MONGOLS
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L'histoire de ce peuple est d'abord très obscure. En 214 avant J.-C l'empereur chinois Tsi-Chi- Hoang-Ti, de la dynastie des Thsin , élève la o-rande muraille pour arrêter les incursions de ces peuplades entraînées par les Hiong-nou ou Huns, qui appartiennent comme eux à la famille tartarodiino'ise. Puis, pendant près de quinze siècles, l'histoire ne mentionne plus les Mongols.
Au moyen âge, les différentes peuplades mongoles ont été réunies deux fois sous une même domination. La première fois en 1203, par le chef d'une grande tribu, Temoudgin, qui fut surnommé Tchingis-Khan ou Gengis-Kan, le « chef des chefs. » Avec une armée que la terreur fit croire innombrable et qu'on n'évalue qu'à 20000 hommes, il conquit, par lui-même ou par ses fils, l'empire des Huns du Kharisme, la Perse et la moitié de la Russie d'Europe. Il mourut en 1227, au moment de conquérir la Chine, que subjuguèrent ses successeurs. Son empire, l'un des plus vastes qui aient jamais existé, se divisa en quatre royaumes : le Kaptchak ou royaume de la Horde d'Or, le royaume d'Iran, le Djaggathaî, et la Mongolie propre avec la Chine. Les chefs de ces royaumes (khanats) prirent le titre de Khans ; celui de Mongolie fut le Khan suprême ou Grand-Khan. Ces khanats devaient former les parties intégrantes d'un empire unique; mais avant la fin du xme siècle, la séparation était complète. En 14G3, l'empire de la Horde d'Or se divisait en cinq khanats : le khanat des Tartares Nogais, entre le Don et le Dniester, qui fut détruit au xvuie siècle ; le khanat de Crimée, qui fut définitivement réuni à la Russie par le traité de Constantinople (1784) ; le khanat d'Astrakhan, qui y fut réuni en 1654 ; le khanat de Kaptchak, détruit par Ivan III en 1481 ; et le khanat de Khazan, qui fut réuni à la Russie en 1552. Le khanat d'Iran fut détruit par un descendant de Gengis-Khan, Timour-Leng ou Tamerlan, chef d'une tribu du royaume de Djaggathaî, qui, pour la seconde fois, réunit tous les Mongols sous la même domination. Il s'empara du Djaggathaî tout entier, et prit Samarcand pour capitale ; puis il conquit la Khowa^esmie, le Kachgar, le Knoraçan, la Perse, l'Arménie, et s'empara de Delhi en Inde, en 1398. Il revint en Syrie, vainquit le sultan turc Bajazet à Ancyre (1402), et mourut en se dirigeant vers la Chine. A la mort de Tamerlan, tous les peuples qu'il avait conquis reprirent leur indépendance ; la domination mongole ne réussit à s'affermir que dans l'Inde avec Baber, petitfils du conquérant, qui y fonda l'empire appelé l'empire du Grand-Mogol. Cet empire s'étendit bientôt sur tout i'Hindoustan et la Perse ; quelques provinces restèrent sous la domination directe de leurs princes (radjahs); les contrées immédiatement soumises au Grand-Mogol se divisèrent en 12 provinces (soubabies) subdivisées elles mêmes en provinces secondaires (nababies).Cet empire commença à déchoir dans la seconde partie du règne d'Aureng-Zcb, cinquième successeur de Baber. En 1739, l'invasion du Persan Nadrr-Schah et le pillage de Delhi inaugurèrent la période de troubles où cet empire fut attaqué par les Abdalis, les Mahrattes, les Français et surtout les Anglais, qui conquirent successivement le Bengale (1759), Bénarès. la sultanie de Mysore, Scringapatam (1799), le Sindh (18i3), le Pendjab (18i9j, le Béxar (1854), et le royaume d'Oude (1856). En Chine, la domination mongole, renversée par la dynastie nationale des Ming (1368), fut relevée en 1644 par la dynastie mandchoue, qui règne encore, et qui peu à peu soumit la plupart des Mongols; la Mongolie constitue aujourd'hui une des six parties de l'Empire chinois.
Les différentes peuplades mongoles, divisées en grandes tribus commandées chacune par un chef, et en hordes, sont disséminées sur tous les
points de la Mongolie :1 es Torgoouts, établis dans le Turkestan, pui? au xvne siècle en Russie, sont revenus dans la Dzoungarie (1771), que peuplent les Dzoungares ; les Kochots habitent le Khoukhou-nor ; lesDurbets, mêlés autrefois aux Dzoungares et aux Kochots, se sont établis depuis le xviii' siècle sur les bords du Volga et de la Kouma, où ils forment les troupes légères de la Russie pour la défense des frontières ; le Turkestan oriental, conquis par les Mongols en 1758, a été soumis par les empereurs mandchoux, ainsi que les trois khanats des Khalkhas. Les steppes des Kirghiz ont été conquises par la Russie en
Depuis que le boudhisme leur a été prêché, les Mongols sont devenus pacifiques et hospitaliers ; le vol et le pillage sont rares parmi eux. Les lamas, prêtres et moines boudhistes, exercent une puissante influence. Les empereurs chinois, qui ne craignent rien tant qu'une nouvelle coalition de toutes ces tribus, favorisent de tout leur pouvoir le lamaïsme ; ils fondent des lamaseries et donnent des revenus aux lamas selon le degré qu'ils occupent dans la hiérarchie ; ceux-ci, composés de presque tous les cadets de famille, forment au moins un tiers de la population. Les empereurs s'assurent encore la soumission des Mongols en donnant en mariage à leurs princes des princesses chinoises auxquelles ils font une pension qu'une désobéissance peut leur faire perdre [Th. Lindenlaub.]
MONNAIE. — La monnaie est une certaine marchandise qui, d'un commun accord, est reçue dans une contrée en échange de toutes les autres marchandises. C'est pourquoi l'on dit qu'elle sert de dénominateur commun à toutes les valeurs. La valeur d'une marchandise exprimée en monnaie, c'est-à-dire à l'aide de ce dénominateur commun, s'appelle le prix.
Sans la monnaie, les hommes seraient réduits à un troc grossier : ici un mouton s'échangerait contre un certain nombre de lapins, contre un fer de charrue ou une mesure de blé; là, celui qui voudrait acheter de la farine offrirait des fruits ou des légumes. Il n'y aurait pas de terme général de comparaison des valeurs, parce qu'il n'y aurait pas de mesure commune ; le commerce serait toujours difficile, souvent impossible et nécessairement très restreint. Au contraire, lorsqu'on dit : un mouton vaut 50 francs ; un lapin, 5 francs ; un soc de charrue, 10 francs ; une mesure de blé, 25 francs, on a une expression claire de la valeur relative des choses et l'on se rend aisément compte qu'un mouton vaut doux mesures de blé ou cinq socs de charrue, et qu'un lapin n'a que le cinquième de la valeur d'une mesure de blé.
Si la monnaie n'avait pas elle-même une valeur réelle, elle ne pourrait pas servir à mesurer cks valeurs. On ne peut comparer que des quantités de même nature: il faut une longueur pour mesurer ies longueurs, un poids pour mesurer les poids. La monnaie n'est donc pas seulement une mesure commune ; elle doit être aussi un équivalent. C'est un principe qu'il importe de ne pas perdre de vue. Il existe bien des instruments d'échange qui ne sont pas des équivalents, comme les sous ou les billets de banque; mais ceux-ci constituent, les premiers une monnaie divisionnaire qu'on n'est obligé de recevoir qu'en quantité très limitée et pour la commodité des petits paiements, les seconds une monnaie fiduciaire, c'est-à-dire une monnaie reposant sur la confiance, et représentative d'une monnaie réelle.
Dans certains pays, on a employé comme monnaie diverses marchandises d'un usage très général, telles que le bétail chez les anciens, le tabac en Virginie, les peaux de martre en Russie. Mais les métaux précieux, or et argent, présentent des
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avantages si grands que les peuples civilisés les ont, depuis l'antiquité, adoptés pour la fabrication de la monnaie. En effet, ils ont:
1° Une grande valeur sous un petit volume. Le fer et le blé n'auraient pas cette qualité. Si l'on avait un paiement de 1000 francs à faire en plomb ou en charbon de terre, on serait embarrassé pour le transport, tandis qu'on met très aisément 1000 francs en or dans sa poche et qu'on porte môme sans peine lOUi) francs en argent (5 kilogrammes).
2° Une parfaite homogénéité de toutes les parties et la divisibilité de ces parties sans altération de la valeur. Un diamant vaut beaucoup plus que l'or à poids égal ; mais deux diamants de môme poids ont, suivant leur eau et leur taille, des valeurs très différentes. Lorsqu'un diamant est cassé en plusieurs morceaux, les morceaux n'ont plus qu'une valeur totale très inférieure à celle qu'avait le diamant entier. Tout kilogramme de laine n'est pas l'équivalent d'un autre kilogramme de laine ; il en est ainsi de la plupart des marchandises. Au contraire, un kilogramme d'or fin ou d'argent fin, de quelque mine qu'il provienne, est exactement semblable à, tout autre kilogramme d'or ou d'argent fin.
3° L'inaltérabilité. Si l'on payait avec des fruit*, celui qui les aurait reçus et qui ne les aurait pas consommés ou cédés promptement, les verrait pourrir et perdrait bientôt tout son avoir. Si l'on payait avec du bétail, il faudrait le nourrir et ce bétail serait également exposé à périr. Si c'était avec du fer, il finirait par s'oxyder.
4° La fixité de la valeur. Il" n'y a pas de valeur qui soit entièrement fixe. Toutes les marchandises subissent à cet égard, suivant l'offre et la demande, des variations auxquelles les métaux précieux n'échappent pas eux-mêmes entièrement. Mais il y a une grande différence entre l'offre des métaux précieux et celle de la plupart des marchandises.
Le blé récolté, par exemple, est en très grande partie consommé quand vient la récolte suivante; l'offre consiste donc chaque année dans la dernière récolte, laquelle a pu être bonne ou mauvaise ; la valeur se trouve ainsi très sensiblement affectée par l'abondance ou la disette. On peut en dire à peu près autant des autres marchandises que la consommation détruit ou transforme.
Il n'en est pas de même de l'or et de l'argent, dont une petite partie seulement est transformée ou employée par l'industrie, et dont la majeure partie circule h l'état de lingots, de pièces de monnaie ou même d'objets fabriqués, sans s'altérer. Aussi l'offre des métaux précieux consiste -t-elle dans presque toute la masse qui s'est accumulée durant la suite des temps. Que la production des mines soit plus ou moins abondante à un moment donné, cette offre ne se trouvera que légèrement modifiée d'une année à l'autre. C'est pourquoi la valeur des métaux précieux, qui a beaucoup changé par une action lente et continue dans le cours des siècles, est beaucoup plus fixe d'une année à l'autre que celle du blé ou de la plupart des marchandises.
Si la valeur du métal avec lequel la monnaie est faite n'est pas absolument fixe, il importe du moins que la quantité de métal fin qui constitue l'unité monétaire soit invariable. C'est un principe qui est généralement reconnu aujourd'hui. Les gouvernements le méconnaissaient souvent dans les siècles passés, où les altérations de monnaies étaient fréquentes.
Le système monétaire de la France, décrété en principe par l'Assemblée constituante et par la Convention (7 avril 1795), a été organisé par la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803). L'unité monétaire est le franc, pièce pesant 5 grammes d'argent à 900/1000, et contenant par conséquent 4er,50 d'argent fin.
Les multiples ci sous-multiples d'argent qui se trouvent aujourd'hui dans la circulation sont: la pièce de 5 francs, celles de 2 francs, do 50 centimes, de 20 centimes (laquelle a remplacé celle de 25 cent.).
Les pièces d'or, qui étaient de 40 et 50 franc» dans le principe et qui sont aujourd'hui de 100, de 50, de 20, de 10, de 5 francs, sont frappées h raison de I kilogramme d'or fin pour 15 kilogrammes 1/2 d'argent fin; c'est pourquoi la pièce do 20 francs pèse 6«r,45161 à 900/1000 de fin (6er,45161 — 06r,6i51Gl d'alliage = 5Br,806449 de fin X 15,5 =90 grammes d'argent fin ou 45r,50X20).
Les pièces de bronze, refondues en 1852, ont une valeur nominale de 10 centimes, de 5 centimes, de 2 centimes et de 1 centime ; mais leur valeur réelle est beaucoup moindre, puisque la pièce de 10 centimes ne pèse que 10 grammes et que le kilogramme de bronze ne vaut pas aujourd'hui 2 francs sur le marché. Aussi sont-elles considérées comme une simple monnaie d'appoint : la loi limite à 5 francs la somme qu'un créancier est tenu d'accepter de son débiteur en monnaie de bronze.
Depuis 1864, le gouvernement français, voulant rendre impossible l'exportation des monnaies divisionnaires d'argent que sollicitait alors le haut prix de ce métal, a décidé que les pièces de 2 francs, de 1 franc, de 50 centimes et de 20 centimes seraient fabriquées au titre de 835/1000 de fin seulement, au lieu de 900/1000. Aussi la circulation de ces pièces, qui n avaient plus une valeur intrinsèque égale h leur valeur nominale, a-t-elle été limitée, comme celle des pièces de bronze ; les particuliers ne sont pas obligés de les accepter pour une somme supérieure à 50 francs.
Le 23 décembre 1865, la France conclut avec la Belgique, l'Italie et la Suisse une convention monétaire par laquelle ces Etats adoptèrent le système français; la quantité de monnaie divisionnaire que chacun eut le droit de fabriquer fut limitée à G francs par tête d'habitant. La Grèce fait, depuis 1868, partie de cette union, désignée sous le nom d'union monétaire latine. La baisse de l'argent a obligé les Etats à signer plusieurs conventions spéciales par lesquelles ils ont limité d'abord (de 1874 à 1878), puis suspendu (depuis 1878) le monnayage de l'argent.
De 1795 au 31 décembre 1878, les monnaies d'or et d'argent frappées en France h diverses époques ont été :
1™ République 1er Empire. . . .
Restauration.. .
Louis-Philippe.
2» République.
2e Empire
3e République.
En pièces de 20 francs or.
— de 5 — argent
OR
ARGENT
millions
millions
(1) Ont été démonétisés pour 71 millions de pièces de 10 et de 5 francs petit modèle.
(S) Ont été démonétisés pour 22 millions de pièces de Ofr. 25, de 2 fr., de 1 fr., de 0 fr. 50 et de 0 fr. 20.
(Extrait de VAnnuaire du Bureau des Longitudes.)
Nous joignons à ce tableau deux autres tableaux indiquant d'une manière sommaire le système monétaire des principaux Etats civilisés.
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États qui ont la même monnaie que la France ou certaines monaaies frappées d'après
le système français.
ETATS
FRANCE
1» États unis à la France par la convention monétaire de déc. l$6o :
Belgique
Italie
Suisse
2° États ayant une monnaie semblable à celU de la France :
Roumanie
Serbie
Espagne
3" États ayant certaines monnaies semblables à celle de la France :
Autriche-Hongrie . . .
Finlande
Colombie
V Blfl ZCELA
Éqoateur
Peuou
Chili
Uruguay