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Fig. 12.
par une oblique. Nous ne continuons pas cette analyse, qui ne pourrait être claire, car il est indispensable d'avoir le dessin du corsage sous les yeux pour suivre les démonstratiojis qui ne sont pas toujours satisfaisantes.
Madame Giroux, professeur de coupe à l'école normale supérieure d'institutrices et dans les écoles de la ville de Paris, fit paraître en 1881 une méthode intitulée : Manuel d'examen pour l enseujnemenf de lu coupe et de Cassemhlnqe de< vêtements de fernme et d'enfmits suivi d'un recueil de questions d'examen et d'une nnlice sur ta macluue à coudre. Cette méthode qui renferme des patrons de lingerie, nous semble contenir un enseignement complet de la coupe pour tous les
objets nécessaires aux élèves des écoles primaires.
L'auteur emploie un seul rectangle pour limiter le dessin des patrons du corsage entier, et prend [) mesures qui sont :
1° La longueur du dos;
2" La largeur du dos;
3" La longueur du devant;
4" La largeur du devant;
û " Le tour de poitrine pris sous les bras ;
0" Le tour de taille;
'i" La hauteur du dessous de bras;
8° La longueur du bras, de l'épaule au coude et de l'épaule au poignet;
9° Le tour des hanches pris au plus fort des hanches à 20 cent, au-dessous de la taille.
On construit le rectangle ABLM (flg. 13), ayant pour longueur la longueur du dos, plus celle de la basque, et pour largeur la moitié du tour des hanches.
Le rectangle étant tracé, on le parta'ge dans sa largeur en deux parties inégales de façon que le cùté du triangle destiné au devant ait 4 cent, de plus que le côté destine au dos; mais ces 4 cent, forment un intervalle laissé en réserve au milieu du grand rectangle, et renfermé entre deux verticales touchant l'une EFT au rectangle du dos, l'autre F/F' au rectangle du devant ; cet intervalle est destiné au développement des basques.
Une ligne horizontale DC est tracée à la taille, séparant ainsi le haut du corsage de la partie réservée à la basque; puis on porte la hauteur du dessous de bras sur la ligne AD et l'on tire une nouvelle horizontale RS parallèle à la ligue de ceinture et qui donnera au point d'intersection avec les verticales la place du dessous de bras et la profondeur de l'emmanchure du devant et du petit côté. La distance comprise entre la ligne de dessous de bras et la limite supérieure du rectangle est partagée ensuite en 4 parties égales entre elles indit[Uoes par 'i horizontales ayant chacune leur rôle ; en effet, la 1'" h partir de A servira h indiquer la chute de l'épaulette du devant; la 2« indiquera la chute de l'épaulette du dos ; la 3' donnera la dimension de l'entournure du dos et la plus grande hauteur du petit côte; ce procédé très ingénieux a encore un autre office, car l'auteur emploiera comme unité l'intervalle entre les horizontales qu'elle appelle divisions pour indiquer la hauteur des pinces du devant, l'encolure du dos, du devant, l'échancrure du devant et celle de l'entournure, et la largeur du petit côté à la ceinture.
Toutes ces indications étant données, le dessin peut s'efl'ectuer d'une manière très rapide. Ainsi, sur la ligne de ceijiture de D vers G, on compte
2 cent, et l'on unit ce point à la lettre A, ce qui donne l'oblique du dos. De A vers B on porte une division, point P, qui donne la proportion de l'encolure du dos. Sur la ligne liorizontale 2 on porte la demi-largeur du dos, on obtient le point U, que l'on joint par une oblique au point I', et l'épaulette est dessinée. Du point U, descendra une courbe légère sur la ligne 3 et joindre ce point, par une courbe creusée de 3 cent, au centre, à la ligne de la taille, laissant un intervalle de 3 cent, entre cette courbe et l'oblique du dos.
La hauteur du petit côté est déterminée ainsi : il faut calculer la différence entre le demi-tour de poitrine et le demi- tour des hanches, prendre la moitié de cette différence et la porter sur la ligne
3 i la droite de l'entournure du dos. On trace une courbe de ce point sur la ligne RS que l'on rejoint à l'intersection de la verticale du rectangle du dos. De F vers D, compter 3 cent, et joindre ce point à l'entournure du petit côté par une courbe gracieuse. De F vers D, porter la longueur de deux divisions et joindre ce point il la partie
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supérieure de l'entournure du petit côté par une courbe s'écartant de 3 cent, au centre, et le dos est achevé.
Le patron du devant du corsage s'obtient par les mêmes procédés. Du point B vers A. on porte une division qu'on marque P'. Du point B vers C on porte une division, plus 2 cent, (point Z), on unit P' à Z par une courbe rentrée de 2 cent, et l'encolure est dessinée. On porte ensuite la longueur de l'épaulette du dos de P' vers la ligne 1', et le point de rencontre L" donne la limite de l'épaulette du devant que l'on trace par une courbe peu accentuée. Puis sur la ligne horizontale 3', à partir de la ligne BC, on porte la moitié de la largeur du devant qu'on indique par le point V, on unit ce point Ji la chute de l'épaulette par une courbe
écartée d'un cent, et on a la moitié de l'entournure que l'on achève en continuant la courbe vers la ligne du dessous de bras jusqu'au point d'intersection G' de la verticale. On compte alors 2 centimètres sur la ligne de ceinture F'C, et l'on a le point H', que l'on joint à la base extrême de l'emmanchure sur la ligne RS. Il ne reste plus qu'à dessiner les basques du corsage, auxquelles on donne des dimensions proportionnelles.
La manche (fig. 14) est dessinée dans un rectangle ayant pour longueur la longueur du bras, et pour largeur les quatre divisions du rectangle du corsage. L auteur, Adèle i son système, partage cette figure géométrique en quatre parties égales, et au moyen de quelques démonstrations, donne le tracé de la manclie.
Quant à la jupe, la démonstration varie peu dans les différentes méthodes qui en traitent ; on prend ordinairement trois mesures de la ceinture aux pieds : devant, derrière et sur le côté. On enlève une pointe sur les deux lisières du haut du lé de devant, et l'on taille ceux des côtés en biais, de façon à donner plus de largeur au bas de la jupe que dans le haut. On l'orne ensuite selon la mode du jour.
Le corsage rond peut être considéré comme patron type, car il réunit la plupart des difficultés de la coupe et de l'assemblage. On peut l'allonger plus ou moins sur les hanches au moyen des basques ; on peut lui faire subir certaines modifications dans le haut qui en changent l'aspect, soit en le décolletant en rond, en carré, ou en l'ouvrant sur la poitrine. Il peut encore servir à dessiner
la robe attachée dans le dos, la robe de fillette dite robe princesse, le tablier à corsage pour enfant, et même le caraco, la camisole, le gilet et la veste de petit garçon.
La manche subit aussi des métamorphoses : on la fait courte, demi-longue, large ou étroite, mais la forme longue reste "comme un modèle qu'on modifie i volonté.
Tous les documents que nous venons d analyser tendent à prouver qu'il est nécessaire de réunir dans une formule géométrique quelconque les lignes indispensables au contour des vêtements.
En résumé, la ligne verticale, la ligne horizontale, l'angle, le triangle, le carré, le rectangle ont été successivement choisis comme base d'opérations. Ainsi M"« Régnier et M. Staube prennent la longueur du corsage, ligne verticale sur laquelle
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ils reportent les mesures du vêtement; M. Cliamfion prend comme limite principale le diamètre <lu corps. M'" Hirtz et M. Gaildraud emploient l'angle formé par la verticale con-espondajit à la longueur du corsage et l'horizontale correspondant à la ligne de taille ou à l'encolure.
M. Lavigiie choisit le carré pour limiter le patron du corsage entier, et comme ligne principale de construction une horizontale indiquant la proportion du buste h sa plus grande épaisseur.
M. Vaillant préfère le triangle et comme points Hxes le tendon d'avant-bras, la nuque et la ceinture, points qu'il considère comme invariables, et par conséquent comme les plus exacts.
M'" Grand'homme emploie trois rectangles sur lesquels elle reporte les mesures principales, et elle opère pour les petites proportions au moyen du poignet qu'elle fractionne en tiers, en quart, €n demi.
M"« Schefer établit sa méthode sur deux rectangles ayant pour dimensions la longueur du corsage et une partie du tour do poitrine, mesure qui, divisée par quart, huitième et seizième, remplit le rôle du poignet dans la méthode Grand'homme.
Enfin Mm' Giroux, qui emploie un seul rectangle, basé sur le tour des hanches, utilise l'intervalle compris dans les ligues de construction du corsage comme unité, ce qui donne le môme résultat que le poignet et le tour de poitrine mentionnés dans les manuels précédents.
Comme on le voit, les méthodes exposées diffèrent entre elles par la forme et les procédés, mais tous les auteurs poursuivent un même but, celui de faire proniptement, facilement, exactement. Leurs efforts sont-ils couronnés de succès '? Oui, si l'on se contente d'un résultat approximatif, en somme très satisfaisant. Non, si on pré-
tond .\ la perfection immédiate, ce qui est matériellement impossible, car il faut compter, d'une part, avec les petites imperfections du corps humain, qu'on ne saisit pas toujours i, première vue, et de l'autre avec le peu d'habileté, d'expérience ou d'intelligence des élèves.
Essayage. — On remédie aux fautes de la coup» par l'essayage et les retouches (les tailleurs disent : poignards), qui se font sur le mannequin on sur la personne même qui a fourni les mesures. Au dire d'un habile tailleur, les fautes ne viennent pas toujours du coupeur, car la coupe peut être modifiée par le travail ou l'élasticité des étoffes; il arrive parfois qu'on essaie des vêtements i peine commencés qui vont très bien, puis on les essaie terminés et l'on est obligé de les retoucher. La meilleure manière d'essayer un vêtement est de le poser sur le corps Ji l'envers, parce que les coutures faisant saillie peuvent être reprises facilement sans aucun dérangement. Voici comment il faut opérer les retouches : si le corsage est trop large, on le reprend à la couture du dos ou sous les bras, ou l'on fait les ourlets du devant plus grands ; s'il est trop étroit, on fait le contraire. Si le corsage est trop long, on opère sur les épaulettes, s'il est trop court on l'allonge en descendant les pinces (ou suçons des tailleurs: et en diminuant les coutures des épaules. Si le corsage est trop large d'encolure, on reprend les coutures du dos, et s'il est trop étroit, on recoupe le devant; l'emmanchure peut être aussi ou trop haute on trop basse, l'encolure trop échancrée ou pas assez, mais ces retouches, si le dessin a été bien suivi, se réduisent à peu de chose.
Pour bien couper les patrons dessinés sur le papier, il faut suivre exactement le tracé indiqué par les ligues, mais comme le patron ne comprend pas les coutures, puisqu'il est dessiné juste pour le corps, il faudra avoir soin en coupant l'étoffe do laisser 2 ou ^ centimètres en plus pour l'assemblage. Si on double le vêtement, on coupe d'abord la doublure qui sert alors de patron et qu'on place sur l'étoffe en l'y assujettissant par un bâti h longs points sur les contours du patron ou par des épingles si les lignes du patron sont visibles. Les parties du corsage doivent être coupées deux à deux, pour qu'où soit sur de leur similitude, et l'étoffe s'embrassant, c'est-à-dire pliée en double dans la longueur de manière que l'endroit soit sur l'endroit, ou l'envers sur l'envers. Le sens ou les dessins des étoffes doivent être observés : ainsi les carreaux doivent se rapporter, eties dessins être disposés de bas en haut.
AssKsmr.AGE. — L'assemblage consiste dans la réunion des différentes parties du vêtement que l'on a coupé, en donnant à chacune la place qui leur appartient.
Toutes les coutures du corsage se font h points arrière, menus et serrés. Il faut, lorsqu'on réunit les épaulettes, avoir soin de faire les coutures du côté du dos de façon que l'encolure du dos et celle du devant s'ajustent exactement et que l'erabu de l'épaulette du dos se place gracieusement sur l'épaulette du devant. Les petits côtés so cousent en dedans, et leur courbe doit rentrer dans la courbe du dos ; il faut tenir la partie du dos devers sui h cause de rembu,et pour cela commencer une des coutures à l'entournure et l'autre à la taille. Les coutures étant achevées, on les ouvre à l'exception de celles des petits côtés au dos, et on les surfile ou on les borde d'un petit ruban ou on rentre les bords sur lesquels on passe un point devant.
Les pinces se cousent en commençant par la pointe; elles peuvent être fixées avant l'assemblage ; mais beaucoup de couturières les tracent en essayant sur le corps même de la personne. On coupe les pinces et on les hoche ainsi que les
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coutures du do. pour empêcher le corsage de brider au creux de la taille.
La basque est terminée par un faux ourlet rapporté, et r«nc»)Iure par un liseré ou un col.
Les manches se cousent à points-arrière comme le corsage, mais pour éviter de rabattre les coutures on place les deux étoffes l'une sur l'autre en ayant soin de mettre ensemble les parties semblables, de telle sorte qu'en retournant les manches, les coutures se trouvent renfermées dans l'intérieur de la doublure. Le bas des manches se termine par un faux-ourlet.
Pour confectionner la jupe il faut assembler les lés à points-arrière en commençant les coutures par le haut; on égalise le bas au(|uel on rapporte i un faux-ourlet et que l'on borde d'un lacet; le haut ! de la jupe se monte à points de surjet sur une ceinture appropriée à la grosseur de la personne.
Lingerie. — Quant à la lingerie, qui complète I l'ensemble de notre vêtement, il suffira de quelques indications pour aider i la coupe età la façon de ces objets qui, n'étant pas ajustés, laissent plus de latitude à la confection. Cependant il y a quelques règles principales qu'il faut observer. Nous allons donner succinctement les mesures indispensables, renvoyant nos lectrices pour plus de détails à un ouvrage spécial. (Voir la l'éilugoyie des travnux à l'aiguille à l'usage des Écoles de filles, précédée d'une élude sur l'enseigiiement de la couture en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Ilulie et en Belgique, suivie d'une histoire de la macliine à coudre, par M""^ P,-W. Cocheris. Paris, Delagrave, in-13, I8S2.)
Pour couper un pantalon de femme, il faut deux mesures de longueur et trois mesures de circonférence.
La première mesure de longueur se prend sur le côté, de la hanche au-dessous du genou; la seconde se prend de l'entre-jarabes au-dessous du genou.
Les mesures de circonférence se prennent à la ceinture, à la hauteur des hanches, et au-desous du genou. Les mesures de longueur restent dans leur entier et se coupent exactement. Les mesures de circonférence s'augmentent d'un tiers.
Les jambes se coupent en biais jusqu'à l'entrejambes, et l'on donne au reste du corps les proportions indiquées par les mesures prises sur la personne.
La camisole se taille comme le corsage à basque, mais en laissant plus d'ampleur à chacune des parties du patron, un tiers environ. Si l'on monte la camisole sur une pièce d'épaults, cette pièce se fait de trois morceaux, l'un de la dimension du dos de l'épaule droite à l'épaule gauche, les deux autres pour le devant de la demi-largeur de poitrine.
Les mesures pour la coupe dujupon se prennent un peu moins longues et moins larges que pour la jupe de robe. La confection du jupon est en tous points semblable l\ celle de la jupe.
La chemise de femme exige deux mesures : la longueur depuis l'épaule à partir de l'encolure jusqu'à mi-jambe; la largeur correspondant au diamètre de la personne à la hauteur de la poitrine.
La chemise doit être plus large dans le bas que dans le haut ; ainsi pour une personne de taille moyenne on compte 2 mètres à ï",!!) par le bas et 1", 20 à lm,30d'envergure. Pourobtenir ce résultat, on ajoute dansl e bas de la chemise dos pointes ou chanteaux, que l'on prend ordinairement dans le haut du corps de la chemise de façon que la partie de la pointe qui doit être à la base soit prise en biais dans le haut de la chemise où doit être l'encolure.
La chemise d'homme demande plus de précision; il y a plusieurs mesures principales : la lon-
gueur du devant et du dos, la longueur de l'encolure à la ceinture, le tour du cou, la largeur du devant, la largeur des épaules, la longueur du bras.
Les chemises de nuit se font sur les mêmes mesures, mais le vêtement doit être tenu un peu plus large et beaucoup plus long.
[M°>« p.-w. Cocheris.]
Un arrêté ministériel du IG février 1882 a déterminé comme il suit les connaissances exigées des aspirantes aux deux certificats d'aptitude pour l'enseignement de la coupe et de l'assemblage:
Le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes,
Considérantque les lois et règlements en vigueur font du travail manuel une partie obligatoire du programme des écoles primaires, primaires supérieures et professionnelles, tant pour les filles que pour les garçons ;
Considérant qu'il importe que des règlements spéciaux rendus sur l'avis du Conseil supérieur déterminent exactement pour chai|ue catégorie d'écoles les exercices dont se composera cette parlie de l'enseignement, le temps qui leur sera assigné et les garanties d'aptitude spéciale à exiger des maîtres et maîtresses;
Considérant d'autre part que parmi ces enseignements nouveaux, celui de la couture, de la coupe et de la confection des vêtements est déjà entré dans la pratique et a été organisé avec succès tant à Paris que dans les départements, et que de nombreuses demandes d'institutrices désireuses d'en être chargées rendent nécessaire la délivrance d'un titre provisoire constatant leur aptitude ;
Considérant que ce titre devra ultérieurement être mis en rapport avec les règlements d'ensemble qui fixeront l'organisation de l'enseignement des divers travaux manuels ;
Arrête :
Art. 1". Il est institué deux certificats d'aptitude à l'enseignement des travaux d'aiguille (premier et second ordre).
Art. 2. Le certificat d'aptitude de premier ordre prend le titre de : Certificat d'aptitude à la direction des cours normaux de coulure.
Il est exigé des professeurs et maîtresses adjointes d'écoles normales et des directrices des cours normaux de couture, de coupe et de confection créés par les villes et les départements. Il donne le droit d'enseigner dans les établissements scolaires de tout ordre.
Art. 3. Ne peuvent être admises à l'examen du certificat d'aptitude de premier ordre, que les aspirantes qui appartiennent à l'enseignement public ou libre et qui justifient :
1° De la possession du brevet élémentaire et du certificat d'aptitude de second ordre ;
2° De la connaissance de deux méthodes de coupe au moins, à désigner, au choix des aspirantes, parmi celles dont un exemplaire aura élé déposé au Musée pédagogique.
Art. 4. Le certificat d'aptitude de second ordre prend le titre de: Certificat d'aptitude à l'enseignement de la couture et de la confection dans les écoles communales.
Il est exigé de toute institutrice qui voudra diriger une classe de couture, de coupe et d'assemblage dans une école primaire ou professionnelle.
Art. h. Ne peuvent être admises à l'examen du certificat d'aptitude de second ordre que les aspirantes qui appartiennent à l'enseignement public ou libre et qui justifient :
r De la possession du brevet élémentaire;
2° De la connaissance d'une méthode de coupe au moins, à désigner, au choix des aspirantes,
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VIE HUMAINE (AGES
parmi celles dont un exemplaire aura été déposé au Musée pédagogique.
Alt. 6. Le certificat d aptitude à In direction des cours normaux est conféré par une Commission d'examen nommée chaque année par le ministre.
La Commission d'examen tient une session par an, dans le courant de la semaine qui suit Pâques. L'ouverture de la session est fixée par le ministre.
Art. 7. Toute demande d'inscription devra ôtro adressée, quinze jours au moins avant la date fixée pour l'ouverture do la session, au ministère de l'instruction publique (Direction de l'enseignement primaire, 1" bureau).
Chaque aspirante devra joindre à sa demande une copie de son brevet de capacité et indiquer sur quelles méthodes elle préfère subir l'examen.
Art. 8. L'examen se compose :
1° D'une épreuve de lingerie : coupe et confection d'une chemise de femme et d'un pantalon d'enfant.
2" D'une des deux épreuves suivantes qui sont tirées au sort : confection d'un corsage ;\ basques pour grande personne, ou d'une robe princesse pour petite fille.
Les exercices se rattachant à l'une ou à l'autre de ces épreuves sont au nombre de quatre :
1° Les aspirantes sont appelées, chacune à leur tour et d'après leur ordre de classement, i faire, devant le jury, une leçon au tableau noir d'après deux méthodes désignées par elles; elles compareront ces méthodes et auront à répondre à des questions théoriques sur l'enseignement méthodique de la coupe et des travaux d'aiguille en général; sur l'emploi et le maniement de la machine h coudre. — Cette épreuve est éliminatoire ;
2° Chaque aspirante prend les mesures sur le mannequin qui lui a été désigné et dessine, d'après ces mesures et conformément aux principes de la méthode indiquée dans sa demande, le patron du vêtement qu'elle aura ensuite Ji confectionner;
.3" Coupe et assemblage du vêtement d'après le tracé du patron qui aura fait l'objet de la première épreuve ; premier essayage sur les mannequins qui ont servi à prendre les mesures ; rectifications, s'il y a lieu, en expliquant pourquoi on les fait et d'après quel principe ;
4° Couture d'une partie du corsage; façon d'une boutonnière. Essayage définitif.
Art. 9. Les points se comptent de 1 à iO. Les aspirantes n'ayant pas obtenu la moyenne dans la première épreuve ne sont pas admises à continuer l'examen.
Art. 10. Le certificat d'aptitude à l'enseignement des travaux de couture et de confection do?is les écoles coynmunales est conféré par des commissions locales nommées par le recteur de l'académie et composées de cinq membres au moins.
Art. 11, Les commissions locales tiennent une session par an.
Art. 12. Toute demande d'inscription devra être adressée, quinze jours au moins avant la'date fixée pour l'ouverture de la session, au recteur de l'académie.
Chaque aspirante devra joindre à sa demande une copie de son brevet de capacité et indiquer sur quelle niéihode elle préfère subir l'examen. Art. 13. L'examen se compose :
1° D'une épreuve de coulure: une pièce d'ensemble présentant les différents points de couture ;
2° D'une des deux épreuves suivantes qui sont
tirées au sort : confection d'un corsage à basques
pour grande personne, ou d'une robe princesse
pour petite fille.
Les exercices se rattachant à l'une ou à l'autre
de ces deux épreuves sont au nombre de quatre.
1" Les aspirantes sont appelées, chacune i leur tour d'après leur ordre de classement, i faire, devant le jury, une leçon au tableau noir d'après la méthode qu'elles ont apprise. Elles auront à répondre :\ des questions théoriques sur l'enseignement méthodiiiue de la coupe et des travaux d'aiguille en général ; sur l'emploi et le maniement de la machine à coudre.
2" Chaque aspirante prend les mesures sur le mannequin qui lui a été désigné et dessine, d'après ces mesures et conformément aux principes de la méthode indiquée dans sa demande, le patron du vêtement qu'elle aura ensuite à confectionner;
'i" Coupe et assemblage du vêtement d'après le tracé du patron qui aura fait l'objet de la première épreuve ; premier essayage sur les mannequins qui ont servi i prendre les mesures; rectifications, s'il y a lieu, en expliquant pourquoi on les fait et d'après quel principe;
■!° Couture d'une partie du corsage; façon d'une boutonnière; essayage définitif.
Art. 14. L'enseignement complet de la coupe et de l'assemblage exige, au maximum, de vingtcinq à trente leçons de deux heures et demie à trois heures chacune.
Dans les cours normaux, l'enseignement obligatoire comprendra :
1° Les travaux usuels d'aiguille ;
2° La confection de robes à corsage rond et de robes à corsage à basques;
3° La confection de robes et de tabliers princesse pour petite fille.
L'enseignement des autres vêtements, dont les patrons peuvent être donnés dans les différentes méthodes de coupe, est facultatif, au moins quant à présent.
L'ordre des matières et la répartition du temps sont réglés par les professeurs.
Art. lô. L'enseignement sera tout à la fois théorique et pratique. On commencera par donner aux élèves une idée générale des méthodes et des principes qui leur servent de base. On passera ensuite à l'application de la méthode particulière dont la directrice du cours a fait choix.
VIE Hi;.«AlNE (.VGliS). — Hygiène, l. — n La vie est un voyage o, dit le vieil opéra de Mozart, et rien n'est plus juste, physiologiquement parlant, que cette image de la vie. Le voyage de l'homme sur la terre se déroule à travers des étapes successives, qui, de la naissance, l'amènent lentement jusqu'à un dernier asile : ou, pour parler un langage plus scientifique, la vie est une évolution, qui a son point d'origine, ses phases régulières de développement, puis sa décroissance graduelle et sa terminaison. Dans l'embryon à peine déjà visible, il semble qu'une mystérieuse puissance soit cachée: d'abord pleine d'énergie, elle le développe, de métamorphose en métamorphose, jusqu'à ce qu'il ait réalisé la forme parfaite de l'être humain ; moins active alors, elle suffit cependant à maintenir longtemps intacte cette forme qu'elle a créée ; mais bientôt sa force semble se lasser, elle s'affaiblit, laisse se dégrader son œuvre, et enfin, épuisée, elle s'éteint, et la destruction s'empare de l'être vivant. Ces étapes, ces phases successives sont ce que l'on a appelé les âges de l'homme.
Toute division des âges est fatalement artificielle ; car il n'y a pas d'arrêts, ni d'interruptions dans le développement de la vie, et les périodes se succèdent les unes aux autres par des transitions insensibles. Aussi les divisions adoptées diffèrent-elles suivant les autours.
La plus antique de ces divisions fait partie du système quaternaire, qui admettait quatre éléments, quatre saisons, quatre qualités, quatre humeurs, etc.; elle distinguait quatre âges, l'en-
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fance, l'adolescence. 1 ago mûr, la vieillesse. — La classification liippocratique, presque aussi ancienne, est fondée sur les mystérieuses propriétés du nombre sept", elle admet « sept saisons, qu'on appelle âges: le petit enfant, l'enfant, l'adolescent, le jeune homme, l'homme fait, l'homme âgé, le vieillard ». Ces âges so succèdent de sept en sept ans.
Les classifications modernes, presque aussi nombreuses que les auteurs, nous paraissent avoir multiplié à. l'excès les périodes, et établi ainsi des distinctions imaginaires, que rien ne justifie dans la réalité : c'est ainsi que Fleury a pu admettre jusqu'i dix âges dift'érents.
Nous adopterons la division suivante, plus simple, et qui ne compte que sept périodes :
1° Vie fœtale.
2° Première enfance — de 0 à 2 ans.
3° Seconde enfance — de 2 à 13 ans.
4" Adolescence — de 13 à 20 ans.
b" L'âge adulte — de 20 à 45 ans.
6° L'âge de retour — de 45 i 00 ans.
7° La vieillesse — de 60 ans jusqu'à la mort.
1° Vie fœtale. — Cette période originelle, qui s'étend depuis la première apparition de l'embryon dans le sein de sa mère, jusqu'au moment de sa naissance, a une durée normale de neuf mois pleins." elle peut, par exception, se termiiier au bout de huit mois, de sept mois même; plus courte, elle aboutit généralement à la mort de l'enfant, et constitue alors toute son existence. Elle est caractérisée par des phénomènes extrêmement rapides de développement, et d'accroissement : mais on la voit, en certains cas anormaux, présenter des déviations de ces phénomènes et aboutir à, des malformations diverses, dont les plus graves peuvent entraîner la mort immédiate de l'embryon ou la mort ultérieure de l'enfant (monstres de tout genre, bec-de-lièvre, hydrocéphalie, idiotie, surdi-mutité, etc.).
L'existence de l'être humain est, pendant toute cette période, étroitement liée à celle de sa mère, dans le sang de laquelle il puise les matériaux de sa propre nutrition. Aussi rh\giène de la vie fœtale n'est-elle autre chose que l'hygiène même de la mère, laquelle peut se résumer dans les quatre points suivants : s'astreindre à. une alimentation particulièrement reconstituante, afin de faire face à une double nutrition — faire usage de vêlements amples et renoncer aux corsets serrés et rigides, — proscrire tout bain chaud, soit bain entier, soit |)Cdiluve, — faire de l'exercice en plein air tout en se préservant des secousses et en évitant les mouvements violents, danse, équitation, etc., — enfin se garder de toute émotion vive.
2° Première enfance (de 0 ù. 2 ans). — L'homme est, au moment de son apparition à la lumière, le plus faible, le plus désarme des animaux. Son corps nu, sans défense naturelle contre le froid extérieur, subit une redoutable épreuve dans ce brusque passage du milieu maternel au milieu aérien : aussi le froid est-il le pire ennemi du nouveau-né. De plus, le tube digestif se trouve subitement appelé à une activité nouvelle, à laquelle aucune transition ne l'a préparé. De là, pour l'enfant qui vient de naître, une double cause de maladie et de mort : le refroidissement ■d'une part, la fatigue des organes digestifs de l'antre.
Contre la première, l'hygiène recommande la plus grande attention à couvrir chaudement le petit être, à le soustraire aux variations brusques de température, à le maintenir au besoin dans un appartement chaulTé, h l'envelopper de coton, de ouate au premier signe de maladie. Sans doute elle prosent l'usage de l'antique maillot, véritable appareil de torture, qui emprisonnait les membres de l'enfant et entravait son développement. Mais
elle voit également d'un mauvais œil la réaction exagérée qui s'est récemment produite dans nos mœurs, l'abus des vêtements trop amples et légers, une liberté excessive laissée aux mouvements de l'enfant, et par-dessus tout cette pratique des lavages froids, d'importation anglaise, qui sera précieuse à quelque temps de là, quand l'enfant aura déjà pris quelque vigueur, mais qui est funeste à cette époque d'extrême fragilité.
Contre la seconde cause de périls, l'hygiène et la morale sont d'accord pour prescrire,toutes les fois qu'il est possible, l'allaitement maternel. On ne viole pas impunément l'ordre établi par la nature : elle a pris soin de préparer à l'enfant un aliment merveilleusement approprié à ses besoins et à ses forces digestives, dont la richesse nutritive, d'abord faible, va croissant avec son âge, et que l'artifice de l'uUaitement artificiel ne peut jamais imiter exactement. C'est cet aliment, à l'exclusion de tout autre, qu'il faut au nouveau-né. La mère doit donc, en règle générale, allaiter son enfant ; l'expérience a, du reste, montré que l'oubli de ce grand devoir est funeste à la moralité de la famille, et qu'à toutes les époques, il est apparu comme l'un des plus sûrs indices d>' la corruption des mœurs ; il est l'un des tristes privilèges des familles amollies par le luxe et par l'oisiveté: c'est ainsi que saint Louis parait avoir été le seul de nos rois qui ait été nourri du lait de sa mère.
L'hygiène du nouveau-né est un des problèmes sociaux dont l'intérêt est le plus palpitant, car elle règle le progrès de la population, et par suite la force et la richesse de l'Etat. Plus de cent mille enfants meurent annuellement en France, de misère, de faim, de négligences. « Un enfant qui naît, dit M. Beriillon, a moins de chances qu'un homme de 90 ans de vivre uhe semaine, et moins de chances qu'un octogénaire de vivre un an. » A Paris, dans les classes pauvres, la morlalitc est de 8U pour liiO ! Dans l'ensemble de la France, plus d'un cinquième des enfants qui naissent est mort avant un an. Et si l'on rapproche ces chiffres effrayants de ceux qui expriment la moyenne des naissances, si l'on réfléchit que nous comptons à peine 2 naisrances pour 100 individus, alors que l'Allemagne en compte près de 4, et que notre pupulation met à se doubler nu années, alors qu'en Prusse ce doublement s'clïectue en 42 ans, on ne peut se défendre de frémir, pour notre pays, d'une aussi terrible mortalité enfantine. L'Académie de médecine a signalé, au nombre des principales causes de cette mortalité, l'industrie nourricière 'nourrices sur lieux et nourrices à emporter), le transport prématuré des enfants pour le baptême et pour la déclaration de naissance, et l'absence d'une loi sur la vaccination obligatoire.
Une disposition légale toute récente, qui répond à quelques-unes de ces préoccupations, a placé les nourrissons sous la surveillance d'un comité de protection, qui fonctionne au chef- lieu du département. L'institution des crèches paraît aussi une mesure utile, malgré les objections tirées de l'encombrement, de l'entassement des enfants, et de l'extrême cherté de leur entretien. Il ne faut pas oublier que l'iiumoralité a des rapports étroits et sinistres avec la mortalité enfantine. Voici des chifi'res qui mettent ces rapports dans un jour saisissant: il y a, en France, un enfant illégitime sur 13,80 des naissances totales, — il y a un enfant abandonné sur ",'8,96 des naissances totales, et un enfant abandonné sur ".!,li9 des naissances illégitimes — il meurt- en moyenne 21 pour lilO des enfants légitimes, tandis qu'il meurt 40 et même 45 pour 100 des enfants naturels. Toute mesure qui atteint le vice et le diminue, ou qui contribue à la pureté des mœurs, a donc une ai tion directe et puissante sur la viabilité des enfants, dont elle relève imuicdlatemenl le cbilîre.
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Si l'enfant est entouré des soins nécessaires, et de toutes les conditions favorables de développement, il ne faut pas croire que l'extrônie fraf;ililé des premiers jours se prolonRe longtemps. Au bout do peu de mois, le petit être a pris une vitalité singulière, ()ui se révèle par un accroissement d'une extrême rapidité et par une énergique résistance aux influences morbides et à la maladie môme une fois déclarée. Chez lui, lo travail d'assimilation l'emporte de beaucoup sur le travail de décomposition ; les recettes organiques dépassent les dépenses, en sorte qu'il y a une plus-value considérable du budget vital; le poids croissant de l'enfant exprime matliématiquement cette plus-value, lîlle s'explique du reste aisément par ce fait que la vie de l'enfant se partage presque également entre deux occupations uniques, téter et dormir, ce qui, pliysiologiquemont, équivaut à encaisser et ne pas dépenser. Aussi faut-il être très attentif à fournir à cette puissante assimilation un aliment de première catégorie, sous peine de voir survenir de véritables troubles d'inanition (rachitisme, anémie, athrepsie) ; à partir de quatre mois, on pourra aider l'allaitement de quelques préparations farineuses, potages, panades, etc.
L'enfant va d'ailleurs avoir à subir la redoutable épreuve de la dentition. L'éruption des premières dents, ou denix de lait, commence vers la fin du sixième mois, lille débute par les incisives supérieures, puis s'arrête quelque temps. Vers le troisième semestre apparaissent les quatre premières molaires et les incisives inférieures. Les canines ne se montrent que dans le courant du quatrième semestre, et les quatre autres molaires vers le trentième mois. Cette première dentition, composée de vingt dents seulement, suffira à l'enfant jusque vers l'âge de sept ans. Elle amène quelques troubles généralement légers, fièvre, diarrhée, douleur, parfois plus graves, tels que les convulsions, et commande un redoublement de soins.
C'est pendant l'une des périodes de calme de la dentition qu'il convient de sevrer l'enfant. A quel âge doit-on cesser l'allaitement? Question encore débattue, mais sur laquelle on ne risque guère de se tromper en fixant l'époque du sevrage entre le quinzième et le dix- huitième mois. Il vaudra mieux déshabituer rapidement le petit être en ((uelques jours, que de prolonger la transition pendant plusieurs seraaijies. Mais il faudra prendre soin de substituer au lait maternel des aliments choisis de façon h le remplacer avec avantage, et veiller ii ce que la nutrition y gagne, loin qu'elle y perde. 3" Secu7ide enfance (de 2 à 13 ans;. — Pendant cette longue période, la nutrition continue à fournir un excédent de recettes : toutefois le mouvement de composition, comparé au mouvement de décomposition, a déjà perdu quelque chose de l'extrême activité des premiers jours de la vie. Il commence déjà h. manifester un ralentissement, d'abord à peine sensible, mais qui ira croissant avec les années. Les repas n'ont plus lieu toutes les deux heures, comme ceux du nourrisson; ils sont moins fréquents, et bientôt il n'en subsiste plus que quatre par •.'4 heures. Le sommeil aussi diminue, cesse de remplir tout l'intervalle des repas, et disparaît peu à peu de la journée pour ne plus occuper que les heures de la nuit. A mesure qu'il se retire, on voit, dès le début de la seconde enfance, apparaître l'exercice, qui contribue puissamment, par l'usure des tissus, à ralentir le mouvement d'acquisition organique : il devient de plus en plus cojisidérable, et finit par remplir, dans la vie de l'enfant, presque toute la place qu'occupait d'abord le sommeil diurne.
Cne nouvelle fonction se révèle, dont il n'existait jusque-là que le germe : la pensée. L'intelligence, obscure d'abord, et bornée au seul instijict.
se développe rapidement Ji partir de la deuxième année, créant le langage et dotant l'être humain de facultés psychii)ues qui iront se perfectionnant indéfiniment, peut-être toute sa vie, et qui seront désormais sa véritable caractéristique. Le nouveauné ne différait pas sensiblement du jeune animal, sinon par son extrême débilité : l'enfant de deux ans est déj.'i un homme, il pense, il juge, il parle. L'évolution du système dentaire persiste et se termine presque entièrement, appropriant l'appareil de la mastication à une besogne de plus en plus considérable. Aux environs de la cinquième aimée apparaissent quatre molaires nouvelles, qui portent h 24 le nombre total des dents. Vers la sixième année, toutes les dents de lait tombent les unes après les autres, et sont remplacées par autant de dents définitives, plus solides, mieux enracinées. Enfin, vers l'âge de douze ans, se montrent quatre grosses molaires, qui complètent, jusqu'à l'éruption tardive des dents de sagesse, la seconde dentition. Phénomène remarquable, et qui prouve combien le jeune enfant a pris de vigueur et de stabilité : toute cette évolution dentaire passe, pour ainsi dire, inaperçue de l'organisme, et ne provoque rien qui ressemble à l'orage de la première naissance des dents.
Toutefois cette stabilité vitale n'est pas encore telle que l'enfant puisse impunément se passer des soins les plus attentifs. La prodigieuse quantité de mouvements qu'il fournit, jointe aux progrès de sa croissance, exige que l'alimentation soit éminemment réparatrice et suffisamment abondante : elle se composera, en harmonieuse proportion, des hydrocarbures nécessaires au mouvement, et des matériaux azotés indispensables à l'accroissement des tissus : elle sera, en outre, fréquente, pour ravitailler l'active machine vivante au fur et à mesure de ses pertes rapides ; elle proscrira les alcools et les autres stimulants, dangereux à cet âge.
Le développement naturel et bientôt le développement artificiel de l'intelligence sontune grave épreuve pour le jeune organisme. La fréquence significative des maladies nerveuses, convulsions, méningites, cliorée, épilepsie, paralysie inlantile, indiquent assez la crise que subit le cerveau, et l'attention extrême que l'on doit apporter à ne pas le surmener, à ne pas hâter outre mesure son évolution, à lui épargner également un travail excessif et les émotions dangereuses. Il faudra particulièrement veiller à ce que la durée du sommeil, en dépit de sa décroissance physiologique, reste largement suffisante pour reposer l'appareil nerveux. Onze à dix heures de sommeil dans la première moitié de cette période, jamais moins de neuf heures dans la seconde moitié, telle est à peu près la règle hygiénique.
C'est dans cet âge de la seconde enfance que le petit être acquiert ce qu'on pourrait appeler sa personnalité constitutionnelle, son idiosyncrasie ; c'est à cette époque que .se fonde insensiblement le tempérament, que l'enfant devient ou nerveux, ou lymphatique, ou sanguin, ou qu'il acquiert le germe de maladies ultérieures, et que, d'une façon générale, il incline vers la débilité ou vers la vigueur. Le phénomène parallèle dans son être moral évolue bien plus lentement, ne se termine que beaucoup plus tard, reste bien plus longtemps accessible aux influences directrices ou curatrices. De là la nécessité de surveiller particulièrement cette période du développement organique, et d'intervenir, s'il y a lieu, avant que la déviation de ce développement ne soit devenue définitive. Que les parents n'oublient jamais ce point capital : c'est entre 6 et 10 ans que se fonde la santé ou la faiblesse ; et c'est alors que l'on est le mieux armé pour assurer la première et écarter la seconde.
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i° Adolescence (de 13 à 20 ans). — Cet âge est caractérisé par le développement des fonctions reproductrices, jusque-là embryonnaires, par le ralentissement de l'accroissement organique, et par le caractère définitif que revêtent les progrès de l'être tout entier, aussi bien ses progrès physiques que ceux de son intelligence. Les contours se fixent, s'arrêtent, ceux de l'esprit comme ceux de la figure. Une vigueur croissante achemine l'être physique et l'être moral au plein et puissant équilibre de la virilité. Age charmant, qui est bien le printemps de la vie, car il est la saison où tout, dans le jeune enfant, s'épanouit et fleurit à la fois. Age critique aussi, il ne faut pas l'oublier, où l'enfant subit une redoutable métamorphose, renonce de plus en plusîi la vie animale pour faire prédominer la vie du système nerveux, et où il perd l'insouciance du premier âge, pour revêtir le sérieux et les passions de l'homme.
La crise morale est, pour le jeune garçon, plus dangereuse que la crise physique. L'inverse est vrai de la jeune fille : chez celle-ci l'établissement de la fonction menstruelle, alors même qu'il se fait normalement, crée un appauvrissement, une spoliation organique, qui se traduit presque aussitôt par l'arrêt définitif de la croissance. Et trop souvent l'apparition de la nouvelle fonction suscite un véritable orage, d'où la jeune fille sort anémique, débile, nerveuse. C'est pourquoi il est indispensable d'entourer ce délicat épanouissement de la femme de précautions multipliées, parmi lesquelles l'excellence de l'alimenUtion, l'exercice, l'hydrothérapie, les bains de mer, figurent au premier rang.
5° Age mùr (de 2u à 45 ans;. — Cette courte période de vingt-cinq années est, au point de vue physiologique, le plein de la vie : c'est le moment rapide où, le développement ayant pris fin et la dégénération n'ayant pas commencé, l'état physique de l'être est un harmonieux et actif équilibre, une merveilleuse pondération des pertes et des recettes. C'est l'âge où les forces de l'organisme sont à leur apogée, où la résistance i la destruction est le plus énergique, où les chances de vie sont le plus considérables. C'est aussi l'âge où se manifeste généralement la plus grande activilé de l'être moral, où l'iiomme produit la plus grande somme de travail, savoure le plein usage de ses facultés, se livre h ses passions, nobles ou inférieures, fonde la famille, et connaît la plus grande partie des joies ou des souffrances qui doivent traverser sa vie.
Le terme de vingt-cinq années, que nous avons assigné à cette phase heureuse de la vie, n'est qu'une moyenne approximative. Nul ne doit désespérer de la reculer bien plus loin. 11 est certain qu'un homme naturellement vigoureux, s'il fait un prudent usage de ses forces et qu'il évite de les user prématurément dans les fatigues, les privations ou les excès, pourra les conserver entières dix ou même quinze années de plus et entrer,pour ainsi dire, jeune encoi-e dans la vieillesse. Malheureusement une pareille sagesse est rare : il faut dire que l'àpreté de la concurrence vitale la rend le plus souvent impossible, en obligeant l'homme à faire, en peu d'années, une énorme dépense de son énergie physique ou morale. La civilisation a augmenté dans une efl'rayante proportion le fardeau de la vie, sans qu'elle ait ajouté un atome à la vigueur de l'organisme : bien au contraire, elle la diminue li-ntement, par une usure toujours croissante, qui appauvrit d'abord l'individu, et ensuite, par hérédité, atteint l'espèce.
Une science tout entière, qui ne se peut résumer ici, l'hygiène, règle les mesures à prendre pour prolonger aussi loin que possible cet harmonieux équilibre des fonctions. Nous n'en dégageons que ce principe fondamental, qui fut aussi celui
d'une philosophie : suivre la nature ; il implique la sobriété , l'exacte satisfaction des besoins , l'exercice proportionnel de toutes les fonctions, et non dune seule au détriment des autres, enfin la réglementation métliodique de la vie, de façon \ en corriger les incessantes déviations et à la ramener à son type naturel.
C'est vers la trentième année que le corps de l'homme atteint son plus haut point de perfection pour la stature et les proportions de sa forme. Toute la gracilité du jeune âge a achevé de di^paraitre. Les masses musculaires fortement saillantes, leurs contours durement accusés, le tronc carré, les membres épais, la voix forte et grave, les traits du visage bien nianiués, la démarche ferme et hardie, le geste harmonieux, rapide, précis, le feu divin de la physionomie, tout dans l'homme exprime alors la force sûre d'elle-même, la majesté calme, le commandement. La femme réalise beaucoup plus tôt le type parfait de son développement ; sa croissance se termine de bonne heure, et ses formes sont généralement définitives dès la vingtième année. Tout en elle est plus doux, plus délicat, plus arrondi, plus fin : son aspect est celui de la grâce, non de la force, .et de la beauté, non de la majesté.
fi° Age de retour (de 45 à 60 ans). — C'est le commencement de la période de déclin. L'équilibre s'est rompu, la compensation est désormais détruite, l'usure organique l'emporte et va l'emporter de plus en plus sur les acquisitions. Alors apparaissent les signes avant-coureurs de la décrépitude, premier effet de cet affaiblissement de la force évolutrice, qui ira croissant jusqu'à la mort. Les dents s'ébranlent, se déchaussent, tombent ; les cheveux blanchissent et se font rares : l'amaigrissement du visage plisse la peau, la sillonne de rides ; les muscles diminuent de volume, perdent leur force ; à mesure qu'ils s'atrophient, la graisse envahit l'espace qu'ils occupaient : embonpoint de mauvais augure, qui n'est que le résultat de la mort des tissus. La défaillance de la force vitale expose l'homme à l'invasion des maladies, et le ramène peu à peu à la fragilité de ses premières années. C'est l'époque des grandes maladies chroniques, du cancer, de la goutte, du diabète, des calculs, etc. C'est, pour la femme, l'époque où elle perd la faculté do reproduction, passage tellement périlleux, qu'il porte le non d'âge critique.
Il est remarquable de voir la virilité de l'intelligence survivre à celle des organes. Cet âge de déchéance physique est, pour la plupart des hommes, le moment de leur pleine production intellectuelle ; la raison est restée aussi ferme que dans l'âge viril et s'est enrichie de l'expérience; l'esprit a perdu sa première fougue, mais il a gagné en solidité ce qu'il a perdu en spontanéité, et c'est alors qu'il donne ses fruits les plus mûrs et les plus parfaits.
"" yieillesse (de (iOans jusqu'à la mort). — La déchéance vitale augmente de jour en jour, le mouvement de destruction s'anime d'une vitesse croissante. La circulation se ralentit, la taille se courbe, la peau se flétrit, les muscles s'atrophient, le regard s'éteint, les organes digestifs s'affaiblissent, la voix se casse, chevrote, la démarche perd son assurance. La composition chimique des tissus se modifie notablement ; le caractère principal de cette modification est la perte croissante de l'eau constitutive; la liquidité étant une des conditions indispensables de la vie des cellules, la diminution de l'eau implique le ralentissement graduel des phénomènes intimes de la vie des tissus. Li-s organes du vieillard semblent donc, par un lent dessèchement, s'acheminer à la mort. Dans les cas les plus heureux c'est bien, en clfet, par le progrès régulier et fatal de cette extinction des phé-
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nonièiics cellulaires, quo se produit la cessation do la viu ; il vient un moment où la somme des actions cellulaires cosse d'être suffisante pour entretenir les grandes fonctions ; alors, pour user d'une comparaison aussi ancienne qu'elle est exacte, la vie s'éteint, comme la lampe dont l'huile est épuisée. Fin trop rare, et digne d'envie, en ce qu'elle est la terminaison normale et paisible do l'évolution vitale. Mais le plus souvent c'est un accident qui vient liâter la destruction de l'être, en frappant un des orgajies principaux, le poumon, le cœur ou le cerveau. La mort par le poumon est, de toutes, la plus fréquente, parce qu'il suffit d'une diminution relativement peu considérable de l'action respiratoire pour arrûter les combustions organiques, déjà réduites au minimum.
Les facultés psychiques subissent elles aussi de notables modificatic>ns. maisqui tiennent aux elTots accumulés d'une longue, expérience,' et nullement au contre-coup de la décrépitude physic|ue. La vie de l'âme peut et doit rester aussi intense, à ces derniers jours de la vie, qu'au temps de la force et de l'activité desorganes : lorsqu'elle vient à languir, chose fréquente, c'est là le résultat d'une altération morbide, qu'on ne peut nullement regarder comme inhérente à l'évolution naturelle. Mais si la vie morale ne languit pas, du moins elle se modifie : la longue succession des années a trop enseigné au vieillard le prix de la prudence, de la sagesse, pour qu'il n'ait pas quelque peu perdu l'habitude de l'enthousiasme ; elle lui a appris la fragilité des choses humaines, des joies, des alTections, des dévouements, des soufl'rances même : de là un détachement significatif, parfois entaché d'égoisme, qui caractéri-se le couchant de la vie, et donne à ce que l'on a nommé la sagesse des vieillards son caractère d'impassible sérénité. Quelle est la durée probable de la carrière humaine ? Si on fait entrer dans le calcul tous les âges indistinctement, l'extrême mortalité de la première enfance abaisse terriblement le chiffre de la moyenne : ce chift're se réduit alors à 'A'i ans environ I Encore exprime-til un véritable pi^ogrès sur le chiffre constaté au siècle dernier : Duvillard, qui opérait sur des statistiques antérieures à la Révolution, n'avait trouvé que 28 années pour la durée moyenne de la vie. Depuis
lors d'immenses travaux de statistique ont permis d'établir ces tables détaillées do mortalité sur lesquelles repose tout le calcul des compagnies d'assurance. En voici quelques conclusions :
Sur IIIO individus, 44 atteignent 30 ans.
Sur 100 individus âgés de 30 ans, 55 parviennent à eu ans, 32,7 à 70 ans, Il.'i à sO ans, et seulement 1,3 à Oo ans. Quant aux centenaires, leur nombre est si restreint qu'il échappe à l'évaluation statistique.
Sur 15 millions de décès, les 2/3 portent sur les classes pauvres.
A tous les âges, la femme paraît vivre plus longtemps que l'homme.
Si effrayante que soit la moyenne de la mortalité, la comparaison avec les époques passées ou avec les pays et les races arriérés, montre que les progrès de la science peuvent la diminuer singulièrement. Cinq causes ont agi, depuis près d'un siècle, pour en abaisser le chift're : la vaccination — la rapidité des cotnmunications et des transports, qui a supprimé les famines et diminué les privations — les progrès de la médecine — les progrès de l'hygiène publique et privée — l'aisance. Toute impulsion nouvelle imprimée à l'une de ces causes retentira directement sur la longévité. Toutefois ces influences ne sont pas les seules dont il faille tenir compte, sous peine de ne faire qu'une œuvre incomplète et boiteuse. L'élément moral doit entrer pour une grande part dans le calcul des causes qui régissent la viabilité de la race, parce qu'il influe directement sur la vitalité de l'individu. Un ordre social plus moral, qui aurait gardé moins de ressemblance avec ce qui fut, nous dit-on, l'ordre naturel, qui reposerait un peu moins sur la force et un peu plus sur l'équité, où l'expansion de la vie trouverait de moins âpres difficultés, où il y aurait plus de place pour la charité, pour l'éducation de la conscience, voilà l'un des grands remèdes à la fragilité de l'homme. Un grand écrivain dont le cœur égalait l'esprit, Michelet, a écrit ces lignes admirables : « Si tu es médecin, fais halte quelquefois, tu ne vois que trop la douleur. Apprends-en les causes sociales. Informe-toi par moments de la grande thérapeutique d équité et d'ordre civil qui viderait les hôpitaux, de cette cité de justice qui guérirait par le bonheur. » [D' E. Pécaut.]
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