‹ Dictionnaire de musique théorique et historiqueChapitre 176 sur 222 · PRO · texte numérisé non relu

PRO

Progrès de la fugue. C'est ainsi que l'on appelle la suite de la fugue, à partir du point où toutes les parties ont fait chacune leur entrée, et où tous les fils du discours musical sont liés ensemble.

Progression (ou marche) de Basse. C'est un morceau d'harmonie dans lequel toutes les parties marchent avec une telle symétrie, que l'intelligence, exclusivement attentive à cette symétrie parfaite, oublie de penser à la natureetàPenchaînementdes accords employés, et les souffre tous.

On écrit sous la forme que Ton veut deux ou trois accords parfaitement réguliers qui forment le thème de la progression et qu'on reproduit plusieurs fois, en montant ou en descendant.

Prolation. C'était dans l'ancienne musique une manière de déterminer la valeur des notes demi-brèves sur celle de la brève, ou des minimes sur celle de la demibrève. Cette prolation se marquait après la clef, par un cercle ou un demi-cercle, ponctué ou non ponctué.

Prologue. Sorte de petit opéra qui précède le grand, l'annonce et lui sert d'introduction.

Prolongation. La prolongation en général consiste à continuer une ou plusieurs notes d'un accord sur un ou plusieurs accords suivants. (Voyez le mot Retard).

Proposition. Termfe que l'on emploie pour désigner la première phrase d'une fugue, contenant le sujet et tous les contre* sujets, quel qu'en soit le nombre.

Proprement. Signifie en musique, avec justesse et facilité. On dit jouer proprement, exécuter proprement.

Propriété. Avant l'inveniion de la note si se disait de la disposition de la mélodie quand au ton. Il y avait troit sortes de jpropriétés : la propriété de nature^ celle du bémol et celle du bécarre.

Prose. L'usage des proses était très-fréquent dans les premiers temps de l'Église. L'office romain n'en a conservé que trois : Victimœ paschcdi laudes^ pour le jour de Pâques, Veni sancte spiritus, pour la Pentecôte, Lauda^ Sion, Salvatorem, pour la fête du Saint-Sacrement. On les chante souvent en musique. Le Stabat Mater et le Dies irœ sont plus célèbres encorç. Tous les amis de la grande musique connaissent ceux de Paleatrina, de Pergolèse, de Haydn, deRossini, etc., etc.

Proslambanomenos. Nom du la ajouté par les Grecs au-dessous du si^ par lequel commençait leur système.

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Guido ayant placé un sol au-dessous de ce la, ce sol fut appelé kypo^roslambanomenos, c'est-à-dire sous-proslambanomène.

Prosodie. La voix de Tliomme est naturellement une succession de notes ou degrés musicaux, lors môme qu'il parle ou émet sa pensée. C'est la plus grande preuve de la présence d'une âme qui donne ses passions à la matière. Il est impossible, si la première langue parlée par l'homme fut l'hébraïque, qu'Adam, dans cet idiome, ait manifesté son admiration pour Eve, sans accentuer vivement sa parole, sans l'animer de longues et de brèves, tantôt plus lentes, tantôt plus rapides, enfin sans la chanter en quelque sorte. La musique fut depuis une extension de cette prosodie naturelle. Elle se sert même quelquefois du verbe prosodier pour exprimer les diverses mesures et rhythmes de son chant. Toutefois la musique, par son art, perfectionna et fixa, depuis, la prosodie innée dans chaque idiome. Les vers et la musique sont le dépôt conservateur de la prosodie générale chez tous les peuples.

Protée. (Voir cimbalo et nécordo.)

Proverbe musical. Air ou fragment d'air populaire qui rappelle les paroles jointes à la mélodie.

PsALLETTE. Du grec YdXXco (je chante) lieu où l'on élève, où l'on exerce les enfants de chœur.

PsALMODicoN. Espèce de serpent ayant vingt cinq clefs construit en 1828 par Weinvich' cordonnier en Thuringe.

Psalmodier. C'est chanter ou réciter les psaumes et l'office d'une manière particulière ; la psalmodie tient le milieu entre le chant et la parole. C'est du chant parce que la voix est soutenue ; c'est de la parole, parce qu'on garde presque toujours le même ton, et que l'on observe exactement le débit oratoire.

PsALTÉRioN.. Instrument à cordes fixes, quia la forme d'un triangle tronqué par en haut, et dont chaque note a deux cordes de laiton ou d'acier. Il se joue des deux mains, en mettant aux doigts des anneaux plats, d'où sort un fort tuyau de plume pointu.

- Psaumes. Hymnes ou cantiques écrits en hébreu, et dont le roi David passe généralement pour être l'auteur. David dansant devant l'arche, ou retiré dans son palais, ou même assis à la table des festins, chantait ses poésies nationales et sacrées au son du kinnor (la grande harpe).

et dans le temple les éclatants buccins, les doux psaltérions, les vibrantes cymbales, les chœurs mélodieux de 4,000 lévites les accompagnaient de leur puissante harmonie.

Durant la captivité de Babylone, des Juifs moururent de tristesse de ne pas entendre les bel leSr louanges du Dieu de leurs pères. Leurs regards se levaient incessamment vers les saintes montagnes. Le Super flumina Babylonis faisait ruisseler sur leurs joues un torrent de larmes. Aujourd'hui encore indiflérentsguenous sommes, nous ne lisons pas ces plaintes harmonieuses sans avoir Tâme navrée de tristesse. C'est la plus touchante élégie qu'aient enfantée la douleur, la captivité de l'exil.

Beaucoup de compositeurs célèbres ont mis des psaumes en musique. A leur tête, brille Marcello, un des plus beaux génies qui aient illustré l'Italie. Une admirable expression poétique, beaucoup d'originalité et de hardiesse dans les idées, enfln une grande richesse et une grande variété de moyens, ont fait considérer les cinquante psaumes qu'il a publiés, non-seulement comme son chef-d'œuvre, mais comme une des plus belles productions de l'art.

Les Miserere d'Allegri, de Bai, de Paisiello, de Jomelli, qui en a-fait quatre ou cinq, parmi lesquels on remarque surtout celui à deux voix, sont célèbres.

Psautier. Recueil des cent cinquante chants bibliques qui portent le nom de psaumes.

Pupitre. Meuble dont on seset*t pour poser les livres de musique, les partitions, les parties séparées, dans une situation commode pour être lus.

QuADRiciNiUM. Composition à quatre parties.

Quadrille. Danse d'un caractère très-gai, d'un mouvement vif, dont la mélodie est de 2/4, et qui a deux reprises de huit mesures chacune. On appelle aussi quadrille un groupe de quatre danseurs et de quatre danseuses qui figure dans les ballets et les grands bals, et qui se distingue des autres groupes par un costume

particulier. Le quadrille se compose de cinq figures ayant chacune son caractère spécial. On les nomme 1** Pantalon^ 2" Été y 3* Poule, 4° Pastourelle on Trénis,^'' Final. Le Pantalon s'écrit à 6/8, rarement à 2/4. VÉté s'écrit à 2|4 souvent, et se joue plus lentement que le pantalon. La Poide s'écrit à 6i8 ; elle a un caractère sérieux et sa phrase est ondulée. La Pastourelle est d'un mouvement plus vif que celui de la Potde, Le Final doit avoir de l'entrain ; il est permis d'en presser la mesure, sans cependant faire courir les danseurs.

Quadruple croche. Note de musique valant le huitième d'une croche. Les quadruples croches sont crachées à quatre crochets, ou à quatre barres qui en tiennent lieu, quand elles sont plusieurs de suite.

Qualité du son. La qualité du son ne saurait être déterminée, car les diverses matières qu'on peut employer pour la confection des instruments, la manière de les jouer, ou d'autres inventions peuvent rendre le son tout à' fait différent de celui qu'ont tous les instruments en usage de nos jours.

Quantité des sons musicaux. Si l'on entend par là l'extension des sons musicaux, cette extension n'étant pas bornée, il n'est pas possible de la déterminer, cat on peut inventer des instruments qui rendent des sons plus jiigus ou plus graves (toujours appréciables cependant) que ceux que l'on connaît aujourd'hui. '

Quart de soupir. Chaque note, suivant sa valeur, a un silence correspondant. Les silences des diverses va-leurs ont des noms qui leur sont particuliers. Ainsi, par exemple, on appelle pause celui de la ronde, demi-pause celui de la blanche, soupir celui de la noire, demi-soupir celui de la croche, quart de soupir celui de la double croche, etc.

Quart de ton. Quatrième partie de l'intervalle d'un ton, qui n'est employée ni dans la mélodie ni dans l'harmonie, attendu que notre oreille n'est point habituée à mesurer ces petits intervalles. On dit, en parlant d'une intonation défectueuse, que le musicien monte ou baisse d'un quart de ton.

Quarte de nasard. Jeu d'orgue qui sonne la quarte au-dessus du nasard, et l'octave au-dessus du prestant. Ce jeu fait partie de ceux qu'on appelle jeux de muta^ tion.

Quarte. Intervalle de quatre degrés. La quarte peut

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être de trois espèces : la naturelle^ la diminuée^ Vaug^ mentée.

Tant que la quarte ne forme pas un retardement de la tierce de Taccord suivant, elle est toujours consonnance et doit être considérée comme telle après la quinte naturelle dans son usage harmonique; elle est cependant sujette, ainsi que la dissonance, à une progression limitée. Ceci donna lieu, dans le siècle dernier, à beaucoup de controverses sur la question de savoir si la quarte est ou n'est pas une consonnance ; mais il est évident qu'elle est consonnance quand elle fait partie d'un accord parfait ; elle est dissonance quand elle est introduite, comme retard, dans un accord, dont, naturellement, elle ne ferait pas partie. La quarte doublée ou transposée à l'octave s'appelle onzième.

QuARTER. C'était chez les anciens musiciens une manière de procéder dans le déchant ou contre-point, plutôt par quartes que par quintes.

Quasi, Presque. Ce mot sert à indiquer le mouvement ; par exemple, andante quasi allegretto.

QuASirSYNCOPE. Ancien nom de la figure dans laquelle on répétait la même note divisée par la barre de mesure, sans être unie par la liaison.

Quaternaire. Ce qu'on appelle le quaternaire sacré de Pythagore comprend les nombres 1, 2, 3, 4, qui indiquent les proportions relatives de l'octave, de la quinte et de la quarte. Ces nombres correspondent aux notes do, do, sol, do^ et on trouve en eux, de 1 à 2, la proportion de l'octave, de 2 à 3 celle de la quinte, et de 3 à 4 celle de la quarte.

Quatorzième. Septième, augmentée d'une octave.

QuA'fRE MAINS. On appelle sonate à quatre mains une pièce composée pour être exécutée par deux personnes sur un même piano ; elles se placent î'vine à côté de l'autre, et se divisent le clavier par moitié. L'octave ajoutée à cet instrument ouvre un champ plus vaste à la sonate à quatre mains, et donne à chaque exécutant une étendue de trois octaves. Il existe de très-belles sonates à quatre mains de Mozart ; on a arrangé des symphonies de Haydn, et des ouvertures d'opéra à quatre mains pour le piano»

QuATRiciNiA. Nom de petits morceaux de musique pour quatre cors ou trompettes.

Quatuor. Morceau de musique vocale ou instrumen-

laie composé pour qualre parties. Dans son acception la plus étendue, ce mot s'applique à toute espèce de musique écrite pour quatre voix ou pour quatre instruments, quelle que soit d'ailleurs l'importance relative de chacune des parties. Mais^ dans un sens plus restreint et plus particulièrement usité, il ne s'applique qu'aux compositions dont toutes les parties sont concertantes ou obligés. C'est dans ce sens que J.-J. Rousseau, dont au reste les connaissances musicales étaient incomplètes et fort erronées, dit qu'il n'existe point de vrais quatuors, ou qu'ils ne valent rien. Cette assertion, trop absolue pour être juste, prouve tout au plus que le célèbre philosophe a voulu jouer sur le mot, ou que la portée de ses vues en musique ne s'étendait pas au-delà du cercle rétréci qui servait alors de limite à l'art musical.

Le quatuor concertant, lorsqu'il est écrit pour des voix, peut être accompagné par l'orchestre. Quant au quatuor instrumental, il est ordinairement exécuté par les seuls instruments pour lesquels il a été écrit. Cependant il peut être également accompagné par l'orchestre, et s'il est conçu dans des»proportions instrumentales brillantes, le morceau prend le nom de symphonie concertante.

Il n'y a pas longtemps que les quatuors et autres morceaux d'ensemble sont usités en France. Les opéras de Gluck ne présentent même, à l'exception des chœurs, que du récitatif, des airs, quelques duos, et presque janaais des trios et des morceaux d'ensemble. C'est encore à l'Italie que nous devons l'introduction de cette partie si intéressante de l'art.

Le premier trio qui parut fut entendu dans un opéra bouffon, composé par Logroscino et exécuté en 1750. Le succès n'eut rien de bien remarquable, mais la route était indiquée ; une nouvelle carrière s'ouvrait au génie, et depuis Piccinni jusqu'à Paisiello et Mozart, les progrès lurent immenses. On se souvient encore de l'enthousiasme qu'excita le fameux septuor du Roi Théodore de Paisiello, et les quatuors, sextuors et finales des différents opéras de Mozart, Spontini et Weber montrent à quel point il est possible de répandre du charme et de l'intérêt sur les scènes lyriques à plusieurs personnages.

L'illustre Haydn, qu'on a si justement surnommé le père de la symphonie, peut à aussi juste titre être regardé comme le créateur du quatuor instrumental. Après lui

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