MONGOLS
MONNAIE
L'iiistoii-G de ce peuple est d'abord ir^s obscure, l'ii 'i\'t avant J.-C, l'empereur cbinois Tsi-Cbilloan;;-'!'!, de la dynastie dos Tbsin , élève la grande muraille pour arrêter les incursions de ces peuplades entraînées par les Hiong-nou ou Huns, (|ui appartiennent comme eux à la famille tartarocbinoise. Puis, pendant près de quinze siècles, riiistoire ne mentionne plus les Mongols.
Au moyen ftge, les difl'érentes peuplades mongoles ont été réunies deux fois sous une même dcmiiiation. La première fois en 12113, par le cbef d'une grande tribu, Temoudgin, qui fut surnommé Tcliingis-Klian ou Gengis-Kan, le « chef des chefs. » Avec une armée que la terreur Ht croire innombrable et qu'on n'évalue qu'h '20(jOO hommes, il conquit, par lui-mftme ou par ses fils, l'empire des Huns du Kharisnae, la Perse et la moitié de la liussie d'Europe. Il mourut en r227, au moment de conquérir la Chine, que subjuguèrent ses successeurs. Son empire, l'un des plus vastes qui aient jamais existé, se divisa en quatre royaumes : le Kaptchak ou royaume de la Horde d'Or, le royaume d'Iran, le Djaggathai, et la Mongolie propre avec la Chine. Les chefs de ces royaumes (khanals) prirent le titre de Khans ; celui de Mongolie fut le Khan suprême ou Grand-Khan. Ces khanats devaient former les parties intégrantes d'un empire unique; mais avant la fin du xiii" siècle, la séparation était complète. En I'iG.3, l'empire de la Horde d'Or se divisait en cinq khanats : le klianat des Tarlares Nogais, entre le Don et le Dniester, qui fut détruit au xviii' siècle ; le khanat de Crimée, qui fut définitivement réuni à la Russie par le traité de Constantinople (l'I84) ; le khanat d'Astrakhan, qui y fut réuni en 1654; le khanat de Kaptchak, détruit par Ivan III en liSI ; et le khanat de Kliazan, qui fut réuni à la Russie en 15a2. Le khanat d'Iran fut détruit par un descendant de Gengis-Khan, Timour-Leng ou Tamerlan, chef d'une tribu du royaume de Djaggathai, qui, pour la seconde fois, réunit tou^ les Mongols sous la même domination. Il s'empara du Djaggathai tout entier, et prit Samarcand pour capitale; puis il conquit la Khowaresmie, le Kachgar, le Khoraçan, la Perse, l'Arménie, et s'empara de Delhi en Inde, en I3'.)8. Il revint en Syrie, vainquit le sultan turc Bajazet à Ancyre (1402), et mourut en se dirigeant vers la Chine. A la mort de Tamerlan, tous les peuples qu'il avait conquis reprirent leur indépendance ; la domination mongole ne réussit à s'affermir que dans l'Inde avec Baber, petitflls du conquérant, qui y fonda l'empire appelé l'empire du Grand-Mongol. Cet empire s'étendit bientôt sur tout i'Hindoustan et la Perse; quelques provinces restèrent sôus la domination directe de leurs princes (radjahs); les contrées immédiatement soumises aux Grands-Mongols se divisèrent en 12 provinces (soubabiesj subdivisées elles mêmes en provinces secondaires (nababies). Cet empire commença à déchoir dans la seconde partie du règne d'Aureng-Zeb, cinquième successeur de Baber. En H^S, l'invasion du Persan Nadir-Schah et le pillage de Delhi inaugurèrent la période de troubles où cet empire fut attaqué par les Abdalis, les Mahrattes, les Français et surtout les Anglais, qui conquirent successivement le Bengale (1769), Bénarès, la sultanie de Mysore , Seringapatam (1793), le Sindh (184a), le Pendjab i:I849), le Bérar (18o4), et le royaume dOude (I85G). En Chine, la domination mo])gole, renversée par la dynastie nationale des Ming (l:i6«), fut relevée en lt)44 par la dynastie mandchoue, qui règne encore, et qui peu à peu soumit la plupart des Mongols; la Mongolie constitue aujourd'hui une des six parties de l'Empire chinois.
Les différentes peuplades mongoles, divisées en grandes tribus commandées chacune par un chef, et on hordes, sont disséminées sur tous les
points de la Mongolie : les Torgoouts, établis dans le Turkestan, puis au xvu' siècle en Russie, sont revenus dans la Dzoungarie (1771), que peuplent les Dzoungares ; les Kochots habitent le Khoukhou-noor; les Durbets, mêlés autrefois aux Dzoungares et aux Kochots, se sont établis depuis le xviii" siècle sur les bords du Volga et de U Kouma, où ils forment les troupes légères de la Russie pour la défense des frontières; le Turkeskan oriental, conquis par les Mongols en 1758, i été soumis par les empereurs mandchoux, ainsi que les trois khanats des Klialkhas. Les steppes des Kirghiz ont été conquises par la Russie ya
Depuis que le boudhisme leur a été prêcha, les Mongols sont devenus pacifiques et hospii.aliers ; le vol et le pillage sont rares parmi eux. Les lamas, prêtres et moines boudhistes, exercent une puissante influence. Les empereurs chinois, qui ne craignent rien tant qu'une nouvelle coalition de toutes ces tribus, favorisent de tout leur pouvoir le lamaïsme ; ils fondent des lamaseries et donnent des revenus aux lamas selon le degré qu'ils occupent dans la hiérarchie ; ceux-ci, composés de presque tous les cadets de famille, forment au moins un tiers de la population. Les empereurs s'assurent encore la soumission des Mongols en donnant en mariage h leurs princes des princesses chinoises auxquelles ils font une pension qu'une désobéissance peut leur faire perdre. (Th. Lindenlaub.]
MO>".NAin. — La monnaie est une certaine marchandise qui, d'un commun accord, est reçue d»ns une contrée en échange de toutes les autres mircliandises. C'est pourquoi l'on dit qu'elle sert de dénuminalew cominwi à toutes IfS valeurs. La valeur d'une marchandise exprimée en monnaie, c'est-à-dire à l'aide de ce dénominateur commun, s'appelle le prix.
Sans la monnaie, les hommes seraient réduits à un troc grossier : ici un mouton s'échangerait contre un certain nombre de lapins, contre un fer de charrue ou une mesure de blé; \h, celui qui voudrait acheter de la farine ofl'rirait des fruits o» des légumes. Il n'y aurait pas de terme général de comparaison des valeurs, parce qu'il n'y aurait pas de mesure commune ; le commerce serait toujours difficile, souvent impossible et nécessairement très restreint. Au contraire, lorsqu'on dit: un mouton vaut 30 francs ; un lapin, 5 francs ; un soc de charrue, 10 francs ; une mesure de blé, 25 francs, on a une expression claire de la valeur relative des choses et l'on se rend aisément compte qu'un mouton vaut deux mesures de blé ou cinq socs de charrue, et qu'un lapin n'a que le cinquième de la valeur d'une mesure de blé.
Si la monnaie n'avait pas elle-même une valeur réelle, elle ne pourrait pas servir à mesurer des valeurs. On ne peut comparer que des quantités de même nature: il faut ujie longueur pour mesurer les longueurs, un poids pour mesurer lee poids. La monnaie n'est donc pas seulement une mesure commune ; elle doit être aussi un équivalent. C'est un principe qu'il importe de ne pas perdre de vue. Il existe bien des instruments d'échange qui ne sont pas des équivalents, comme les sous ou les billets de banque; mais ceux-ci conatituènt, les premiers une monnaie divisionnaire qu'on n'est obligé de recevoir qu'en quantité très limitée et pour la commodité des petits paii'ments, les seconds une monnaie fiduciaire, c'est-à-dire une monnaie reposant sur la confiance, et représentative d'une monnaie réelle.
Dans certains pays, on a employé comme monnaie diverses marchandises d'uji usage très général, telles que le bétail chez les anciens, le tabac en Virginie, les peaux de martre en Russie. Mais les métaux précieux, or et argent, présentent ae«
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avantages si grands que les peuples civilises les ont, depuis l'antiquité, adoptés pour la fabrication delà monnaie. En efl'et, ils ont:
1° Une granité valeur soiisimpetit volume. Le fer et le blé n'auraient pas cette qualité. Si l'on avait un paiement de 1000 francs à faire en plomb ou en charbon de terre, on serait embarrassé pour le transport, tandis qu'on met très aisément lUOO francs en or dans sa poche et qu'on porte même sans peine lOOo francs en argent (s kilogrammes).
2° Une parfaite homogénéité de toutes les parties et la divisilnhié de ces parties sans altération de la valeur. Un diamant vaut beaucoup plus que l'or à poids égal ; mais deux diamants de même poids ont, suivant leur eau et leur taille, des valeurs très différentes. Lorsqu'un diamant est cassé en plusieurs morceaux, les morceaux n'ont plus qu'une valeur totale très inférieure à celle qu'avait le diamant entier. Tout kilogramme de laine n'est pas l'équivalent d'un autre kilogramme de laine ; il en est ainsi de la plupart des marchandises. Au contraire, un kilogramme d'or fin ou d'argent fin, de quelque mine qu'il provienne, est exactement semblable à tout autre kilogramme d'or ou d'argent fin.
3» Vinalti'rabilité. Si l'on payait avec des fruits, celui qui les aurait reçus et qui ne les aurait pas consommés ou cédés prompiement. les verrait pourrir et perdrait bientôt tout son avoir. Si l'on payait avec du bétail, il faudrait le nourrir et ce ■bétail serait également exposé i périr. Si c'était avec du fer, il finirait par s'oxyder.
4° La fixité de la valeur. Il n'y a pas de valeur qui soit entièrement fixe. Toutes les marchandises subissent à cet égard, suivant l'offre et la demande, des variations auxquelles les métaux précieux n'échappent pas eux-mêmes entièrement. Mais il y a une grande différence entre l'offre des métaux précieux et celle de la plupart des marchandises.
Le blé récolté, par exemple, est en très grande partie consommé quand vient la récolte suivante; l'offre consiste donc chaque année dajis la dernière récolte, laquelleapuêtre bonne ou mauvaise; la valeur se trouve ainsi très sensiblement affectée par l'abondance ou la disette. On peut en dire à peu près autant des autres marchandises que la consommation détruit ou transforme.
Il n'en est pas de même de l'ur et de l'argent, dont une petite partie seulement est transformée ou employée par l'industrie, et dont la majeure partie circule à l'état de lingots, de pièces de monnaie ou même d'objets fabriqués, sans s'altérer. Aussi l'offre des métaux précieux consiste t-elle dans presque toute la masse qui s'est accunmlée durant la suite des temps. Que la production des mines soit plus ou moins abondante à un moment ■donné, cette offre ne se trouvera que légèrement modifiée d'une année à l'autre. C'est pourquoi la valeur des métaux précieux, qui a beaucoup changé par une action lente et continue dans le cours dos siècles, est beaucoup plus lixe d'une année à l'autre que celle du blé ou de la plupart des marchandises.
Si la valeur du métal avec lequel la monnaie est faite n'est pas absolument fixe, il importe du moins que la quantité de métal fin qui constitue l'unité monétaire soit invariable. C'est un principe qui est généralement reconnu aujourd'hui. Les gouvernements le méconnaissaient souvent dans les siècles passés, où les altérations de monnaies étaient fréquentes.
Le système monétaire de la France, décrété en principe par l'Assemblée constituante et par la ■Convention (7 avril no.i), a été organisé par la loi dit 7 germinal an \I fis mars 180:3). L'unité monétaire est le franc, pièce pesant 5 grammes d'argent à90U/louO, et contenant par conséquent is'-jâO d'argent fin.
Les multiples et sous-multiples d'argent qui se trouvent aujourd'liui dans la circulation sont: la pièce de 5 francs, celles de 2 francs, de ."lO centimes, de 20 centimes (laquelle a remplacé celle de 23 cent.).
Les pièces d'or, qui étaient de 40 et 50 francs dans le principe et qui sont aujourd'hui de 100, de iO, de 20, de 10, de 5 francs, sont frappées à raison de I kilogramme d'or fin pour lô kilogrammes 1/2 d'argent fin; c'est pourquoi la pièce de 20 francs pèse (i5%4.')161 à !I00/I000 de fin (6«',4516l — 08',(i4S161 d'alliage = b«',W(,'ti% de fin X 1 5,5 = 00 grammes d'argent fin ou 4=',50 X 20).
Les pièces de bronze, refondues en 1852, ont une valeur nominale de 10 centimes, de 5 centimes, de 2 centimes et de 1 centime ; mais leur valeur réelle est be.iucoup moindre, puisque la pièce de 10 centimes ne pèse que 10 grammes et que le kilogramme de bronze ne vaut pas aujourd'hui 2 francs sur le marché. Aussi sont-elles considérées comme une simple monnaie d'appoint : la loi limite à. 5 francs la somme qu'un créancier est tenu d'accepter de son débiteur en monnaie de bronze.
Depuis 1864, le gouvernement français, voulant rendre impossible l'exportation des monnaies divisionnaires d'argent que sollicitait alors le haut prix de ce métal, a décidé que les pièces de '.; francs, de 1 franc, de 50 centimes et de 20 centimes seraient fabriquées au titre de 8-35/1000 de fin seulement, au lieu de 9U0/1000. Aussi la circulation de ces pièces, qui n'avaierit plus une valeur intrinsèque égale à leuT valeur nominale, a-t-elle été limitée, comme celle des pièces de bronze ; les particuliers ne sont pas obligés de les accepter pour une somme supérieure à 50 francs.
Le 23 décembre 1SG5, la France conclut avec la Belgique, l'Italie et la Suisse une convention monétaire par laquelle ces Etats adoptèrent le système français; la quantité de monnaie divisionnaire que chacun eut le droit de fabriquer fut limitée à 6 francs par tête d'habitant. La Grèce fait, depuis 1808, partie de cette union, désignée sous le nom d'union monétaire latine. La baisse de l'argent a obligé les Etats à signer plusieurs conventions spéciales par lesquelles ils ont limité d'abord (de ls74 à 1818), puis suspendu (depuis 1878) le monnayage de l'argent.
De 1795 au 31 décembre ls78, les monnaies d'or et d'argent frappées en France à diverses époques ont été :
i" Répuhliiius i" Emphe...
Restaiiratien..
Lûuis-i*hilippe 2" République 2' Empii-c....
3« Riipublique
Dont
de 20 francs ur
■4-27.2 6iS1.9 926.8
;i) OntclédémoDoliscspourTI millions do picccs de 10 cl de ) Irancs petit modelé.
(2) Ont été démonèlis.'S pcMir S2 raillions rie pièces de 0 fr. 23, le 2 te., de 1 fr., de 0 fr. 50 el de 0 fr. 20.
(Extrait de l'Annunire du Bureau des Longitwl-s.)
Nous joignons h ce tableau deux autres tableaux indiquant d'une manière sommaire le système monétaire des principaux Etats civilisés.
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États qui ont la môme monnaie que la France ou certaines monnaies frappées daprès le système français.