‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 341 sur 547 · DIMANCHE · texte numérisé non relu

DIMANCHE

DINTER

îant essayer de mettre un terme à cet état de choses, il engagea à ses frais quatre instituteurs pour apprendre à lire à tous les enfants pauvres qui voudraient suivre leurs leçons le dimanche : les enlants devraient se rendre en classe à dix heures et y rester jusqu'à midi ; à une heure, ils rentraient en classe de nouveau; après une leçon, on les conduisait à l'église; puis ils répétaient leur catéchisme en classe jusqu'à cinq heures et demie, heure à laquelle on les congédiait. Mais l'institution fondée par Baikes perdit bientôt son caractère primitif : au lieu d'une classe dans laquelle les enfants apprenaient à lire, l'école du dimanche se transforma en un lieu de culte; c'est sous cette forme que la mode l'adopta et la propagea rapidement dans les pays protestants, et surtout aux Etats-Unis. En 1786, la société des écoles du dimanche • de Londres estimait à 250 000 le nombre des élèves fréquentant les nouvelles écoles dans les trois royaumes. Quarante ans plus tard, on évaluait à 1^60000 le nombre des élèves des écoles du dimanche dans les différents pays. Enfin, en 1875, une statistique relevait dans le monde entier 110000 écoles du dimanche, avec 1500000 personnes donnant l'enseignement, et 10 millions d'élèves. Outre les îles Britanniques et les Etats- Unis, les pays où les écoles du dimanche protestantes se sont le plus développées sont la France, la Suisse, la Hollande, et quelques parties de l'Allemagne.

2. Ecoles du dimanche donnant l'enseignement scolaire. — C'est en Allemagne, en Hollande, en Italie et en Espagne que nous rencontrons le nom û'école du dimanche officiellement donné aux cours d'adultes ou à l'école complémentaire.

En Allemagne, le Wurtemberg possède, dès 1739, des écoles du dimanche obligatoires pour toutes les personnes non mariées, écoles destinées à leur faire acquérir ou conserver les connaissances élémentaires indispensables. Aujourd'hui encore, l'école complémentaire y porte le nom de Sonntagsschule, et la fréquentation en est obligatoire, jusqu'à l'âge de dix-huit ans, pour les élèves sortis de l'école primaire qui ne fréquentent pas un autre établissement d'instruction. — En Prusse, Frédéric II avait prescrit, par le règlement scolaire de 1763, aux instituteurs ruraux de donner chaque dimanche, dans la salle d'école, une leçon d'une heure à laquelle étaient tenues d'assister toutes les personnes non mariées de la commune, pour s'y perfectionner dans la lecture et l'écriture ; mais ce règlement tomba bientôt en désuétude. — En Bavière, l'obligation de fréquenter l'école du dimanche et des jours fériés (So?in- und Feievtagsschule) fut établie en 1803 ; elle s'étend actuellement jusqu'à l'âge de seize ans. — V. Complémentaire (Enseignement).

En Hollande, la plupart des écoles d'adultes ont porté, jusqu'en 1862, le nom d'écoles du dimanche.

En Espagne, les classes d'adultes sont désignées sous le nom de leçons du dimanche (lecciones de noche 6 de domingo). En Italie, les classes du dimanche (scuole festive) sont réservées aux adultes femmes, tandis que les adultes hommes se rendent aux classes du soir (scuole serali).

En France, la loi du 15 mars 1850 (Titre II, Chap. VI, Institutions complémentaires ; section 2e, Ecoles iC adultes et d'apprentis) énumèie les écoles du dimanche parmi les institutions en faveur desquelles il sera ouvert chaque année un crédit destiné à la distribution d'encouragements accordés par le ministre de l'instruction publique.

Pour d'autres détails sur l'enseignement donné dans les classes du dimanche, nous renvoyons aux mots Adultes (Instruction primaire des) et Complémentaire (Enseignement).

DINTER (Gustave-Frédéric). — Célèbre pédagogue allemand, né en Ï700 à Borna, en Saxe. Il reçut, sa première éducation dtis la Furstenschule de Grimma, et là, dans les fonctions de moniteur, fit déjà preuve de remarquables aptitudes pour l'enseignement. Après avoir étudié la théol Leipzig, puis passé quelques années dans une famille comme précepteur, il fut nommé pasteur à Kitscher en i7H7. Désireux de travailler à la réforme de l'enseignement populaire, il prit chez lui quelques jeunes gens pauvres qu'il voulut former lui-même à la profession d'instituteur. La lecture de la Psychologie de Campe avait attiro son attention sur la méthode ca'échéliqv.e (explication par demandes et réponses), qui est préconisée dans cet ouvrage. Dinter s'enthousiasma pour cette méthode, et particulièrement pour ce qu'on a appelé le procédé socratique, qui consiste à disposer les questions de telle façon que l'élève puisse tirer les réponses de son propre fonds. Les succès que les élèves de Dinter obtinrent comme instituteurs attirèrent bientôt l'attention sur leur maître, et celui-ci fut appelé en 1797 à Dresde comme directeur de l'école normale primaire. Il s'y montra un éducateur distingué; mais, au bout de dix ans, une grave maladie l'obligea à renoncer à ces fonctions. Il redevint pasteur de village, à Gôrnitz, et, sa santé s'étant rétablie, il fonda à ses frais un progymnase, c'est-à-dire une institution destinée aux jeunes gens qui se préparent à suivre les cours d'un gymnase classique. En 1816, le gouvernement prussien le nomma conseiller scolaire et membre du consistoire à Konigsberg ; en cette qualité, il se trouva chargé de l'inspection des écoles de la province. Il apporta dans l'exercice de ces pénibles fonctions une infatigable activité et le plus sincère dévouement. « Je considère, disait-il, chaque enfant de paysan comme une créature qui pourra m'accuser un jour devant Dieu, si je ne lui procure pas la meilleure éducation d'homme et de chrétien qu'il me sera possible. » Grâce à son zèle, des progrès considérables furent accomplis. Il mourut en Konigsberg en 1831.

Dinter a cherché à introduire dans l'école primaire les principes de Basedow et de Pestalozzi, dans la mesure où ils lui parurent pratiquement applicables. Esprit positif, tenant compte des circonstances, il se préoccupa moins de théories quo de la réalisation progressive de modestes réformes de détail. En sa qualité de théologien, on devait s'attendre à lui voir donner une grande place à !a religion : c'est sur elle en effet qu'il fonde l'éducation tout entière, et ses deux principaux ouvrages sont un Commentaire sur la Bible, à l'usage des instituteurs (Die SchuUehrerbibel), et des Entretiens sur le petit catéchisme de Luther [Unterredungen ùber die Hauptstiïcke des kleinen lutherischen Katechismus). Il appartenait toutefois, en théologie, à la tendance rationaliste et libérale. « L'état actuel des écoles, disait-il à un ecclésiastique éminent, m'a montré qu'il n'y a pas de péché originel. — Comment cela ? — S'il y avait un péché originel, il y a longtemps que le peuple prussien ne se composerait que de voleurs, de brigands, d'incendiaires, d'adultères et d'assassins; car avec vos écoles, vous n'avez rien fait pour l'empêcher de devenir tel. » — « La majorité des hommes est bonne, dit-il quelque part, mon expérience me l'a clairement fait voir. » Ses dernières paroles témoignent à la fois du tour original de son esprit, porté à la saillie humoristique, et des tendances de son christianisme : « Si le bon Dieu, disait- i! sur son lit de mort, ne veut recevoir dans son paradis que des esprits immaculés, il lui faudra y rester tout seul ; mais s'il y reçoit tous les braves gens, je suis bien sûr d'y entrer aussi. Et s'il me

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DIRECTEUR

fait de nouveau instituteur là-haut, et qu'il me dunne une phalange de petits esprits à élever pour le ciel, il remplira le plus ardent de mes vœux, il me rendra heureux au point de n'envier personne, pas même les glorieux anges Gabriel et Raphaël. »

Dinter a beaucoup écrit; la collection de ses œuvres ne forme pas moins de quarante-deux volumes. Outre les deux ouvrages que nous avons déjà cités, on estime son Traité de catéchétique {Die vorzûglichsten Regeln der Katechetik, 1800), son Traité de pédagogie et de méthodique (Die vorzûglichsten Regeln der Pâdagogik, Methodik und SchullehrerJclugheit, 1806), et surtout son Autobiographie, publiée de son vivant (Dinter's Leben, von ihm selbst beschrieben, 1829).

[G. Calame.]

DIPLOME. — On désigne sous ce nom l'acte qu'un corps, une faculté, une société littéraire, etc., délivre à chacun de ses membres, à chacun de ceux qu'elle s'agrège, pour qu'ils puissent au besoin justifier de leur titre et de la qualité qui leur a été conférée.

Les diplômes universitaires ne sont délivrés qu'après des examens destinés à constater la capacité des candidats.

Les facultés des lettres, des sciences, de théologie, de droit, délivrent des diplômes de bachelier, de licencié, de docteur.

Les facultés de médecine délivrent des diplômes d'officier de santé , et de docteur. Elles délivrent aussi des diplômes de sage-femme , de première ou de seconde classe.

Les écoles de pharmacie délivrent des diplômes de pharmacien, d'herboriste, de première ou de seconde classe.

Les élèves qui ont suivi les cours de l'enseignement secondaire spécial peuvent subir, devant un jury spécial, des épreuves qui leur donnent droit à un diplôme appelé diplôme d'études de l'enseignement secondaire spécial.

Les attestations délivrées aux membres de l'en- ?eignement primaire après les examens exigés d'eux, sont de véritables diplômes, bien qu'ils ne portent pas cette dénomination. — V. Certificat d'aptitude, Brevet de capacité; V. aussi Certificat d'études primaires. [L. Armagnac]

DIRECTEUR D'ÉCOLE NORMALE. — Ces fonctions appellent des hommes d'élite sur le dévouement et le savoir desquels l'administration supérieure doit pouvoir absolument compter. Aucune mission n'est en effet plus sainte que celle de former les éducateurs de l'enfance, et il faut, pour la remplir, savoir s'abaisser au niveau des plus humbles, examiner les choses dans leurs plus minutieux détails, sans cesser de les considérer de haut et dans leur ensemble. Il est indispensable que de fortes études, éclairées par la connaissance des hommes, aient donné au directeur d'une école normale l'art de manier les esprits. Il faut des hommes dont l'influence ne s'exerce pas uniquement sur les élèves-maîtres, mais qui soient capables de remuer en faveur des écoles normales tout ce que le département renferme de forces intellectuelles et matérielles.

Nul ne peut être nommé directeur ou directrice d'école normale s'il n'a été déclaré apte à ces fonctions après un examen spécial (Décr. 5 juin 1880, art. 1). Pour être admis à cet examen, qui est le même que celui des inspecteurs primaires, il faut justifier : 1° de 25 ans d'âge; 2° d'un stage soit de deux ans comme maître-adjoint dans une ccole normale ou comme professeur dans un établissement d'enseignement secondaire public, soit de cinq ans comme instituteur public, titulaire ou adjoint; le dernier délai de cinq ans sera réduit a trois ans pour les commis d'inspection en exer- , cice depuis deux ans au moins ; 3° de l'un des ti-

tres ci-après désignés : diplôme de bachelier èslcttres ou ès-sciences, brevet de capacité pour l'enseignement secondaire spécial, brevet complet de l'instruction primaire (la. , art. 2).

Les aspirants à la direction d'une école normale devront, en outre, justifier du certificat d'aptitude à l'enseignement dans les écoles normales, à moins qu'ils ne soient munis des deux diplômes de bachelier ou d'une des licences ès-lettres ou ès-sciences (Id.y art. 3).

Une circulaire ministérielle du 21 juin 1880 fait, de plus, une exception en faveur des inspecteurs primaires : « Les inspecteurs primaires actuellement en exercice ne peuvent, en principe, aux termes du décret, être nommés directeurs d'école normale sans être pourvus du certificat d'aptitude à l'enseignement dans les écoles normales; toutefois ceux d'entre eux qui, par leurs fonctions antérieures et leur capacité éprouvée, présenteront de sérieuses garanties, pourront, sur leur demande et après avis des autorités académiques, être dispensés de la production de ce certificat. »

Les examens pour le certificat d'aptitude ont lieu chaque année, au mois d'octobre ; les candidats doivent se faire inscrire du 1er au 15 juillet chez l'inspecteur d'académie (Arr. 5 juin 1880, art. 3). Les épreuves écrites, lesquelles sont éliminatoires, sont subies au chef-lieu du département. Elles comprennent deux compositions : l'une sur un sujet de pédagogie, l'autre sur un sujet d'administration scolaire (/'/., art. 6).

Les épreuves orales et pratiques ont lieu à Paris (/■'/., art. 7).

Nous donnons ci-dessous le programme del'examen pour le certificat d'aptitude à la direction des écoles normales :

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