‹ Dictionnaire de musique théorique et historiqueChapitre 7 sur 222 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

dans certains pays, éloignés des grands centres de civilisation; elle y demeui'e stationnaire. Renfermée dans un cercle étroit qu elle ne peut plus franchir, ' confondue avec les vieux usages et les vieilles traditions, elle n'est plus elle-même qu une de ces vieilles coutumes de la contrée transmises de père en fils, et mérite à peine de porter le nom d'art, quel que puisse être d'ailleurs le charme de certaines mélodies, pleines de coloris, qui souvent reflètent avec une grâce inexprimable les lieux, les mœurs du pays qui les a vues naître, mais qui ne changent jamais, et vieillissent, sans mourir, dans une originalité stérile et improductive.* C'est une question qu'on ne peut résoudre aujourd'hui que par des hypothèses, dont il vaux mieux au reste ne pas chercher la solutiçn, et qu,e je n'ai abordée que comme malgré moi et en hésitant, que de savoir si Grégoire le Grand, en indiquant d'une manière aussi absolue le chemin que devaient suivre les musiciens, n'a pas, et pour un long espace de temps, détourné l'art de sa véritable route. Au reste, il faut reconnaître que les travaux de ces musiciens étaient conformes à l'esprit général du temps.

Dès que Palestrina et ses contemporains eurent atteint le but où tendaient les travaux qui avaient rempli ces dix siècles écoulés, tout semble rajeunir autour de la musique. Elle sort de l'église, et quittant; peu à peu ses vêtements modestes, elle prend le goû^ des ornements et des riches atours. Un instinct secrej venait de révéler aux jeunes musiciens de ce temps, que la science religieuse avait dit son dernier mot, qu'il n'y avait rien à ajourner au style pur, modéré, contenu qu'on admirait dans la chapelle Sixtine. Pour bie^

Page 1