‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 2)Chapitre 61 sur 117 · RÉC · texte numérisé non relu

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France dans le moyen âge, et qui ne fut abandonné par les ménétriers qu'à la fin du dix-septième siècle. Le rebec était monté de trois cordes; il y avait des dessus, des tailles et des basses de rebec.

Récitatif. Un opéra entièrement composé d'airs chantés sans interruption, nous ennuierait et nous fatiguerait à la seconde scène, malgré le charme, la beauté, l'expression qui pourraient se trouver réunis dans ces airs ; pour remédier à ce grave inconvénient, il faut avoir recours au dialogue parlé, ou imaginer un langage de convention qui tienne le milieu entre la parole ordinaire et la parole musicale, un moyen d'union, enfin, qui fasse disparaître ce qui nous choque dans la transition immédiate de la parole au chant. Le récitatif semble remplir toutes ces conditions. C'est une sorte de déclamation notée, soutenue par une basse ou qu'accompagne l'orchestre, et contre laquelle il n'y aurait rien à dire si elle n'était quelquefois, trop souvent même, monotone dans son accentuation, et pauvre dans ses formes musicales, dont les combinaisons son» extrêmement restreintes. Tel qu'il est encore aujourd'hui, le récitatif offre cependant quelquefois des passages remarquables, surtout lorsqu'il est entremêlé de traits de symphonie qui lui donnent de l'expression et lui impriment ce caractère énergique et vrai qui, seul, le rend supportable. Le récitatif, cependant, n'exclut pas l'inspiration , tant s'en faut, et il y a de magnifiques récitatifs dans les chefs-d'œuvre des grands maîtres. Ceux de Gluck seront toujours cités, ceux (ÏOtello, de Guillaume Tell sont admirables.

Il y a deux espèces de récitatifs, celui qui n'est accompagné que par la basse ou le piano, quelquefois par tous les deux ensemble, et qu'on appelle récitatif libre ou simple, et celui qui est accompagné par l'orchestre, et dont les intervalles de repos sont remplis

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par des traits de symphonie. 11 prend alors le nom de récitatif obligé. Les Italiens faisaient autrefois usage du premier, ils ne l'emploient plus aujourd'hui que dans leurs opéras bouffes ; le second est plus particulièrement usité dans les tragédies lyriques, les drames et les opéras d'un caractère mixte, tels que nos opéras comiques français. Tout le mérite du récitatif réside dans l'expression et l'énergie de l'accentuation.

Récit. Cette expression a vieilli et n'est plus en usage aujourd'hui ; elle est remplacée par le mot italien solo (seul) qui paraît plus convenable, puisque réciter dans l'ancien langage signifiait chanter ou jouer seul, par opposition au chœur ou à la symphonie, qui, comme on sait, sont exécutés par un nombre plus ou moins considérable de concertants.

Réciter. Chanter un récit.

Récitant. Celui qui chante un récit. Ces deux mots se prennent dans l'ancienne acception du mot récit.

Redoublement. C'est dans l'harmonie l'emploi simultané du même son fait par deux parties différentes. (Voyez le mot Doublement).

Redowa. C'est une danse à trois temps; elle a beaucoup d'analogie avec la Mazurka, et elle en a les mêmes proportions. C'est sur le troisième temps que doit porter la mélodie.

Reductio modi. Autrefois, lorsqu'on composait un morceau de musique dans un ton transposé, et qu'on voulait examiner s'il était traité conformément à son ton originaire, on le transposait de nouveau dans son ton primitif. Ce procédé s'appelait reductio modi.

Réduire. C'est arranger une composition à un ou plusieurs instruments pour un ou plusieurs instruments d'une nature différente, comme réduire un concerto pour violon en un concerto pour piano. 11

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se dit principalement de la réduction d'une partition pour le piano, ou d'un morceau à plusieurs voix, pour une seule voix.

Réel. Quelques maîtres de chant donnent le nom de sons réels à ceux qui sont produits par le registre de la voix de poitrine, et sont directement lancés par toute la force du souffle; ils appellent, par opposition, sons de fausset ceux de la voix de tête, attendu qu'étant formés par la partie supérieure de la trachée et ne pouvant recevoir le même volume d'air, ils sont maigres et sans force.

Dans une mélodie, on appelle notes réelles, les notes de cette mélodie faisant partie des accords qui l'accompagnent.

On appelle dans une composition à plusieurs voix, parties réelles, les parties qui marchent sans former entre elles plusieurs unissons ou octaves de suite, c'est-à-dire qui ont chacune leur allure bien distincte et aussi élégante que possible : on dit d'une fugue qu'elle est, par exemple, à six, à huit parties réelles, pour dire qu'il n'y a pas de partie oiseuse, et purement de remplissage.

Refrain. Terminaison d'un couplet ou d'un air de vaudeville, qu'on répète ordinairement deux fois, et qu'on chante quelquefois en chœur.

Régale. Jeu d'anche, le plus ancien de tous les jeux d'orgue. Il n'est plus employé dans les orgues modernes.

Régiment (Musique de). La musique a été regardée dans tous les temps comme un puissant moyen d'action sur les sentiments belliqueux. Quoi de plus propre, en effet, à seconder l'élan, à échauffer l'enthousiasme du guerrier? Non-seulement elle Télectrise, l'enflamme et fui fait affronter les périls, mais elle le délasse des fatigues de la guerre, ou l'aide à supporter

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patiemment et avec courage les longues marches, les travaux les plus pénibles.

On sait combien est grande, sous ce rapport, l'influence du rhythme. Le maréchal de Saxe voulait que Ton fît travailler les soldats au son du tambour et des instruments en cadence. C'est ainsi que les Lacédémoniens, sous Lisander, avec un détachement de trois mille hommes détruisirent le Pirée au son de la flûte, en six heures de temps.

Depuis longtemps, en Europe, la musique de régiment a pris une grande extension. C'est en Italie et en Allemagne qu'elle reçut d'abord un accroissement remarquable. Pierre le Grand , s'occupant de l'organisation de ses armées déterre et de mer, fit venir en Russie des trompettes et des timbales , des hautbois et des bassons. A chaque régiment il affecta un corps de musique dirigé par un chef, qui, en dehors de ses fonctions, était tenu de choisir parmi les enfants de troupe un certain nombre de sujets, auxquels il devait enseigner un des instruments dont se composait alors la musique militaire. Au moyen de cette disposition, tous les régiments russes furent en peu d'années pourvus de musiciens recrutés dans l'armée ellemême.

Les anciennes musiques des régiments français se sont accrues successivement d'emprunts faits aux milices étrangères. On devait l'arigot ou fifre aux Suisses, le tambour et le basson aux Italiens, la trompette aux Maures de la péninsule, les cymbales et la grosse caisse aux Orientaux ; la cornemuse vient des Anglais, la clarinette et le hautbois sont une importation de l'Allemagne. Toutefois il ne paraît pas qu'en empruntant aux Allemands quelques-uns de leurs instruments, les Français leur aient pris en même temps leur manière d'en jouer; car Jean-Jacques Rousseau nous apprend que, dans la guerre de 17 >G, les paysans

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autrichiens et bavarois , ne pouvant croire que des troupes réglées eussent des instruments si faux et si détestables, prirent tous les vieux corps pour de nouvelles levées qu'ils commencèrent à mépriser.

De nos jours, où l'art musical est parvenu en France à un degré si éminent, les musiques militaires des régiments d'infanterie sont restées dans un état d'infériorité en présence de celles d'Allemagne, de Russie, d'Angleterre et de Naples. Cependant de notables améliorations ont été introduites dans l'organisation de la musique de ces régiments; car à la suite des nouvelles adjonctions d'instruments qui eurent lieu sous l'Empire et la Restauration, le nombre des musiciens, qui en 1807 était de huit seulement, fut porté successivement à douze et à vingt-sept. Ce chiffre, augmenté aujourd'hui d^ vingt élèves environ, semble suffisant pour maintenir le corps de musique sur un pied respectable. C'est sous le rapport de la combinaison et du jeu des différentes espèces d'instruments que l'organisation des musiques militaires laisse encore à désirer.

Nous devons dire que grâce à l'éducation donnée par !e Gymnase musical militaire de Paris, de grands progrès se sont accomplis dans cette branche de l'art; et tout fait espérer que dans peu de temps la régénération de nos musiques militaires sera complète. C'est M. Carafa qui dirige le Gymnase musical militaire, et les principaux professeurs sont : MM. F. Bazin, Le Borne, Forestier, Klosé, Dieppo,Verroust, etc.

Registre d'orgue. Les registres sont des règles de bois que l'organiste tire ou pousse, et qui font agir certains mouvements pour ouvrir et fermer les jeux de l'orgue, selon qu'il éprouve le besoin de les faire chanter ou de les réduire au silence. La poignée par laquelle l'organiste ouvre ou ferme un registre s'appelle tirant »

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