, dans le but d'agir en même temps sur le cœur et l'imagination.
Il faut se rendre à ce palais magique , Où les beaux-arts , la danse, la musique , L'art de tromper les yeux par les couleurs , L'art plus heureux de séduire les cœurs , De cent plaisirs font un plaisir unique.
Voltaire.
L'origine de l'Opéra, proprement dit, remonte à la lin du xvie siècle. On ne connaissait à cette époque, en musique vocale, que les messes, les psaumes, des motets et des madrigaux. Les morceaux à plusieurs voix étaient plus estimés et plus répandus; ceux à cinq, six et sept voix étaient les plus communs. Cependant on les réduisait le plus souvent à quatre ou à cinq voix au plus dans les madrigaux et les chansonnettes napolitaines que l'on chantait dans les salons.
Mais tous les morceaux se ressemblaient de quelques côtés, car, quoiqu'ils n'appartinssent pas à la fugue régulière, ils étaient travaillés sur un thème par de continuelles imitations.
Les cantilènes employées sur la scène dans les fêtes et solennités spéciales données à l'occasion de faits mémorables, ou annuellement, dans un pays , étaient également écrites à quatre voix et exécutées de la manière suivante : supposez qu'Ariane abandonnée se plaignît de l'infidélité de son Thésée, Yatto, le ténor et la basse, cachés derrière le rideau ainsi que les joueurs de violon et de luth, placés dans les coulisses, l'accompagnaient aussitôt et formaient un vrai madrigal ou tout au moins une chansonnette. Mais si, d'un côté, les conlrepoinlistes négligeaient à l'envi , par la multiplicité des
voix et leur harmonie recherchée, la symétrie du chant et la poésie, de l'autre, les poètes et les amateurs de musique, peu inspirés par le contrepoint , s'en plaignaient fortement.
Las enfin de ces plaintes éternelles, quelques amis des lettres se réunirent à Florence vers la fin du xvr siècle chez Jean de' Bardi, comte de Vernio , et , après s'être mutuellement consultés, ils résolurent d'inventer, autant que possible, un drame semblable à l'ancienne tragédie grecque. Vincent Galilée et par la suite Jules Gaccini, tous les deux membres de la réunion et jouissant d'une belle réputation d'artistes, formèrent le projet de réciter comme essai un poème avec un simple accompagnement d'instruments à cordes. Get essai fut suivi de bien d'autres et donna lieu à la représentation d'un drame de la composition d'Octave Rinuccini, mis en musique par Jacques Péri, ayant pour titre Daphné. On le joua dans la maison d'un gentilhomme nommé Jacques Gorsi, où se réunissait alors cette fameuse société. On finit cependant, après nombre d'essais, par représenter en public, à l'occasion du mariage de Henri IV, l'opéra d'Euridice, dont la poésie était de Rinuccini , et la musique de Péri et Gaccini.
Ces opéras étaient tous composés d'après la nouvelle école de musique, et entrecoupés, de temps en temps, par un chœur, l'air n'étant pas encore connu. Cette nouvelle espèce de musique n'était autre chose que le commencement de notre récitatif , et s'appelait Musique en style de représen^ talions. Ce récitatif imparfait fut perfectionné vers l'an 1650 , ainsi qu'on le croit généralement, par le maître de la chapelle papale , Jacques Carissimi.
Apostolo Zeno tt Pierre Métastase introduisirent par la suite dans la poésie des opéras une réforme qui les rendit plus conformes au bon goût.
Ce fut Venise qui, après Florence, eut l'avantage de voir un Opéra représenté dans ses murs. Claude Monteverde, de la ville de Crémone, y fit jouer d'abord son Ariane, puk
ensuite, en 1607, son Orphée. Comme il était d'usage alors que chaque personnage eût un accompagnement dont l'instrumentation fût analogue au caractère de son rOle , il ne sera pas sans intérêt de faire connaître les personnages de {'Orphée et les instruments qu'employa Monteverde pour les accompagner, en rapportant les expressions dont on s'est servi à cette époque.