UT
GERS
le nombre des élèves admis gratuitement dans les écoles publiques était de 12 465 sur 24 449. soit 51 p. 100. C'est donc 49 p. 100 des élèves des écoles publiques du Gers qui se trouvent ajoutés à la charge du budget, de l'instruction publique.
Les 32 350 élèves inscrits en 1S80-81 peuvent se décomposer en : 24 449 élèves des écoles publiques et 7 901 élèves des écoles libres ; en 16 484 garçons et 15 866 filles ; en 22 853 élèves des écoles laïques et 9 497 élèves des écoles congréganistes ; en 26 211 élèves des écoles spéciales à l'un ou à l'autre sexe, et 6 139 élèves des écoles mixtes. La proportion de ces derniers par rapport au total des élèves est de 19,3 0/0.
Les enfants d'âge scolaire (6 à 13 ans) figurent dans ce nombre de 32 350 élèves pour 23 799; les salles d'asiles en reçoivent 210 (de 6 à 7 ans). D'après la statistique de 187 6, 750 enfants de 6 à 13 ans reçoivent l'instruction dans des établissements d'enseignement secondaire. En admettant que ce dernier nombre ait doublé pendant la période quinquennale écoulée, le nombre maximum des enfants de 6 à 13 ans qui fréquentent les écoles de toute nature serait de 25 509. Il en resterait ainsi 2 297, soit 8,3 p. 100, privés de toute instruction.
En 1832, il y avait 322 élèves inscrits sur 10 000 habitants; en 1876-77, il y en avait 1 055 sur 10 000 habitants. En 18K0-81, il y en a 1 156.
Personnel enseignant. — La plupart des instituteurs sont laïques, comme le fera voir le tableau suivant ; par contre, l'élément congréganiste est dominant parmi les institutrices, mais seulement dans les écoles libres :
Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.
Instituteurs
Institutrices
laiques congréganistes laïques congréganistes
Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur 682 maisons d'école que comptait le département du Gers à la fin de l'année 18*1, 490 appartenaient aux communes, 30 étaient prêtées, 162 louées. Des 490 maisons d'école appartenant aux communes, 352 étaient l'objet d'une demande d'amélioration, ce qui laisse supposer un état général peu satisfaisant. Les frais de location des 1G2 maisons louées s'élevaient à 24 970 francs.
« Les communes dont les écoles laissent à désirer, quant à l'état des bâtiments ou du matériel scolaire, dit M. H. Le Bourgeois dans son rapport, d'inspection générale, auquel nous ferons de nombreux emprunts, ont été invitées à prendre les mesures que la situation nécessite, et les inspecteurs ne leur ont pas laissé ignorer les avantages que leur procure, à cet égard, le gouvernement de la République...
» Peu d'écoles ont un mobilier convenable ; on n'en citerait pas une douzaine pourvues de tables à deux places et appropriées aux enfants de tout âge. C'est le ministère de l'instruction publique et quelques instituteurs d'élite qui ont fait les frais d'acquisition des cartes murales dont quelques écoles sont ornées. »
Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du Gers pour construction ou réparation de maisons d'école durant les cinq dernières années est le suivant :
Nombre des écoles
Subventions <ie l'Etat
£:; 301 fc.
91 oJ0
531 886 fr.
Certificat d'études primaires. — Le certificat d'études primaires a été institué dans le Gers en 1877. A cette date, l'arrondissement de Lectoure seul avait présenté des candidats : 111 garçons et 59 filles ; 77 garçons et 39 filles avaient obtenu le certificat. L'année suivante l'institution s'était étendue atout le département. En 1881, 422 garçons et 216 filles, en tout 638 candidats, se sont présentés aux examens ; 320 garçons et 181 filles, en tout 501, soit 99 de plus que l'année précédente, ont obtenu le certificat. La moyenne des diplômés, par rapport aux inscrits dans toutes les écoles, est pour le Gers de 1,55 0/0 : cette moyenne est, pour la France, de 1,36 0/0.
« Les examens du certificat d'études primaires ont contribué à retenir les enfants dans les écoles, et les désertions ont été retardées au moins jusqu'à l'époque des concours. Les instituteurs y assistent ; ils trouvent là des éléments de comparaison dont ils font leur profit.
» Aux examens du certificat d'études sont venus s'ajouter, cette année, des concours de lecture qui ont été très en faveur. Le seul arrondissement de Condom a fourni 300 concurrents. C'est une innovation qui ne tardera pas à se généraliser. » (Rapport d'inspection générale, 1*80-81).
Les tableaux ci-dessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :
ANNEES
CONSCRITS
Examinés
Sachant
au moins
lire
Combien pour lOo
La classe de 1881, dans le département du Gers, a fourni un contingent de 2 079 conscrits; sur les 2 027 dont on a pu vérifier l'instruction, 85 seulement ne savaient pas lire, soit 4,2 p. 100.
Au point de vue de l'instruction des recrues, le département du Gers est incontestablement un de ceux qui ont fait les plus rapides progrès pendant la période 1827-1830. C'est ce que constate le rapport adressé par M. l'inspecteur d'académie Carbasse à M. le préfet du Gers, à la date du 30 juin 1880:
o L'instruction, nous sommes heureux de le dire, fait des progrès ; chacun en apprécie les avantages et s'efforce de la faire donner à ses enfants. Notre beau département a aujourd'hui des écoles dans presque toutes les communes et dans la plupart des hameaux : il sera bientôt très difficile de rencontrer un illettré dans nos villages. »
GERS
Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.
Doramcs Femmes
Hommes
<-t Femmes
Ecoles normales et cours normaux. — L'école normale d'instituteurs d'Auch, fondée en 1833, comptait en 18S2 42 élèves-maîtres ; l'enseignement y était donné par le directeur, 5 maîtres adjoints et 5 professeurs externes.
« Le recrutement des instituteurs est alimenté par cette école qui se recrute elle-même, dit M. H. Le Bourgeois dans son rapport d'inspection générale, soit parmi les jeunes gens formant la lre division de l'école annexe, soit dans les écoles primaires.
» Les derniers concours ont fourni en moyenne cinq candidats pour chaque place vacante. Ce nombre de concurrents, sans avoir rien d'excessif, aurait permis de faire des choix satisfaisants, si le jury d'admission n'avait dû tenir un grand compte des conditions de santé de beaucoup d'aspirants et refuser l'entrée de l'école normale à tous ceux qui paraissaient ne pouvoir exercer sans péril les fonctions d'instituteurs.
» La promotion de 1880 a été très médiocre, les éliminations ayant porté sur les sujets les plus intéressants et les mieux préparés. On estime que les médecins de l'école les ont jugés sévèrement, la plupart d'entre eux ayant été trouvés assez valides pour être admis dans les administrations des postes et des ponts et chaussées... »
Le département du Gers ne possède ni école normale d'institutrices ni cours normal ; le recrutement des institutrices laïques s'en ressent.
« L'absence d'école normale d'institutrices, dit encore M. Le Bourgeois, oblige l'académie à recruter un peu partout le personnel de ses écoles de filles, et la diversité de provenance des maîtresses explique les différences qui existent, au point de vue de la valeur pédagogique, entre des établissements paraissant être d'ailleurs dans des conditions identiques... Les bonnes écoles se comptent...
» A côté de quelques maîtresses de capacité fort ordinaires, mais qui montrent du bon vouloir et qu'on utilisera, j'ai eu le regret d'en rencontrer quelques-unes pour lesquelles la car rière de l'enseignement n'a été qu'un pis aller pour se soustraire aux travaux des champs ou aux exigences d'une profession manuelle...
» Le Conseil général ajourne encore la question de la création d'une école normale d'institutrices... Le département du Gers ne pourra se soustraire longtemps aux obligations que la loi impose à cet égard, mais l'échéance est prochaine et il est à craindre qu'il ne soit pris au dépourvu. »
Brevet de capacité. — Le nombre total des brevets de capacité délivrés tant aux aspirants et aspirantes libres qu'aux élèves des écoles normales, de 1833 à 1881, a été le suivant :
Instituteurs.
» brevets élémentaires, 257 — obligatoires,
élémentaires, Institutrices.
» brevets supérieurs.
19 — complets.
34 facultatifs ou complets.
7 — supérieurs.
» brevets élémentaires, 140 — obligatoires,
» brevets supérieurs.
1 ■•- complet.
10 — facultatifs ou complets.
113 — élémentaires, 7 — supérieurs.
En 1881 la moyenne générale des brevetés par rapport aux examinés est de 49,9 pour les aspirants et de 6*2,2 pour les aspirantes. Pour le Gers la moyenne est de 40,3 pour le^ aspirants et de 50,1 pour les aspirantes.
Salle» d'asile. — Le Gers comptait 4 salles d'asile en 1850, 11 en 1863, 13 en 1867, 23 en 1877. Le nombre des élèves reçus dans les salles d'asile était de '285 en 1850, de 1 161 en 1863, de 1 1 88 m 1867 et de 2 005 en 1877. Les états de situation pour l'année scolaire 1880-81 donnent 24 Balles d'asile avec 1 090 élèves : 11 d'entre elles sont des établissements communaux, tous congréganiM> ■>, et 13 sont des établissements libres également congréganistes. Le Gers ne possède actuellement aucune salle d'asile laïque.
Cours d'adultes. — Nous donnons ci-dessous la statistique des cours d'adultes depuis 1803 :
Nombre de
Hommes
1 cours
Femmes
Nombre des
Hommes
auditeur
Femmes
Institutions auxiliaires. — En 1863, le Gers comptait 30 bibliothèques scolaires avec 735 volumes. En 1881, le nombre des bibliothèques s'élevait à 246 et celui des volumes à 11 000.
Les bibliothèques pédagogiques étaient, en 1881, au nombre de 30 avec 3 714 volumes.
Le Gerspossède, depuis l875,unBulletin scolaire départemental qui paraît tous les deux mois, et qui reçoit du Conseil général une subvention annuelle de 500 francs.
« Ce minime crédit suffit à, peine aux rares publications du Bulletin départemental, dit le rapport d'inspection générale. On n'y peut donner, faute de place, que d»s directions bien succintes aux instituteurs en dehors des mouvements du personnel, de la notification des secours accordés aux communes et des mentions des distinctions honorifiques. »
En 1878, le nombre des caisses des écoles était de 18 avec un avoir total de 720 francs. En 1 s 8 1 , la statistique n'en relève plus qu'une avec un encaisse de 50 francs.
La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, créée en 1850, fonctionne régulièrement. La somme des secours distribués aux sociétaires nécessiteux va s 'augmentant d'une année à l'autre. Néanmoins, et peut-être même à cause de cela, la société se développe et s'enrichit. Elle comptait 1 1 1 membres et avait un encaisse de 17 602,94 au 1er janvier 1879; elle compte au Ier janvier 1882, 143 membres et un encaisse de 29 062 francs.
Les caisses d'épargne scolaires ont été fondées dans le Gers en 1 s 7 7 . A cette date la statistique relève 74 écoles possédant une caisse d'épargne, 776 élèves épargnant, 6»0 élèves possédant un livret de la grande caisse d'épargne, et une somme totale de 6 134 fr. 75 inscrite à ces livrets.
Cette institution ne s'est pas beaucoup développée depuis dans le département : à la date du Ier janvier 1882 on ne trouve que 100 caisses d'épargne, 877 livrets et un encaisse de 9907 francs.
L'arrondissement de Lectoure possède une société d'encouragement 5, l'instruction. Cette société, autorisée par arrêté préfectoral du 2 août 1879, est présidée par M. Druilliet, adjoint au maire de Lectoure.
« Depuis lors, dit M. Le Bourgeois, elle poursuit courageusement son œuvre. Un concours ou-
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▼ert par ses soins a permis de distribuer aux élèves des écoles primaires de l'arrondissement qui y ont pris part des primes de 50, 150 et 100 fr.
» Les primes les plus fortes permettent aux lauréats de suivre les cours d'enseignement spécial, annexés au collège. Les primes de 50 francs sont accordées à ceux qui achèvent leurs études à l'école primaire ; elles ne sont acquises aux candidats qu'autant qu'ils auront fréquenté la classe l'année suivante.
» L'association met, en outre, une somme de 10n francs à la disposition de l'inspecteur pour les prix des concours de lecture récemment institués.
» Les ressources de la société se composent de dons , du produit des cotisations annuelles (2 francs pour chaque membre), des loteries, etc. »
Bwfget de l'instruction primaire. — Le département du Gers, est, après la Seine, celui où la dépense ordinaire par tête d'élève est la plus élevée. Les communes n'en font pas seules les frais. Les fonds départementaux et surtout ceux de l'Etat y contribuent pour une bonne part. En 1863 la dépense ordinaire par élève était pour toute la France de 9 fr. 47 c. Pour le Gers elle s'élevait à 18 fr. 42 c. Les fonds communaux, y compris la rétribution scolaire, fournissaient 12 fr. 25 c, le département 1 fr. 78 c. et l'Etat 4 fr. 39.
En 18761a moyenne générale était de 17 fr. 83 c; pour le Gers elle s'élevait à 25 fr. 98 c, sur lesquels l'Etat payait 9 fr. 36 c. ; le budget départemental fournissait 3 fr. 16 c, la rétribution scolaire et les communes ensemble 13 fr. 46 c.
En 1881 la dépense ordinaire par tête d'élève atteint dans le Gers 30 fr. 01 c. ; la commune paie 17 fr. 71 c, le budget départemental fournit 1 fr. 14 c.f et l'Etat intervient par ses subventions pour 10 fr. 16 c. Nous donnons, dans le tableau cidessous, le chiffre des dépenses de l'instruction primaire dans le département du Gers de 1855 à J8S1 :
RÉTRIBU-
SUBVENTIONS
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scolaire
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de l'État.
GERSOIV. — Nous n'avons à prendre que quelques points de la vie et des œuvres de ce célèbre
docteur, chancelier de l'Université de Paris à la fin du xive et au commencement du xve siècle, l'un des auteurs présumés du livre de limitation de Jésus-Christ, l'homme honnête et courageux qui, dans un temps de grossièreté et de violence, n'hésita pas à flétrir publiquement l'assassinat politique sous les yeux mêmes de ceux qui l'avaient commis.
Jean Gerson était sorti du peuple. Il s'appelait de son nom Jean Charlier, et ses parents étaient pauvres et occupés au travail des champs. Le nom de Gerson lui vint du lieu de sa naissance, près de Réthel. Né le 14 décembre 1363, il mourut le 12 juillet 1429.
Bien qu'ayant reçu une éducation purement scolastique, Gerson s'éleva avec vigueur contre les excès de la méthode en usage dans les écoles pendant tout le moyen âge ; il combattit l'astrologie et les superstitions mystiques ; il soutint, particulièrement aux conciles de Constance et de Pise, l'indépendance de l'Église contre ce qu'on appellerait aujourd'hui les prétentions ultramontaines, non moins âpre d'ailleurs contre Jean Hus et Jérôme de Prague, au supplice desquels il contribua, comme il contribua h la déposition de Grégoire XII et de Benoît XIII. En politique, — ce fut l'honneur de sa vie, — il prit le parti des faibles et des petits. Il signala à Cbarles VI les misères où les querelles de ses oncles entraînaient le pays, refusant, malgré les menaces du duc d'Orléans, de se rétracter. Quand ce même duc d'Orléans fut assassiné par le duc de Bourgogne, Gerson prononça l'oraison funèbre de la victime et condamna l'apologie que le cordelier Jean Petit avait faite du meurtre. Jean- sans-Peur fit alors piller sa maison, et Gerson dut se cacher pendant deux mois sous les combles de Notre- Dame. Après le concile de Constance, où il avait essayé inutilement de faire prononcer l'anatbème contre le crime de Jean-sans-Peur, Gerson, s'extlant volontairement, se retira en Allemagne d'où il ne revint en France qu'en 1419, après l'assassinat du pont deMontereau ; il se rendit alors près de son frère, qui était prieur du couvent des Célestins, à Lyon, et ce fut là qu'il passa les dernières années de sa vie.
Cet énergique lutteur n'en avait pas moins toute la tendresse d'âme d'un apôtre. Il composa pour l'instruction du peuple de petits traités en langue vulgaire : l'Art de bien vivre et de bien mourir, YABC des simples gens, etc. Il prêchait aussi en langue vulgaire, s'adressant de préférence au pauvre peuple ; il faisait le catéchisme aux petits enfants. Il paraît que quelques personnes se scandalisèrent de voir un ancien cbancelier de l'Université réduit à cet humble rôle; le petit écrit de Gerson: Deparvulisad Chris tum trahendis, « Qu'il faut amener les enfants au Christ », est en partie une réponse à ces critiques. Gerson y fait profession d'une vive affection pour les enfants, qu'il compare à de frêles plantes, à des fleurs qu'il faut arroser, qu'il faut protéger contre les influences mauvaises. Il considère l'éducation première comme un des éléments fondamentaux de l'ordre social ; il veut que l'on commence par les enfants la réformation de la société et de l'Église, et se plaint vivement du peu de soin que les maîtres et les parents prenaient de l'instruction morale de l'enfance. Dans un temps dont on a pu dire qu'en fait d'éducation toute la différence qu'il présentait avec les temps plus anciens, c'est que les fouets du xve siècle étaient deux fois plus longs que ceux du xive, Gerson prêche à l'égard des enfants la douceur et la patience ; il fait un grand éloge des bons instituteurs de l'enfance, il veut que le maître s'abaisse au niveau de ses petits élèves. Si l'affection manque, à quoi servira l'instruction, les enfants ue pouvant être ni con
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