HOMMES. FEMMES
de 1686 à 1690;
1816 1820; de 1872 à 1876.
Le certificat d'études établi en 1874 a donné un nombre croissant de candidats et d'élèves reçus, mais on ne comptait encore en 1877 que 200 certificats pour l'année.
La Charente-Inférieure possède 240 bibliothèques scolaires, soit environ 31 par 100 écoles publiques.
Quant aux méthodes d'enseignement, « le plan d'études, dit l'inspecteur, est bien affiché dans toutes les écoles, mais un grand nombre d'instituteurs ont peine à comprendre qu'ils doivent occu-
CHARïTÉ
CHARITÉ
per utilement et simultanément pendant toute la classe les trois divisions dont chacune compte deux sections; que la division des commençants doit recevoir, comme les autres, des leçons d instruction religieuse, de lecture, d'écriture, de français, d'histoire, etc. »
A. consulter. — Dans les Mémoires de l'Académie de la Rochelle : Notes pour servir à une histoire (Je l'instruction publique à la Rochelle, par M. Dclayanl (1868, p. 58). — Dans les Mémoires de la Société d'agriculture, belleslettres, sciences et arts de Rochefort : L'éducation des enfants à Rochefort, par M. Auriol (1837. p. 109, détails sur les orphelinats et les écoles de marine) ; Coup d'oeil sur l'ensc'r/iiement primaire dans l'arrondissement, par M. Federici (1858, p. 55); Rapport sur le même sujet en 1835-37 par M. Dubois ; Étude sur le même sujet, par M. l'abbé Deneux (1873, p. 21). L'auteur propose, en ce qui concerne les instituteurs, quatre remèdes aux maux actuellement signalés :
1° Améliorer leur condition ;
2° Les soumettre au contrôle sérieux des comités locaux ;
3° Leur interdire les fonctions accessoires;
4° Ne pas les placer dans la commune où ils ont des relations nombreuses de parenté.
CHARITÉ (Écoles de). — Les « écoles de charité » sont une des fondations les plus anciennes et les plus générales du christianisme. Les Constitutions des apôtres, dès le troisième siècle de l'Eglise, confient aux diacres et aux diaconesses le soin de veiller sur les orphelins. Les constitutions de Théodose, celles de Justinien, au sixième siècle, accordent des privilèges aux maisons où l'on recueille les enfants abandonnés. L'hôpital, l'aurnônerie, l'hospice, la maison des pauvres, nommée bientôt la maison-Dieu, ne sont pas établis seulement pour le soulagement des voyageurs, des infirmes, des incurables et des vieillards, ils sont aussi le refuge et l'asile des enfants exposés ; c'est là qu'il faut chercher l'origine des écoles dites de charité. Les règles et les constitutions des Bénédictins, des Augustins, du tiers ordre de saint François, imposent aux religieux le devoir d'instruire les enfants, de nourrir ceux qui sont pauvres et délaissés, de « leur distribuer le pain matériel en même temps que le pain de la parole ».
Au douzième siècle, les chevaliers de l'Hôpital du Saint-Esprit s'établissent à Montpellier : on lit dans leur règle ces belles instructions : « Vous aurez dans les hôpitaux un lieu spécial, à couvert, destine à recevoir les enfants exposés... Si l'enfant reste à la maison, les sœurs en auront soin jusqu'à quatre ans, si c'est un petit garçon, et ensuite on le mêlera aux autres enfants, mais sans leur dire que c'est un enfant exposé... Vous aurez soin de leur donner pour maîtres les plus doctes d'entre vous, qui soient doux et qui les aiment... Si leur malice vous oblige de les châtier, faites-le avec une très grande circonspection ; si vous voyez qu'ils pleurent, pardonnez-leur avec une paternelle et maternelle miséricorde, car il vaut mieux reprendre les enfants que les battre. »
Au douzième et au treizième siècle, les écoles de charité n'ont pas d'existence légale ; elles sont à la charge des communautés, des aumôneries, des hospices, mais il y a des abus, les fondations pieuses sont détournées de leur destination primitive, l'hérédité des bénéfices surtout est funeste au patrimoine des pauvres.
Le concile de Vienne (1311) défend de donner les hôpitaux à titre de bénéfices à des clercs séculiers ; il ordonne que l'administration 9n soit donnée à des laïques, gent de bien, capables et solvables, qui prêteraient serment comme tuteurs, feraient inventaire et rendraient compte tous les ans par-devant les évoques.
À dater de 1476, les maires, les échevins, les
procureurs royaux, les bourgeois, sous l'autorité
du roi, « vray conservateur du bien des pauvres, »
ci en vertu de ses ordonnances, prennent en main
lre Pahtie.
l'administration du temporel des hôpitaux. La condition des écoles de charité s'améliore, leur nombre s'accroît; nous en trouvons partout dans les cités ouvrières, à Lille, à Reims, à Lyoi dans les montagnes des Gévennes et des Vosges, en Champagne, en Lorraine surtout, et à Paris. Ce ne sont pas seulement les évoques, les familles nobles, les princes qui fondent ces écoles de charité, ce sont des curé?, des pasteurs, des bourgeois; de saintes filles, Alix Leclerc et quatre de ses compagnes, à. Mattaincourt, les conductrices de l'enfance pour la paroisse de Waldersbach, au Ban de la Roche, qui se consacrent, elles et leur petite fortune, à l'instruction des pauvres enfants.
Il semblait naturel que celui qui fondait une école de charité, en affectant à son entretien un revenu suffisant, eût le droit d'en désigner le maître, suivant cet axiome de jurisprudence : « ceux qui paient le gage d'un maître d'école ont le droit de le commettre. » Cependant, en plusieurs diocèses, le scholastique le conteste, il refuse même à un curé le droit de régir les écoles de charité qu'il établit dans le parvis de son église. La matière est délicate, on plaide longtemps le pour et le contre ; enfin, un arrêt du Parlement, 27 mai 1667, est contraire aux prétentions du scholastique. Deux ans après, la lutte recommence à Paris, une transaction intervient ; le chantre reconnaît au curé le droit de gouverner les écoles de charité, d'en nommer et d'en révoquer les maîtres, mais il se réserve le droit de les visiter, une fois par année, en présence dudit curé. Il faut lire au Journal des audiences (t. III, p. 350) la discussion savante qui amena l'arrêt du 23 janvier 1680, qui reconnaît aux curés le droit d'instituer des écoles de charité pour les enfants pauvres.
Un demi-siècle plus tard, l'institution s'était assez, généralisée pour que le jurisconsulte Pothier pût poser cette règle dans son Gouvernement des paroisses : « S'il n'y a pas d'école de charité dans une paroisse, des particuliers ont le droit d'en ouvrir du consentement du recteur ou de l'évêque. »
Au dix-huitième siècle les registres des paroisses, les comptes administratifs des hôpitaux, les rapports des intendants et surtout les états comprenant, pour chaque évêché, tous les établissements, fondations, revenus de charité, nous fournissent sur ces écoles des renseignements complets et précis.
A Mende, en 1665, l'évêque dote la ville épiscopale de deux écoles de charité, l'une pour les garçons, confiée à des frères, l'autre pour les filles,, confiée à des sœurs. A Pithiviers, en 1714, l'évêque d'Orléans envoie un maître pour enseigner gratuitement à lire, à écrire, l'arithmétique et le catéchisme aux enfants pauvres, qui ne fréquentaient pas les écoles de garçons et de filles entretenues par la ville. Il assigne à ce maître 2ô0 livres sur le revenu de l'Hôtel-Dieu et 40 francs sur les octrois.
A Vatan, en 1735, il y a deux sœurs : l'une soigne les malades, l'autre instruit les filles indigentes. A Issoudun, en 1762, outre les institutions bien rentées, où l'on reçoit l'enseignement secondaire et primaire, un revenu de 400 francs est destin d à un maître habile, qui donnera gratuitement l'instruction aux enfants pauvres qui lui seront désignés par les échevins. A Vierzon, en 1763, un avocat au parlement de Paris fonde une école gratuite pour les enfants pauvres de la ville et des faubourgs : ils recevront gratuitement les fournitures de classe, plumes, papier et livres». A Poitiers, des lettres patentes accordées par Louis XIV Jévr. 170SÏ confirment l'établissement des petites écoles commencées par l'évêque, M. de la Poype, avec I0S0 livresde rentes, et le parlement, en enregistrant ces lettres (6 août 1709), ajoute : a Cet établissement est très avantageux pour les habitants de Poitiers qui
CHARLEMAGNE
CHASSIRON
n'ont pas le moyen de faire apprendre à lire à leurs enfants: ils les envoient à ces écoles, où il y a des clercs chargés de les instruire dans la religion et de leur apprendre à lire et à écrire. »
En résumé, les écoles de charité, sous l'ancienne monarchie, surtout dans les provinces où elles étaient nombreuses et convenablement dotées, ont rendu de grands services à l'instruction et à l'éducation populaire.
Depuis la Révolution, le nom et la chose ont disparu : la désignation d'école des pauvres, d'école charitable, éveillait d'une part une idée d'indigence et de l'autre une idée d'aumône que notre nouvel état social ne comportait plus. — V. Gratuité.
La loi du 15 mars 1850 n'a pas considéré comme tenant école les personnes qui, dans un but purement charitable, enseignent à lire et à écrire aux enfants, avec l'autorisation du délégué cantonal. — V. Dominicales [écoles). [L. Maggiolo.]
CHARLEMAGNE. — V. Alcuin; V. aussi dans la IIe partie l'article Charlemagne. — On consultera utilement dans le Lycée, tome V, 1829, p. 475 et 529, une étude sur les écoles et l'instruction publique sous Charlemagne, par Des Michels.
CHARRON (Pierre). — Né à Paris en 1541, mort en 1603. Disciple et ami de Montaigue, dont il a repris les pensées, en les gâtant quelquefois, dans le célèbre traité de la Saqesse publié à Bordeaux en 1601. ^
C'est à propos des devoirs des parents envers leurs enfants (liv. III, chap. xiv) que Charron aborda le sujet de l'éducation. Il insiste avec minutie sur les détails du régime qui convient au premier âge. Il est en progrès sur Montaign0 quand il déclare que « la mère est conviée et obligée par nature à la charge de nourrice. » Il donne, avec quelque naïveté, des instructions, plus médicales que morales, sur la transmission de la vie et la naissance de l'enfant. Comme Montaigne, il recommande de fortifier de bonne heure le tempérament par une vie sobre, simple et même rude.
Pour faire valoir l'importance des premiers enseignements, Charron a trouvé un aimable langage. « Nourriture passe nature, dit-il... L'âme de l'enfant, toute neuve et blanche, tendre et molle, reçoit fort aisément le pli qu'on veut lui donner. » Mais il a le tort de trop admirer l'éducation Spartiate et de vouloir que l'État applique uniformément à tous les enfants le même système d'instruction, sans tenir compte de leurs inclinations naturelles et spéciales.
Sceptique, puisqu'il avait pris pour devise : « Je ne sais » ; peu disposé à favoriser l'essor de la raison, puisqu'il loue le gouvernement « de donner à « l'esprit humain des barrières étroites », Charron nourrit à l'endroit de la science de singuliers préjugés. Dans une comparaison prolixe entre la science et la sagesse, Charron conclut, au rebours de la vérité, qu'il y a entre elles non seulement différence, mais incompatibilité. « Qui est fort savant n'est guère sage, et qui est sage n'est guère savant ». C'est parler de la science comme un ignorant de village. Combien avec Charron nous sommes loin de Rabelais, qui dès le xvie siècle avait donné le mot d'ordre de l'éducation moderne en s'écriant : « Je veux que mon élève soit un abîme de science. »
Charron est mieux inspiré lorsqu'il s'attaque non plus à la science en général, mais à la fausse science, au pédantisme, à l'érudition mal digérée. « Les pédants, dit-il, sont comme quelqu'un qui mettrait le pain dedans sa poche et non dedans son ventre : il aurait enfin sa poche pleine, et mourrait de faim. Ainsi avec la mémoire pleine, ils demeurent sots. » C'est avec quelque verve encore qu'il cri- 4. que la science empruntée et toute de souvenir :
« Le faux savant, dit-il, est obligé de mettre sans cesse la main au bonnet pour saluer avec honneur celui auquel il a pris ses pensées. »
A ce compte, Charron a dû souvent ôter son chapeau devant Montaigne. Pour montrer par exemple la supériorité du jugement sur la mémoire, il copie, sans y rien changer, la gracieuse comparaison des abeilles qui s'assimilent le suc qu'elles recueillent de ci, de là. Plus loin il copie encore dans les Essais les réflexions sur la nécessité des voyages, et sur ces leçons improvisées qu'un habile homme fait jaillir des moindres circonstances de la vie, « de la sottise d'un laquais, de la malice d'un page. »
Signalons cependant quelques vues plus personnelles, mais moins justes. Charron veut que l'enfant n'accepte aucun enseignement « à crédit et par autorité » , qu'il examine tout avec la raison, qu'il choisisse, et s'il ne sait choisir, qu'il doute.
Il donne une place à l'éducation religieuse. Il faut, dit-il, que l'enfant apprenne à travailler « sous l'infinie et inconnue majesté de Dieu » : mais Charron n'oublie pas que « la nature est l'aînée de la théologie ». Son but est de former et d'instruire l'homme pour le monde, pour la vie civile, «pour la sagesse humaine et non divine. » Et cette sagesse consiste « à se connaître soimême, à suivre la nature, à conserver sa liberté, à chercher dans la vertu le vrai contentement. » Ayons donc, malgré tout, quelque estime pour la pédagogie de Charron : comme son maître du xvie siècle, il rompt avec le moyen âge et l'éducation ecclésiastique : il n'admet pas que pour se tourner tout de suite vers la vie future, l'éducation saute en quelque sorte par-dessus le monde et la vie réelle. [G. Compayré.]
CHASSIRON (Pierre-Charles, baron de). — Né en 1753 à la Rochelle, mort à Paris en 1825. Nous n'avons à parler de son court rôle politique que pour signaler sa judicieuse et énergique intervention dans les questions d'instruction publique en vue d'y faire introduire les notions élémentaires d'agriculture, notamment dans les écoles primaires. Au Tribunat (6 floréal an X, 26 avril 1802), il disait dans la discussion de la loi présentée par le premier consul : « Une loi sur l'instruction publique nous est donnée, et le nom d'aericulture n'y est pas prononcé. Dans nos académies, dans nos discours oratoires, nous appelons l'agriculture le premier des arts ; dans nos lois, dans nos institutions nous l'appelons le dernier des métiers. »
Les propositions de Chassiron ne furent pas accueillies; on se moqua même de sa prétention « d'introduire l'agriculture dans la chaumière du paysan pour y charmer ses loisirs et pour féconder ses champs. »
Aujourd'hui, au contraire, on ne peut manquer de remarquer avec quel bon sens il proposait entre autres innovations jugées alors chimériques les procédés d'enseignement par les yeux. « Je demande, disait-il, qu'un des premiers livres qui sera mis entre les mains des enfants des campagnes leur donne des connaissances agricoles, je ne dirai pas utiles, mais indispensables; quelques gravures sur bois fixeront leur attention à la tête de chaque leçon. Des estampes de dix centimes de valeur, placées sur les murs des écoles, représenteraient les meilleures charrues, les herses les plus convenables, un arbre fruitier bien taillé, une bonne ruche. Ainsi ils s'instruiraient en s'amusant, et l'on sait que de tous nos sens la vue est celui ?i qui nous devons les connaissances les plus ineffaçables. » Du reste Chassiron prêcha d'exemple : dès 1793 il s'établit dans un domaine qu'il possédait aux environs de la Rochelle et y démontra par l'expérience combien une culture rationnelle peut