AIR
C'est dans ce sens que l'on dit une fugue tonale. Le sujet et sa réponse n'excèdent pas les bornes de l'échelle du mode dans cette espèce de fugue, et les cordes qui la caractérisent sont la première , la quatrième et la cinquième.
L'octave , la quinte et la quarte de la première note du mode sont des intervalles tonals; mais ils cessent d'avoir cette propriété du moment qu'on les emploie sur les seconde , troisième et sixième notes du mode ; attendu que ces cordes, étant engendrées par les cordes tonales, ne peuvent être considérées comme génératrices sans donner l'idée implicite d'un nouveau mode. C'est cette force tonale des première , quatrième et cinquième notes du mode qui, dans la musique moderne, a fait abandonner les anciens modes phrygien et hypo-phrygien , mixo-lydien et hypo-mixolydien, connus dans le plain-chant sous les dénominations de troisième et quatrième tons, septième et huitième tons; ces modes participant à la fois de deux échelles bien distinctes dans l'emploi de leurs mélodies.
TONE (lat. extensio). — Espèce de composition musicale des anciens Grecs , dans laquelle on exécutait plusieurs syllabes successives sur le même ton.
TOQUET, s. m. — (Voy. Toccato).
TONICA == TONIQUE, s. f. — Base ou première note de la gamme du ton. Tous les airs finissent communément par cette note, surtout à la basse.
TOPH ou TOF. — Ancien instrument des Hébreux qui , au dire de la plupart des auteurs, ressemblait au tambourin.
TORROPIT. — Nom de la guimbarde dans l'Estonie.
TRACTUS. ■ — Nom ancien d'un certain air triste qu'on chantait autrefois, dans l'église catholique, après l'épître à la place de l' alléluia, en prolongeant la voix en signe de plainte.
TRAGEDIA = TRAGÉDIE, s. f. — Ce mot signifie proprement chant four le houe (du grec Tp&yoc, bouc, et ttféf chant), c'est-à-dire un poème pour prix duquel le
vainqueur de la lutte poétique remportait un bouc. Carminé qui tragico viiem certavit où hircum (Horat. , ep. ad Pir. 220).
TRANSILVANIA == TRANSYLVANIE (notices historiques sur la musique de la). — La Transylvanie constitue , comme on sait , une partie de l'ancienne Dacie. Ceux de ses habitants qui n'ont pas encore atteint un certain degré de civilisation sont les Yalaques , descendants , au dire de quelques auteurs, des colons romains au temps de Trajan. Les Valaques, qui s'appellent eux-mêmes du nom de Romains, portent un costume à l'instar de celui de ce peuple et parlent une langue mélodieuse, qui a beaucoup de rapport avec les langues latine et italienne.
Relativement à l'ancienne musique transylvane, nous manquons de données bien exactes pour faire connaître son origine, grecque ou romaine , quelle qu'elle soit, et pour pouvoir en parler d'une manière précise. L'abbé Eder, dans son ouvrage intitulé : Observationes ad historiam Transiivaniœ, a recueilli avec beaucoup de soin, dans les livres et manuscrits , toutes les notices qui intéressent ce pays et se rapportent à ses progrès de civilisation pendant l'espace de cinq siècles, c'est-à-dire de 1000 à 1500, et il ne fait aucune mention de la musique; c'est pourquoi nous ne parlerons dans cet article que de l'état actuel de la musique transylvane.
Il semble que la musique et la poésie sont aussi inséparables des Valaques que , suivant l'opinion la plus générale , ces arts l'étaient des anciens Grecs et Romains ; car il n'est pas d'air qui ne soit chanté sur des paroles , pas de poésie qui ne soit accompagnée de musique. Pendant la danse même on entend déclamer une espèce de dithyrambes qui ne blessent aucunement les oreilles des femmes valaques , mais qui effaroucheraient probablement un peu le beau sexe des autres nations. Les femmes valaques sont très passiounées pour le
chant et la poésie, dans lesquels elles trouvent une occupation agréable, tant pendant leur travail que dans les heures d'oisiveté. Elles chantent leur amour, leur chagrin , et même le souvenir de leurs morts sur les tombeaux.
Les Valaques ne connaissent ni les notes ni tout autre signe de notation , et il n'est jamais passé par la tête d'aucun individu de cette nation à demi civilisée, de chanter autrement qu'à l'unisson ou à l'octave, quoique ce peuple entende tous les jours les chansons et les airs de danse des autres nations. Les harmonies modernes ne sont pas nationales chez les Valaques ; en effet les Bohémiens (zingarî), qui dans leur musique font entendre des accords harmoniques, jouent à l'unisson ou à l'octave aussitôt qu'ils accompagnent les airs des Valaques. Il reste à savoir à présent si ce mode d'exécution est vraiment originaire des Grecs ou des Romains.
Toutes les chansons valaques ont un mouvement lent et lourd ; la plupart de leurs airs ne peuvent être réglés par aucune mesure, comme les Ranz des Vaches des Suisses. Les airs de danse ont cependant un mouvement lent modéré qui peut être marqué en mesure à 2/4. Les chansons s'exécutent ordinairement dans le mode mineur, et les danses dans le mode majeur.
Quant à la musique d'église il n'existe pas de différence entre celle des Valaques et celle des Grecs modernes, à cause du rapport qu'ont entre eux les rits et les cérémonies religieuses de ces deux peuples. Les prêtres seuls et quelques enfants sont chargés de la partie chantante, qu'on exécute également à l'unisson ou à l'octave , sans orgues et sans instruments, et qui n'est autre qu'un chant de simple tradition.
Les instruments des Valaques consistent en deux espèces de flûte , en un violon accordé dans les tons la, ré, ia, ré, et en une cornemuse qu'on ne trouve cependant que vers les frontières de la Hongrie.
La Transylvanie est en outre habitée par des colonies dont
302 TRÀ
les plus anciennes sont aujourd'hui celles des Hongrois et des Seckler, qui cultivent la musique à l'instar de leurs nations. Les Seckler surtout, dans leurs levées générales, faisaient usage autrefois du Torofc-Sip (fifre turc), ou Taragato-Sip ( fifre militaire ) , qui servait de signal dans les émeutes rakoctiennes à la fin du xvne siècle ; c'est pourquoi cet instrument s'appelait aussi Rakotzi-Sip (Voy. Ungheria).
La colonie saxone qui habite la Transylvanie marche, dans la culture de la musique, d'un pas égal à celui de sa nation. Ce furent les Saxons qui les premiers introduisirent des orgues dans leurs églises, où l'on trouve partout aujourd'hui des organistes et des orchestres passables pour accompagner les chants des cérémonies religieuses. Dans les gymnases réformés de toutes les villes, il existe depuis long-temps des cours de musique, dont le but principal est de former des musiciens pour le service des églises.
TRANSITUS. — Sons et accords qui tombent sur le Temps faible.
TRANSITUS IRREGULARIS. — Emploi de ce qu'on appelle les notes fausses.
TRANSITUS REGULARIS. — Notes d'agrément.
TRANSIZIONE = TRANSITION, s. f. — Passage d'un ton à un autre. L'art de faire succéder convenablement une modulation à celle qui la précède, est une des parties essentielles de l'étude de la composition. Voyez aussi l'art. Modulation, où l'on parle de la différence qui existe entre la transition et la modulation.
Un compositeur habile peut employer les transitions comme moyen artificiel, propre à exprimer les sentiments sans se lier pour cela à l'affinité des tons; il peut aussi faire ses transitions dans les tons les plus éloignés, pourvu qu'il sache user adroitement d'un moyen de retour. A cet effet on doit éviter les véritables cadences qui détruisent trop l'unité du tout et le sentiment du ton principal.
Les compositeurs qui font usage des transitions dans le seul but d'éviter l'uniformité des tons, doivent choisir ceux qui s'harmonisent le mieux avec le ton principal ; ainsi, par exemple:
Dans le mode majeur on pourra choisir : 1° le mode majeur de la quinte ; 2° le mode mineur de la sixte ; 3° le mode mineur de la tierce ; à" le mode majeur de la quarte; et 5° le mode mineur de la seconde.
Dans te mode mineur ce sont: 1° le mode majeur de la tierce; 2° le mode mineur de la quinte ; 3° le mode mineur de la quarte ; à° le mode majeur de la sixte mineure ; et 5° le mode mineur de la septième mineure.
Relativement à l'ordre de ces transitions, on adopte encore aujourd'hui l'usage des anciens (du moins dans le style sérieux), c'est-à-dire dans le mode majeur on termine la première période principale sur le mode majeur de la dominante ; dans la seconde période principale la modulation s'approche du mode mineur de la sixte ou même de la tierce, etc.
Depuis que Haydn et Mozart ont tracé une nouvelle voie pour la modulation , on commence à s'écarter de l'ancienne méthode, et il n'est pas rare de trouver aujourd'hui des morceaux de musique dont la période principale se termine sur tout autre ton que la dominante , et quelques autres encore dont la période s'arrête sur un ton très éloigné du ton principal. Mais quoique les meilleurs compositeurs, tels que Salieri, Vogler, nous en aient donné des exemples, il faut néanmoins plaindre le sort de la musique réduite par quelques musiciens à ne représenter, dans leurs compositions , qu'une espèce de tableau qui indique la manière de moduler d'un ton à un autre.
TRANSIZIONE ENARMONICA = TRANSITION ENHAR- MONIQUE. — C'est celle où une ou plusieurs des parties font un intervalle enharmonique, comme do # et ré [7. Les transitions enharmoniques font beaucoup d'effet à la scène, surtout lorsque les personnages éprouvent une grande surprise , ou