FAC
Fâ ut. C'était dans l'ancien solfège, le /a, clef de basse, quatrième ligne, sur lequel on chantait, tantôt la syllabe /a, tantôt la syllabe ut.
Face. Combinaison, ou des sons d'un accord en commençant par un de ces sons, et en prenant les autres selon leur suite naturelle, ou des touches du clavier qui forment le même accord. D'où il suit qu'un accord peut avoir autant de faces qu'il y a de sons qui les composent, car chacun peut être le premier à son tour.
Facile. On appelle composition facile celle dont l'exécution ne réclame pas un haut degré d'habileté artificielle. Quelquefois on emploie aussi le mot facile par opposition à ce qui est d'une grande importance, et l'on entend alors une composition faite sans aucune prétention.
Facteurs d'instruments. On désigne particulièrement sous ce nom, les fabricants de pianos, d'orgues et de harpes. Ceux qui font des violons, des altos, des violoncelles, des contre-basses, des guitares, ont conservé le nom de luthiers, parce qu'autrefois le luth était l'instrument à la mode. Il y a des fabricants spéciaux pour les instruments en bois, tels que hautbois, clarinettes, bassons, flûtes, flageolets, etc. ; d'autres, pour les instruments en cuivre, tels que trompettes, cors, trombones.
Au seizième siècle, les facteurs d'instruments de musique furent réunis en corps de jurande, et le roi leur donna des statuts qui ont été imprimés. Avant cette époque, ils ne pouvaient employer pour la fabrication des instruments que l'étain, le cuivre et le bois. S'ils se servaient d'argent ou d'or, ils étaient querellés par les orfèvres ; s'ils se servaient de nacre ou de bois colorié, ils étaient querellés par les tabletiers.
Facture. Ce mot exprime la manière dont un morceau de musique est composé. Il s'entend de la conduite et de la disposition du chant, comme de celle de l'harmonie. La facture d'une pièce de musique, par rapport au chant, exprime l'art avec lequel les motifs bien choisis sont enchaînés entre eux, ramenés à propos dans une étendue convenable. Par rapport à l'harmonie, ce mot exprime l'enchaînement heureux et savant des modulations, l'emploi des accords les plus inattendus présentés sans dureté. Les chœurs des orato-
riosde Haendel; de la Création^ de Haydn ; des Requiem^ de Mozart et de Chérubini : les chœurs de Quillaume Tdl^ de Robert le Diable^ de la Juive ; le septuor A'Hernani le quatuor de Rigoletto^ le final àHamlet sont d'une belle facture. C'est aussi le mérite des ouvertures de Freyschutz^ de la Flûte enchantée surtout, et des symphonies de Haydn, de Mozart, de Beethoven.
Fafa (A). Danse portugaise qui ressemble au fandango. (Voir A CHULA.)
Pagottg. Ce mot, quidérive du latin /îi^ctg (faisceau), désigne l'assemblage de plusieurs choses liées ou réunies ensemble ; et c'est probablement par cette raison que les Italiens ont donné ce nom au basson, à cause de la ressemblance qu'ont les parties de cet instrument avec un fagot, lorsqu'elles sont démontées. (Voyez Basson).
Pagottone, Contre-basson. Instrument à vent et à anche du genre du basson, et qui, par ses dimensionsi sonne l'octave inférieure du basson. Il est au hautbois, ce que le violoncellb est au violon.
Paire. Manière et style du compositeur.
Pandanoo. Air de danse à trois temps, d'un mouvement assez vif. C'est l'air favori des Espagnols. Ni les pyrrhiques voluptueuses tant courrues des Romains, ni ces danses des Saliens tant célébrées par Denis d'Halicarnasse, n'approchèrent jamais du fandango espagnol. Mais, pour qu'il plaise^ il faut que le fandango soit bien dansé, bien exécuté ; que la tête, les pieds, les bras, le corps de la danseuse se meuvent d'ensemble. Les Espagnols racontent, au sujet du fandango l'anecdote suivante: La cour de Rome, scandalisée devoir une nation, citée pour la pureté de sa foi, tolérer une danse aussi voluptueuse, résolut de la proscrire, sous peine d'excommunication. Les cardinaux s'assemblent, le procès du fandango s'instruit ; la sentence va être mise aux voix, quand un des juges observe qu'on ne doit pas condamner un coupable sans l'entendre. L'observation paraît juste, elle est accueillie.
On fait comparaître devant l'assemblée un couple espagnol armé de castagnettes, et on le somme de déployer en plein tribunal toutes les grâces du fandango. La sévérité des juges n'y tient pas, les fronts se dérident, les visages s'épanouissent. Leurs éminences se lèvent ; des pieds, des mains, elles battent la mesure. La salle du Consistoire se change en salle de bal, et le fandango est absous.