‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 124 sur 459 · MAZARIN · texte numérisé non relu

MAZARIN

Aussi les Anglais établis en Tasmanie ont-ils donné le nom deZi'Ora ii;olf (loup zébré) à la T/iy- Uirine ci/itocéphn/c. qui, dans les premiers temps de la colonisation, faisait une rude guerre aux troupeaux, et qui, maintenant, repousséo dans l'intérieur du pays, donne la cbasse aux kangourous. Cette tliylacine ressemble beaucoup au loup par la taillis et la forme générale du corps, mais elle a la tête plus longue, la queue garnie de poils plus courts, les dents au nombre de 40, etc. Quant aux dasyures, dont on connaît plusieurs espèces propres à l'Australie et h la Terre de Van Diémen, ce sont des animaux do moyenne taille, au mufle nu, au corps effilé, couvert d'un pelage doux, bien fourni et souvent moucheté.

Dans les mêmes contrées que les dasyures habitent d'auires marsupiaux bien différents et par l'aspect extérieur et par le régime : ce sont les F/iascol'j?xti;s ou Konlas, au corps court, dépourvu de queue et revêtu de poils laineux, i la tête grosse, aux oreilles petites et toufl'ues, aux pattes robustes, dont les doigts, au nombre de cinq, sont armés pour la plupart d'ongles puissants. Dans leur dentition ces animaux singuliers offrent aussi des particularités curieuses ; à la mâchoire supérieure, il y a trois paires d'incisives, deux canines très petites et cinq paires de molaires ; à la mâchoire inférieure, une paire seulement de grandes incisives, point de canines, et le même nombre de molaires qu'à la mâclioire supérieure, ces dernières dents étant séparées des incisives par une large bane. Les koalas ont un pelage gris varié de roux et de blanchâtre : ils se nourrissent de feuilles et de fruits, et grimpent sur les arbres avec tant de lenteur qu'on les a surnommés parfois les Paresseux d'Australie.

Les Plialangtrs n'appartiennent pas exclusivement à la faune australienne ; ils se rencontrent aussi à la Nouvelle-Guinée et aux Moluques, où on les désigne généralement sous le nom de Couscous. On les reconnaît immédiatement à leur queue longne et pesante et à leurs pattes postérieures munies d'un pouce opposable et onguiculé. Ils sont plus ou moins nocturnes, se tiennent ordinairement sur les arbres, et se nourrissent de substances végétales, d'insectes, d'œufs, et même de petits oiseaux. Quelques-uns d'entre eux exhalent, parait-il, une odeur camphrée très caractéristique.

Le Phalancier tacheté d'Amboine est sujet à de grandes variations de couleurs ; il est tantôt marqué de larges plaques rousses sur fond blanc, tantôt mi-partie roux et blanc, tantôt même d'un blanc pur. Le P/iatanger renard, qui \il en Australie, ressemble, en dépit de son nom, plutôt â un Lémurien, h un Galago, qu'à un renard de nos pays. Enfin le Phalanger iviin, type du genre Dromicie, qui a pour patrie la Terre de Van Diémen, n'est guère plus gros qu'un loir.

Très voisins des phalangers, \es Pélaurisfes s'en distinguent par la présence de membranes latérales au moyen desquelles ils peuvent, à la manière des écureuils volants, se soutenir quelque temps dans les airs, quand ils s'élancent d'une branche à une autre branche, souvent fort éloignée. Ils n'ont d'ailleurs pas toujours la queue préhensile comme les phalangers. Le Pétaurisie t(iguano'vle,àe la Nouvelle-Galles du Sud, est une espèce d'assez forte taille, au pelage noir, varié de gris et de brun cendré ; le Belidé sciurin est notablement plus petit, et YAcrobnle pi/gmee, qui se nourrit principalement d'insectes, peut être comparé, pour le régime et la dentition, à nos musaraignes <iu museltes.

Les Ka/if/ouroiis jouent parmi les marsupiaux à peu près le même rôle que les ruminants parmi les mammifères ordinaires. C'est dire qu'ils sont exclusivement herbivores. Si leur tube digestif est

très développé, leur estomac n'est toutefois pas aussi compliqué que celui des ruminants; en outre leurs membres, au lieu d'avoir à peu près la même longueur et de reposer ordinairement sur le sol par l'extrémité des doigts, enfermés dans un sabot, présentent une grande disproportion et ne servent pas tous au même degré à la locomotion : les membres antérieurs, en effet, singulièrement raccourcis, restent appliqués contre la partie supérieure du corps quand l'animal est en observation ou quand il progresse par une série de bonds successifs; dans l'un et l'autre cas, le corps, légèrement incliné, s'appuie non seulement sur les tarses des membres postérieurs, mais encore sur la queue, qui acquiert des dimensions extraordinaires et constitue pour ainsi dire un cinquième membre. Par la forme de leur tête et par la nature de leur pelage, les kangourous ressemblent un peu aux lièvres et aux lapins, mais ils en diffèrent par l'allongement bien plus marqué des membres postérieurs, terminés par quatre doigts dont l'un est armé d'un ongle tranchant, par le développement de la queue, par la structure des dents molaires, et enfin par les proportions du corps, qui sont beaucoup plus fortes. Une espèce de l'Australie méridionale, le Kangourou géant, mesure en effet plus de deux mètres de long depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité de la queue, et pèse souvent plus de lUO kilogrammes. Tous les kangourous, il est vrai, n'atteignent pas des dimensions aussi considérables, et dans \in groupe voisin, parmi les Potnrous, on trouve même des espèces de très petite taille. Les kangourous sont en Australie l'objet d'une chasse active à cause des qualités de leur chair.

En Amérique, l'ordre des marsupiaux est représenté par les Sarigues, auxquels Linné donnait le nom de Didelphes, qui a été appliqué plus tard' par extension à tout le groupe des mammifères^ pourvus d'une poche abdominale. Les sarigues ressemblent un peu aux kangourous par leurs membres postérieurs, en général plus développés que les membres antérieurs, mais ils ont le museau plus pointu, la queue écailleuse et préhensile, et ils ne dépassent point la grosseur d'un cliat domestique. On les trouve sur une grande partie du continent américain, depuis les États-Unis jusqu'au Paraguay. Ce sont des animaux nocturnes qui se tiennent d'ordinaire sur les arbres, et se nourrissent de fruits, d'insectes et de petits oiseaux. D'après Audubon, le Sarigue opossum, qui vit sur les bords du Mississipi, s'attaque même au gibier à poil et aux volailles des basses-cours. Une autre espèce du Brésil, le Sarigue crabier, a des mœurs légèrement différentes, et comme son nom l'indique, fait la chasse aux crabes et autres crustacés marins.

Chez les Micourés, marsupiaux américains proches parents des sarigues, la poclie abdominale est incomplète et remplacée par un double repli longitudinal de la peau du ventre. Les petits demeurent un certain temps sous cet abri, puis ils grimpent sur le dos de leur mère, enroulent leur queue à la sienne et se font ainsi transporter jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour chercher eux-mêmes leur nourriture. Le Brésil, la Guyane et la Nouvelle-Grenade possèdent plusieurs espèces de micourés.

Enfin chez les Hémiures. qui se trouvent à peu près dans les mêmes régions, la queue est notablement plus courte que chez les micourés, mais la forme du corps est sensiblement la même. fE. Oustalet.]

MAMMILIE>' I et II. — V. Uolishourq.

M.iZARlK — Histoire de France, XXIII. — Jules Mazarin naquit en lGrt2 à Pescina dans les Abruzzes (Italie:. Elevé dans la maison des Colonna, il embrassa d'abord la carrière des armes.

Page 1