CRIMES CONTRE LES PROPRIETES
Fausse monnaie
Contre-façon du marteau de l'Etat
Faux en écriture de commerce
Faux en écritures authentiques et publiques
Faux eu écriture privée
Détournement par dépositaire public
Corruption
Soustraction de lettre contenant des valeurs par un employé
de la poste •
Vol dans les églises
Vol sur un chemin public, sans violences
Vol sur un chemin public, avec violences
Vol par un domestique ou par un homme de service à gages. . .
Abus de confiance, idem
Vol à l'aide de violences (ailleurs que sur un chemin public).
Autres vols accompagnés de circonstances aggravantes
Extorsion de titres ou de signatures
Banqueroute frauduleuse
Incendie d'édifices habités ou servant à habitation
Incendie d'édifices non habités, de bois, etc
Destruction de constructions
Baraterie
Contrebande par un douanier
Total
des
accusés.
Ne sachant
ni lire ni écrire.
Sachant lire et écrire.
Ayant reçu
une instruction supérieure.
Le second sophisme est plus spécieux, mais il n'est pas mieux fondé. Les départements où l'instruction est avancée sont, sinon tous, du moins pour la plupart, au nombre des départements riches qui peuvent faire de grands sacrifices pour leurs écoles, et dont la population ressent, plus vivement d'ordinaire que les populations pauvres .e besoin d'une instruction développée. Or les départements riches ont une forte proportion de population urbaine et une industrie active : deux conditions qui déterminent, comme nous l'avons dit, un plus grand nombre de crimes. L'instruction n'apparaît donc là que comme un effet. La cause véritable, c'est la richesse qui, d'une part, facilite et
sollicite l'instruction, et qui, d'autre part, multiplie les occasions de crimes et de délits. Faut-il pour cela condamner la richesse? En aucune façon. La richesse est par elle-même un bien, puisqu'elle procure à l'homme le moyen de satisfaire plus complètement à ses besoins, ce qui est précisément le but que l'homme s'efforce d'atteindre par le travail. Il faut savoir profiter des avantages de la richesse en s'appliquant à remédier aui inconvénients qui peuvent y être attachés.
Si nous comparons la carte du nombre des accusés devant les cours d'assises par 1 00 000 habitants (Atlas de M. E. Levasseur, carte 12 de la planche. Population et administratio?i)} et la carte
CRIMINALITE
CRIMINALITÉ
de l'instruction des conscrits en 1876-77 (Rapport sur la statistique comparée de l'instruction primaire, carte n° 17), nous voyons que dans toute la région de Test, comprenant 23 départements, depuis les Ardennes jusqu'à Seine-et-Oise, et de Seine-et- Oise aux Hautes-Alpes, il y a aujourd'hui plus de 90 conscrits sur 100 qui savent lire, et que dans cette région il n'y a que 7 départements, Seine , Seine-et-Oise , Seine-et-Marne , Aube , Haute-Marne, Doubs, Rhône, qui soient au-dessus de la moyenne pour la criminalité; que, sur les 2:{ autres départements de la France qui sont également au-dessus de la moyenne pour la criminalité, il n'y en a que trois qui se trouvent dans la première catégorie pour l'instruction des conscrits,
tandis qu'on y trouve plusieurs départements de la riche Normandie, la plupart des départements baignés par la Loire depuis le confluent de l'Allier et par la Garonne depuis Montauban : ce sont autant de régions prospères par l'agriculture ou par le commerce, et c'est la richesse qui y est souvent l'occasion du crime. Les départements du Massif central, qui ne brillent pas par la richesse, ont à la fois peu d'accusés en cour d'assises et peu de conscrits lettrés.
Pour faciliter l'étude de la criminalité par départements, nous donnons, en terminant, le tableau du degré d'instruction des accusés de chaque département en 1876.