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par le nom que porte chacun de ces intervalles. Ainsi, l'on appelle seconde l'intervalle formée des deux sons les plus rapprochés, tierce celui qui se trouve compris entre deux sons séparés par un troisième, quarte celui qui renferme quatre sons, quinte celui qui en comprend cinq, et ainsi, à mesure que la distance s'accroît d'un son, sixte, septième, octave, neuvième, dixième, etc.
Les intervalles peuvent être modifiés de différentes manières, selon que les sons dont ils se composent sont eux-mêmes modifiés par un bémol, un bécarre ou un dièse. Delà leur classification en diminués, mineurs, majeurs et augmentés, termes qui expriment leurs différents degrés d'extension par rapport au mode ou à la tonalité.
Intonation. Action d'entonner. L'intonation peut être juste ou fausse, trop haute ou trop basse, trop forte ou trop faible, et alors le mot intonation, accompagné d'une épithète, s'entend de la manière d'entonner.
Introduction. Morceau de musique d'un mouvement grave, composé d'un petit nombre de phrases, souvent même de quelques mesures ou de quelques accords solennels destinés à annoncer le premier allegro d'une symphonie, d'une ouverture, d'une sonate ou de toute autre pièce instrumentale. L'ouverture d'Iphigénie en Aulidc, celle de la Flûte enchantée, commencent par une introduction. Quelques compositeurs dramatiques, donnant plus d'extension et un mouvement plus animé à l'introduction, lui ont fait tenir la place de l'ouverture, dont elle n'a pourtant ni la forme, ni les développements. Aîiodant de Méhul, Robert le Diable de Meyerbeer, Dom Sébastien de Donizetti, s'ouvrent par une belle introduction.
Lorsque la pièce étale en commençant un grand spectacle, lorsqu'elle débute par quelque pompe
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triomphale, par l'arrivée d'une foule innombrable, une entrée magnifique, quelque sacrifice solennel, quelque cérémonie auguste, quelque phénomène terrible de la nature, comme un naufrage, une tempête, tous ces objets sont si beaux, que le musicien peut les montrer d'abord sans les annoncer; ils n'en frapperont pas davantage. C'est ainsi que Gluck a supprimé, dans Iphigénie en Tauride, l'ouverture proprement dite, pour y substituer la représentation du premier événement de la pièce. Son drame débute par le grand tableau du calme, d'une tempête qui lui succède, de la foudre qui éclate, de la mer soulevée, de la désolation d'Iphigénie. Cette manière de commencer un opéra est très-brillante.
Il y a deux sortes d'introductions : la première est purement symphonique, nous en avons déjà parlé ; c'est l'ébauche d'une ouverture. L'introduction de la seconde espèce est faite, au contraire, pour captiver l'attention du spectateur au lever du rideau en lui présentant de magnifiques images, une action déjà liée et l'expression des sentiments, quand il nr» s'attend qu'aux récits de l'exposition; ces récils viendront ensuite, et on leur donnera tous les développements nécessaires pour l'instruire de ce qui s'est passé et de ce que l'on va faire.
Invention. On nomme invention l'art, ou pour mieux dire, la faculté de trouver des idées. Ce terme indique suffisamment que nous la regardons entièrement comme un don de la nature. On ne peut point prescrire de règles à ce sujet, mais seulement tracer quelques observations.
On distingue l'invention dans le plan, dans la conduite, dans l'allure d'un morceau, et cette invention qui consiste seulement à imaginer des détails frais, ingénieux, et par cela même neufs et originaux. La première est plus puissante et a plus de grandeur; la
seconde, qui néglige quelquefois la nouveauté dans la forme pour ne s'attacher qu'à une sorie de nouveauté dans le mouvement de la phrase, dans l'originalité du rhythme, dans la marche de l'harmonie, produit une impression moins forte et n'est quelquefois appréciée que par ceux qui ont étudié les ressources et nous dirions presque les mystères de l'art.
Pour que l'invention soit complète, il faut qu'elle réside à la fois dans la forme et dans les détails. II ne faut pas que le désir de Y invention fasse tember dans Y excentricité, c'est-à-dire dans des bizarreries que le goût réprouve.
Inversion. L'inversion consiste à prendre un sujet ou trait quelconque de mélodie, dans un ordre différent de celui où il est proposé. Cette opération se nomme autrement imitation inverse.
Il y a quatre sorte d'inversions : la première se nomme inversion simple; elle consiste à renverser tous les intervalles d'un trait de mélodie, de manière que ceux qui sont ascendants dans le sujet soient descendants dans la réponse, et réciproquement. Cette inversion peut se faire à l'octave , à la quinte, à la seconde ou à l'unisson.
La seconde est appelée inversion stricte; elle se fait comme la précédente, mais sans prendre aucune licence, et de manière que les tons répondent aux tons, et les demi-tons aux demi-tons. Pour cela, il faut commencer l'inversion à la septième, à la sixte ou à la tierce majeure en dessus, et laisser les demi-tons sans altération dans la partie répondante.
La troisième espèce d'inversion se fait en copiant toutes les notes, à commencer par la dernière, en rétrogradant jusqu'à la première inclusivement , soit sur le même degré, soit sur un degré plus haut ou plus bas, selon que l'exige la modulation. Cette inversion se nomme rétrograde.
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Enfin, la quatrième espèce d'inversion est celle où l'on renverse cette troisième sorte par mouvement contraire, depuis la première jusqu'à la dernière note. On la nomme inversion rétrograde et contraire.
Invitatorium. Nom de l'antienne avec laquelle on répond, dans l'église romaine, au psaume Venite exultemus.
Io Ba.cchus. Chanson en l'honneur de Bacchus, que les anciens chantaient dans les fêtes et les sacrifices. On répétait souvent dans ces chansons les mots Io et Bacchus.
Irlande (De la musique en). Les compositions orientales sont d'une grâce, d'une mollesse, d'un raffinement d'expression et de sentiment dont n'approche aucun autre peuple ancien ni moderne. La langue que les Arabes parlent dans ce monde à leurs maitresses, semble être celle qu'ils parleront dans l'autre à leurs houris. C'est une espèce de musique si touchante et si fine, c'est un murmure si doux, ce sont des comparaisons si riantes et si fraîches! Je dirais presque que leur poésie est parfumée comme leur contrée.
Cette peinture fidèle et brillante de la poésie arabe parRaynal, dans son Histoire philosophique des Indes, définit aussi merveilleusement la musique irlandaise, qui n'a rien de ce feu barbare et sauvage inhérent au\ chants et aux ballades du Nord. La ressemblance qui existe entre la langue et les airs d'Irlande et la langue et la musique d'Orient, se retrouve également dans Ihs poésies et les images qui l'embellissent, en sorte qu'elles sont une preuve nouvelle de l'origine orientale du peuple de cette ile.
Spencer appelle les chansons irlandaises un poème parsemé de petites fleurs qui se donnent de la grâce et de la beauté les unes aux autres. Le langage en est chaste, élégant et pur; les nuances qu'elles retracent