‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 52 sur 364 · Intendami chi puô, che m'intend* io · texte numérisé non relu

Intendami chi puô, che m'intend* io

Ce dernier vers est une vraie énigme ; il a pour auteur Jean- Paul Cima, organiste à Milan, qui se rendit célèbre par ses compositions pleines d'artifices. Le P. Camillo Angleria en a rapporté plusieurs à la fin de son ouvrage intitulé : Regole di Contrappunto.

Enfin il y a des canons encore susceptibles tle plusieurs solutions , de manière que l'imitation peut se faire dans divers intervalles et mouvements , et dans plusieurs endroits de la cantilène; ces canons se nomment alors polijmorphus, mot tiré du grec, qui veut dire de beaucoup de formes.

Dans ce qu'on appelle le canon à soupir (canone a rcspiro ) les voix s'imitent tour à tour après un quart de mesure.

Tout canon à trois , à quatre voix ou davantage , produit un meilleur effet chanté de la manière suivante : la première voix ou partie exécute le chant du canon jusqu'à la répétition du chant; puis la seconde voix entre et exécute le même chant , tandis que la première voix continue le chant qui est compris entre le premier et le second signe de répétition; en poursuivant ainsi , on exécute les canons à plusieurs voix , et l'on a l'avantage de toujours entendre le chant principal renforcé par un autre.

CANONICA, .s. f. = CANON, s. m. — Nom technique de la doctrine mathématique des sons, c'est-à-dire, de cette science qui considère les sons comme des quantités , en les comparant entr'eux ; ou bien , selon la définition du docteur Forkel, le canon est la doctrine de la division des sons d'après leur rapport et leur mesure extérieurs. Pythagore, qui vécut cinq siècles avant Jésus-Christ, posa les premiers fondements de cette science , dont nous parlerons plus amplement dans l'article Rapport des Intervalles.

CANONISTA = CANONISTE , s. m. — Chez les anciens Grecs les musiciens étaient partagés en deux écoles spéciales. Les partisans de l'école de Pythagore, qui basaient leur système musical sur le calcul, s'appelèrent canonistes , et ceux de l'école d'Aristoxène qui, en musique, jugaient d'après l'oreille, se nommèrent harmoniques.

CANTAB1LE, (chantant). — Cet adjectif italien qu'on

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emploie même substantivement, désigne en général le caractère de toute mélodie propre à être exécutée avec facilité par la voix humaine. Par ce mot on entend surtout un chant clair, simple et qui est en opposition avec le chant baroque ; on entend aussi la qualité d'une composition, qui doit se distinguer plutôt par des traits mélodieux que par des traits de bravoure et par un genre particulier de chant dont on parle dans l'article Canto.

Les agréments du cantabile doivent être exécutés d'une manière large , soutenue , noble , grave et analogue au mouvement, sans leur donner cependant de la pesanteur et sans leur faire perdre l'élégance , la légèreté et l'expression qui leur sont propres.

CANTANTE o CANTORE = CHANTEUR, s. m. — Celui qui exerce l'art musical au moyen de la voix. H y a des chanteurs de soprano, de vas-dessus (mezzo soprano), d'alto ou contralto, de ténor, de hariton et de basse, A ce sujet il faut remarquer que quoique les principes et la méthode de l'art du chant soient en général les mêmes pour toutes les qualités de voix, il y a cependant des modifications particulières pour chaque qualité de voix ; comme celle de soprano, par exemple, est naturellement douée de légèreté et d'agilité, tandis que celle de ténor est plus soutenue et plus grave, et celle des basses encore plus ferme, plus franche et plus pesante , il faut que le moyen de pratiquer ces voix, les exercices et le caractère soient bien distincts.

>Les chanteurs se divisent en chanteurs de théâtre et en chanteurs d'église. Ceux qui chantent au théâtre prennent aussi le nom d'acteurs lorsqu'ils représentent sur la scène quelque personnage enjoignant l'action au^hant, et se composent : 1" de premiers et seconds , appelés même premiers et seconds rôles; V de suppléants , c'est-à-dire, ceux qui remplacent les premiers rôles, et 3" de choristes.

Les chanteurs e\ enlise se divisent : 1° en chanteurs de

chant figuré, appelés chanteurs , ou musiciens de ta chapelle, prenant ensuite le nom de la chapelle à laquelle ils

sont attachés; comme les musiciens de Saint-Pierre à Rome, qui se divisent , eux aussi, en premiers, concertants et chanteurs de ripiene ; 2° en chanteurs de plainchant du chapitre > appelés choristes, parce qu'ils chantent au chœur.

Les chanteurs des temps anciens cultivaient la poésie, la composition, l'art du chant et jouaient de quelque instrument de musique. Quant aux anciens poètes, non seulement ils composaient des airs pour leurs poésies , mais ils les accompagnaient avec un instrument à cordes. Du nombre de ces poètes , compositeurs et chanteurs étaient Homère chez les Grecs, et Ossian chez les Celtes; c'est pourquoi les anciens poètes des Hébreux et des Grecs portaient le nom de chanteurs. Chez les anciens Gaulois , Germains et Bretons , les chanteurs, appelés Druides et Bardes, étaient les savants de la nation , ceux qui mettaient en vers les maximes de la science et de la vertu, les lois de l'état, ou les actions de leurs héros; ils adaptaient des mélodies à leurs vers, et les chantaient avec l'accompagnement d'un instrument pour produire un plus grand effet sur les peuples , les graver dans leur mémoire, et les transmettre par tradition à la postérité.

Dans les derniers siècles encore il existait en Provence les Troubadours ou chanteurs provençaux , et en Souabe , les Chanteurs erotiques, et ce qu'on apppelait les Maîtres chanteurs. Nous parlerons de chacun d'eux dans leurs articles respectifs.

Pour revenir aux chanteurs modernes, il nous resterait encore beaucoup à dire sur les qualités qui constituent un bon chanteur , mais on traitera cette partie dans les articles chanter et chant. Il faut cependant faire observer, en général, que pour être un chanteur parfait, il ne suffit pas de posséder une belle voix, cultivée par une excellente mé-

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