‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 325 sur 364 · Tome it · texte numérisé non relu

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musique qu'on exécutait dans les cathédrales de la Picardie, plus long-temps qu'ailleurs.

TIMPANI, s. m. pi. = TIMBALES, s. f. pi. — Deux bassins sphériques en cuivre, sur lesquels on adapte des peaux fortement tendues au moyen d'un cercle de fer et de plusieurs écrous, forment l'Instrument que nous nommons timbales. En frappant successivement sur l'une et l'autre de ces peaux avec des baguettes, on obtient deux sons très distincts; le ur différence provient de l'inégalité des bassins. En serrant plus ou moins les écrous du cercle de fer, on parvient à changer le ton des timbales, et, dans certains tons, on les accordeMe manière à ce que la tonique soit à la quarte au dessous , ou la dominante à la quinte supérieure , ce qui revient au même.

Le roulement de timbale s'exécute par le mouvement alternatif des deux baguettes en frappant deux coups avec chacune d'elles. Le roulement de timbale produit un effet surprenant dans le crescendo et le forte d'un orchestre ; il a quelque chose de mystérieux et de sinistre s'il est fait pianissimo, ou si les timbales sont voilées.

Les timbales, étant limitées à deux notes seulement, sont soumises souvent à de longs silences. Mais quelques compositeurs modernes , sans exclure les plus célèbres , se permettent à cet égard des licences, en faisant, par exemple, résonner les timbales do, soi, sur les harmonies ré, sot, sous prétexte que do est la septième de ré, et d'autres choses semblables qui produisent un mauvais effet. Pour éviter cet inconvénient, M. Castil-Blaze proposa > il y a quelques années, d'introduire dans l'orchestre trois timbales placées en triangle, de manière que deux resteraient accordées comme à l'ordinaire, et qu'à la troisième on ajouterait la deuxième du ton pour le mode majeur et la septième pour le mode mineur. Par exemple , dans le ton d'ut majeur, ut, soi, ré, dans le ton d'ut mineur, ut, sot, si \>. Il est inutile de faire le détail des

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nombreuses combinaisons de cette note avec les deux que Ton possède déjà. On aperçoit au premier coup d'œil le champ vaste qu'elle ouvre au compositeur. Les timbales, avec cette nouvelle ressource , peuvent être employées avec un grand avantage, sans apporter la moindre gêne au jeu de l'exécutant , qui se trouve placé au centre du triangle.

Il y a long-temps * qu'on s'occupe de remédier aux imperfections des timbales, et c'est surtout la manière de changer l'accord qui a été l'objet de nombreuses recherches. On sait que l'accord se faisait ( et se fait encore dans la plupart des timbales ordinaires) au moyen de six, de huit, et même d'un plus grand nombre de vis, servant à serrer le cercle de fer qui produit la tension de la peau, et qu'il faut tourner ces vis successivement en tâtonnant pour déterminer la justesse du ton voulu ; opération longue, fastidieuse, et dont la difficulté se fait doublement sentir lorsqu'on est obligé de la faire pendant l'exécution d'un morceau.

Réunir Faction de toutes ces vis dans celle d'une seule, la déterminer par un régulateur pour chaque ton, telle est l'idée qui domina les principaux essais de perfectionnements, et que l'on est parvenu à réaliser avec plus ou moins de bonheur par différents moyens.

Nous allons passer en revue quelques unes des principales améliorations.

En 1812, M. Gerhard Cramer, timbalier de la cour de Munich, imagina un mécanisme au moyen duquel on pouvait accorder promptement les timbales dans un ton voulu. On ignore quel était son procédé; mais l'accord se faisait, à ce qu'on assure , en un clin-d'ceil , et les timbales ne perdaient rien de leur sonorité. Il paraît que cette invention n'eut pas de suite.

En 1815, François Reisse, facteur d'instruments à Stras-

' Ajouté par le Traducteur.

bourg, construisit des timbales dans lesquelles l'accord s'opérait instantanément au moyen d'une seule vis placée au milieu et en dehors du bassin. A cette vis allaient aboutir quatre branches attachées à quatre endroits d'un cercle de fer qui se trouvait au dessous du cercle ordinaire qui sert à tendre la peau. La vis se tournait au moyen d'un levier dont le moindre mouvement faisait hausser ou baisser le ton.

En 18*21, M. Stumpf , musicien attaché à l'orchestre d'Amsterdam, inventa un moyen tout différent pour obtenir le même résultat. Son mécanisme, dont il gardait le secret, était placé dans l'intérieur de la timbale. L'accord s'opérait de la manière que voici : le bassin était fixé sur un pied et attaché de telle sorte qu'on pouvait le tourner à droite ou à gauche. C'est en tournant le bassin même qu'on accordait l'instrument, ce qui se faisait assez vite pour pouvoir changer l'accord pendant l'exécution de quelques mesures.

En 1827, M. Labbaye, facteur d'instruments de cuivre à Paris, montra, à l'exposition des produits de l'industrie, une timbale, mécanique, que l'on pouvait accorder d'un seul coup par le moyen d'un régulateur, qui indiquait le degré de tension nécessaire pour chaque note voulue. L'opération se faisait à l'aide d'une poignée que l'on tournait avec la main. L'auteur de cette ingénieuse invention reçut la médaille d'argent; mais son instrument ne parvint pas à remplacer les timbales ordinaires , dont on continue toujours à se servir dans nos orchestres.

En 1836, M. Eiblinger, de Francfort, inventa pour les timbales un mécanisme qui, d'après quelques rapports, surpasse tout ce qui avait été fait jusqu'à cette époque.

Enfin , les journaux de Naples , du 28 mai 1838 , ont rapporté que M. Catterino-Catterini , premier timbalier de l'orchestre du théâtre de Saint-Charles, a perfectionné la timbale en y ajoutant un mécanisme qui est mis en mouvement avec onze pédales, et au moyen duquel on peut produire, par

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