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voir faire connaître à présent de quelle manière l'oreille reçoit le son. Le pavillon (qui cependant n'est pas indispensable à l'ouïe) réunit les rayons sonores, et, grâce à sa forme d'entonnoir, ainsi qu'à ses éminences et cavités, il les dirige au conduit auditif externe, où ces rayons se concentrent sur la membrane du tympan et la mettent en état de vibration ; ce qui n'aurait pas lieu si, au delà de cette membrane, c'està-dire dans la caisse du tympan, ne se trouvait pas la trompe d'Eustache qui renouvelle l'air. Les vibrations de la membrane font aussi vibrer les osselets et l'air de la caisse du tympan, et, renforcées par la résonnance que semblent produire les cellules mastoïdiennes, elles se propagent dans le labyrinthe par les trous ovale et rond. L'eau du labyrinthe, soumise à ces mêmes vibrations, produit dans les canaux et dans les aqueducs du limaçon une espèce de flux et reflux proportionné , d'où le nerf, qui se trouve ici répandu, reçoit des impressions telles, qu'étant communiquées au cerveau, elles font naître la sensation de l'ouïe.

Les physiologistes n'ont pas encore décidé dans quelle partie de l'organe auditif est le principal siège de l'ouïe ; on ne sait pas expliquer non plus comment on peut entendre plusieurs sons simultanément ; pourquoi on n'entend qu'un seul son avec deux oreilles ; d'où dérive la sensation agréable ou désagréable des sons et plusieurs autres phénomènes.

UGAB. — Il paraît que c'était chez les hébreux le nom général des instruments à vent.

ULÏIMA CONJUNGT ARUM. — Quatrième corde du tétracorde synnemenon (Voy. le tableau des tétracordes à l'art. Greci antichi).

ULTIMA DIVISARUM. — Quatrième corde du tétracorde diezeugmenon.

ULTIMA EXGELLENTIUM. — Nom latin de la quatrième corde du télracorde hyperboiaeon du système des anciens Grecs.

UNCA. — Nom ancien de la croche.

UNDA-MARIS. — C'est le nom d'un jeu d'orgue de tuyaux à anches, de huit pieds, accordé un peu plus haut que les autres jeux, et, à cause de cela, formant avec eux une sorte de battement qui a quelque analogie avec le mouvement des flots.

UNDECIMA = ONZIÈME , s. f. — Intervalle de onze degrés, ou bien une quarte distante d'une octave de sa note fondamentale. Considérée comme intervalle, c'est le cas d'appliquer tout ce qui a été dit de la dixième (V. cet art. ). Quant à sa contexture harmonique , il en est parlé à l'article Accord de onzième.

UNGHERIA = HONGRIE (notices sur la musique en).— C'est vers le ixe siècle que les Hongrois abandonnèrent l'Asie pour conquérir cette partie de l'Europe que depuis lors ils ont toujours occupée. Ils aimaient la musique, comme tous les peuples asiatiques ; et il paraît que , dans les premiers temps de leur établissement , ils ne se servaient que d'instruments rapportés d'Asie , et qui, presque tous, étaient des instruments à vent.

Il est prouvé par un diplôme duroiBélalII, en 1192, que ce prince envoya à Paris un certain Elvin pour y apprendre la musique. Il y fut peut-être déterminé par sa seconde femme , Marguerite, fille de Louis VII, qu'il avait épousée en 1186.

La musique hongroise resta cependant dans la médiocrité jusqu'au temps de Mathias Corvin, fils du fameux Corvin. Il rendit les Hongrois rivaux des autres nations dans les sciences et dans les arts, que lui-même il cultivait Le nonce du Pape, qui vint à Bude en 1483 pour faire la paix entre l'empereur Frédéric et Corvin , combla d'éloges les chanteurs de sa chapelle dans une lettre adressée au Souverain Pontife.

Sous les rois Ladislas VI et Louis II, la musique, quoique cultivée avec soin , l'était avec moins d'éclat. On diminua le nombre des artistes de la chapelle de la cour.

Gomme tous les autres peuples, les Hongrois n'avaient d'abord qu'un chant sans mesure et sans mode déterminé, sur une poésie sans harmonie. Du reste , tandis que presque toutes le nations , particulièrement celles du Nord , aimaient les sons vifs et aigus , les Hongrois au contraire aimaient les sons moyens et les mouvements lents.

Le chant régulier fut plus tard introduit en Hongrie avec la religion chrétienne et les belles-lettres. Sous le roi Etienne, des Hongrois se présentèrent devant saint Gérard, leur évêque, et le prièrent de faire instruire leurs fils dans les lettres. L'évêque , ainsi le rapporte l'histoire , remit ces enfans aux soins de Walter; et ils firent sous lui tant de progrès dans la grammaire et la musique , que les nobles et les magnats lui confièrent aussi les leurs.

Aujourd'hui le Hongrois danse beaucoup ; la danse est sa passion; aussi la musique nationale est- elle, pour ainsi dire, une musique de danse. Elle a ordinairement un caractère mélancolique; mais souvent aussi elle est bruyante et semble exciter à la guerre. Les Hongrois aiment les modes mineurs , comme les Russes; et si une danse commence en majeur, elle tombe bientôt en mineur. Ils aiment aussi beaucoup les triolets.

Le verbunkos (danse pour recruter) est lent, lier et guerrier ; peut-être a-t-il quelque rapport avec les danses tragiques des anciens Grecs. La danse rapide est au contraire vive et entraînante ; ses pas et ses tours rapides la font ressembler à une danse de Bacchantes et la rendent excessivement fatigante. Le peuple est passionné pour cette danse. Il y en a une autre qui tient le milieu entre ces deux.

La plupart de ces danses conservent, du reste , une empreinte de la primitive férocité et de la rudesse de ces peuples. Souvent aucune loi de l'art n'est observée dans la partie harmonique de la musique, car les Zingari (Bohémiens) qui l'exercent ne l'entendent nullement. Le nom

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