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natif de l'Ukraine. Lorsque Galuppi entendit pour la première fois la musique d'église exécutée dans la chapelle de la cour à Saint-Pétersbourg , il avoua qu'il n'avait jamais entendu de chœurs aussi parfaits en Italie. En 1768 il fit exécuter sur la scène impériale son opéra d'Ifîgenia in Tauride, dans lequel on entendit dix chœurs différents.
Outre leurs chants populaires, les Russes ont différents instruments nationaux, dont plusieurs paraissent être d'une origine très reculée; parmi ceux-ci sont la pandora , le gusli, le gudok, la palaiaika, le dutka ou schweran , et la waiinka ou walnika (Voy. ces mots).
Pendant que Pierre-le-Grand fut sur le trône \ ses réformes s'étendirent jusque sur la musique ; il fit venir d'Allemagne toutes sortes d'instruments, institua une compagnie de jeunes Russes destinés à apprendre la musique, encourageant principalement la musique militaire.
En 1720, le duc Gharles-Ulric de Holstein Gottorp amena à Saint-Pétersbourg sa chapelle et sa musique de chambre allemande. Pierre-le-Grand assistait souvent à ses concerts , et faisait jouer les musiciens à sa cour presque toutes les semaines. En 1721, ce même orchestre se fit entendre publiquement dans les fêtes données à l'occasion de la paix de Moscou. Beaucoup de jeunes Russes prirent des leçons de ces artistes allemands, et lorsque le duc retourna chez lui, les meilleurs sujets de sa chapelle furent engagés au service de Catherine Ire. Pierre-le-Grand apprit d'eux à jouer du violoncelle, comme il apprit l'escrime du fameux Riedel le Saxon.
L'impératrice Anne porta sur le trône le goût de la musique. Dans les premières années de son règne, en 1737, Araja, compositeur napolitain, mit en scène le premier opéra italien qui ait été exécuté en Russie , intitulé : Abijazare , et l'année suivante, Semiramide.
Après la mort de l'impératrice Anne, en 1740, lorsque J. Alb. Ristori de Bologne était maître de chapelle à la cour
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de Russie, Piantanida et Beligradoki (de l'Ukraine) se rendirent à Dresde. Araja partit pour l'Italie, d'où il ramena, en 1742, par ordre de la nouvelle impératrice Elisabeth, le soprano Saletti , qui avait chanté avec Farinelli en Espagne , le hautbois Stazzi , les violonistes Tito , Passarini , Vocari , etc. On exécuta pour le couronnement la Ciemenza di Tito, de Hasse, avec un dialogue en musique composé par Dominique Dali' Oglio, et qui avait pour titre : La Russia afflitta e riconoscente. Le nouveau théâtre de Moscou contenait cinq mille spectateurs ; les chœurs étaient composés de cinquante individus.
Sous le règne d'Elisabeth , dans vingt années qui forment une brillante époque pour la musique russe, Araja composa un opéra presque chaque année. Pour les fêtes données lors de la paix avec la Suède en 1764, on exécuta le nouvel opéra de Bélier o fonte. Dans le même temps, le maître de concert Madonis publia à Saint-Pétersbourg six nouveaux concertos de violon , et Dominique Dali' Oglio six symphonies. Il parut ensuite plusieurs airs et chansons russes de Sumarkoff, Telagin et autres poètes nationaux, qui avaient été mises en musique par le conseiller Grégoire Tépiov. Le comte Rasumowsky forma dans son palais une chapelle de cinquante musiciens russes, qui se firent entendre pour la première fois, en 1753, à Moscou.
Ce fut dans cette année qu'on fit, en présence de la cour, l'épreuve des fameux cors russes. Le chanteur Gawrila se fit aussi alors une brillante réputation. L'impératrice ayant conçu l'idée de faire exécuter un opéra en langue russe, Sumarkoli fit les paroles de Cépâai et Procris; Araja les mit en musique, et cet opéra fut exécuté avec un grand succès dans le carnaval de 1755 , parles chanteurs russes Belgradiski, Gawrila, Marzenkowitz, Giariluska, et la cour en fut extrêmement satisfaite.
Après Saletti, qui retourna dans sa patrie comblé de biens, on eut en Russie le fameux Carestini, qui ne quitta la Russie
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qu'en 1758. Saint-Pétersbourg eut ensuite Luini, de Milan, Joseph Millico, la Durante, de Rome, le ténor Compassi, de Florence, Nunziata Garana, de Bologne, etc., etc. Araja, après vingt-quatre années de service, retourna en Italie, en 1759, avec Stazzi le hautbois. 11 fut remplacé , comme maître de chapelle, par Raupach, compositeur allemand.
Le grand-duc , depuis empereur Pierre Fédérowitz, était passionné pour la musique ; il contribua puissamment à ses progrès. Il avait chez lui deux concerts hebdomadaires, dans lesquels il jouait du violon ; dans sa maison de campagne il faisait exécuter des intermèdes italiens, et, en 1756, Rinaldi lui éleva un nouveau théâtre.
En 1756,1e directeur Jean Locatelli amena à Saint-Pétersbourg une nouvelle troupe de chanteurs et de danseurs, et l'année suivante ils y exécutèrent le premier opéra bouffe qui eut un grand succès ; mais la mort d'Elisabeth et diverses circonstances firent que cette troupe ne put se soutenir; elle ne tarda guère à se disperser , et plus tard elle fut remplacée par l'opéra-comique français.
Sous Catherine II , la musique acquit une nouvelle splendeur; on représenta, en 1762, YOlimpiacle de Manfredini, et la salle était toujours remplie par plus de trois mille spectateurs. Des intermèdes italiens et des comédies russes et françaises alternaient avec l'opéra. Starzer, de Vienne, était maître de concert. On exécutait les symphonies et les œuvres de Holzabauer, de Wagenseil , de Benda, de Gluck , de Gasmann et autres. Dans le carême de 176lx , on organisa des concerts spirituels.
Dans l'automne de 1765 Galuppi fut nommé premier maître de chapelle , avec 4,000 roubles par an, le logement et un équipage. Tous les mercredis il faisait exécuter de la musique à la cour, et ses ouvrages lui acquirent la faveur de l'impératrice qui le combla de biens. Par ses ordres, il composa la musique de la Didone abbatul ouata de Métastase >