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comme moyen d'instruction, et elle consistait principalement en des chansons qui avaient pour but de faire pratiquer les devoirs de la vie civile. Les poètes et les musiciens ne chan* talent que des sujets patriotiques et avec des mélodies si simples , qu'ils produisaient une grande impression sur la classe même la plus grossière du peuple. Ainsi donc l'esprit et les effets de la musique grecque doivent être recherchés de préférence dans la poésie , qui était la partie principale à laquelle devaient se soumettre le rhythme et la mélodie , en lui servant d'ornement
GRECI MODERNI = GRECS MODERNES (noUce historique sur la musique des). — Les Grecs modernes tiennent encore beaucoup de leurs ancêtres, surtout en ce qui touche à la langue, aux mceurs, aux penchants; il est donc probable que leur musique a conservé aussi quelque ressemblance avec la musique de leurs ancêtres.
Les Grecs modernes n'emploient dans leur musique ni les notes dont nous faisons usage, ni les lettres de leur alphabet ahxsi que le faisaient leurs ancêtres , mais ils se servent de ce qu'ils appellent accents. Une pareUle notation a beaucoup d'imperfections, communes du reste à celle des anciens Grecs, car elle n'indique que l'acuité et la gravité des sons , sans en fixer la durée.
Les principaux signes sont : 1* Yisan (r^ov), qui désigne le son fondamental de leur gamme diatonique. On rappelle ensuite signe muet ( a^o^vov), non pas en raison de ce qu'on ne le chante ni on le prononce, mais parce qu'on ne le compte pas. Vison est du reste le principe^ le milieu et la fin, ou plutôt le système de tous les sons ou signes, car sans lui on ne peut produire aucun son. On dirait que cet isan est une espèce de clé avec laquelle on rend une mélodie plus aiguë ou plus grave. T Yoiigon {oxiyov), signifie en général son aigu; et 3" Vapostrophe {tt-jroarpofo^) y son grave.
Dans la musique des Grecs modernes on ne fait usage que
de quatorze sons, dont huit sont ascendants et six descendants. Les ascendants sont : 1* oxi^ov (peu); 2* o(eia (aigu) ; 3* inTAaêii (saut) ; 4* Kov^icfia, (éléyation) ; 5* ^tM- 9rvj ( en approchant ) ; 6* /vo MUTtifiAtûL ; 7* "irixn ( ac* cent serré) ; 8* MvrnfiA. Les desceiHiantssont : 1* «xo^po^o^^ (apostrophe) ; 2* ^uo AirQor^o^oi ou 9vviî9(Mi ( double apostrophe) ; 5" a^oppoy ; 4* xfATifiâL vxoppey ; 5* iAA^poy (facile) ; €• xà^fAAXn (grave).
Les quatorze sons ascendants et descendants sq divisent en corps et en esprits {ct^fiATA, ^viVftAra). Les corps ascendants qu'on chante à pleine voix sont : Valigon, Voxia, le pedasU, le kuphiama, le petasUm et les deux kendemata; les corps descendants sont : V apostrophe simple et double. Les esprits ascendants sont : kendema et pn^; et les descendants eiaphron et Icatnaie; on les chante avec douceur et presqu'asphrés. Vaporrhoe n'est ni corps ni esprit^ mais un petit mouvement de gosier qui émet la voix avec douceur; c'est pourquoi on l'appelle aussi fciAo^.
Un grand nombre d'autres signes» qu'on nomme f^ty^xAi virQoraaiç et et^oyA, huliquent la n^esure et le mouvement et ne sont employés que dans la musique de plain-chant Nos lecteurs comprendront la qualité de ces signes par la signification de leurs noms; les voici : égal, double» consolant, flexibilité, tremblant, résolu, presto, lento, presto composé, lento composé, fondament, sublime, en priant, prier en tremblant» prier avec résolution, céleste, fraction, section, principe, accent grave» attaque , demi-ton, etc. » etc. n n'y a cependant pas un seul musicien parmi les Grecs modernes» sans en excepter les plus habiles, qui sache seulement la dixième partie de ces signes.
La même succession des sons prend une diverse dénomination ^selon qu'elle monte ou qu'elle descend. Ainsi ré, mi , fa, sol, s'appellent annanes, neanes , nana et agia; fa, mi, ré — do w nomment aanes, neheanes, aneanes et neagie. Dans l'usage de ces roots on observe également le^
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mutations que dans randenne solmisation ou dans Tancien grec ta, m r«, n.
Les Grecs modernes ont buit modes ou genres d*octaves , dont quatre sont principaux ( Kvpioi nx^i ), et quatre pii^-^ gaux {'jrxàL'/m tiKoi). Le premier s'appelle doricn, le second lydien, le troisième phrygien, le quatrième mixo-iydien, le €iskqmème hypo^d4yrien, le sixième hypo-iydien, le septième hypo'phrygien, et le liuitième hypo-mixo^ydien. Les modes sont aussi distingués par des nombres, comme 'rpirof, JivTêpùÇy TpiTQç, TiTApTof, ctc.^ cliacutt d'eux a un signe qui lui est propre. U y a en outre des modes qu'on appelle nz^t fiiffoi (moyens) , et plusieurs autres choses qui rendent leur musique aussi prolixe qu'obscure , et qui prouvent sa ressemblai^ce avec celle des anciens Grecs.
Les Grecs modernes avouent du reste eux-mêmes qu'ils ont entièrement perdu le rbythme. La mesure dont ils font usage actuellement résulte plutôt de la mélodie, et elle est déterminée par la combinaison artificielle de signes très bizarres. Us ontx vingt-huit mesures différentes, dont plusieurs contiennent des sons d'une durée longue, brève et moyenne. La combinaison de ces trois espèces de pieds musicaux est très singulière, et tout k fait incompréhensible pour nos oreilles.
La musique des Grecs modernes manque également d'harmonie ; si divers musiciens chantent ou jouent ensemble, c'est toiyours à l'unisson ou à l'octave.
Tout ce que nous venons de rapporter jusqu'ici est extrait en partie du code grec qui se trouve à Milan dans la bibliothèque Ambroisienne, sous la lettre O, numéro 123. L'ouvrage intitulé : Ciassieai and topographicat tour thraug Grèce, by Edward Dodweli Esq., Vol. II, in-4^5 Landon, 1819, en parlant de la musique des Grecs Yuodemes contient ce qui suit :
La musique de la nouvelle Grèce est extrêmement gros-
sière. On attribue généralement des effets merveilïeiix à la musique des anciens Grecs; mais la cause n'était antre probablement que rirritabilité naturelle du peuple. Le son plaintif de la lyre , le fifre criard, le monotone tambour, et même rinharmonleux monocorde slave , produisent le plus grand effet sur Torganisation impresslonable des Grecs modernes, qui cbantent presque toujours en dansant comme aux temps d'Homère. Si un grec moderne commence à chanter, les assistants ne peuvent s'empêcher de l'accompagner, eux ausri, avec leur chant, ce qui produit un vacarme vraiment ennuyeux. Et c'est par de semblables chants, que dans la nouvelle Grèce un voyageur est fêté pendant toute la journée par la société dans laquelle il se trouve. Ces chants roulent ordinairement sur des sujets d'amour, etsont remplis souvent d'exagérations ridicules, comme : « Quand le ciel serait de papier et la mer plebie d'encre. Ils ne suffiraient pas pour décrire les souffrances d'un amant qui a laissé son cceur à Athèbes. »
AiA VA 'ypA^eiv rbt/f xovov^ fiov AKùfit itv i^êAr/t,
Les Grecs modernes et les Turcs n'admirent et ne comprennent d'autre musique que celle qui leur est propre. La seule mélodie étrangère qu'ils chantent et qu'ils disent être aussi belle que la leur, est l'air de Maiéorattgh, qui fat introduit à GonstanUnople par les Francs, et qui est mainte^ nant chanté dans les principales villes de la Grèce.
Les Grecs modernes préfèrent les instruments de musique bruyants aux instruments mélodieux. Voici ceux qui sont actueliement en usage dans l'Attique : 1* la ipre, quia la fonne et la grandeur de la mandoline ; elle est montée de troiscordes et se joue avec un archet comme le violon. 2* Le ituk, dont on se sert particulièrement dans les lies , est plus grand que la lyre et se joue avec un petit canon de plume; sa constrac-