LA SECONDE RÉPUBLIQUE ET LE SECOND EMPIRE
1848. France. — 24 février. Gouvernement provisoire, proclamation de la République. — 4 mai. Réunion de la Constituante. — 9 mai. Commission executive. — 15 mai. Tentative de Blanqui et Barbes contre l'Assemblée. — 23 juin. Rapport de Falloux concluant à la dissolution immédiate des ateliers nationaux ; insurrection contre l'Assemblée, journées de juin. — 24 juin. Cavaignac chef du pouvoir exécutif. — 17 septembre. Louis-Napoléon élu député à Paris. — 4 novembre. Adoption de la nouvelle Constitution. — 10 décembre. Election de Louis-Napoléon comme président de la République.
Allemagne. — 13-14 mars. Révolution à Vienne, démission de Metternich. — 17-19 mars. Révolution à Berlin. — 20 mars. Révolution à Munich ; Louis Ier abdique en faveur de Maximilien Ier. — Février-mars. Agitation en Hongrie, Kossuth. — Avril. Guerre en Schleswig. Insurrection républicaine dans le grand-duché de Bade. — 25 avril. L'empereur d'Autriche accorde une constitution. — 10 mai. Les jésuites bannis d'Autriche. — 15 mai. Nouvelle révolution à Vienne. L'empereur Ferdinand se réfugie en Tyrol. — 18 mai. Ouverture du Parlement de Francfort. — 22 mai. Ouverture de la Constituante prussienne. — 26 mai. Le Parlement de Francfort nomme l'archiduc Jean vicaire de l'empire. — Juillet. Guerre en Hongrie : les Hongrois sont dirigés par Kossuth et Bem; contre eux combattent les Croates sous Jellachich. — 13 août. Ferdinand Ier revient à Vienne.
— Septembre. Insurrection dans le grand-duché de Bade et à Francfort. — 6 octobre. Nouvelle révolution à Vienne ; Ferdinand quitte de nouveau sa capitale. — 28-31 octobre. Bombardement et prise de Vienne par Windischgrastz. — 9 novembre. Exécution de Robert Blum. — 2 décembre. Abdication de Ferdinand en faveur de son neveu François-Joseph. — 5 décembre. La Constituante prussienne est dissoute par la force ; le roi fait lui-même une constitution.
Italie. — Janvier. Insurrection de la Sicile. — Février. Constitutions accordées en Piémont, à Xaples, en Toscane. — 15 mars. Constitution accordée par Pie IX. — 18 mars. Insurrection à Milan. Les Autrichiens évacuent Milan et Venise.
— 25 mars. L'armée de Charles-Albert entre à Milan. La Toscane, Naples et le pape se joignent au Piémont pour former la ligue italienne. —
9 et 11 avril. Révolutions àModène et à Parme.
— 18 avril. Victoire de Charles-Albert à Goito.
— 23 juillet. Déroute des Piémontais à Custozza.
— .". avril. Radetzky rentre à Milan. — 9 août. Armistice entre Charles-Albert et l'Autriche. —
10 août. Venise, abandonnée par Charles-Al-
bert, proclame la république. — Septembre. Bombardement et prise de Messine. — 24 novembre. Pie IX quitte Rome pour se réfugier à Gaëte. — 13 décembre. Constituante italienne convoquée à Rome.
Pologne. — Mars et avril. Agitation et insurrections dans le grand-duché de Posen et à Cracovie, bientôt comprimées.
Angleterre. — 10 avril. Manifestation chartiste à Londres. Le même mois, troubles en Irlande.
Suisse. — 12 septembre. Constitution fédérale. — 16 novembre. Election du premier conseil fédéral suisse.
1849. France. — 22 avril. Expédition romaine sous le général Oudinot. — 28 mai. L'Assemblée législative remplace la Constituante ; les républicains y sont en minorité. — 13 juin. Manifestation dite du Conservatoire contre l'expédition romaine; proscription de Ledru-Rollin.
— Suppression des clubs.
Allemagne. — Janvier. Commencement de la guerre de Hongrie. — 28 mars. Le parlement de Francfort offre la couronne impériale au roi de Prusse, qui refuse. — 14 avril. Kossuth dictateur de la Hongrie; déchéance des Habsbourg proclamée. L'Autriche demande des secours à la Russie. — Mai-juin. Insurrections à Dresde et dans le grand-duché de Bade. — Le parlement de Francfort quitte cette ville, et bientôt sera dissous. — 13 août. Capitulation de Vilâgos, par laquelle le général Gœrgey livre l'armée hongroise à la Russie. Fin de la révolution hongroise; sanglantes exécutions ordonnées par le général autrichien Haynau.
Italie. — Février. Ouverture de la Constituante romaine. République proclamée à Rome, puis à Florence. — Mars. Charles-Albert recommence la guerre contre l'Autriche. Il est vaincu à Novare (23 mars), et abdique en faveur de Victor- Emmanuel II, qui fait la paix avec l'Autriche.
— Avril. Les Autrichiens rétablissent la plupart des princes italiens dans leurs Etats. — 25 avril. Le général Oudinot débarque à Civita- Vecchia. — Siège de Rome, défendue par Garibaldi. La ville est prise le 3 juillet; restauration de Pie IX. — 22 août. Capitulation de Venise, assiégée par les Autrichiens depuis près d'un an.
Etats-Unis. — Présidence du général Taylor, démocrate.
185i>. France — 15 mars. Adoption de la loi organique de l'enseignement. — Mai. A la suite de plusieurs élections républicaines, l'Assemblée législative vote la loi du 31 mai, qui restreint le surnage universel. — Juillet. La majorité monarchiste de l'Assemblée, commençant à craindre un coup d'Etat de Louis-Napoléon, institue une commission de permanence pour surveiller le président. — L'6 août. Mort de Louis- Philippe à Claremont. — Août et septembre. Voyages du président en province; manifestations bonapartistes. — Octobre. Revue de Satory, cris de Vive l'empereur. Le général Changarnier, commandant militaire de Paris, se prononce nettement contre la propagande bonapartiste.
Allemagne. — Juillet. Guerre dans le Holstein entre les Danois et les Allemands ; les Danois sont vainqueurs.
Etats-Unis. — Mort du président Taylor; il est remplacé par le vice-président Fillmore.
1851. France. — Janvier. Louis-Napoléon destitue le général Changarnier. — Mai. Expédition de Kabylie, destinée à créer des généraux en vue d'un coup d'Etat. — Mai-juin. Nouvelles tournées du président en province. — Juillet. L'Assemblée refuse de réviser la constitution, c'està-dire de permettre la rééligibilité du président,
dont les pouvoirs expireront en 1852. — Novembre. Le président propose l'abolition de la loi du 31 mai; l'Assemblée rejette cette proposition. Est également rejetée la célèbre proposition des questeurs, tendant à donner au président de l'Assemblée le droit de réquisition directe des troupes. — 2 décembre. Coup d'Etat de Louis-Napoléon contre l'Assemblée. — 3 décembre. Combats dans Paris. Mort de Baudin. — 4 décembre. Massacres sur les boulevards. — Dans plusieurs départements, tentatives de résistance comprimées. — 8 décembre. Décret du président ordonnant la transportation sans jugement de tous les individus regardés comme dangereux par la police. — 20 décembre. Le peuple français approuve le coup d'Etat par 7 millions de oui. Angleterre. — Mai. Première Exposition universelle, au Palais de Cristal.
1852. France. — 9 janvier. Décret ordonnant la transportation ouïe bannissement de 79 représentants. — 14 janvier. Nouvelle constitution : un président, un sénat, un corps législatif, le suffrage universel. — 24 janvier. Rétablissement des titres de noblesse. — 16 février. Le 15 août est déclaré seule fête nationale. — 17 février. Décret sur la presse. — Août. Divers bannis, entre autres M. Thiers, obtiennent l'autorisation de rentrer. — 9 octobre. Discours de Bordeaux : a L'empire, c'est la paix. » — 7 novembre. Sénatus-consulte ordonnant le rétablissement de l'empire. — 20 novembre. Le peuple français approuve le rétablissement de l'empire par 8 millions de votes. — 2 décembre. Proclamation de l'empire.
Angleterre. — Décembre. Ministère de coalition de lord Aberdeen, lord John Russell et lord Palmerston.
1853. France. — 30 janvier. Napoléon III épouse Eugénie de Montijo.
Italie. — Soulèvement à Milan. Le gouvernement autrichien met la Lombardie en état de siège.
Russie et Turguie. — Mai. Rupture des relations diplomatiques entre la Russie et la Turquie. — Juillet. Entrée des Russes à Jassy. — Octobre. Déclaration de guerre de la Turquie à la Russie.
— Novembre. Destruction de la flotte turque à Sinope.
Etals-Unis. — Présidence du général Pierce, démocrate.
1854. Russie et Turquie. — Janvier- septembre. Guerre dans les provinces danubiennes. Siège de Silistrie. Les troupes russes se retirent en septembre. — Mars. Traité d'alliance entre la Turquie, la France et l'Angleterre. — Avril. Bombardement d'Odessa. — Août. Prise de Bomarsund. — Septembre. Débarquement des alliés en Crimée; le 20, bataille de l'Aima. — Octobre. Commencement du siège de Sébastopol. — 5 novembre. Bataille d'Inkermann.
Italie. — lt) décembre. Pie IX publie le dogme
de l'Immaculée-Conception.
18;i5. Russie et Turquie. — Janvier-septembre.
Continuation du siège de Sébastopol. — 2 mars.
Mort du tsar Nicolas; Alexandre II lui succède.
— Mars. Le Piémont, où Cavour est ministre, se joint aux alliés. — Juillet-août. Expédition anglo-française dans la Baltique. — 9 septembre. Evacuation de Sébastopol par les Russes. — L'armée anglo-française passe un second hiver en Crimée.
France. — Mai. Attentat de Pianori contre Napoléon III. — Mai. Ouverture de la deuxième Exposition universelle, à Paris.
Angleterre. — Janvier. Ministère Palmer3ton.
1856. France. — 16 mars. Naissance du prince impérial. — 30 mars. Traité de Paris qui met fin à la guerre d'Orient.
Suisse, — Septembre. Insurrection royaliste a
Neuchâtel. Conflit entre la Suisse et la Prusse.
1857. France. — Juin. Secondes élections au Corps législatif. Cinq députés de l'opposition sont nommés à Paris. — Juin-juillet. Soumission de la grande kabylie.
Suisse. — Le conflit entre la Suisse et la Prusse est réglé par le traité de Paris (mai).
Etats- U?iis. — Présidence de Buchanan, démocrate.
Chine. — Expédition anglo-française en Chine.
Inde. — Mai-décembre. Grande révolte des Cipayes.
1858. France. — 14 janvier. Attentat d'Orsini. — 19 janvier. Loi de sûreté générale.
Angleterre. — Février. Le rejet d'un bill relatif aux réfugiés étrangers amène la retraite de lord Palmerston. — Ministère tory Derby-Disraëli.
Italie. — Novembre. Conflit entre le Piémont et l'Autriche.
Chine. — L'expédition anglo-française aboutit aux traités de Tien-tsin, ouvrant la Chine aux étrangers.
Inde. — L'insurrection des Cipayes est étouffée dans des flots de sang. — 4 août. Le gouvernement de l'Inde est enlevé à la Compagnie des Indes et transmis à la couronne.
1859. Franc; Italie, Autriche. — Avril. L'Autriche déclare la guerre au Piémont. Napoléon III, allié de Victor-Emmanuel, déclare la guerre à l'Autriche. La Toscane, Parme, Modène, chassent leurs souverains. — Mai. Garibaldi guerroie dans les Alpes lombardes. — 22 mai. Mort du roi deNaples Ferdinand II. François II lui succède. — 4 juin, bataille de Magenta. — Soulèvement de plusieurs villes des Etats pontificaux. — 20 juin. Sac de Pérouse par les soldats du pape. — 24 juin. Bataille de Solférino.
— Il juillet. Paix de Villafranca. La Lombardie est annexée au Piémont. — Août, septembre. Sans s'arrêter aux stipulations de \ illafranca, la Toscane, Parme, Modène, les Légations et la Bomagne se donnent à Victor-Emmanuel par le vote de leurs représentants.
Angleterre. — Ministère whig Bussell-Palmerston- Gladstone.
Russie. — Conquête définitive du Caucase, soumission de Schamyl.
Egypte. — Commencement du percement de l'isthme de Suez.
Etats-Unis. — Octobre. Prise d'armes de John Brown à Harper's-Ferry.
1860. France. — Janvier. Traité de commerce avec l'Angleterre. — Mars. La Savoie et Nice cédés à la France par Victor-Emmanuel. — Septembre. Expédition de Syrie. — Novembre. Expédition de Cochinchine, prise de Saigoun.
Italie. — Mars. Plébiscite en Toscane et en Emilie, rendant définitive l'annexion au Piémont. — Mai. Garibaldi et les Mille débarquent en Sicile.
— Septembre. Garibaldi entre à Naples. Les Piémontais envahissent les Etats pontificaux. Lamoricière est vaincu à Castelfidardo (18 septembre). — Octobre. Le royaume des Deux Siciles se donne à Victor-Emmanuel par un vote national. Siège de Gaète, où s'est enfermé François IL
États-Unis. — Novembre. Election de Lincoln comme président.Triomphe du parti républicain.
Chine. — Avril. Nouvelle expédition franco-anglaise. — Octobre. Pillage du Palais d'Eté. Entrée des alliés à Pékin. La Chine consent à l'exécution des traités de Tien-tsin.
186 1- France. — Par la convention de Londres (octobre), la France s'engage à intervenir au Mexique avec l'Angleterre et l'Espagne.
Italie. — Victor-Emmanuel prend le titre de roi d'Italie. — Juin. Mort de Cavour.
Prusse. — Mort de Frcdéric-Gui/laume IV. Son
frère Guillaume Ier lui succède.
liussie. — 19 février. Ukase du tsar Alexandre II , émancipant les paysans russes.
Etats-Unis. — Février. A la suite de l'élection de
Lincoln, quinze Etats, sous la présidence de Jef-
ferson Davis, se séparent de l'Union. — Avril.
Commencement de la guerre entre le Nord et
le Sud.
1862. — France. La guerre du Mexique est blâmée par l'opposition.
Angleterre. — Mai. Ouverture de la troisième Exposition universelle à Londres.
Italie — Août. Prise d'armes de Garibaldi en Sicile. Il passe en Italie pour marcher contre Borne : il est vaincu, blessé et fait prisonnier à Aspromonte par les troupes de Victor-Emmanuel (29 août).
Prusse. — Octobre. Ministère de M. de Bismarck.
Etats-Unis. — Continuation de la guerre civile. — 22 septembre. Proclamation de Lincoln émancipant les esclaves à partir du 1er janvier 1863, moyennant indemnité.
Mexique. — Négociations entre le président Juarez et les puissances alliées. L'Angleterre et l'Espagne, ne voulant pas de l'établissement d'un empire mexicain , se retirent et laissent la France agir seule.
1863. France. — Mai-juin. Elections générales. Triomphe de l'opposition à Paris et dans quelques villes.
Allemagne "t Danemark. — Conflit au sujet de la succession des duchés de Schleswig-Holstein.
Pologne. — Janvier. Insurrection qui dure toute l'année, et qui est réprimée cruellement par Mouiavieff.
Etats-Unis. — Continuation de la guerre civile.
Mexique. — 17 mai. Prise de Puebla. — 8 juin. Prise de Mexico. — 10 juillet. Une assemblée de notables proclame empereur l'archiduc Maximilien.
1864. France. — Convention du 15 septembre, pa? laquelle la France s'engage à retirer ses troupea de Borne dans un délai de deux ans. En revanche, Victor-Emmanuel promet de respecter le territoire pontifical et de prendre Florence pour capitale.
Italie. — Pie IX proteste contre la convention de
septembre et lance l'encyclique et le syllabua
(8 décembre).
Allemagne et Danemark. — Février-juillet. Guerre
dans les duchés danois. Le Danemark doit les
céder à l'Autriche et à la Prusse.
Etats-Unis. — Continuation de la guerre civile.
— Novembre. Béélection de Lincoln comme président.
Mexique. — Juin. Arrivée de Maximilien à Mexico.
— Octobre. Décret de Maximilien ordonnant de traiter les défenseurs de l'indépendance comme des malfaiteurs.
1865. France. — Progrès de l'opposition républicaine ou libérale. La convention de septembre a en outre aliéné le haut clergé ; vives discussions sur l'encyclique et le syllabus.
Allemagne. — Brouille entre l'Autriche et la Prusse au sujet de la possession des duchés danois.
Italie. — Mai. Transfert de la capitale de Turin à Florence.
Etals-Unis. — 3 avril. Prise de Bichmond, capitale de la confédération du Sud. — 14 avril. Assassinat de Lincoln. Le vice-président Andrew Johnson le remplace. — Mai. Fin de la guerre civile par la capitulation des dernières armées du Sud. — Octobre. Un amendement à la Constitution, abolissant l'esclavage, est adopté par la majorité des Etats.
Mexique. — Des volontaires belges et autrichiens viennent renforcer les troupes de Maximilien.
MODERNES (TEMPS
MODES
— Résistance désespérée des républicains. — Le gouvernement des Etats-Unis proteste contre l'intervention armée de la France.
1866. France. — Avril. Napoléon III se décide, sur les menaces des Etats-Unis, à retirer ses troupes du Mexique. — II se forme à la Chambre un parti libéral dynastique à la tête duquel est Emile Ollivier.
Angleterre. — Chute du ministère Russell-Gladstone, dont le bill de réforme électorale est rejeté. — Ministère tory Derby-Disraëli. — Agitation des fénians en Irlande.
Allemagne et Italie. — Mars. Alliance secrète entre la Prusse et l'Italie contre l'Autriche. — Juiu. La Prusse déclare la guerre à l'Autriche et à ses alliés allemands, Saxe, Hanovre, Hesse. L'Italie leur déclare la guerre en môme temps.
— 24 juin. Défaite des Italiens à Custozza. — 3 juillet. Victoire des Prussiens à Sadowa. — 20 juillet. Défaite de la flotte italienne à Lissa.
— 2\ août. Paix de Prague entre l'Autriche et la Prusse. La Prusse s'annexe le Hanovre , le duché de Nassau, la Hesse et Francfort. L'Autriche est exclue de l'Allemagne. Fondation de la Confédération du Nord, sous la présidence de la Prusse. — 3 octobre. L'Autriche cède la Vénétie à l'Italie par le traité de Vienne, contre une indemnité. — Décembre. Les troupes françaises évacuent Rome, conformément à la convention de septembre ; elles sont remplacées par divers corps de volontaires.
Turquie. — Insurrection en Crète.
Etats-Unis — Conflit entre le président Johnson, favorable aux sudistes, et le Congrès.
Mexique. — Les troupes françaises commencent à évacuer le Mexique. — L'impératrice Charlotte vient en Europe et y cherche vainement des appuis ; elle perd la raison. — Les républicains reprennent le dessus.
1867. France. — 19 janvier. Napoléon III concède à la Chambre le droit d'interpellation et annonce des mesures libérales. — 1er avril. Ouverture de la quatrième Exposition universelle à Paris.
— 6 juin. Attentat de Berezowski sur Alexandre II. — Octobre. Nouvelle intervention française en faveur du pape ; à Mentana (3 novembre), o les chassepots font merveille. »
Angleterre. — Le ministère tory fait voter luimême un bill de réforme électorale.
Allemagne. — Février. Première session du Reichstag de la confédération du Nord, élu par le suffrage universel. — Conflit diplomatique avec la France au sujet du Luxembourg.
Autriche. — Réorganisation de la monarchie austro-hongroise ; elle est divisée en deux fractions autonomes, Cisleithanie et Transleithanie (Hongrie).
Italie. — Septembre. Grande agitation populaire en faveur de l'annexion de Rome à l'Italie ; Garibaldi est arrêté à Sinalunga. — Octobre. Expédition de Garibaldi contre Rome. Une armée française est envoyée pour défendre le pape. — 3 novembre. Défaite de Garibaldi à Mentana.
Etats-Unis. — Le congrès vote un blâme à l'adresse du président Johnson.
Mexique. — Les dernières troupes françaises se retirent. — Maximilien, fait prisonnier, est fusillé à Queretaro (19 juin).
1868. France. — Mars. Lois sur la presse, sur l'armée et sur les réunions publiques, en exécution des promesses du 19 janvier. Publication de la Lanterne. — Octobre. Le gouvernement français refuse d'évacuer Rome. — Novembre. Manifestation sur la tombe de Baudin. Procès , retentissante plaidoirie de Gambetta pour Delescluzo.
Angleterre. — Décembre. Chute du ministère Disraeli. Ministère Gladstone.
Espagne. — Septembre. Révolution qui renverse le trône d'Isabelle. Gouvernement provisoire de Serrano et Prim.
Turquie. — L'insurrection Cretoise, qui dure depuis deux ans, est réduite a l'impuissance.
Etats-Unis. — Procès du président Johnson devant le Sénat. Il est absous. — Election du général Grant à la présidence.
1869. Frau ce. — Mai-juin. Elections générales; l'opposition l'emporte dans les grandes villes, et réunit les deux cinquièmes du total des suffrages exprimés. — Juillet. L'empereur promet de nouveau des réformes libérales. M. Rouher quitte le ministère et devient président du Sénat
— Septembre. Sénatus -consulte introduisant quelques réformes parlementaires. — Novembre. Elections complémentaires. Rochefort est élu à Paris.
Allemagne. —Janvier. Le gouvernement prussien met sous séquestre les biens de l'ex-roi de Hanovre et de l' ex-électeur de Hesse.
Angleterre. — Juillet. Acte du Parlement prononçant le disestablishment de l'Eglise anglicane d'Irlande.
Espagne. — Février. Ouverture des Cortès constituantes.— Vote d'une constitution monarchique. Serrano est chef provisoire du pouvoir exécuta avec le titre de régent. — Juillet. Commencement de l'insurrection carliste. — Août. Insurrection des républicains fédéraux à Valence , comprimée en octobre.
Italie. — 8 décembre. Ouverture du concile œcuménique du Vatican.
1870. France. — 2 janvier. Ministère Emile Ollivier.
— 12 janvier. Grande manifestation populaire aux funérailles de Victor Noir, tué par Pierre Bonaparte. — Février. Tentatives insurrectionnelles dans Paris. — Mars. Procès et acquittement de Pierre Bonaparte. — 8 mai. Plébiscite : 1 500 000 votants se prononcent contre le régime impérial. — Juin-juillet. Conflit diplomatique avec la Prusse au sujet de la candidature du prince de Hohenzollern au trône d'Espagne. — 15 juillet. La guerre contre la Prusse est votée par les Chambres sur la demande d'Emile Ollivier. — 2 août. Premier engagement à Saarbruck. — Défaites de Wissembourg (4 août), de Wcerth et de Forbach (6 août). — 9 août. Ministère Palikao. — Batailles devant Metz (16- 18 août), où Bazaine se laisse enfermer. L'armée de Mac-Mahon, où se trouve l'empereur, cherche à rejoindre Bazaine; elle est coupée par l'ennemi et cernée à Sedan (30 août). — Capitulation de Napoléon III (2 septembre). — Révolution à Paris à la nouvelle de la capitulation de Sedan ; chute du régime impérial; installation du gouvernement de la Défense nationale (4 septembre).
Espagne. — Mai. Espartero refuse la couronne. — Juillet. Le prince de Hohenzollern la refuse aussi, à cause de l'opposition de Napoléon IH. — 16 novembre. Le prince Amédée, fils de Victor- Emmanuel, est élu roi par les Cortès. — 28 décembre. Assassinat de Prim.
Italie. — Juillet. Le concile du Vatican vote l'infaillibilité du pape. Les troupes françaises évacuent Rome. — 20 septembre. Rome est occupée par les troupes italiennes. — Décembre. Le parlement italien vote la translation de la capitale à Rome. [Edgar Zevort.] MODES. — Grammaire française, XIII. — Quelle que soit la voix que l'on considère, active, passive, moyenne ou réfléchie, un même temps peut y passer par des formes diverses qui, sans altérer en rien la significanon propre du verbe, la présentent cependant sous des aspects différents qui constituent en quelque sorte autant de manières d'être
MODES
MODES
de cette signification. Les grammairiens appellent modes ces différents états, et ce terme, mode, dérive du latin modus, qui signifie manière.
On pourrait donc définir les modes les différents états par lesquels peut penser, dans n'importe quelle voix, la signification du ver bu.
Mais cette définition, si elle n'était expliquée par la pratique de la conjugaison, serait certainement aussi peu intelligible que le mot lui-môme pour la plupart des élèves. L'intelligence des enfants reste longtemps rebelle aux formules abstraites; de sorte que pour se faire comprendre de ces jeunes esprits, le meilleur moyen est encore de recourir aux exemples, et, quand on le peut, aux comparaisons les plus familières. Le terme mode se prête tout naturellement à l'emploi de ce dernier procédé. Puisque l'on assimile d'ordinaire les mots à des personnages qui jouent un rôle dans le drame du discours, on pourra dire aux élèves que le verbe peut jouer, dans chaque voix, six > ôles particuliers, et tjtte, pour représenter ces six personnages, il prend des manier s d'éd e et suit en quelque sorte des modes différentes, de même que nous revêtons des costumes différents selon que nous devons travailler, faire des visites, aller à lâchasse ou à la pêche, etc. Mais, de même qu'en revêtant ces vêtements divers, nous restons toujours ce que nous étions auparavant, de même la signification propre à chacune des voix du verbe ne s'altère point en passant par les modes : elle ne fait que se présenter dans des étais différents. Examinons, par exemple, les deux phrases suivantes: « J'ai récité ma leçon, — Récitez rôtie leçon. » Dans les deux cas, le verbe réciter* la même signification; dans les deux cas, réciter veut dire : « reproduire de vive voix un passage appris par cœur. » Mais, dans la première phrase, *fai récité ma leçon, » il n'y a que l'indication d'un fait. Celui qui dit « J'ai récité » affirme que l'action de reproduire un morceau de mémoire a certainement été accomplie. Le verbe se présente donc ici au mode indicatif, dont le caractère distinctif est V affirmation positive du fait exprimé par le radical du verbe.
Si l'on me dit, au contraire : « Récitez votre leçon, » je sens très bien que la signification propre du verbe n'a nullement changé; mais je comprends en même temps qu'elle se présente sous la forme d'un ordre, d'une injonction à laquelle je dois obéir; je m'explique en conséquence que cette manière d'être nouvelle sous laquelle le verbe réciter m'apparaît maintenant, constitue un mode particulier, que l'on appelle le mode impératifs du latin imperare, qui signifie commander.
Si l'intelligence des élèves restait rebelle à des explications aussi familières, il faudrait se résigner, pour le moment, à leur présenter simplement 1 énumération des modes. Si, au contraire, on les trouvait assez bien préparés par leurs études antérieures pour qu'ils puissent comprendre l'explication scientifique de la modalité, on leur rappellerait tout d'abord que les mots n'ont pas été laits d'une seule pièce; que le verbe, en particulier, s'est formé d'éléments assez nombreux, que l'analyse peut encore séparer dans les plus anciens idiomes de la f; mille à laquelle appartient la langue française, bien que nous ne distinguions plus aujourd'hui, dans les verbes de notre langue, que le radical et les désinences personnelles. On ajouterait enfin que l'idée accessoire qui constitue le mode, était, comme celle du temps, primitivement exprimée par un suffixe auxiliaire qui. placé à la suite du radical, s'est, avec le temps et sous l'influence de l'accent tonique, soudé à ce radical, ou même confondu avec lui au point de devenir le plus souvent méconnaissable. (V. Grammaire comparée, page b9<>.) On démontrerait ainsi, par des preuves irrécusables, que les modes
constituent, comme nous le disions en commençant, antant d'états différents par lesquels peut passer, dans chaque voix, la signification du verbe, et, en réalité, autant de manières de conjuguer chaque temps dans ses voix différentes.
Il y a, en français, six modes : 1° Vindicatif, où le fait exprimé par le radical du verbe est présenté comme certain, positif. Aussi appelle-t-on 'indicatif le mode de l'affirmation. Ex.: « Nous avons fini notre devoir et nous étudions notre leçon. »
2* L'Impératif, qui sert à commander (imperare), à ordonner 1 accomplissement de l'acte exprimé par le verbe. Exemple : « Étudiez votre leçon ; finissez votre devoir. »
3° Le Conditionnel, qui, comme son nom l'indique, devrait exprimer que l'action marquée par le verbe s'accomplira moyennant certaine condition. Exemple : « Tu deviendrais savant si tu étudiais. » Ce mode correspond à celui qu'on appelle optatif (optai e, souhaiter) dans les grammaires grecques ; et par le fait, comme mode, le conditionnel ne sert jamais qu'à l'expression d'un souhait, d'un désir. Ex. : « Que je voudrais être riche ! je désirerais tout savoir ! » Dans tous 'es autres cas, notre prétendu conditionnel n'est plus qu'un temps, qui appartient au mode indicatif; il sert tout simplement d'imparfait au futur, et, en réalité, il est absolument formé comme lui, de l'infinitif et de l'auxiliaire : toute la différence consiste en ce que le futur est formé de l'infinitif et du présent de l'indicatif du verbe avoir, tandis que le conditionnel est formé de Y imparfait du même auxiliaire. Ex. : J'aimer-ui, j'aimer-ais (ais est tiré de avais). Pour se convaincre d'ailleurs que le conditionnel n'exprime par lui-même aucune condition et peut même s'employer pour exprimer l'affirmation la plus absolue, il suffit d'introduire un petit changement de temps dans cette phrase, qui n'a certainement rien de conditionnel : « Je vous assure que je reviendrai Pan prochain. » Mettons le verbe assurer à l'imparfait, et nous serons, en conséquence, forcés d'écrire : « Je vous assurais que je reviendi ais l'an prochain. » Or ce n'est pas évidemment le changement de temps qui a pu introduire dans cette phrase une idée de condition; donc le conditionnel n'est en réalité ici qu'un temps, c'est-à-dire l'imparfait du futur.
4" Le Subjonctif présente l'accomplissement de l'action marquée par le verbe comme subordonnée à une autre action, c'est-à-dire comme dépendant d'une circonstance exprimée dans une proposition précédente. Ex. : « Le maître exige — que nous apprenions nos leçons. » L affirmation est donc loin d'avoir, dans ce mode, le même degré de force et de certitude que dans l'indicatif, o Le maître veut que nous travaillions, » c'est fort bien; mais travaillerons-nous1 On devra donc faire remarquer avec soin la différence qui sépare l'indicatif du subjonctif, en disant que le premier exprime ce qui, en réalité, est, a été, ou sera; tandis que le subjonctif exprime ce qui peut é'.re.
'.y" L1 Infinitif s'appelle ainsi parce qu'il présente la signification du verbe dans sa généralité la plus indéfinie : aussi l'a-t-on souvent comparé à un nom. Certains infinitifs, il est vrai, sont devenus de \ éritables noms, comme le savoir, le devoir, etc. L'infinitif cependant se distingue du nom, dans les cas où un long usage n'a pas amené une assimilation absolue, en ce qu'il éveille toujours l'idée d'un sujet accomplissant l'acte qu'il exprime. Aussi le dormir et le sommeil sont-ils loin de présenter le même degré d'abstraction.
ti° Le Participa, comme son nom l'indique, participe de la nature du verbe et de l'adjectif. Il tient du verbe en ce qu'il peut avoir, comme lui, un sujet et un complément, et concourir à la for-