POLARISATION
qui sert à la respiration; cet appareil se réunit en arrière à une sorte de cloison verticale séparant les orbites et les joues de la bouche. Enfin, en dedans de ces cloisons et tout au fond de la bouche, existe un appareil servant à l'insertion des ouïes ; à cet appareil sont annexés des os dits pharyngiens, portant le plus souvent des dents qui exercent une seconde mastication, parfois plus puissante que celle qui s'est opérée dans la bouche. Le membre antéi'ieur, ou pectoral, se compose de petits osselels aplatis qui portent les rayons et qui continuent deux os aplatis regardés comme les analogues de l'avant-bras ; ces deux os sont eux-mêmes portés par une ceinture osseuse, placée derrière les ouïes et sur laquelle l'appareil de l'opercule s'applique comme sur un chambranle. Le membre postérieur, moins compliqué, ne se compose que d'uu seul os qui supporte les rayons. Les poissons se reproduisent presque tous au moyen d'œufs ; certains d'entre eux toutefois font leurs petits vivants. Loin d'abandonner les œufs au hasard, ainsi qu'on le croyait jusqu'en ces derniers temps, beaucoup d'espèces construisent des nids et prodiguent les soins les plus assidus à leur progéniture.
L'on sait que certains poissons passent une partie de leur existence dans la mer et se réunissent en troupes nombreuses pour, à une époque donnée, remonter les rivières ; tels sont les saumons.
D'antres, comme les harengs, émigrent et reviennent i époque fixe en bandes pressées. Les sardines, les maquereaux, les thons, les anchois sont aussi des poissons de passage qui visitent périodiquement nos côtes et y donnent lieu il des pêches fort importantes.
ClassiJioation. — Les Poissons forment une des classes les plus nombreuses parmi les Vertébrés (on en connaît actuellement près de 10 000 espèces). Ils se divisent en six sous-classes : les Cartilagineux, les Ganoïdes, les Dipnés, les Téléostéens, les Marsipobranches et les Leptocardes.
Les CartilafiineiLc sont les plus élevés des poissons en organisation; chez eux les branchies sont fixes, les mâchoires mobiles et disposées pour la mastication. On y range les Squales (requins, squales proprement dits, marteaux, etc.), les Raies (raies proprement dites, torpilles, anges, raies armées), les Cliimères (roi des harengs).
Les Ganoïdes, qui aux époques anciennes ont régné en maîtres, ne sont plus représentés que par les Esturgeons et par quelques poissons des eaux douces d'Afrique jpolyptère; et de l'Amérique du i\ord l'Iepisostée, amia) ; le Polyodon, ou Poisson spatule , prend également place dans cette sous-classe. La disposition de diverses parties de leur cerveau et du coeur les distingue des Poissons cartilagineux, avec lesquels ils ont été d'abord confondus.
Placés jusque dans ces derniers temps avec certains Batraciens, les Dipnés sont aujourd'hui universellement rangés parmi les Poissons. Le nom de Dipnés, qui veut dire deux souffles, vient de ce que ces poi--son3 sont organisés pour vivre dans l'eau et dans l'air, ainsi que nous l'avons déjà dit ; en effet, leur vessie natatoire peut remplir le rôle de poumon. Lorsque les marécages dans lesquels ils vivent viennent à se dessécher, ils s'enterrent dans un cocon. Leur squelette est en partie cartilagineux et en partie osseux. Trois poissons seulement rentrent dans ce sous-ordre, le lépidosiren, qui vit au Brésil, le protoptère de la Cote ouest d'Afrique, et le cératodus d'Australie.
La sous-classe des Téléostéens ou Poissons osseux est de beaucoup la plus importante, tant par le nombre des espèces qu'elle renferme que par l'utilité des produit:-, qu'elle fournit. Ou peut
la diviser en six ordres : 1" les Acanihopiérygiens, chez lesquels la première nageoire du dos est soutenue par des rayons osseux (perche, maquereau, sole); 2° les Malacoptérygiens ahclominaux, qui n'ont pas de première dorsale épineuse et chez lesquels les nageoires du ventre sont situées en arrière des nageoires pectorales et non attachées aux os de l'épaule (carpe, brochet, hareng, truite) ; 3° les Malncoplén/ijiens sublrackiens, qui ont les nageoires ventrales placées sous les pectorales et suspendues aux os de l'épaule (morue, merlan); 4° les Mnlacnpth-ygiens apodes, caractcrir.és par leur forme allongée et le manque de nageoire ventrale (anguille, congre, gymnote électrique) ; 5" les Lophohranches, qui ont les branchies divisées en petites houppes rangées par paires le long des arcs branchiaux (chevaux marins, syngnathes) ; 6° les Plectoç/nutlies, qui se reconnaissent à la conformation dé leur bouche, la mâchoire supérieure, au lieu d'être mobile, étant soudée au crâne (coffres, orbes épineux.)
La sous-classe dos Cyclostomes ou Marsipohranclii's est caractérisée par la conformation toute particulière de la bouche, disposée pour la succion. Le squelette, fort imparfait, est souvent membraneux: le système nerveux est très dégradé; les branchies ont la forme de petites bourses. Les lamproies appartiennent à ce groupe.
L'on a récemment formé la sous-classe des Leptocardes pour un très petit poisson, l'amphioxus, qui appartient certainement h l'embranchement des Vertébrés, mais qui manque des caractères les plus remarquables de cet embranchement. Le squelette n'est composé que d'une tige cartilagineuse, sans qu'il y ait de crâne proprement dit; le cerveau n'est représenté que par un léger renflement de la moelle épinière ; il n'existe pas de coeur. L'amphioxus vit le long des côtes ouest de l'Europe. [E. Sauvage.]
POLARISATION. — Physique, XXXIL — Quand un rayon de lumière rencontre un corps transparent à surface polie, il est en partie réfléchi et en partie réfracté. Si le corps transparent est urt cristal de spath d'Islande, jouissant de la propriété de la double réfraction, le rayon primitif se partage en deux rayons qui diffèrent l'un de l'autre comme aussi du rayon primitif. Voili les phénomènes qne l'on constate habituellement. Mais dans certaines circonstances, sous des inclinaisons diverses, la lumière la plus vive devient incapable de traverser le milieu le plus transparent ou de se refléchir sur la surface la mieux polie : elle est difi'érente de la lumière naturelle, puisqu'elle parait ne plus obéir dans sa marche aux lois simples de la réflexion et de la réfraction ; elle a acquis des propriétés nouvelles: on dit qu'elle m polarisée. C'est sur les rayons lumineux ayant traversé un milieu biréfringent qu'il est le plus facile de constater la transformation do la lumière sous l'effet de la polarisation. Que l'on prenne un premier cristal de spati] placé sur le trajet d'un rayon solaire, on obtient sur un écran h distance dcus images distinctes. Si l'on place sur le trajet de ces deux rayons un second cristal de epath seniblable au premier, chacun des deux rayons se dédoublera à son tour et il y aura quatre images au lieu de deux. Jusque-là, il n'y a rien d'imprévu dans l'expérience. Mais si, laissant au repos un des deux cristaux, on fait tourner l'autre sur lui-même, on voit aussitôt deux des images s'affaiblir graduellement, puis s'éteindre et disparaître entièrement. On en conclut que les deux rayons lumineux sortis d'un premier spath ne se comportent plus, par rapport à un second, comme la lumière naturelle, puisque tantôt ils traversent libi-ement ce dernier, tantôt ils refusent de se transmettre et cela suivant l'orientation des deux cristaux. On peut tailler un morceau de spath en forme