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^u moyen âge troublés par les guerres comme dans les antres pays de l'Europe, se vante d'avoir l'école musicale la plus ancienne. Les plus remarquables contrepointistes des xrv* et XV* siècles étaient Flamands, qui dès ces temps se répandirent dans toute l'Europe , ainsi que firent par la suite les Italiens. Cette ancienneté d'école engagea plusieurs auteurs à dire que les Flamands ont été les premiers maîtres qui ont appris la musique aux autres peuples de l'Europe. Cette assertion cependant est st^ette à des restrictions.
Les chefs de l'école flamande , qui préparèrent l'harmonie et surtout l'art du canon, sont les suivants : 1* Jacob Obrecht ; 2* Jean Ockeinheim , le patriarche des artifices canoniques ; 5* Josquin, le plus remarquable de tous, dont Gafforio et Spatarias parlent avec tant d'éloges, et qui était généralement appelé princeps muricarum. U était chanteur à la chapelle de Sixte lY dans les années 1471 à 1481.
Jean Ockeinheim se fît universellement admirer par une messe à trente-six voix avec des motets et des canons, etc. ; toute cette composition était pourtant fondée sur le calcul, et presqu'entièrement dépourvue de chant. Josquin , dit aussi Joaquinvs onJodoctiê jpratensis, Josquin des Près, Gios^ quvno dei Prato, à cause de son long séjour dans ce pays, fut plus intéressant qu'Ockenheim, et le plus grand compositeur de son siècle. U est considéré comme le père de l'harmonie moderne, et non seulement il écrivit beaucoup d'ouvrages cent ans avant Palestrlna, mais encore ses compositions sont plus originales, plus énergiques, et plus chantantes que celles de ses prédécesseurs, comme le prouvent en partie le requiem qu'il a composé pour son maître, et son psaume xvm. Ce qui le rendit encore plus esthnabie, c'est qu'il ne fut pas très prodigue de la science musicale, et qu'il chercha plutôt à l'éviter lorsque le sujet de la composition le demandait. Luther , en parlant de lui , dit avec raison : « Josquin était maître des notes ; celles-ci ont dû faire ce qu'il voulait , tan-
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dis que d'autres compositeurs sont obligés de faire ce que veulent les notes. » Josquln était aussi un esprit trop élevé pour ne pas faire de temps en temps quelques exceptions aux règles de la musique ; néanmoins il acquit une grande réputation auprès des célèbres contrepointbtes même de son siècle*
Les compositeurs flamands les plus remarquables du xvr siècle sont : Nicolas Gombert, élève de Josquin^ et qui se distingua beaucoup dans la composition des fugues ^ Thomas Gréquillon, Jacob Clément non pape, Dominique Phinot, Cornélius Canis» Lupus Helling, Harnold de Pmg^ YerdUoty Adrien "Wilaert^ Jossen Junkers^ Pierre de Manchicourt, Jean Gastileti, Pierre Marsenus» Matté Lemeistre, Arcadelt, Jacob Yaet, Sébastien Hollander, Eustadie Barbion, Jean Crespel, Josquain Baston, et plusieurs autres encore.
Depuis le xvi" siècle 5 Técole flamande a cessé de produire de grands musiciens; cependant dans les villes principales on cultive la musique avec succès. * Amsterdam possède une société philharmonique» un opéra hollandais et un opéra français. A Rotterdam, la musique d'église protestante ou catholique est tout à fait sur son décUn ; il s'y trouvait cependant , il 7 a quelques années, un organiste assez remarquable. Dans les égUses protestantes le chant est exécuté à l'unisson, et les catholiques romains qui manquent de moyens nécessaires ne peuvent entretenir la musique d'église dans un état florissant Il n'y a pokit d'opéra étranger, et l'on représente très peu d'ouvrages lyriques sur le théâtre hollandais. Cependant les concerts donnés dans cette ville sont bien composés et ont de nombreux souscripteurs. On y trouve aussi plusieurs bons chanteurs et des histrumentistes habiles parmi les professeurs. Enfin , dans toutes les villes de la Flandre , on aime et l'on cultive la musique ; ce pays a toiiyours produit des com-
* Ajouté par le Traducteur.
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posItenTS et des exécutants remarquables; mais depuis deux siècles il a cessé de former une école distincte ; c'est en Allemagne, en Italie ou en France, que se sont formés depuis lors les artistes qui ont illustré la Flandre.
FIGURA BOMBILâNS.— C'était, dans la musique ancienne, une figure toute composée de éoméi (Voy. Bamio).
FIGURA CORTA. — On appelait autrefois figura corta toute figure composée de trois notes, dont Tune valait autant que les deux autres. La note la plus longue pouvait être au commencement, au milieu ou à la fin de la figure.
FIGURATO = FIGURÉ, adj. — On le dit d'une partie où se trouve une figure particulière de notes dominantes. Par ce nom on distingue aussi le contrepoint inégal et mixte du contrepoint égal (Voy. Contrappitntù) , et le chant qui est opposé au plain-chant
FIGURE MUSICALI = FIGURES DE MUSIQUE. — On donne ce nom, 1* aux notes de différente valeur dont on parle à l'article Notes; T à l'union de notes égales et mixtes entre elles, dont on trouve un exemple à la fig. 1.
La musique emploie en outre dans son discours plusieurs figures dont on use dans la réthorique pour ajouter à la vivacité et à l'énergie, comme IdL gT€utatian , la parenthèse, la répétition, surtout quand on la Joint à la paranoma^sie (renfort), la suspension, Vépistrophe (retour) , Vanthitèse, la duiitation, V irrésolution, etc. C'est à ces figures qu'appartiennent aussi particulièrement les diverses espèces de peinture musicale ou de musique imitative, ainsi que tous les artifices du contrepoint et du canon. Ces derniers cependant contiennent ordinairement des figures pour l'intelligence , et ne produisent qu'un plaisir intellectuel, tandis que les premières sont pour l'imagination, et par conséquent les plus propres à l'expression et au grand effet musical.
FILAR UN SUONO = FILER UN SON. — C'est le prolon ger aussi long-temps que l'haleine peut le permoltre, en ob- Tome I. ^6