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Gastorium MELOS. Certain air guerrier qui faisait allusion aux exploits de Castor et Pollux et qui imitait leurs batailles.
Castrat. Chanteur de soprano ou de contralto qu'on a privé dès son enfance des organes de la génération pour lui conserver une voie aiguë, comme celle d'un enlant. Les voix de castrats, dans la musique sacrée, produisaient un effet si mei^eilleux, qu'on ne tarda pas à les employer dans les théâtres lyriques. Peu à peu le nombre des castrats devint très considérable, et les plus célèbres d'entre eux firent d'immenses fortunes. Cet exemple poussa à la spéculation, et il se trouva des parents dénaturés qui cherchèrent à s'enrichir parce moyen odieux. Aujourd'hui cet usage barbare a complètement disparu.
Les castrats les plus célèbres des temps passés sont Farinelli, élève de Porpora, au dix-huitième siècle, le plus admirable chanteur qu'on ait jamais entendu : Bernacchi, qui s'est fait à la même époque, une grande réputation comme chanteur et comme professeur ; Pasi, Minelli, Conti, surnommé Giziello, du nom de son maître Gizzy ; Paul Nicollini et une foule d'autres. Napoléon possédait à sa cour le fameux sopranisteCrescentini, une des tjernières et des plus brillantes étoiles de cette pléiade de grands chanteurs.
Catabasis. Ce mot, chez les anciens Grecs, signifiait une progression de son descendante.
Catachoreusis. Cinquième et dernière partie du nome pythien exécuté par les concurrents dans les jeux pythiques.
Catachrèse. Les musiciens pythagoriens expliquaient, au moyen de la catachrèse, une suite de sixtes entre trois parties, c'est-à-dire d'accords de sixtes.
C AT acoustique. Scicnce des échos ou sons réfléchis, d'où dépend celle des salles de spectacle.
Cataphonique. Science des sons réfléchis, qu'on appelle aussi catacoustique.
Catapléon. Nom d'une certaine danse pyrrhique des Grecs.
Catch. Nom anglais d'une certaine espèce de petits canons ou fugues^ que Ton chante dans les sociétés, comme simple divertissement.
Catena, Barre. Petite lame de bois que l'on colle au
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dedans des instruments h archet dans la longueur de la table d'harmonie.
Cavarre il suono, Tirer du son. Manière de faire sortir le son de quelque instrument : de là les différentes qualités ou modifications du son. On dit : tirer des sons doux et âpres,
Cavatine. Sorte d'air, pour l'ordinaire assez court, qui n'a ni reprise ni seconde partie,»et qui se trouve souvent dans des récitatifs obligés. Ce changement subit du récitatif au chant mesuré, et le retour inattendu du chant mesuré au récitatif, produisent un effet admirable dans les grandes expressions.
Cécile (Ste.) Romaine qui souffrit le martyre en Sicile, sous l'empereur MarcAurèle. Les musiciens l'ont prise pour patronne parce que en chantant les louanges de Dieu elle s'accompagnait souvent avec un instrument.
Céleste (musique). Se dit de certains registres d'orgue qui produisent des sons doux et voilés. — On dit également jeux célestes, pédales célestes,
Célestino. Sorte de clavecin à archet inventé en Allemagne par le mécanicien Walker, en 1784.
Cembalo. (Voyez Clavecin).
Centre Phonique. On nomme ainsi le lieu où se tient celui qui parle dans un écho et centre phonocamptique l'endroit qui renvoie le son.
Centon, en italien centone. On appelle ainsi un oratorio, un opéra composé d'airs de plusieurs maîtres. On lui donne aussi le nom de pasticcioy pastiche, composition dans laquelle il entre des morceaux de divers auteurs. Ce mot dérive du grec centon^ habit de plusieurs morceaux.
On nomme également Centon des fragments de traits recueillis et arrangés pour la mélodie qu'on a en vue.
Cerataule. Musicien qui sonnait une espèce de trompe faite avec une corne d'animal.
Cerceau. Sorte d'instrument de musique en bronze dont les Grecs et les Romains faisaient usage dans leurs jeux, en l'agitant en l'air et en le frappant avec une baguette de fer.
Cervelas. Diminutif de basson. Son nom indique la forme de cet instrument qui n'avait ordinairement que cinq pouces de long.
Chacone. Air de danse Irès-étendu, qui servait de fi-
nale à un ballet ou à un opéra. La chacone n^est plus en usage sur aucun théâtre. Elle s'écrmit à deux ou à trois temps et quelquefois à quatra
Chahut. Nom d'une danse indécente usitée dans certains bals publics.
Chalumeau. Instrument à vent fort ancien, et le premier peut-être qui ait été inventé. Cet instrument pastoral n'était dans l'origine qu'un roseau percé de plusieurs trous. Le chalumeau moderne était une espèce de petit hautbois, que Ton a abandonné à cause de la mauvaise qualité de ses sons. L'embouchure se composait d'un morceau de roseau taillé d'une seule pièce ou divisé en deux parties ou languettes très-minces et très-rappro» chées. Le tube inférieur s'élargissait en forme de pavillon.
Châkguion. Instrument à anches libres, sorte de phylharmonica inventé à Paris en 1846.
Chanson (la). L'homme ému d'un sentiment gai, tendre, ardent ou belliqueux qui prolonge ses accents, les module et varie les tons de sa voix en mêlant des paroles à cette expression naturelle, fait une chanson. Le guerrier scalde, qui s'écriait sur lu champ de bataille : « corbeaux, voici votre pâture ; nos ennemis sont morts, remerciez-moi ; venez, voici votre pâture, » et qui accompagnait ces mots d'inflexions diverses, faisait une chanson militaire.
Cette origineest commune & toutes les espèces de chansons. Les règles sont nées ensuite du nombre même des exemples, et ont été soumises à cette manière d'exprimer son émotion par une alliance intime du chant et du langage.
Nous ne nous arrêtons pas, ainsi que Ta fait Rousseau, sur l'origine plus ou moins ancienne de ce petit poème, et nous avons de bonnes raisons pour nous en tenir à l'opinion d'Aristote, qui prétend que les lots elles-mêmes étaient des chansons. Chez les Grecs, les unes et les autres empruntaient le secours de la mélodie.
La chanson, parmi nous, est un petit poème marqué d'unrhythme populaire et facile ; passant de bouche en bouche, et rapide comme la renommée, il devient l'expression de tout un peuple, qui répète ses refrains joyeux ou passionnés. Comme la chanson se prête à tous les sentiments^ elle emprunte aussi tous les tons ;
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gaie, tendre, satirique, philosophique, jamais fée n'eut dans ses mains un prisme plus variable : la seule teinte qu'elle rejette est celle du pédantisme.
Si nous cherchons à établir une espèce d'ordre dans un sujet qui en comporte si pen, nous trouvons d'abord la chanson religieuse, la chanson politique et patriotique, la chanson guerrière, la chanson philosophique, la chanson satirique ou vaudeville, dans laquelle les Français ont surtout excellé ; la chanson grivoise, qui est l'abus et l'excès de ce dernier genre ; enfln la chanson burlesque, ou parodie, qui tient de la chanson grivoise et de la chanson satirique. Au reste, il est inutile de dire que tous ces genres rentrent souvent l'un dans l'autre, et qu'il est par conséquent impossible d'en déterminer exactement les limites.
De la chanson religieuse. De tout temps l'exaltation religieuse a produit des chants, et les hymnes se sont élevés vers le ciel avec la fumée des anciens sacrifices. Sans parler des hymnes d'Orphée, des pœans ou cantiques sacrés des Grecs, de ceux des adorateurs du soleil, dont on retrouve quelques vestiges dans les fragments du Zendavesta, sans nous occuper de ces chants hébraïques connus sous le nom de psaumes, passons à cet usage populaire des chants inspirés par la religion chrétienne.
Ces chansons, appelées cantiques ou noèls, sont curieuses comme monuments de l'esprit humain. La plus connue, comme la plus burlesque de nos chansons religieuses, est celle que le peuple adressait à l'âne, qte l'on fêtait jadis comme l'animal choisi par Dieu même pour porter son fils à Jérusalem.
Plus tard, la malignité satirique s'emparant du rhythme des anciens cantiques, transforma en épigrammes licencieuses les naïvetés des vieux noëls.
La chanson politiqtie ou patriotique. L'antiquité nous a laissé quelque chefs-d'œuvre dans ce genre. Le plus célèbre, c'est le chant d'Harmonius et Aristogiton ;
« Mon épée est entourée de myrte ; elle me rappelle le souvenir de nos frères qui ont rétabli l'égalité des lois. Harmodius et Aristogiton frappèrent d'un glaive orné de ces feuilles verdoyantes le tyran qui opprimait la République. Mon épée, sois entourée de myrte; je te consacre à leur mémoire.
a Ombres saintes, vous n'avez pas cessé de vivre invi-
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sibles ; vous présidez encore à nos destinées. Vous êtes au milieu de nous, et vous souriez à vos amis, alors qu'en votre honneur ils couronnent leur coupe et leur glaive de myrte, vert.
« Mon épée, sois entourée de myrte, et rappelle-moi sans cesse le souvenir des deux frères immortels qui, dans Athènes, ont rétabli Tégalité des lois. »
Cette sensibilité vive, qui faisait dire à Duclos que les Français étaient les enfants de l'Europe^ s'est de tout, temps exhalée en chansons. On chantait quand les Anglais démembraient le royaume ; on chantait pendant la guerre civile des Armagnacs; on chantait pendant la Ligue, pendant la Fronde, sous la Régence, et c'est au bruit des chansons de Rivarol et de Champcenetz que la monarchie s'est écroulée à la fin du dix-huitième siècle.
Cette révolution de 89, qu'avait prédite en chansons le chevalier Delisle, en 1784, embrasa tous les cœurs de l'amour de la liberté, etdes chants vraiment nationaux la célébrèrent: mais bientôt la plus belle des passions s'exalta jusqu'à la frénésie, et les fureurs populaires déshonorèrent une cause si belle : des refrains de sauvages poussèrent au pillage et au meurtre une population en délire.
La République périt au milieu de ses triomphes et de ses succès. L'ascendant d'un seul homme remplaça l'énergie de la nation, et la servitude glorieuse qu'il imposa au peuple français fit succéder des chants de victoire aux hymnes de la liberté.
La muse patriotique se réveille au bruit de la chute du conquérant. Un poète, doué de la grâce et de la finesse d'Horace, d'un esprit à la fois philosophique et satirique, d'une âme vive et tendre, d'un caractère qui sympathisait avec toutes les gloires de la patrie, Béranger, la lyre en main, s'assied sur le tombeau des braves. Par un talent qu'il a seul possédé, il a su rassembler, dans des poèmes lyriques de la plus petite proportion, la grâce antique et la saillie moderne, la pensée philosophique et le trait de l'épigramme, la gaieté le plus vive et la sensibilité la plus profonde; en un mot tout ce que l'art a de plus raffiné et la nature de plus aimable.
Chanson guerrière. Il y a, dit Montaigne, une harmonie courageuse qui échauffe en môme temps le cœur et les oreilles. Les chansons militaires ont partout animé les hommes au combat, et les vers de Tyrtée,
répétés par les Athéniens au son des lyres, ne contribuèrent pas moins à la bataille de Marathon, que la valeur et les talents de Miltiade.
Au moyen âge, quelques trouvères, et notamment le célèbre Bertrand de Born, qui florissait au xii^ siècle, nous ont laissé des chants guerriers pleins d'entraînement et d'enthousiasme. Tout le monde sait l'influence électrique qu'exerça sous la République l'hymne marseillais. A ces accents belliqueux des millions de combattants jaillirent tout à coup sur le sol français, et leurs phalanges victorieuses repoussèrent l'Europe coalisée contre nous.
Chanson philosophiqiœ. Quelques-unes des plus belles odes d'Horace ne sont évidemment que des chansons, et bien avant lui, les Grecs qui mêlaient à tout des idées de liberté et de philosophie, animaient leurs repas par des chansons de ce genre. Athénée en rapporte plusieurs. Aristote, après la mort de son ami Hermias, a composé sur ce sujet la plus belle chanson philosophique qui nous soit parvenue. Cette espèce de chanson a dû prendre parmi nous une teinte moins sévère; elle se confond le plus souvent avec le genre erotique. Panard, Béranger, Pierre Dupont et Nadaud offrent de beaux modèles de la chanson philosophique.
Chanson satirique ou vatideville. De tout temps, les poètes français ont excellé dans ce genre éminemment national. Sous le rapport de l'éteisàue, le vaudeville est le poôme épique du genre : comme il ne prescrit point de marche régulière, et qu'il va lançant au hasard Tépigramme et la saillie, il ne s'arrête que lorsque l'auteur a épuisé sa verve satirique.
Panard est le roi de l'ancien vaudeville ; il y atteint parfois h la naïveté de La Fontaine et à la gaieté de Piron. Aucun chansonnier avant lui n'avait su rendre la morale plus gaiement populaire. Collé, Jean Monet, Favart, Désaugiers, ont laissé quelques vaudevilles qui méritent de trouver place dans les recueils, mais qui ne leur assignent dans ce genre qu'un rang très-inférieur à Panard et à plusieurs de nos contemporains, notamment Scribe, Théaulon, Bayard, Duvert, Mélesville.
Chanson bachique. Les premières chansons de table furent répétées en chœur, et l'on avait soin de n'y introduire que les louanges des dieux. Mais la chanson de table quitta bientôt ce ton sévère ; on célébra le pouvoir
du vin et de lamour. Chacun des chanteurs prit pour sceptre une branche de myrte qu'il passait à son voisin, après avoir achevé sa chanson et vidé son verre. Quand le voisin ne savait pas chanter, il se contentait de garder la branche entre ses mains, tandis qu'un autre chantait pour lui. De là cette expression populaire : Chanter au myrte,
Anacréon n'a guère fait que des chansons de table. La meilleure est celle où il fonda sur la certitude de la mort la nécessité de boire. Il y a de la grâce et de Ta* bandon dans les raisonnements qu'il oppose à la Parque fatale. Tous les chansonniers» depuis, ont adopté sa logique.
Les chansons bachiques d'Horace ont plus de charme, plus de philosophie. Les guirlandes enlacées pa^r une jeune esclave, le doux murmure des baisers timides, le Falerne pétillant dans l'amphore, la brièveté de nos jours, la folie de l'ambition qui tourmente une vie si courte et la nécessité d'en jouir, la combinaison de ces idées riantes et mélancoliques, animent les chansons d'Horace. C'est de lui que Montaigne a dit : il berce la * sagesse sur le giron de la volupté.
Nos chansons de table ont été longtemps des orgies grossières ; celles de Maître-Adam ne manquaient pas de verve. Chaulieu et Lafare donnèrent à ce genre de chanson une forme de bonne compagnie. Les faridon^ daines^ les tourlouribo, régnèrent jusqu'au siècle de Louis XV. Dufrény, Panard et Collé peuvent être regardés comme les restaurateurs de la chanson bachique, où ils ont été surpassés de nos jours par Désaugiers et Déranger.
Chanson erotique. Dans l'ordre naturel, cette espèce de chanson doit avoir précédé toutes les autres. Quoi qu'en disent Hobbes et Machiavel, les hommes ont fait l'amour avant de faire la guerre. Dornons-nous à rappeler ici que plusieurs odes de Catulle et d'Horace sont les premiers modèles de la chanson erotique, et qu'elles seraient encore sans rivales, si de nos jours Déranger en France, et Thomas Moore en Angleterre, n'eussent porté ce genre au plus haut degré de perfection. Quelques chansons erotiques de Doufflers, de Ségur, de Parny et de Longchamps, peuvent être mises au nombre des chefs-d'œuvre du genre erotique.
Chansonnette. C'est ainsi qu'on appelle aujourd'hui
une petite poésie lyrique qui n'a rien de recherché ni dans le sujet, ni dans l'exécution.
Chant. Sorte de modiQcation de la voix humaine, par laquelle on forme des sons variés et appréciables ; observons que pour donner à cette définition toute Tuniversalilé qu'elle peut avoir, il ne faut pas seulement entendre par sons appréciables ceux qu'on peut désigner par les notes de notre musique et rendre par les touches de notre clavier, mais tous ceux dont on peut trouver ou sentir l'unisson, et calculer les intervalles, de quelque manière que ce soit.
Chant, appliqué, plus particulièrement à nôtre musique, en est la partie mélodieuse, celle qui résulte de la durée et de la succession des sons, celle d'où dépend en grande partie l'expression, et à laquelle tout le reste est subordonné. Les chants agréables frappent d'abord, ils se gravent facilement dans la mémoire; mais ils sont souvent l'écueil des compositeurs, parce qu'il ne faut que du savoir pour entasser des accords, et qu'il faut du talent pour imaginer des chants gracieux ; inventer des chants nouveaux appartient à l'homme de génie, trouver de beaux chants appartient à l'homme de goût.
Dans le sens le plus resserré, chant se dit seulement de la musique vocale, et dans celle qui est mêlée de symphonie on appelle parties de chant celles qui sont exécutées par les voix.
Chant (l'art du) a pour objet l'exécution de la musique vocale.
La voix, dans son principe absolu, doit être considérée comme un moyen naturel d'exprimer nos sentiments. Appliquée au chant, c'est une force expansive, qui nous porte à produire au dehors nos sensations agréables ou désagréables, surtout quand nous sommes sous l'influence d'une émotion puissante. Il semble que la nature ait établi entre le cœur et l'âme une liaison merveilleuse, tant l'effet d'un air a sur nous de spontanéité. Aussi peut-on dire que la source du chant est en nous, et que la voix nous a été donnée pour nous élever par des accents harmonieux à une nature supérieure. (Voyez l'article Voix.)
Chant alternatif. Manière de chanter les psaumes dans les premiers temps de l'Eglise, et qui est employée encore aujourd'hui.
Chant du carnaval. Chansons de carnaval qu'on
exécutait dans les anciennes mascarades de Florence. Il existe encore de ces chansons à trois voix composées par Henri Isaak.
Chant du cygne. Le cygne ne chante pas ; mais on croyait autrefois qu'il exhalait un chant suave lorsqu'il était sur le point de mourir. C'est par suite de cette tradition qu'on a appelé Chant du cygne le dernier ouvrage, d'un artiste ou d'un compositeur, lorsque cet ouvrage est i vraiment digne de son génie. Ainsi le Requiem de Mozart a été pour lui le chant du cygne.
Chant du ltgo. Chant populaire dans les environs de Riga en Russie, exécuté dans la campagne par un chœur de jeunes filles et de garçons, pendant le solstice d'été.
Chant dur. Nom ancien d'une mélodie qui modulait dans l'exacorde du soL
Chant ecclésiastique. Comme nous l'avons déjà dit, les véritables, fondateurs de la musique d'église furent saint Ambroise et saint Grégoire. Dans le siècle qui suivit le règne de ce dernier pontife, le pape Vitellien introduisit dans l'Eglise romaine le chant qu'on appelle consonnance ou à plusieurs voix. Il voulut que l'orgue, alors à peine connu en Italie, accompagnât les chanteurs.
Tout attestait, malgré la présence des barbares, que l'art musical, et spécialement le chant d'église, luttait avec avantage contre le génie de la destruction. L'école fondée à Rome par saint Grégoire était dan» l'état le plus florissant, et le chant, ouvrage de ce pontife et la gloire de son règne, fut adopté par toutes les églises qui suivaient le rite latin.
En 734, Charlemagne demanda au Pape Etienne des chanteurs tirés de cette école pour enseigner la musique ecclésiastique dans toute la France. Plus tard, il pria le pape Adrien de lui envoyer les deux plus célèbres artistes que possédait Rome, Benoit et Théodore, dont l'un fut destiné pour la ville de Metz, et l'autre pour la ville de Soissons, chargés tous deux d'y fonder des écoles de musique.
Déjà saint Grégoire avait envoyé saint Augustin en Angleterre et saint Boniface en Allemagne. Plus tard, le pape Agathon l'avait imité ; mais leurs efforts, sans être infructueux, n'eurent point le succès de ceux d'Adrien, dont les envoyés propagèrent rapidement les principes
de la musique d'église dans toutes les parties de la France.
Au ix^ siècle, les signes tracés au-dessus des lettres employées dans la musique écrite, lurent inventés pour indiquer la manière de porter la voix dans le chant. Ces signes prirent le nom de neumes, et firent faire un pas immense à Tart.
Dans le siècle suivant, de nombreuses tentatives furent faites pour hâter le progrès du chant ecclésiastique et de la musique religieuse. La ville de Milan voit Rémi, abbé profondément versé dans cet art, et jouissant d'une grande faveur auprès de l'empereur Othon II, ne se servir de son crédit auprès de ce prince que pour répandre le chant ecclésiastique et le faire fleurir ; saint Robert, évêque de Chartres, s'efforce d'apporter des perfectionnements à la manière de chanter en France. Dunstan, évêque de Cantorbéry, introduit en Angleterre la méthode de chant à plusieurs voix, inventée par le pape Vitellien. Théodulphe, évêque d'Orléans, fut, sous Louis le Débonnaire, condamné à une prison perpétuelle; il y composa le cantique Gloria, laus et honor tihi, Christe Redemptor^ et le chanta le dimanche des Rameaux au moment où le prince passait processionnellement. Le chant inattendu d'une belle voix, une mélodie pure et simple, et surtout les saintes paroles du cantique émurent le cœur du monarque. Il pardonna à Théodulphe : ses fers furent brisés.
Malgré les tentatives que nous venons de mentionner, le chant ecclésiastique avait encore toutes les imperfections de l'enfance. Il était aride, monotone, et dénué également d'harmonie et de mélodie. Le besoin de règles plus sûres, plus positives, se faisait partout sentir. Il était nécessaire qu'un esprit supérieur vint imprimer à la musique religieuse une impulsion féconde. Guido d'Arezzo parut.
Quand nous traiterons V^vWo\q Histoire deia Musique ^ nous donnerons une analyse détaillée du système de Guido. Bornons-nous à dire ici qu'il introduisit d'importantes modifications dans le chant d'église. Quelques écrivains font môme à ce moine laborieux et célèbre l'honneur de l'invention du contre-point ou de l'art de composer à plusieurs voix.
Après Guido parurent plusieurs musiciens qui concoururent aussi h hâter les progrès du chant ecclésiasti-
que. Un des plus célèbres fut Franco, qui appartenait à l'ordre de Saint-Benoit.
Malgré ces heureuses tentatives, on voit la musique religieuse perdre de nouveau sa noble simplicité au douzième siècle. Le mauvais goût l'envahit alors de toutes parts, et la pureté du chant grégorien fut altéré par des cantilènes chantées en langue barbare. L'harmonie fut pendant plus d'un siècle encore faible et languissante. Mais, au treizième siècle, une foule d'écrivains et d'auteurs didactiques lui impriment une vive impulsion. Walter Bington écrit, en Angleterre, l'ouvrage de Speculatione musicœ^ renfermant un commentaire de la doctrine de Franco, et Marchetti, de Padoue, son Lucidarium de Arte musicali^ qu'il dédia au roi de Naples, Robert, de la maison d'Aujou. Enfin Jean de Mûris paraît, et grâce à ses découvertes ingénieuses, l'harmonie fait un pas immense.
Mais de tous les musiciens qui parurent à cette époque, Jean Tinctor est sans contredit celui qui, par ses ouvrages didactiques, exerça sur les progrès de l'art l'influence la plus féconde.
Vers la fin du douzième siècle, pendant le treizième et une partie du quatorzième, on imagina d'accoupler le chant ecclésiastique avec des mélodies de chansons profanes ou même obcènes. Dans les compositions de cette époque, la voix qui avait le chant principal, s'appelait ténor ou teneur; lorsqu'elle était accompagnée d'une seule voix, celle-ci s'appelait c?25canf; lorsqu'elle l'était de deux voix, la voix supérieure s'appelait triplum^ la voix intermédiaire motectus, el la voix inférieure conservait le nom et la fonction de ténor. Or, qu'arriva-t-il ? sur un texte sacré qui rappelait la mort du Sauveur, on mettait pour accompagnement Liesse prendrai ; sur un autre texte, on mettait en Espoir d'amour merci. — Je m'étais mis en voie. — Baise-moi, ma mie, — Las, bel amy, tu rrCas toute arrosée, et autres choses dévotieuses semblables. Jean XXII, le concile de Trente et l'exemple des grands maîtres de l'école romaine firent cesser enfin cette bizarre et stupide monstruosité.
Le seizième siècle se lève, et une ère nouvelle s'ouvre pour les beaux-arts. Au milieu de ce merveilleux épanouissement de facultés poétiques, la musicfue religieuse devait nécessairement subir une heureuse métamorphose^ et il était naturel de penser qu'il s'élèverait un
homme de génie pour compléter l'œuvre de ses devanciers. Cesl à Palestrina qu'appartint cette glorieuse mission.
. La mélodie, le style de Palestrina sont aussi parfaits que ses ouvrages sont nombreux, et de ses travaux immenses a jaili une multitude de chefs-d'œuvre; on doit le considérer comme le créateur de la musique d'église moderne perfectionnée. Ses productions sont des monuments de science déposés dans les principales chapelles de l'Europe. Grand harmoniste et mélodiste à la fois, il ouvrit à l'art une route nouvelle, et après plus de deux siècles, ses compositions sont encore entendues dans toutes les églises de la péninsule italienne avec le même enthousiasme que lorsqu'elles parurent.
Ghant égal. Qui ne roule que sur deux tons et qui ne forme ainsi qu'un seul intervalle.
Chant en contre-point. Cette expression signifiait anciennement un chant avec imitation.
Chant figuré. C'est celui où l'on fait usage de notes d'une valeur mixte, par opposition au plain-chantqui est composé de notes principales et uniformes.
Chant GRÉGORIEN. C'est à Saint-Grégoire, qui parut dans le sixième siècle, qu'il appartenait véritablement d'être le réformateur de la musique d'église. La première opération de ce saint, appelé aux honneurs de la tiare, fut de réduire à sept les quinze lettres du système qu'avait rajeuni Boèce, pour indiquer les diverses modulations de la musique. Il corrigea ensuite les chants d'église, en rejeta plusieurs, et en substitua de nouveaux.
Il fonda à Rome deux collèges ou écoles de chant, et leur affecta les revenus nécessaires pour que la musique fut enseignée à des enfants. C'est de cette époque que date la fondation de la chapelle appelée depuis pontificale, et le nom devenu classique de Maître de chapelle^ qui est donné à celui qui en dirige la musique. Dès ce moment aussi le chant d'église prit le nom du pape qui venait de le régénérer, et se nomma grégorien. Il se transmit de pontife en pontife et d'église en église, et prit spécialement le nom de jplain-chanûy pour le distinguer du chant figuré.
Chant instrumental. On nomme ainsi en musique les parties de chant confiées aux instruments, pour laisser reposer le chanteur^ remplir les intervalles destinées au jeu de la scène, ou varier le discours par des solos
contrastes. Le chant voeal^ (voir ce mot), exprime les passions, le chant instrumental est rservé à l'action.
Chant militairr russe. (Voyez Russie.)
Chant sur le livre. PJain-chant ou contre-point à quatre parties, que les musiciens composent et chantent impromptu sur une seule, savoir, le livre de chœur qui est au lutrin ; en sorte qu'excepté la partie notée, qu'on met ordinairement au ténor, les musiciens affectés au trois autres parties n'ont que celle-là pour guide, et composent chacun la leur en chantant.
Chantant. Epithète que l'on donne à certaines œuvres de musique, dans lesquelles l'auteur s'est attaché principalement aux effets de la mélodie. On dira cet air est chantant, cette sonate, ce quatuor sont chantants.
Chanter. C'est, dans l'acception la plus générale, former, avec la voix, des sons vanéset appréciables (voyez Chant) ; mais c'est plus communément faire diverses inflexions de voix sonores, agréables à l'oreille, par des intervalles admis dans la musique et dans les règles de la composition.
On chante plus ou moins agréablement, selon qu'on a la voix plus ou moins agréable et sonore, l'oreille plus ou moins juste, l'organe plus ou moins flexible, le goût plus ou moins formé, et plus ou moins de pratique dans l'art du chant.
Tous les hommes chantent bien ou mal, et il n'y en a point qui, en donnant une suite d'inflexions différentes de la voix, ne chantent, parce que, quelque mauvais que soit l'organe, l'action qui en résulte alors est toujours un chant.
On chante sans articuler des mots, sans dessein formé, sans idée fixe, dans une distraction, pour dissiper l'ennui, pour adoucir les fatigues. C'est, de toutes les actions de l'homme, celle qui lui est la plus familière, et à laquelle une volonté déterminée a le moins de part.
Chanterelle La corde la plus aiguô du violon et d'autres instruments. Comme dans les instruments à cordes on est dans l'usage de placer les motifs du chant dans les hautes régions de leur diapason et que, pour cettQ raison, les solos de violon et de violoncelle s'exécutaient anciennement en grande partie sur la corde aiguô, on lui donne le nohi de chanterelle^ corde destinée au chant.
Chanteur. Celui qui exécute des compositions musicales au moyen de la voix. Il y a des chanteurs de ^o-
pranoy de mezzo êoprano^ ffalto^ de contralto^ de haute contre^ de ténor^ de baryton et de basse. (Voyez Tarticle Voix.)
Chanteurs erotiques. (Voyez Minnésinger.)
Chanteurs provençaux. (Voyez Troubadours.)
Chanteuse. Ce mot est le féminin de chanteur, suivant l'Académie; il devrait par conséquent avoir la môme signification, Le vocabulaire musical la lui refuse. La musicienne ambulante, qui môle sa voix au bruit discordant de l'orgue de Barbarie, est une chanteiue. Celle qui parvient à fixer dans sa tête les airs de Grétry et de Dalayrac, à force de les entendre racler sur un aigre violon, est encore Une chanteuse. Mais nous appelons cantatrices les personnes qui unissent à une belle voix la doctrine musicale et une connaissance parfaite do l'art du chant.
Chantre. Ecclésiastique ou séculier appointé dans les chapitres pour chanter le plain-chant aux offices religieux.
Chapeau chinois. Instrument en usage encore il y a peu d'années dans les musiques militaires. Il consistait en un disque ou chapeau de cuivre garni de clochettes et fixé au bout d'un manche qui servait à l'agiter en mesure.
Chapeau. Trait demi-circulaire dont on couvre deux ou plusieurs notes ptour indiquer que le son doit être lié.
Chapelle. On entend par chapelle le lieu dans une église où l'on exécute la musique, ainsi que le corps même des musiciens qui exécutent cette musique, et par extension tous les musiciens qui sont gagés par un souverain, quand même il n'exécutent jamais de musique dans les églises.
François 4" fut le premier qui établit en France un corps de musique en dehors du service divin. Il divisa sa chapelle en deux parties dont l'une fut appelée chapelle de musique^ composée de chanteurs et d'instrumentistes; l'autre nommée chapelle de plain-chant^ comprenant les chantreset les ecclésiastiques destinésà chanter les offices. Dans certains cas c^s deux corps étaient réunis et prenaient alors le nom de la grande chapelle.
Quelques chapelles sont composées seulement de chanteurs et d'un ou de plusieurs organistes, comme celle de la cathédrale da Milan. D'autres sont formées par un «nsemble complet de chanteurs et d'instrumentistes.
CHE m
Chapelle (Maître de). Celui qui est chargé de diriger le chant dans une église et de former les enfants do chœurs. Ce terme signifie également, en Italie, unmaftre de mtcsiqiùe.
Chapelle pontificale. Dans le sens musical, cette expressisn indique, à Rome, les chapelains chanteurs, les chanteurs apostoliques, les chanteurs pontificaux. La fondation de la Chapelle pontificale remonte au règne de saint Grégoire le Grand.
Charge. Air militaire des trompettes, des fifres et des tambours, qu'onexécute quand Tarmée est prête àcharger l'ennemi. On dit sonner la charge pour les trompettes, battre la charge pour les tambours. Le mouvement de la charge est à deux temps, très- vile. Les tambours en marquent le rhy thme, en frappant sur chaque temps, et en roulant ensuite pendant quelques mesures.
Chargé. Se dit d'une production d'art dans laquelle on prodigue plus de moyens d'expression ou plus de beautés accessoires qu'il n'en faut.
Charivari. Bruit tumultueux, musique bruyante, discordante, dans laquelle on ne fait entendre nulle mélodie.
Chasse. On donne ce nom à certains airs, à certaines fanfares de cors ou d'autres instruments, dont la mesure, le rtityhme, le mouvement, rappellent les airs que ces mêmes cors donnent à la chasse.
On appelle aussi chaise une symphonie, une ouverture dont les divers motifs sont des airs de chasse, et dont les eflets tendent à imiter l'action d'une chasse : telle est l'ouverture du Jeune Henri, On donne aussi le caractère et le mouvement d'une chasse à un chœur, à un air. Les opéras de Didon, des Bardes^ l'oratorio des Saisons en fournissent la preuve. Le Freyschutz de Weber est rempli de chasses admirables. — Le chœur des gardeschasse dans le Songe d*une Nuit d'hté^ d'Ambroise Thomas, est encore un modèle de ce genre de musique.
Chaudron. Calotte de cuivre sur la quelle se trouve tendue la peau des tymballes.
Chef d'attaque. Musicien chargé de conduire tous les changeurs qui, dans un chœur, disent la même partie.
Chef de musique. Se dit de celui qui se trouve à la tête d'un corps de musique militaire.
Cheng. Instrument à vent en usage chez les chinois qui a fourni le premier emploi connu de l'anche libre. - Chevalet. Pièce de bois posé d'aplomb sur la table