‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 66 sur 192 · CAR S · texte numérisé non relu

CAR S

xo^Tt»! J'imprbue, Je grave) qui représentera quelque chose d'une manière déterminée.

Le caractère général des différents morceaux de musique est ce qui les disMngue entre eux : la forme, la mesure , le mouvement > TacccMnpagnement, le sentiment, tout contrit bue, plus ou moins, à caractériser une composition musicale. Une marche, par exemple , se distingue du menuet en ce qui a rapport à la forme, au temps, aii mouvement, au mètre et à ce mae$to9o qui est le propre de chaque marche ; on peut aussi qualifier la mai*che de plusieurs manières, comme : marche mUitaires funèbre, reiigietue.

Le caractère est donc une certaine originalité qui se fait sentir dans une composition ou dans Fexécntion d'un morceau, et les distingue des autres compositions et des autres manières d'exécution. C'est ce qui a attaché aux productions de Pergolesi et de Gluck, si différentes entre elles, le sceau de l'immortalité ; c'est aussi par le caractère que la méthode de Sphor et celle de Paganini diffèrent profondément

Plusieurs auteurs de musique instrumentale ont essayé de peindre dans leurs compositions un caractère arrêté, comme fitHaydn dans la symphonie intitulée :.iei>t$^rai<; sans parler du caractère musical analogue au personnage de l'opéra, de l'imitation caractéristique dans les compositions de caractères nationaux, comme le Chœur des Soiitaires dans la Giêievra de Mayer et dans les compositions pour ballet

CARATTERI=CARACTÈRES, s.m.pL-- Outre les qualités qui appartiennent au style considéré comme art d'écrire, il en est d'autres qui, tenant de plus près à l'expression, donnent à la composition une teinte générale et serrent encore à détermhier les styles; c'est ce que nous nommons caractères.

De ces caractères, les uns sont généraux, étant relatifs, 1** à nos affections; 2** au degré dans lequel nous les res-

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sentons ; 3* au ton sar lequel nous les exprimons. Le premier donne le caractère gai ou triste ; le second , la vivacité on la douceur; le troisième^ la sublimité ou la simplicité. Chacun de ces trois états a un caractère moyen. En les combinant on aura un grand nombre de caractères mixtes dont voici les principaux :

1** Le caractère ou style tragique, qui réunit la tristesse avec la force et la sublimité; S"" le houffon, qui réunit la galté avec la vivacité et la familiarité; V enfin le dtmi-caractère, qui convient aux situations moyennes.

Les autres caractères sont particuliers ; Us se rapportent à diverses circonstances, telles que les habitudes d'un peuple ou d'une classe d'hommes, souvent même d'un individu. Ainsi, on a un style religieux, style militaire, style pastoral, style chevaleresque, etc.; style italien, flrançais, espagnol, asiatique, etc. Dans toutes ces circonstances, le mot style équivaut évidemment à celui de caractère, mais dans un sens moins étendu.

CARATTERI MUSIGALI= CARACTÈRES DE MUSIQUE. — Les caractères de musique proprement dits, sont les notes qu'on emploie pour indiquer les sons des différents degrés ; mais on donne ce nom aussi à plusieurs autres signes dont on se sert en musique pour marquer les dés, les accidents, les Temps, les reprises, les liaisons , les points, etc.

Le Arabes , les Persans , et en général les Orientaux , notent les quarante sons contenus dans toute l'étendue de leur système, avec les lettres qui équivalent aux chiffres, comme :

ai) c d e f g h i j k i m.

Et ils écrivent, par exemple :

11 12 23 37, etc.

i/a yh kc Ig , elc.

Les caractères de musique des €1iImIs sont aussi composés de ceux de leur écriture (Yoy. China).

CARATTERISTICA DE'TUONI = CARACTÉRISTIQUE DBS TONS. — (Voy. les articles <7a(of! dt'Suoni, Tempe^ ramento, Tuono).

CARICA ^ CHARGE , a. /;— Air militaire des trompettes» des fifres et des tambours , à deux Temps, qu'on exécute quand Tannée est prête à charger r^némi. On dit «ofmer ia eharge pour les trompettes, éattr^ia charge pour les tamboms.

CARICATO = EXAGÉRÉ, CHARGÉ, cutj. — On le dtt d'une production d'art, dans laquelle on prodigue plus de moyens d'expression, ou plus de beautés accessoires qu'U n'en faut Ce défaut peut provenir en musique d'un trop grand usage des dissonances, des transitions, et souvent il dérive d'une excessive instrumentation qui couvre la voix principale.

CARILLON, ê. m. —Ce mot signifie : i° un instrument qui , an moyen d'un certain nombre de dboches de différente gran^ deur, disposées et accordées par ordre diatonique , ou diato** nico-cluromatique, forme un Jeu d'une octave et demie jusqu'à trois octaves. Les marteaux produisent le son au moyen d'un davier séniblaMe à celui du clavecin , ou par le moyen d'un cytandre mis en mouvement par des poids ; 2^ le morceau de musique qd'on exécute sur cet instrument s'appelle aussi cariHan.

Un genre très simple de carËIon existait dte Fasatiqulté la plus reculée, et ftit même employé par les anciens Hébreux, qnïVsppîMeiitMethisioth.

Les grands carillons ne peuvent être i^acés que dans les docbers. Presque toutes les élises de Hollande en ànt ; ceux ^ d'Amsterdam sont les plus fameux. L'église paroissiale de \ Berlin en possède aussi un, et celui de la Samantaine, à Paris, était mis en jeu par des cylindres qui marchaient au TOME I. 14

moyen de roues hydranMqneSé Les docbers d'Italie sont garnis qaelquefois de dix cloches et même d'an idns grand nombre.

Le cariHon se trouve également dans les orgaes en tamt de jeu^ et il est aussi employé parfois dans les théâtres en gnise de petit piano. Les mécaniciens placent de petts carillons dans des pendules» des montres» des tabatières» et même dans des cachets. Ces petites machines rendent des airs avec une exactitude surprenante. Pour mieux goAler leur I ^ effet» il faut les appuyer sur une glace » un vase de cristal » ou tout antre corps élastique propre à augmenter leur soi norité.

CARILLONNER» v. n. ~ Exécuter des airs sur le carillon.

CARILLONNEUR» $. m. — Celui qui carillonna, Pothoff^ . organiste d'Amsterdaun» était d'une force étonnante sur le carillon.

GARIŒI «= CARNÉES.— Nom de certaines fêtes des ^artiates» qui duraient neuf Jours» pendant lesquels avaient lieu des concours publics de musique.

CARIOX. — C'est le nom d'une trompette en usage chei les anciens Grecs. Elle avait un s<m aigu et très tort Quelquefois on l'appdait aussi trompette cettique ou gautoùe^

GARTA DI MUSICA » PAPIER RÉGLÉ. — On appelle ainsi le papier préparé avec les portées toutes tracées» pour y noter la musique.

n y a du papier régie de deux espèces» sav<rir cetad dont le format est idus haut que large» et qu'on appelle papier réglé à ia française ou à VaHemande; et cdul dont le format est plus large que haut» que l'on nomme à YitaUetme. On sesert de préférence du papier à iafrançaiee pour les parties séparées» attendu qu'il tient moins de place sur le pupitre; en emidoie l'autre pour les partitions. GARTELLE = GARTELLES » «. /*. pi. — Feuilles de peau

ou de UMe, préparées el Ternies, arec des portées tracées coiame sur un papier réglé; on y écrit dessus les notes aa crayon y et on les dTace .ensuite. Pour marquer les notes il ne faut pas cependant se servir d'aicre, attendu que les parties corrosiTes dont elle est composée, une fois entrées dans le vernis, ne peuvent être efiisu^es que très dtflcUeoient -, et au moyen d'une préparation chimique.

Anciennement, dans les Conservatoires de Napies , lorsque le son de la cloche annonçait Tarrivée d'un professeur , tel que celui du conUrepoint, les premiers élèves de la classe se rendaient avec leurs cartelles à leur place, et le professeur examinait avec soin chaque cartelle , en les corrigeant toutes les unes après les autres en présence de tous les élèves de la dasse.

Les anciens compositeurs napolitains travaillslait à leurs ébauches musicales sur ces cartelles, dont se servent encore aiQOurd'hui les élèves du Lycée de musique, à Bologne , oii elles ont le nom de cartd&Ue di canira'ppwiUo.

CâSAZIONE. — Expression italienne, dont on ne se sert plus , qui signifiait une composition à quatre voix , et même à un plus grand nombre, qu'on exécutait le soir dans les rues. AuCrelob le but de cette espèce de sérénade ea Italie était une intrigue galante.

CASSA GRANDE = GROS TAMBOUR. — ( Voy. Têmlm-

CASTAGNETTE = CASTAGNETTES, s. f. pi. — (Yoy. . Nacchert),

CASTORION. — Morceau de musique exécuté sur des instruments à vent par les Lacédémoniens , avant d'attaquer l'enneni.

GASTORIUM MELOS. — Certain air guerrier qui faisait allusion aux exploits de Castor et PoUux , on qui imitait leurs batailles.

CASTRATO= CASTRAT, s. m. - Chanteur de soprano ou

de contralto, qu'on a privé dans son enfance des organes delà génération, pour lui conserver une voix a^ë comme ceUe d'un enfant; car la voix se conscirve telle qu'dle se trouve au moment où Ton fait cette opération.

L'origine de cet horrible usage de la mutilation des hommes est très ancienne. Ammien MarceÛinus assure que la reine Sénûramis fut la première à introduire une opération si cmdle.

« Sûmiramis t4n9ro$ mares cattravit ûmnium prima, »

(Lib. XIV.6.)

U parait cependant qu'on ne doit pas attribuer au chant la cause de Torchotomie des premiers temps, mais plu^ tôt à la jalousie, au fanatisme religieux, et peut*étre même à quelque avantage thérapeutique. On employait les eunuques comme gardiens de chasteté, chargés de veDler sur la fidélité des Jeunes épouses. Les prêtres de Gybèle, mutilés à l'imitation d'Atys, l'amant de cette déesse, guérissaient la folie par la castration {fVithoffdecaHratiê).

On ne connaît pas précisément l'époque où l'on commença à faire usage de l'orchotomie au profit du chant ; mais , d'après l'opinion de quelques auteurs, U paraît qu'elle est antérieure au xvi' siècle. Socrate (Liv. VI, chap. 7), et Sozomène (Liv. YIII, chap. 8) , parlent d'un certain Brisas, eunuque d'Auguste» qui était le maître et le préposé des chanteurs {qui tum hymnerum ca/nt&rUnis erudiendiê erat prœpasiHu ). Quoiqu'il ne soit pas certain qu'il ait été mutilé à cause de la voix , il est cependant probable que la beauté de cet organe a contribué pour beaucoup à l'élever à cette place. Saint Gyprien rapporte , en outre, qu'à Rome les pantomimes étaient sujets à ce genre d'opération, pour conserver dans tout leur corps une souplesse qui manque à un honune entier.

Il parait que rUklrodudlon des eoêtrati dans la chapelle pontificale pour chanter les parties de soprano, n'eut lien qu'an commencement du xrn* siècle. Adami, dans son Ca^ taiogo de'nami, cognomi e patria de^eantari p&atifiej, pag. 189, dte le père Géranme Rosini, de Péronse, comme le premier qui Ait admis dans cette chapelle en 1601. Avam cette époque, les parties de soprano étaient exécutées par des voii de fausset, qui, d'après ce que Fou dit, n'apparte*naient qu'aux Espagnols. Ceux^ ne voulant pas du père Rosini à cOté d'eux, le chasserait pendant les répétitions, ce qui n'empêcha pas Clément YIII de le prendre à son service. Adami puisa ces renseignements dans un manuscrit d'Antoine liberati , intitulé : Raguagiio deiio stato M e&ro d^eofr^ t&ri deiia CajypMa ponttficia antico e tnodertw, ed avvisi per 4a sua canservaziane; il crut cependant devoir 4(Niter ces paroles : creda ognuno quùUo ehe pià gii piace. D'après cela, on ne sait pas si Ro^i a été le premier soprano de la chapelle papale, ainsi que Bumey l'afifarme. Fomari , dans sa Narrazionô storiea deiia eappeUa pon^ tifieia, assure que Jean de Sanctos , mort k Rome en 1625 , a été le dernier fausset espagnol de la chq>elle des papes.

Les voix des castrati , dans la musique sacrée , produisaient un effet si merveilleux, qu'on ne tarda pas à les employer dans les théâtres lyriques, dont l'origine remonte à la fin du xvn* siècle. Les parties de soprano, chantées d'abord par des enfants, laissaient presque toujours à désirer, soit à cause de la mutation de la voix, sott à causé de la difiîeutté qu'on éprouvait à faire exprimer convenablement par des en-* fants des idées musicales. Peuàpeu le nombre des ikucroti de* vint très considérable, et les plus célèbres d'entr'eux firent d'immenses fortunes. Ces exemples poussèrent à la spécula-* tlon; et U se trouva des parents assez barbares qui cherchèrent à s'enrichir par un sacrifice qui f^t firémir la nature.

En considérant l'état actuel de la science physiologique,. U

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