‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 59 sur 112 · CAN · texte numérisé non relu

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paysans se servent encore de ces liges creuses pour faire fies flageolets, des fifres, etc.

CvNON. C'est une sorte de fugue qu'on appelle perpétuelley parce que les parties, partant l'une après l'autre, répètent sans cesse le même chant. Il y a plusieurs espèces de canons ; pour les connaître toutes, il faut avoir égard :

io Au nombre des parties : le canon peut être à deux, trois, quatre parties, ou davantage;

2'^ Au nombre des solutions : il y a des canons qui n'admettent qu'une solution, il y en a qui en admettent un plus grand nombre ;

30 Au nombre des voix principales : un canon d'une seule voix principale s'appelle canon simple; un canon composé de plusieurs voix principales s'appelle canon double, triple, etc., selon le nombre de ses voix ;

40 Aux intervalles par lesquels se fait la reprise : il y a des canons à l'unisson, à la seconde supérieure ou inférieure, à la tierce supérieure ou inférieure, et de même à la quarte, à la quinte, à la sixte;

io A la durée de l'imitation : tout canon se compose de façon, ou que la voix suivante répète le chant de la première en entier, et que pendant que l'une des parties finit, l'autre puisse recommencer le chant de nouveau ; ou il ne se compose pas de cette façon, la voix suivante ne répétant le ehant de la précédente que jusqu'à une certaine distance marquée, et la pièce finissant par là. Un canon de la première espèce se nomme canon perpétuel ou obligé ; le second s'appelle canon libre. Quand le canon perpétuel est composé de telle sorte qu'à chaque reprise on change de ton, et qu'il faut faire par conséquent le tour des douze modes, on l'appelle canon circulaire ;

60 A la figure des notes : quand l'imitation des parties se fait par augmentation ou par diminution,

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il en résulte un canon par augmentation ou diminution ; et cette augmentation ou diminution peut être double, triple, et davantage ;

70 Au mouvement : il y a des canons par mouvement contraire, par mouvement rétrograde, et par mouvement rétrograde et contraire ;

80 A la qualité des parties : on fait des canons sur un canto fermo, on en fait d'autres avec des parties accessoires à la tierce, ou avec une partie qui sert d'accompagnement ;

90 Aux temps de la mesure : on fait des canons à contre-temps, dans la classe desquels on peut aussi ranger ceux par imitation interrompue;

lOo A la manière d'écrire le canon : on les écrit de deux manières : 1» l'on ne met par écrit que la voix principale du canon, pour en faire deviner les autres au lecteur, ce qui s'appelle canon fermé ; 2° on y joint toutes les voix consécutives à la voix principale en les mettant en parti tioVi, ce qui s'appelle canon ouvert.

Cantabile. Adjectif italien qui signifie charitable, chantanty ce qui est fait pour être chanté, c'est-à-dire le morceau où l'on doit réunir tous les moyens, tous les pouvoirs, tous les ornements du chant.

Un morceau de musique tel que le cantabile est le plus difficile qu'on puisse exécuter : aussi il n'appartient qu'aux grands talents de le bien chanter, car il exige les qualités de la voix les plus parfaites, et l'emploi le plus sévère de la méthode de chant. Les qua* lités requises pour bien chanter le cantabile sont : 10 de posséder parfaitement l'art de filer les sons; 20 d'exécuter les phases de chant, les agréments et les traits, avec expression; 80 enfin, de mettre beaucoup de moelleux et d'onction dans le port de la voix.

Cantate. Sorte de petit poëme lyrique qui se chante

avec des accompagiiomcnls, et qui, bien que l'ait pour les salons, doit recevoir du musicien la chaleur de la musique imitative et théâtrale.

Les airs, les scènes, les chœurs d'opéras que l'on exécute dans les concerts et les réunions musicales, ont fait perdre l'usage de la cantate. On en compose cependant encore de temps en temps pour certaines fêtes solennelles.

Cantatille. Petite cantate.

Cantatrice. On désigne ainsi les femmes qui, après avoir reçu de la nature un organe sonore, ont su le rendre propre au chant, en se livrant de bonne heure et avec assiduité à l'étude de la musique et à la pratique des exercices de la bonne école de chant. (Voyez les articles Opéra, Académie de Musique.)

C ANTILENA. Noiii que les Italiens donnaient autrefois à la musique mondaine pour la distinguer de la musique sacrée, que l'on appelait motets.

Cantique. Hymne que l'on chante en l'honneur de la Divinité. Les premiers et les plus anciens cantiques furent composés à l'occasion de quelque événement mémorable, et doivent être comptés parmi les plus anciens monuments historiques. Ces cantiques étaient chantés par des chœurs de musique, et souvent accompagnés de danses, comme nous le voyons dans l'Écriture. La pièce la plus importante qu'elle nous offre en ce genre est le Cantique des Cantiques, ouvrage attribué à Salomon.

Dans un sens plus moderne et plus en usage, on appelle cantique une hymne en langue vulgaire, dans lequel on célèbre Dieu, les anges, les saints ou quelque vérité de la religion, et composé expressément pour l'édification des fidèles.

Il doit être religieux, puisqu'il doit exprimer des idées religieuses; noble, puisque toutes les idées reli-

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